Des lingots d’électricité

Rio Tinto, déjà engagée dans la construction d’une nouvelle aluminerie de 1 milliard de dollars à Saguenay, songe sérieusement à agrandir son projet qui pourrait atteindre 2,5 milliards de dollars. Les propriétaires d’Alcan ont annoncé hier qu’ils accélèreraient la réalisation d’une étude de faisabilité déjà engagée autour de ce nouvel investissement.

On comprend la logique de Rio Tinto. La demande pour l’aluminium est extrêmement forte. Ce matin, le prix a augmenté de 30 dollars la tonne et atteint maintenant 2 910 dollars.

Un investissement de 2,5 milliards de dollars, c’est presque trois fois le projet Rabaska dont on a tant parlé dans la région de Québec. C’est donc énorme et la population du Saguenay va très certainement apprécier.

Les projets d’aluminerie sont néanmoins très controversés. Mon ami René Vézina, du Journal Les Affaires, pique une crise à chaque fois qu’il en est question. Il est également furieux quand Hydro-Québec entreprend la construction d’un barrage ou accorde des contrats pour des éoliennes rendus nécessaires par les projets d’aluminerie. Son argument se résume ainsi : nous vendons sous le prix coûtant notre électricité pour des projets qui emploient finalement peu de travailleurs alors que nous pourrions vendre cette électricité dans d’autres marchés à un prix plus élevé et dans le meilleur intérêt du Québec.

Mon ami Vézina a raison sur le fond. Un lingot d’aluminium c’est essentiellement du bauxite, de l’alumine et beaucoup d’électricité. Faut-il la brader en accordant des prix trop favorables à l’industrie ? Faut-il accompagner le tout de généreuses subventions ? Cela me semble de moins en moins en moins nécessaire compte tenu de la demande mondiale pour l’aluminium. Je serais déçu si le gouvernement ne tiendrait pas compte de cette nouvelle réalité.

Je crois cependant que le Québec doit rester compétitif et accepter ces grands projets. Que serait le Saguenay sans Alcan ? Que serait Baie-Comeau sans Alcoa ? Surtout avec les difficultés de l’industrie forestière.

L’autre solution ne revient-elle pas à mettre la clef sur plusieurs régions ressources et espérer tirer de la vente de nos excédents d’électricité les argents nécessaires pour assurer le BS à tout le monde ?

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Votre ami Vézina a raison de piquer une crise. Aux prix ou les lingots électriques sont vendus c’est déjà le BS pour le Québec.

De plus avec les profits de l’électricité des investissements beaucoup plus payants et très compétitifs auraient pu et pourraient être fait et faire travailler énormément plus de gens plutôt que de payer du BS.

C’est quoi l’idée de payer pour donner l’énergie électrique surtout au prix du baril de pétrole?

On viendra dire après que le Québec a un petit PIB et qu’il est sur le BS.

Monsieur Vézina n’a pas tord et vous non plus.
Il faut bien comprendre que pour le gouvernement le projet de Rio Tinto ce sont des votes. Ils iront se vanter que la région leur est redevable et les gens les croiront. Mais vous avez raison, on est mieux de garder ces gens en région que de les ramener dans ces nids de criminalité que sont les grandes villes ( Montréal ). Cependant, le potentiel hydroélectrique du Québec est sous exploité. Il y aurait place pour plus de développement dans ce domaine pour satisfaire votre vision et celle de monsieur Vézina. Encore faudrait-il que nous ayons un gouvernement avec une vision. Ça ne s’est pas vu depuis Robert Bourassa.

Vésina a raison: avec ce que l’on donne à Alcan et Alcoa on pourrait faire vivre grassement les employés sans qu’ils aient besoin de travailler. Le dernier don de Charest à Baie-Comeau dépasse le milliard!

Il faut repenser notre électricité, surtout avec l’arrivée prochaine de l’auto électrique. Ca va être les gros chars pour notre ressource naturelle recyclabe à l’infini.
Les partis d’opposition dorment vraiment sur la switch parce qu’il y a là un projet de société fort stimulant qui pourrait créer énormément de richesse plutot que de la donner à deux alumineries pour quelques milliers à peine de grosses jobs.

Selon un article très sérieux,

Il y 12 ou15 ans, chaque Québécois payeur d’un compte d’électricité payaient en moyenne 350$ par année pour combler le déficit que perdait l’Hydro avec les alumineries. Cette situation depuis n’a certainement qu’empiré depuis le temps.

Il y a environ 1100 employés à l’ABI de Bécancour.

Admettons qu’il y a 5000 employés dans les alumineries et 3 millions de payeurs de comptes d’électricité au Québec.

À 50 milles par année pour les employés, cela fait 250 millions.

À 350$ par année par payeur cela fait 1,05 milliard.

En payant 50 mille de BS aux employés des alumineries, il resterait environ 800 millions de cash dans les poches d’Hydro, et certainement plus du double en vendant l’électricité au prix du marché. De plus le prix du baril va grimper à 200$.

Complètement cave.

Ce n’est qu’un calcul à l’oeil, mais chose certaine, l’Hydro vend à perte aux alumineries. Je n’ai pas le temps, mais si quelqu’un pouvait faire des recherches plus avancées nous resterions surpris.

Faut t’y aimer ça se faire fourrer, je n’en reviens pas.

Mais M. Gagnon vous devez bien savoir que c’est pour encourager l’entreprenariat chez nos grands bienfaiteurs d’Alcan. Ils créent des jobs au Canada.

Il faut les supporter, les subventionner pour qu’ils puissent exploiter les richesses naturelles gratuitement, et en échange ils nous font travailler.

Piquer une crise ou piquer de l’électricité ?
Puisqu’on me met en cause, je rajoute quelques éléments qui pourront aider mon ami Duhamel à poursuivre sa réflexion sur le sujet.
Je n’ai rien contre le développement régional et les investissements à coup de milliards de dollars. Au contraire, surtout si on crée des emplois.
Mais les grandes alumineries, ces temps-ci, n’en créent pas beaucoup. Au mieux, elles en suppriment moins que prévu. C’est la même situation à Baie-Comeau (Alcoa) et au Saguenay (Rio Tinto Alcan) MALGRÉ qu’on leur cède de gros blocs d’électricité à prix dérisoire.
La différence entre Rabaska et le nouveau projet de Rio Tinto ? S’il est complété un jour, Rabaska va AJOUTER de l’énergie disponible au Québec. Rio Tino va en enlever. Vous noterez d’ailleurs qu’on ne précise pas combien d’emplois seraient créés avec ce nouveau projet. Dans une aluminerie moderne, on peut marcher un mille sans rencontrer personne (j’exagère un peu, mais à peine…)
Évidemment, un investissement de quelques milliards de dollars a des retombées considérables.
Dans ce cas-ci, tout ce qui touche à la construction va s’activer pour quelques années et plein des sous-traitants vont faire de bonnes affaires.
Et on va mettre à contribution une tout nouvelle technologie de production dont le Québec va devenir une sorte de banc d’essai.
Mais après ?
Après, nous allons céder pour des décennies, à 4 cents le kilowatt/heure, une électricité qui nous coûte de plus en plus cher à produire. Celle que vont nous procurer les nouvelles éoliennes, par exemple, vont nous revenir à 10,5 cents. Et je ne parle même pas des contrats d’exportation à prix fort qui vont nous passer sous le nez faute de surplus. Oui, Hydro-Québec a trop de réserves ces temps-ci. Mais dans trois ans, ces surplus auront fondu. Et alors que les reste de l’Amérique du Nord va courir après de l’électricité propre, sans émission de gaz à effet de serre, nous ne pourrons réagir, étant occupés à engraisser les coffres de Rio Tinto.
Oui pour alimenter les alumineries existantes. Non pour les nouvelles, à moins qu’elles ne paient un tarif plus élevé pour ce que nous avons de plus précieux : notre électricité propre et renouvelable.
Autrement, mon cher Pierre, aussi bien sortir tout de suite notre chéquier et envoyer une avance à Rio Tinto. Au moins, on sauvera du temps.

« Dans une aluminerie moderne, on peut marcher un mille sans rencontrer personne (j’exagère un peu, mais à peine…)” (René Vézina)

Ce n’est pas loin de la vérité. J’en ai fait l’expérience personnellement. Disons que si vous êtes chanceux pour un mille (un vrai, ces usines sont immenses) on risque de rencontrer, (que dis-je c’est plutôt voir) 4 ou 5 personnes de loin. Les gens qui y travaillent ne se connaissent même pas après 20 ans, dépendamment de l’endroit où ils travaillent.

On demande à un travailleur de l’ABI connais-tu un tel qui travaille à l’ABI? La plupart du temps, il répond non. Souvent s’il le connaît, il dira oui mais je ne l’ai jamais vu à la shop.

Moi ce qui me brûle c’est qu’on ne connaît pas précisément la quantité de kilowatts et le prix de celle-ci que l’on donne. Tout se fait en catimini au nom du secret face à la concurrence. Pourtant c’est nous qui payons et c’est nous les propriétaires.

Si les payeurs d’électricité et de taxes savaient, ils seraient révoltés. On se plain des dépenses ou du gaspillage de l’état dans Radio Canada et de Télé Québec, mais ce ne sont que des poussières comparé à ce que l’on perd avec l’électricité.

Combien de MILLIARDS par année nous faisons en cadeau aux étrangers.

Nous avons charrié de l’avoine et du foin pour les chevaux, par la suite nous avons charrié du fer pour les autres, maintenant nous payons pour charrier de l’électricité (ben oui on est plus en moyens), et l’on se prépare à charrier des hydrocarbures pour les USA.

Sortez votre porte feuille, ils s’en viennent.

Belle mentalité de soumis qui se laissent piquer parce qu’ils ont peur de piquer une crise.

Il faut repenser Hydro-Québec. J’ai suggéré récemment d’augmenter les tarifs de 50% sur 5 ans afin de favoriser une prise de conscience dans la population et d’économiser l’électricité que l’on gaspille présentement parce que trop bon marché. Avec les surplus on pourrait exporter et dégager de gros profits. Les 3 milliards actuels pourraient monter à 8,10, voire 12 milliards par année
Ce beau fric pourrait être réparti
1) dans le paiement de la dette au grand plaisir de la jeune génération. En une génération on pourrait régler la dette du Québec
2) dans la cuisine actuelle du gouvernement
3) dans un fonds des infrastructures
4) dans une ristourne annuelle aux abonnés. 2,5G à 2,5 millions d’abonnés, c’est un beau tchèque de 1000 piasses qu’Hydro pourrait retourner chaque année à chaque abonné.

Mais pour faire tout ça faut du leadership politique. Cherchez-en dans le gouvernement actuel qui fait tout pour ne rien faire. La recette Parisella qui marche à fond pour Jean Charest mais qui est une catastrophe pour le Québec

@ Yvon Fleurent :

Moi je dis à Alcan: si vous êtes pas content allez voir ailleurs et en échanges, le gouvernement va baisser les taxes.

Ce que fait Hydro-Québec en donnant son électricité: elle réduit l’innovation dans les alumineries. Pourquoi vouloir mettre au point des procédés novateurs et peu énergivore quand l’électricité est donné.

Suite au commentaire #6 de David Gagnon qui me semble exact, un emploi coûte effectivement 10 millions et rapporte un salaire de 1,5 millions. Donc nous serons 8,5 millions dans le rouge.

Combien d’emplois de ce genre le Québec peut-il se payer?

Si la population avait les chiffres exacts, il y aurait certainement d’énormes pressions pour fermer des alumineries.

Si Hydro-Québec avait été privatisée, quel aurait été le prix payé par Rio Tinto?
————
@ jacques noel

Si l’on augmente le tarif des résidents québécois pour « donner » l’électricité aux compagnies étrangères, nous ne nous enrichirons jamais avec cette approche.

Je crois que l’idée de base de M. Noel n’est pas si mal.

Pour la remise, il faudrait plutôt protéger les plus démunis qui ont des enfants, notre avenir. Les ceuses qui ont le moyen de vivre et plus, ainsi que les riches (40K et plus) sont capables de faire face à cette augmentation de 50% et plus.

Les sommes ainsi recueillies pourraient servir à contrôler toutes les formes d’énergie, ressource vitale pour l’économie d’un pays sur cette planète.

Le but premier serait plutôt d’arrêter l’hémorragie de l’électricité au Québec.

Par la suite…on verra.

La question est à savoir; recevons nous un bénéfice juste pour notre contribution à la production d’un lingot d’aluminium.
L’Hydro-Québec le croit.
Est-ce évident que c’est un bénéfice juste tel que calculé par Hydro-Québec? Non
Donc des explications sont nécessaires pour justifier leurs décision.

Est-ce le meilleur contrat qui a été conclu?
Avons nous laissé de l’argent sur la table?
Lorsqu’il y a une situation de symbiose (bauxite-électricité), plusieurs scénarios peuvent être élaborés pour gagner un avantage dans la négociation. Par contre la nature de la production d’électricité ici demande des capitaux importants (barrages, transport) dont disposent les partenaires de la symbiose.

La faible communication d’Hydro-Québec n’inspire pas confiance dans leur compétence à cet égard.
Et si le passé est indicatif du future, la critique semble faire face à des oreilles fermées.

Ça c’est l’autre face d’une entreprise d’état, on est pris avec une bureaucratie dont l’inertie ne pourrait être ébranlée que par une « révolte des monopolisés ».

Bonne Chance

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