Des Montréalais ouvrent la finale de la Ligue des Champions

Après PixMob et Moment Factory, une autre entreprise québécoise conquiert les grandes manifestations sportives internationales : Circo de Bakuza. Sa spécialité ? Les compétitions de foot européen, pour lesquelles elle organise les cérémonies d’ouverture.

Photo: Bongarts/Getty Images
Photo: Bongarts/Getty Images

La firme montréalaise Circo de Bakuza sera le chef d’orchestre de la cérémonie d’ouverture de la 59e finale de la Ligue des Champions, la compétition annuelle de soccer européen la plus prestigieuse au monde, qui aura lieu le samedi 24 mai.

Pour marquer le coup, l’entreprise, qui possède des bureaux à Montréal et à Paris, prépare une imposante chorégraphie qui réunira près de 400 danseurs bénévoles. Devant plus de 170 millions de téléspectateurs, ils formeront, avec leur costume, des toiles humaines ayant pour thèmes la ville d’accueil, Lisbonne, et la rivalité entre les deux clubs se disputant la victoire, le Real Madrid et l’Atlético de Madrid.

Circo de Bakuza n’en est pas à ses débuts dans l’industrie du soccer européen, explique Vincent Drolet, président et chef de production de la boîte, actuellement à Paris pour coordonner l’événement. « Notre portfolio est assez bien garni en matière de foot. L’UEFA, la FIFA et la Fédération française de football (FFF) comptent parmi nos clients. »

Le 3 mai dernier, Circo de Bakuza s’est d’ailleurs occupé de la cérémonie d’ouverture de la finale de la Coupe de France. Habitués à la Marseillaise, les « fans » de foot ont eu droit à des airs rock joués par la Garde républicaine, une subdivision de la gendarmerie nationale, en plus de chorégraphies réalisées par 140 jeunes âgés entre 12 et 16 ans.

« Nous voulons continuer à exploiter cette expertise, mais on a aussi l’ambition de travailler avec les fédérations américaines, comme la NHL, la NBA et la NFL. Les Jeux olympiques font aussi partie de nos cibles à plus long terme », poursuit-il.

La PME québécoise n’est pas la seule à briller lors de manifestations sportives internationales. Pour assurer leur réussite, de jeunes sociétés en croissance, comme PixMob, qui a illuminé la mi-temps du dernier Super Bowl et la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sotchi, et Moment Factory, qui est entre autres derrière le spectacle de Madonna au Super Bowl de 2012, misent désormais sur le marketing expérientiel, qui fait interagir le public pour promouvoir une marque. Et ça marche.

Circo de Bakuza collabore d’ailleurs avec ses concurrents québécois : « Je considère PixMob comme un de nos partenaires. Nos services sont en fait très complémentaires. Quant à Moment Factory, elle est plus présente en Amérique et se concentre sur le contenu vidéo et la projection. Nous avons davantage une approche globale : on fait du design, de l’organisation d’événements et de la communication stratégique. »

Depuis sa création, en 2009, Circo de Bakuza double son chiffre d’affaires année après année. Sur plus de huit millions de dollars engrangés en 2013, 65 % provenaient de clients internationaux. Outre Bell, Canadian Tire et l’Opéra de Montréal, l’entreprise a entre autres collaboré aux campagnes du Festival de films de Dubai, d’Adidas Originals et de L’Oréal.

Comment la société est-elle parvenue à percer le marché international? « À nos débuts, j’organisais des événements mondiaux avec le Cirque du soleil. Mon partenaire Roshan Soomarchun est Français et Julie Brassard, mon autre associée, avait vraiment envie de travailler sur des projets internationaux. Nous avons donc ouvert un bureau à Paris, en 2010, et avons méthodiquement rencontré les marques que nous admirons pour leur présenter notre travail. »

Pour intégrer l’industrie du soccer, dont ils sont fans, tout a commencé avec un appel d’offre pour l’Euro 2012, qui est organisé par l’UEFA. « Nous avons été repéré par la qualité de notre création et notre premier mandat a été le Final Draw de l’Euro 2012, qui a eu lieu en Ukraine. Nos réalisations furent par la suite un gage de confiance. »

Si Circo de Bakuza est plus présente à l’extérieur du Québec et du Canada, ce n’est pas un hasard, selon Vincent Drolet. « Tout s’événementialise. On parle beaucoup de l’importance de créer de l’émotion chez le client, de lui faire vivre une expérience. Or, au Canada, la publicité demeure assez traditionnelle. Mais je pense que ça va venir chez nous, petit à petit. »

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