Des VTT sous les palmiers

Les employés québécois de Bombardier Produits Récréatifs doivent-ils déplorer ou applaudir la délocalisation de leurs emplois au Mexique ?

À l’ombre des palmiers, Manuel fait une pause en compagnie d’un collègue. Tous deux portent fièrement une salopette bleue au logo noir et blanc de BRP. Tous deux sont fiers aussi de leur salaire : environ 25 dollars par jour. « Et les conditions de travail sont bonnes », dit Manuel en souriant timidement.

Les deux hommes font partie des 1 200 employés de la nouvelle usine de Bombardier Produits Récréatifs, inaugurée l’automne dernier au cœur des maquiladoras de Juárez, au Mexique. Son ouverture a mis fin aux activités d’assemblage de véhicules tout-terrains (VTT) à Valcourt, entraînant de nombreuses pertes d’emplois. « Ç’a fait des mécontents au Québec, je ne peux pas le cacher », dit le directeur de la production, Claude Juneau, qui a longuement hésité avant d’accepter d’être muté ici, avec sa femme (également employée de BRP) et leur fils.

Le Mexique serait-il donc une menace pour Valcourt ? Non, soutient pourtant le directeur. « BRP avait peu de choix. Soit on délaissait le marché des VTT, soit on déménageait ici pour pouvoir lutter à armes égales contre les Honda et autres Arctic Cat. Notre marché est mondial. Ça n’enlève rien à Valcourt, qui reste le centre de recherche-développement. »