Deux poids, deux mesures

Ce qu’il convient maintenant d’appeler « l’affaire Boisclair » est une aberration politique, administrative et budgétaire. L’ancien chef du Parti Québécois a gagné le loto 6-49 des nominations partisanes : un poste de rêve et un poste de sous-ministre dans la fonction publique québécoise jusqu’à sa retraite.

Le gouvernement parle d’un sacrifice imposé à ce pauvre M. Boisclair qui doit renoncer momentanément à sa carrière de consultant. Pour le compenser et assurer sa pitance quand un nouveau gouvernement mettra l’un de ses amis à sa place, on lui promet quelque chose d’extrêmement rare de nos jours, la garantie d’emploi. À ce que je sache, le poste de délégué du Québec à New York n’est pas le pire job au monde et c’est un endroit extraordinaire pour nouer des contacts qui pourraient être très utiles lors d’un retour à la consultation. Dans un c.v., voilà le genre d’expérience qui ajoute de la valeur à votre candidature.

La ligne de défense du gouvernement, c’est que d’autres l’ont fait avant lui. L’excuse sonne faux pour des gens qui promettaient de « gouverner autrement ». Surtout, elle montre le décalage abyssal entre les propos de ce parti dans l’opposition et le gouvernement qui est à la tête de l’État aujourd’hui.

La semaine dernière, la Première ministre donnait sa bénédiction à la minicentrale de Val-Jalbert, au Saguenay, promettant sa réalisation dans les plus brefs délais. Le militant écologiste et grande recrue du Parti Québécois, Daniel Breton, décriait il n’y a pas si longtemps ce projet, le qualifiant «d’une absurdité totale ». Je suis porté à donner raison à Madame Marois, mais admirez la volte-face.

L’autre semaine, Jean-François Lisée faisait d’André Lavallée son sous-ministre à la métropole. Monsieur Lavallée, faut-il le rappeler a été responsable de l’aménagement au comité exécutif de la ville de Montréal et chef de cabinet du maire Tremblay. Je n’ai aucune raison de douter de l’honnêteté et de la compétence de M. Lavallée, mais ne trouvez-vous pas cette nomination étrange ? Peut-on à la fois reprocher à M. Tremblay ne ne pas avoir su ce qui se passait dans sa ville et féliciter l’un de ceux qui devait l’en informer ?

On fait état mercredi d’une rumeur voulant que les universités (et peut-être d’autres entités du secteur public) devront couper 5 % de leurs dépenses dans les quatre derniers mois de l’année budgétaire se terminant en mars 2013. C’est l’équivalent, sur une base annuelle, d’une coupure de 15 %. Tout cela pour permettre au gouvernement de  respecter ses cibles budgétaires.

Ces coupures, tout le monde le sait, sont impossibles à réaliser. C’est trop gros et les délais sont trop court, car presque toutes les sommes sont engagées, à commencer par les salaires qui représentent la majeure partie des dépenses. Que va-t-il se passer ? Les universités vont accroître leur déficit et ajouter à leur endettement. Le gouvernement va se péter les bretelles en disant qu’ils gère efficacement, mais il ne fait que balayer les factures dans la cour de ses propres institutions.

Ce gouvernement cafouille. Les affaires Breton, Boisclair, les raccourcis budgétaires, tout cela ressemble à une grande improvisation.

17 commentaires
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Ce que vous rapportez, je l’observe également. Je comprends certes que les possibilités du Québec d’augmenter substantiellement ses revenus avant quelques années tout en maintenant et si possible bonifiant une politique fiscale équitable et concurrentielle ; que cela puisse obliger le gouvernement à prendre des mesures qui contredisent en partie les promesses faites lors de la dernière campagne électorale.

Je relève également qu’il y a beaucoup de cafouillage qui quelquefois ressemble à de l’improvisation. Je comprends que monsieur Boisclair soit au fait que le gouvernement actuel du Québec se présente de plus en plus comme un gouvernement de transition lorsqu’il doit par conséquent préserver ses arrières ; je comprends que ses prétentions puissent être justifiées. Ce que je comprends moins, lorsqu’il est demandé peu ou prou à tout le monde de faire un effort, c’est que monsieur Boisclair ait pratiquement obtenu tout ce qu’il réclamait.

Ce qui me choque le plus ce n’est pas la nomination comme telle et les avantages marginaux concédés à un seul homme en principe entièrement dévoué à la cause supérieure du Québec et de par le fait même totalement désintéressé…. C’est la manière oiseuse dont madame Marois justifie sa décision « hyper-partisane » allant jusqu’à parler pour monsieur Boisclair de « prédestination ». En somme cela signifie que si vous êtes pauvre ou encore dépendant de l’assistance sociale vous êtes aussi prédestiné pour être pauvre et assisté social.

De tels propos relèvent d’un autre âge et d’une autre époque, ce qui sonne faux avec la laïcité officiellement affichée jusqu’à l’ostentation délivré « ad nauseam » par les apparatchiks du parti. Tout cela illustre combien la rhétorique du PQ est devenue édulcorée, totalement aux antipodes du discours politique structuré et formulé économiquement d’un jacques Parizeau notamment. Ce parti politique prouve qu’il s’éloigne définitivement de ses assises populaires qui donnaient une certaine grandeur à cette formation du temps de René Lévesque ou encore de Camille Laurin. On assiste plutôt par les temps qui courent à une pantomime étatique engoncée dans des principes qui relèvent d’un absurde qui ne déplairait pas à Alfred Jarry, digne d’un roi Ubu prisonnier d’un dogmatisme outrancier.

Bien que je tienne en grande estime monsieur Jean-François Lisée, j’ai trouvé regrettable sa manière plutôt maladroite de s’enfarger ou si vous préférez de se mettre les pieds dans le plat dans ce dossier. Prouvant par sa gestuelle et par la maladresse de ses propos qu’il n’est pas même « à l’aise » avec ça !

La question que je me pose en définitive, c’est encore de savoir si ce gouvernement extrêmement minoritaire à tous points de vus, dispose réellement de toute la légitimité nécessaire de gouverner pour encore les 14 prochains mois. Ici dans ce cas, la marge qui fait qu’une formation détient le mandat populaire ou ne l’a pas est des plus étroites.

– J’aimerais préciser que j’ai choisi le Parti Québécois le 4 septembre dernier car j’avais confiance en madame Marois, sa sagesse, sa probité et la nature de son bon jugement. Il est dans l’usage de dire que c’est au pied du mur qu’on observe le maçon. Pour l’instant présent, j’observe surtout des gâcheurs de ciment, pas de quoi vraiment produire une ouvrage qui ait la dureté et la solidité d’un béton.

ÇÀ SENT LA GAMIQUE , CETTE NOMINATION LÀ..ELLE L’A MIS MILLIONAIRE..CE PÄUVRE.BOISCLAIR…(JOHN PARISELLA L’EXCELENT DÉLÉGUÉ A ALORS TRAVAILLÉ POUR DES PEANUTS LUI DANS LE PASSÉ). PAULINE MAROIS A TOUJOURS ÉTÉ EXPERTE DANS LES MANIGANCES DANS SON PASSÉ EXAMPLE SON MARI « CLAUDE BLANCHET » À LA « SGF » + UN TAS DE BONBONS ::PENSION À VIE INDEXÉE. + PRIME DE DÉPART..ALLÉLOUYA..DU JAMAIS VUS AU GOUVERNEMENT PROVINCIAL QUÉBECOIS..ENGAGER SON « CONJOINT ».ET ELLE N’A PAS CHANGÉ.
À LA RETRAITE APRÈS 30 ANS ON EN A EU ASSEZ D’ELLE ET SES PROUESSES, QUI COUTE CHÈRES À L’ÉTAT.

Boisclair a aidé Marois au moment où Duceppe tentait son push. Marois renvoie l’ascenceur.

Charest avait nommé France Dionne, la cousine de sa femme, comme déléguée à Boston.

Il avait aussi nommé Parisella à NY, son Karl Rove qui lui avait permis d’obtenir une majorité en prenant l’ADQ les culottes à terre (500,000 adéquistes ne sont pas allés voter; les pauvres étaient épuisés d,avoir voté un mois plus tot pour Harper)

Je crois que le peu de sympathie qui pouvait rester envers Madame Marois s’est maintenant évanouie et cela en moins de 18 mois. Il faut le faire…

J’ai l’impression très forte que la seule raison pour laquelle vous dites que Duhaime est la honte du Québec Inc, c’est qu’il s’est fait prendre. Il en existe des dizaines d’autres qui sont encensés par les économistes et qui fraudent tout autant.

Mais comment peut-on avoir le culot de dire qu’une nomination en tant que délégué à New-York pourrait nuire à la carrière d’un consultant en énergie ! NYC, et le Connecticut avoisinnant et ses hedge funds, c’est LA ville des investisseurs du secteur énergétique. Pour Boisclair c’est le jackpot. C’est ce qui me dépasse dans cette nouvelle.

Le PQ va couper en santé et en éducation et dans les autres services assurés par le gouvernement. C’est ce qu’ils ont fait dans le passé, tout en protégeant au maximum leur amis fonctionnaires…

Le problème c’est qu’on est plus en 1980, ni en 1995, les services sont déjà très rationnés, les équipements et infrastructures déjà déficients et couper davantage c’est faire mal à une économie qui est déjà dans le trouble.

Dite moi, quelle compagnie veut installer son siège social ici, ses hauts dirigeants, quand il faut attendre 20 heures à l’urgence?

Le « slow motion train wreck » qui continue…

Le PQ, c’est Québec solidaire quand il est dans l’opposition, et le parti libéral quand il est au pouvoir.

Quand Lisée a été élu, je me disais qu’il ne pourrait pas être trop dangereux puisque personne ne serait assez fou pour lui confier de l’argent à gérer. Malheureusement, je constate qu’il peut quand même avoir un impact sur les finances publiques (et celles de ses amis).

Vos criques ont réussi. M. Boisclair vient de renoncer à sa permanence avec à son poste de ministre-adjoint. Ouf !!!!!!!!!!!!!!!

Mais on a quand même assez d’argent pour bâtir un registre des arme à feu.

C’est qu’on va pouvoir occuper plein de fonfons avec ça…

@brasseur

Le temps d’attente aux urgences c’est un peu partout pareil au Canada
Les riches, comme ceux des grandes cies, n’attendent pas puisqu’ils vont à des cliniques privées

@ jack2 (# 13):

Vous défoncez une porte ouverte: ça fait longtemps que l’on sait que le privé est beaucoupplus efficace que le public en santé et…dans tous les autres domaines.

@ Mme King #7

Excellent commentaire, je suis d’accord à 100% avec vous.

J’ai l’impression que le poste de délégué à NY est un fichu de bon tremplin politique. M. Boisclair a, je crois, la stature pour occuper ce poste. Par contre, là où le gouvernement s’est royalement planté, c’est en le nommant également sous-ministre.

Faute majeure pour Marois, faute encore plus majeure pour Lisée. Le oi qui ait voté pour le PQ, que me reste-t’il maintenant? La CAQ??? Le PLQ???

Pourquoi je ne suis pas surpris ? Parce que moi je me souviens. Le PQ est et sera toujours le PQ : faites ce que je dis, pas ce que je fais…. Ça résume tout. Malheureusement, une grande partie de leur électorat est trop jeune pour pouvoir se souvenir. Lors des passages dans différent minitères, Mme Marois a tout démoli et c’est ce qu’elle continue de faire. Que voulez-vous, si elle veut espérez gagner un jour un référemdum, il faut que ça aille mal au Québec. Alors, elle fait tout ce qu’elle peut pour qu’éventuellement ça aille mal. Une chance qu’elle est minoritaire, sinon on ne serait pas dans la merde, on serait dans la grosse merde.