Des tomates et un ministre

L’insolvabilité des Serres du Saint-Laurent, qui produisent les tomates Savoura, soulève beaucoup de questions de fond sur notre vie économique, explique Pierre Duhamel.

tomates
Photo : Getty Images

L’insolvabilité des Serres du Saint-Laurent, qui produisent les tomates Savoura, soulève beaucoup de questions de fond sur notre vie économique, et on aurait pu faire l’économie de la polémique engagée par le ministre Jacques Daoust sur ceux qu’il a appellé « les rois du village».
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Ce que le ministre a dit, en somme, c’est que le gouvernement ne peut pas intervenir à chaque fermeture d’entreprise, et que c’est à chaque entrepreneur de s’assurer qu’elle demeure solvable, innovatrice et performante. Des propos auxquels j’adhère sans la moindre nuance.

Cependant, comparer les gens d’affaires régionaux en situation d’échec à des «rois du village» soucieux de préserver leur orgueil est aussi inutile que déplacé. Il a bien fait de s’en excuser mercredi, en prenant bien soin de saluer l’apport des entrepreneurs.

Ce que le ministre pense aurait pu être dit plus sobrement et sans tourner le fer dans la plaie. Chaque année, il y a des milliers d’entrepreneurs qui se retrouvent dans une situation périlleuse, et je ne connais pas un seul entrepreneur qui soit fier de lui quand son entreprise va mal. Pour dire les choses simplement, ils ne l’ont pas fait exprès. Plus souvent qu’autrement, ils se sont démenés comme des forcenés pour échapper à ce sort.

Je n’aime pas non quand le ministre du ministre de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations affirme que les entreprises exportatrices et les investissements étrangers seraient «les vrais créateurs de richesse» parce qu’il amènent de «l’argent neuf».

J’aime beaucoup les exportateurs, mais on trouve au Québec des dizaines de milliers d’entreprises qui ne sont pas présentes sur les marchés étrangers. Elles contribuent néanmoins à l’économie, embauchent beaucoup de monde et sont souvent des fournisseurs des sociétés exportatrices.

Une fois la polémique sur les métaphores douteuses du ministre mise de côté, faudrait-il que le gouvernement intervienne pour sauver le producteur de tomates en serre ? Comme Jacques Daoust, je crois qu’il faut laisser le marché s’exprimer sur la viabilité d’une telle entreprise. Je suis d’ailleurs très heureux d’apprendre qu’un concurrent, Les Productions Horticoles Demers, se dit intéressé à reprendre l’affaire.

Les producteurs de serre du Québec ne l’ont pas facile, et ce, pour plusieurs raisons, comme l’indique une étude publiée en 2011 (pdf).

Ce sont d’abord de petits producteurs, cultivant une seule variété de produits, qui n’ont pas les moyens d’acheter de l’espace tablette en supermarché et de trop investir en promotion.

Ces producteurs sont souvent très endettés. Les Serres du Saint-Laurent doivent 20 millions de dollars, dont 10 millions à la Banque Nationale et 6 millions à la Banque Royale. Les banques sont déjà méfiantes face à de telles installations, parce que la valeur de liquidation des actifs est faible en cas de faillite.

La rentabilité est souvent faible dans ce secteur, et les entreprises n’ont pas les moyens de financer une expansion ou une modernisation. Il y a peu de recherche et développement, et les clients sont essentiellement québécois.

Les dépenses de chauffage représentent de 15 % à 30 % des coûts d’exploitation des entreprises de serre du Québec. Le mois de février le plus froid en 115 ans a certainement fait très mal.

D’autant que le principal concurrent pour les tomates de serre n’a pas une telle facture à acquitter. Le Mexique détient 80 % du marché canadien d’importation des légumes de serre, et ses ventes au Canada ont augmenté de 348 % en valeur entre 2005 et 2010.

Comment rivaliser avec des producteurs étrangers qui produisent à moindre coût — on devine que les frais de main-d’œuvre sont aussi plus bas — et qui peuvent vendre à petit prix dans nos supermarchés ? Les consommateurs québécois choisiront, à qualité perçue égale, le produit le moins cher. Une tomate reste une tomate…

Cela pose toute la question de la fameuse souveraineté alimentaire. Certains voudraient que le Québec tende vers l’autosuffisance. Pour l’ancien premier ministre Bernard Landry, ce concept de souveraineté alimentaire s’apparente à du protectionnisme déplacé.

Dans le cas présent, le Mexique a certainement un avantage comparatif face au Québec pour produire des tomates d’hiver, et nous, pour nous y approvisionner à moindre coût.

Pour contrer la tendance naturelle à acheter moins cher, faudrait-il subventionner toutes les productions qui ne correspondent pas à nos zones de rusticité naturelle ? On s’arrête à l’ananas ou aux bananes ?

Cela pose aussi la question de la politique énergétique, car certains aimeraient que les producteurs de serre québécois profitent des mêmes tarifs d’électricité que les grands industriels, ce qui améliorerait leur compétitivité. C’est un débat en soi, parce que les tarifs préférentiels sont contestés et parce que d’autres trouvent que nous ne payons pas notre électricité assez cher.

Chose certaine, nous trouvons que nos aliments sont chers, et je ne sais pas combien de Québécois sont assez vertueux pour encourager l’achat local quand des produits étrangers sont offerts à meilleur prix.

Et vous ?

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Euh ! Quand vous dites : « Une tomate reste une tomate… » Je sais bien qu’on parle ici pour parler… Mais bon ! Les variétés de tomates se comptent tout de même par milliers. C’est un peu comme si je disais : « Un pinard reste un pinard… » Eh bien pas exactement !

La réalité est que pour vendre des produits issus de l’agriculture il faut aussi être en mesure d’éduquer le client. Les gens connaissent mieux les vins que jamais et les amateurs y mettent le prix. Les gens connaissent mieux les fromages et il y a de la place pour les fromages fins. Etc…

Les gens ne connaissent pas encore tous les fruits et les légumes et c’est bien dommage. Nous ne mangeons jamais assez de portions de légumes et en plus c’est bon pour la santé. Les tomates sont riches en antioxydants, elles peuvent être apprêtées de toutes sortes de façons. Les tomates séchées notamment sont un met exquis.

Les tomates « Savoura » sont très bonnes, de belles couleur, joliment formées et assez gouteuses.

Alors bien sûr, ce qui bloque dans la chaîne de distribution c’est encore et toujours le prix. L’alimentation revient de plus en plus chère dans les dépenses des ménages canadiens lorsque le revenu des citoyens n’augmente pas dans la même proportion.

Aussi l’éducation du palais est insuffisante si les gens ne peuvent se payer les meilleurs produits. Ce sont peut-être aussi les chaines de supermarchés et les grossistes qui devraient réduire leurs marges pour soutenir comme il se doit, les produits agricoles du Québec dont un très grand nombre sont d’excellente qualité. C’est toute la richesse de notre terroir qui devrait être appréciée à sa juste valeur. Et pourquoi pas en effet offrir un tarif électrique préférentiel aux producteurs sous serre ou des dégrèvements fiscaux pour passer à l’énergie solaire, parfaite pour ce genre de cultures.

On peut construire des serres éco-énergétiques, tout comme des maisons soit dit en passant…

Peut-être aussi le marketing direct est-il à prendre en considération. Directement du producteur sur votre table. L’internet dans certains cas peut faire des merveilles et les agriculteurs ne devraient pas négliger cette filière.

Les meilleurs produits pour tous aux meilleurs prix. Mes avis que ce sont les produits locaux qui ici devraient être rois. Et non les paroles d’un ministre de plus, qui après tout n’est peut-être pas ultimement des plus compétents.

L’éducation du goût est la clé, et la recherche de la qualité par les producteurs et consommateurs aussi.
Je possède une école de sommellerie et d’oenologie et forme les professionnels et les amateurs sérieux. Un pinard reste un pinard, vraiment? c’est un peu court… M.Duhamel pourrait dire le vin au fond ce n’est que du jus de raisin fermenté, ce qui est juste, comme de dire que Mozart c’est un gars qui était bon en musique…
Michael Broadbent qui a passé sa vie en contact avec les plus grands vins avait déclaré que: « sans le goût pour la qualité et la volonté d’en payer le prix, la qualité ne pouvait exister » , c’est donc le consommateur qui est juge et arbitre. Les petits producteurs ne peuvent survivre qu’au regard d’un production axée sur la qualité et l’originalité puisqu’ils ne peuvent se mesurer à la grande distribution. Mais il faut un auditoire…
le circuit court est sûrement une voie à privilégier, je ne vois pas les grossistes ou supermarchés faire de l’angélisme. Un tarif d’électricité préférentiel, pourquoi pas, surtout si on a des surplus. In Vino Veritas!

@ Richard Sagala,

J’abonde entièrement dans le sens de vos commentaires. Évidemment, je ne considère pas qu’un pinard reste un pinard. Pour moi le vin reste un art populaire.

Toutefois pour compléter vos propos, j’aimerais préciser que dans une économie de marché, l’abondance de l’offre est un régulateur sur le prix qui doit être payé. Dans une économie de marché bien pensée, une offre bien faite soutient un volume élevé au niveau de la consommation.

Le volume permet de tenir des marges bénéficiaires raisonnables. Lorsque qu’à prix relativement égal, un consommateur qui a du goût — donc bien éduqué –, saura faire la différence sur la qualité.

Et bien sûr Mozart était un génie, il en faut quelques-uns comme cela pour aider le profane à comprendre le sens de la musique. Dommage que jusqu’à présent on n’ait point encore de Mozart de la tomate au Québec… Mais peut-être n’est-ce qu’une question de temps 🙂

Qu’est-ce qui différencie un « bon » produit d’un autre? Le marketing, que vous appelez « l’éducation du client » y est pour beaucoup.

Pourquoi une personne aime tel produit dans une catégorie donnée (tiens…les tomates par exemple) alors qu’une autre aime plutôt un produit similaire mais d’une autre marque? Est-ce que le goût ne serait-il pas plutôt une affaire personnelle et non « d’éducation »? Visionnez l’émission l’épicerie et vous serez surpris par les résultats.

J’ai trop vu de tests à l’aveugle pour ne pas sourire devant les produits dits « haut de gamme » qui, au final, terminent en queue de peloton lorsque comparés à leurs semblables, mais à l’aveugle, soit sans l’étiquette du produit et celle du prix pour influencer le « choix » des consommateurs. C’est souvent le produit en milieu de peloton des prix qui gagne au niveau du goût et rarement celui catégorisé « haut de gamme ». J’ai même vu des experts en vin (de VRAIS!!! Niveau international!!!) se faire déjouer avec des tests à l’aveugle. Croyez-le ou pas, très peu d’entre-eux ont pu différencier à l’aveugle un vin dit « cheap » d’un grand cru. Pire, ils ont même presque tous confondu les caractéristiques d’un vin blanc et d’un rouge (le vin blanc avait été teinté de la couleur rouge…). Par la suite, ils ont été bernés par une étiquette, le vin « haut de gamme » ayant été étiqueté et identifié comme bas de gamme. Etc… Bref, je me suis amusé au max.

Remarquez bien que je ne suis pas contre les produits québécois mais de là à les soutenir artificiellement ad nauseam et ainsi gaspiller nos ressources qui pourraient être utilisées à des fins plus judicieuses est une aberration.

@ François 1,

Merci pour vos commentaires. Le goût est bien comme vous le dites une affaire personnelle, tout comme l’éducation est une affaire personnelle pareillement. Mais vous conviendrez certainement avec moi, qu’il est de bien meilleur goût de bénéficier d’une bonne éducation.

En économie, il faut toujours bien y regarder quant à la définition d’un « produit haut-de-gamme » — en théorie un « produit haut-de-gamme » est un produit qui a coûté plus cher à produire qu’un produit milieu ou bas de gamme et qui se distingue usuellement par sa rareté. Cela ne signifie effectivement pas qu’un produit meilleur marché ne soit pas excellent. Vous connaissez la publicité : « Quand la qualité n’est pas un obstacle au bas prix »…

Sur ce point encore, vous conviendrez peut-être avec moi qu’une personne bien éduquée et bien informée est plus à même de faire la part des choses. N’oubliez pas que dans tout choix, il y a des aspects subjectifs et aussi des aspects affectifs. Vous conviendrez aussi peut-être tout comme moi que d’acheter à chaque fois que c’est possible de bons produits québécois, ne saurait être une mauvaise chose en soi 🙂

Merci.

Juste un commentaire: le coût de production d’une catégorie de vin est sensiblement le même pour tous les producteurs d’une même région. La position de ce produit dans l’éventail de prix n’est tout simplement qu’une question de marketing. Va-t-on le positionner haut-de-gamme? Moyen-de gamme? Etc… C’est une question de perception par le consommateur (emballage, prix, publicité, etc…) et Dieu sait que cette perception n’a souvent rien à voir avec la réalité qui, elle, se manifeste clairement durant un test a l’aveugle.

Je me souviens clairement d’une tel test à l’aveugle sur les eaux embouteillées pour lesquelles plusieurs personnes n’hésitent pas à payer plus de $2.00 le litre (alors qu’ils fulminent devant le prix de l’essence à $1.40 le litre!!!) pour se la procurer.

Du vrai délire… Au final, l’eau du robinet de Montréal avait battu en brèche presque toutes les eaux embouteillées.

L’aveugle (le test) vous délestera de tous les influences et contagions que vous fait subir le lavage de cerveau du marketing du produit (« l’éducation » comme vous dites…).

Wow Francois…

Là, je suis sans voix devant votre raisonnement digne d’un esprit critique et bien informé sur la belle industrie du Marketing…

Je vous présente toutes mes excuses pour les préjugés que j’entretenais à votre sujet et qui m’avilissaient…. ( 😉

Je crois que pour les plantes que nous cultivons naturellement ici comme les tomates, les poivrons, la laitue nous devrions y repenser. Le gouvernement devrait donner un tarif préférentiel, cela permettrait l’autonomie alimentaire en plus de créer des emplois. Se poser la question devrions favoriser la culture de la banane ou de l’ananas ne tient pas la route comme comparaison.
L’électricité vendu au E-U ne crée pas d’emploi; tandis que les emplois créés ici redonnent au gouvernement des impôts. Il faut avoir une vue de l’ensemble. Donner un tarif préférentiel seulement pour l’éclairage ça me paraît pas sérieux.
Roger Arbour abonné

Les faillites se multiplient au Québec et il ne semble pas y avoir de vrai volonté politique pour aider les entrepreneurs. J’ai l’impression que ce sont toujours les mêmes gros joueurs de l’industrie qui reçoivent l’aide gouvernementale ou les réductions de taux d’électricité. Notre économie se porte très mal en ce moment, je crois qu’il faudrait revoir comment on peut collectivement l’aider. Y a t-il des élus qui voient et agissent intelligemment en ce sens en ce moment ?

«Cela pose aussi la question de la politique énergétique, car certains aimeraient que les producteurs de serre québécois profitent des mêmes tarifs d’électricité que les grands industriels, ce qui améliorerait leur compétitivité»

Cela reviendrait à détourner des capitaux qui pourraient être fort utiles ailleurs pour subventionner ces entreprises pour compenser un désavantage comparatif évident, voilà qui serait complètement absurde. C’est précisément ce genre de comportement qu’il faut éviter si on espère créer une économie compétitive et viable au Québec.

Ce ne sont pas les fonctionnaires ni les gouvernements qui doivent décider qui seront les gagnants, c’est le marché qui doit pouvoir le faire le plus librement possible. Quand est-ce qu’on va finir par comprendre ça?

Alors, avec un tel raisonnement, il faudrait que l’état cesse de « subventionner » l’industrie laitière. Il faut dire qu' »il » (le cartel du lait) a « plus de poids » auprès du gouvernement qui le protège en fixant le prix du lait au détail.

Parlez-en du cartel laitier. On appauvris les familles québécoises pour faire vivre soit l’UPA ou le cartel. Je paie mon lait 3.97$ le 4 litres en Ontario. Une économie de plus de 10$ par semaine,

1- Il ne faut pas avoir un sens du goût particulièrement développé pour se rendre compte qu’une tomate Savoura, Sagami ou toute autre tomate locale est plus savoureuse ( sans jeu de mots ) qu’une tomate importée
2- Depuis des années je ne consomme que des tomates produites ici, plus chères mais, combien meilleures
3- Non, je n’arracherai pas ma chemise si on accorde à nos producteurs les mêmes tarifs qu’aux alumineries

Obligatoire de sauver ces serres. Voua avez l’opportunité de le faire savoir à qui de droit Merci

En lien avec des commentaires lus sur Facebook. Je veux lancer une entreprise québécoise productrice de bananes en serre, sous prétexte de souveraineté alimentaire, le gouvernement pourrait-il m’aider en me subevntionnant et en interdisant à la concurrence étrangère (et déloyale, car il ne souffre pas de nos hivers) de vendre leurs bananes au Québec? Merci de m’encourager dans cette initiative.

L’avantage du libre-échange, démontré depuis Adam Smith, fait en sorte que le fait de laisser au pays le mieux placé, le mieux outillé, le soin de produire, est au bénéfice de l’ensemble des pays qui acceptent d’ouvrir leurs frontières. Les premiers intrants de la tomate à l’échelle mondiale sont sans doute la main d’oeuvre, les coûts de transport et l’ensoleillement. Bien des pays offrent sur ce plan des avantages bien supérieurs à ceux du Québec. Pour l’aluminium, les principaux intrants sont le minerai (bauxite) et l’électricité, suivis du transport. C’est pourquoi depuis des lustres on exporte à partir du Québec des lingots plutôt que des casseroles d’aluminium. Dans le cas des lingots, l’électricité constitue un levier majeur, ce qui explique les contrats à long terme et à tarif réduit. Maintenir cet avantage concurrentiel qu’est l’énergie par des contrats à long terme n’est alors pas un coup d’épée dans l’eau. De plus, dans le cas de Rio Tinto, le Québec peut se rattraper partiellement par ses redevances sur les forces hydrauliques (il le fait peu, mais c’est là une toute autre question). Si les québécois veulent manger des tomates de proximité, qu’ils en payent le prix. Il n’appartient pas à la société de leur venir en aide, contre le bon sens. Cela démontre aussi l’inanité de l’objectif d’autosuffisance alimentaire: nous ne sommes plus au moyen-âge, alors que l’on voulait des greniers remplis à raz bord pour soutenir un long siège de la cité fortifiée.

Je suis de ceux qui accepte de payer plus cher pour nos produits, tout en avouant que je fais un effort de volonté à chaque fois ! Je suis entièrement d’accord avec le « protectionnisme » lorsqu’il s’agit de notre agriculture. L’idée du moindre coût en électricité est probablement la voie à suivre.

Pourquoi nous imposer votre choix? Laissons le marché libre faire son oeuvre et vous savez quoi? Vous trouverez des épiceries qui vendent des produits locaux…plus chers. Bonne chance pour vous trouvez des oranges et des kiwis du Québec!

Je viens de terminer ma commande d’épicerie chez IGA et j’ai spéciéfié tomates Savoura et … néant… nada…

Il est vrai que les tomates Savoura et Sagami ont meilleur goût que les tomates mexicaines. Pourquoi les Mexicains n’apprennent-ils pas à cultiver de meilleurs tomates? Les tomates de serre ont peu à voir avec la sécurité alimentaire. Les tomates canadiennes en boîte de conserve sont très bonnes, peu chères et suffisent à assurer une «sécurité alimentaire» en fait de tomates.

Les serres demandent beaucoup de chauffage quand il n’y a pas de soleil et plus il fait froid. La demande pour les serres est maximale quand Hydro ne réussit pas à satisfaire les pointes d’hiver avec l’hydroélectricité. Il serait préférable que les serres soient chauffées au gaz naturel. Elles devraient donc être construites près des canalisations déjà installées. Ce qui est sûrement le cas des serres de l’Ontario.

Comme bien d’autres, j’ai tiqué sur l’expression « Une tomate reste une tomate… », mais c’est la phrase qui précède qui est déclencheur et dont l’idée sera reprise au dernier paragraphe c.-à-d. que le consommateur fait des choix rationnels.

Le prix serait l’élément primordial du choix rationnel du consommateur puisqu’une « tomate reste une tomate ». Pierre Duhamel, ce faisant, décrit le comportement de l’homo economicus des économistes, c’est, comme disait Bernard Maris, tué avec les caricaturistes de Charlie hebdo, « ce crétin fondamental dont nous reparlerons souvent, est un chien de Pavlov à peine moins sommaire: le prix augmente? Il salive et en veut plus! Le prix baisse? Il en veut moins. C’est tout. Tout dans la vie se ramène à cette dualité cher-bon marché, coût-bénéfice (qu’est-ce que ça me rapporte, qu’est-ce que ça me coûte ?), j’en veux – j’en veux pas, qu’il s’agisse des nouilles [pourquoi pas des tomates], du mariage, des voitures, des enfants, des attentats terroristes, des préliminaires de l’acte sexuel ou de la contemplation d’un beau paysage à la tombée du soir. «Rational fools », des imbéciles rationnels, des idiots raisonneurs, soupirait le prix Nobel d’économie 1998, Amartya Sen. Des idiots tout court, bêtes, primaires, simplistes, machinaux. » (Antimanuel d’économie T1)

une tomate ne reste pas une tomate quand on compare celle du mexique et celle produit par savoura on se pose pas cette question

« … on compare celle du mexique et… »

Comme dirait mon gérant favori des fruits et légumes: sont pas mangeables.

Faire pousser des tomates en hiver au Canada est totalement ridicule et contre productif. Pourquoi pas des bananes tant qu’à y être?

Cela fait en sorte que l’on gaspille des énergies et de beaux dollars (bien sûr à grands coups de subventions…on est au Québec!) dans une aventure discutable et ces ressources pourraient être allouées à des projets plus en harmonie avec leur environnement; d’autant plus que nous pouvons nous procurer des fruits et des légumes venant d’ailleurs et tout aussi goûteux et à des prix beaucoup plus raisonnables.

Les serres, c’est l’fun pour un jardin botanique mais pas pour l’agriculture.

@ François 1,

La culture sous serre est loin d’être une idée farfelue. Elle permet d’engendrer des produits de « haute qualité » donnant un très bon contrôle sur les méthodes culturales employées, notamment en réduisant l’usage de pesticides dont les effets sur la santé ne sont pas tous positifs.

À Laval vous pouvez notamment visiter le « Paradis des orchidées », où ces fleurs exotiques sont cultivées sous serre à l’année. La production a commencée en 1998 et elle continue.

C’est un excellent exemple de production sous serre qui aujourd’hui encore se poursuit.

Les serres peuvent aussi être très utiles en « urba-culture », permettant de répondre à toutes sortes de besoins alimentaires ou ornementaux en faisant un usage d’espaces minimaux.

Et des bananes au Québec un jour ? Pourquoi pas ! Les botanistes travaillent actuellement sur des cultivars qui peuvent supporter des températures inférieures à – 12 degrés centigrades….

Une fois de plus tu nous prouve que tu ne connais rien à la politique des subventions, ni à l’économie, ni aux entreprises, ni à l’environnement, rien en agriculture, rien en recherche, et ni au goût.

En général les tomates qui ont le meilleur goût demandent un ensoleillement long et sont tardives ce qui n’est possible que dans les pays tempérés.

Un big mak avec ça!

Une autre niaiserie par le ministre Jacques Daoust. Après avoir coupé les CLD sans savoir ce qu’ils rapportaient vraiment, ils traitent les entrepreneurs de régions de « rois du village ». Et puis, comme si les hauts dirigeants des Nortel et SNC Lavallin du centre-ville étaient des exemples d’humilité et de décisions éclairées quand ça va mal. Ça confirme à quel point il méprise ? ignore ? les gens des régions.
Ce même M. Daoust qui préfèrait défendre l’industrie de la construction cet automne en disant que « La loi sur l’intégrité en matière de contrats publics est trop sévère à l’endroit des entreprises qui ont été reconnues coupables de collusion ».

En général les tomates du commerce s’adresse à ceux qui n’ont pas de goût. Un exemple: les fraises de la Californie; elles sentent bon mais elle goûtent l’eau de rinçage.

Ces tomates doivent mûrir très vie et toutes en même temps, doivent résister à 2000Km de transport, doivent se conserver six semaines, résister à une chute de deux mètres pour que le gérant puisse les remettre dans l’étalage quand les client les font tomber par terre, doivent parfaites sur le plan esthétique. Toutes ces modification génétiques ont fait que ce fruit à ne goûte la plus la tomate.

Essayez de trouver de succulentes tomates Big Beef ou Pink Girl sans un super marché et je vous souhaite bonne chance.

L’industrie et le commerce se foutent complètement du goût.

Je comprend qu’il peut être difficile pour H.Q. de laisser à moindre coût l’électricité, les serres en ayant surtout besoin l’hiver, souvent au moment ou Hydro doit importer. Mais il serait peut-être possible de favoriser l’implantation de serres fonctionnant avec la chaleur rejetée des édifices comme ont retrouve à Montréal, ou aider au financement d’énergie provenant des sols, qui diminuerait de beaucoup à moyen et long terme ces dépenses, et comme il est dit dans le texte, surtout pour des hivers comme nous avons connus ces deux dernières années. Voir aussi la possibilité de fournir à des détaillants n’ayant pas l’idée de « vendre les espaces » en magasin… Chose certaine, l’importation nous a permis d’avoir des produits « frais à l’année », mais parfois, quand je vois des pois mange-tout denant de Chine et semblant aussi frais que s’il venait d’être ceuillis ici… je me demande quel traitement ils peuvent avoir pour ne pas dépérir en provenant de l’autre côté de la planette… Comme les fraises des USA qui ne pourrissent pas comme les nôtres, moi, je n’en achète plus, sans savoir ce qu’elles peuvent contenir. Souvenons-nous aussi que les inspecteurs dans ce domaine, ont de beaucoup diminué au Kanada, depuis l’arrivé des Conservateurs…

Une tomate du Mexique ? Magritt dirait : « Ceci n’est pas une tomate ! »

Moi je préfère cultiver mes légumes ,moi-même! En hiver, j’encourage les gens de mon secteur! C’est plutôt rare que j’achète les produits de l’épicerie…de toutes façon ils sont tellement cher pour des produits dont la provenance est incertaine, la qualité altéré par des pesticide/fumigène pour le transport, ou bien modifié génétiquement sans qu’on le sache parce que c’est légal à l’endroit ou il le font poussé que la mention est oublié entre les différentes escale du produits….

Mais le gouvernement qui n’aide par les agriculteurs, en voulant faire pousser des tours à condo, sur des terres fertiles, en priorisant l’achat des produits internationnaux au lieu des les bannir afin de faire encore plus de business, en mettant des taxes et des impot et l’électricité plus élevé sur les producteurs locaux, en exigeant des quotas maximum aux producteurs locaux sur certains produits (exemple le lait), en donnant des super subvention aux étrangers pour qu’ils viennent nous voler nos ressources gratuitement pour nous les faire payer sans nous donner de redevance et en plus qu iont accès a des congé de taxes et d’impots sur les exploitations qu’ils nous volent…..

Le gouvernment c’est de la merde, qui pense au profit…qui se fou de ses citoyens!!!!

Si je faisais parti des grands CORPORATIFS de ce monde, je favoriserais des politiques qui maintiennent le plus grands nombre de consommateur dans un budget SERRÉS…

Et le PRIX ferait toujours: LOI….

Mes usines délocalisées dans des pays de pauvres seraient toujours TRÈS compétitives….

En passant, je termine un livre très intéressant sur la soi-disante » surpopulation: cause de tous les maux écologiques et économiques « ……

J’y apprends à me déculpabiliser des choix égoïstes de consommation que je » décides en toute liberté » de faire…

A suivre… Une planète trop peuplée ? Le mythe populationniste, l’immigration et la crise écologique. par Ian Angus et Simon Butler (2011)

Moi je dis à M. Duhamel qu’avec les Mosanto de ce monde, le Québec peut très bien se passer de producteurs locaux. Les gros de ce monde voient à notre bien-être alimentaire. Pourquoi se casser la tête à encourager une petite compagnie québécoise à produire de la tomate d’hiver? Plus facile de les faire venir du Mexique, les gaz à effet de serre dans le transport comptent si peu pour notre avenir collectif en tant qu’humains… Et on encourage par le fait même l’économie mondiale.