C’est aussi ça l’Afrique

Il y a une autre Afrique que celle que l’on associe à la misère. Elle a enregistré une croissance économique moyenne de 5 % par année depuis 2000, renferme 10 % du pétrole au monde, 40 % de son or, 80 % du chrome et 90 % du platine.

Photo: Sia Kambou/AFP/Getty Images
Photo: Sia Kambou/AFP/Getty Images

Blogue EconomieQuand on parle de l’Afrique, on a trop souvent en tête de terribles images de guerres civiles, de dictateurs corrompus, de terrorisme religieux, de famines, de pauvreté extrême ou d’épidémies virulentes comme celle du virus d’Ebola qui pourrait faire 1,4 million de morts en Afrique de l’Ouest d’ici 2015, si l’on en croit des épidémiologistes.

Il y a une autre Afrique. Celle qui a enregistré une croissance économique moyenne de 5 % par année depuis 2000. Celle qui renferme 10 % du pétrole au monde, 40 % de son or, 80 % du chrome et 90 % du platine.

Le Québécois Benoît Lasalle, qui investit ce continent depuis plus de 20 ans, déclarait à un récent forum d’Export Québec qu’on est en train de trouver « un Sudbury » en Côte-d’Ivoire qui fera du pays un immense producteur de nickel. Ce pays a connu une croissance économique de 8,8 % en 2013 et de 9,8 % en 2012.

L’Afrique ne compte encore que pour 4 % de l’économie mondiale, mais 15 % de la population mondiale y habite. Il y a 18 villes de plus de 2 millions d’habitants sur le continent et plus de la moitié de sa population sera urbanisée d’ici 2040. La population devrait aussi doubler d’ici 2050, passant de 1 milliard à 2 milliards d’habitants, ce qui représentera 20 % de la population du globe. Pour Benoît Lasalle, « l’Afrique, c’est le prochain continent ».

On comprend tout de suite que le développement de l’agriculture est un enjeu dans chacun des 54 pays africains. La bonne nouvelle, c’est que l’Afrique n’utilise que 15 % de sa capacité en agriculture et que 45 % des terres arables sont disponibles.

Vous aurez aussi compris que ceux qui comme Benoît Lasalle ou Richard Attias, grand organisateur franco-marocain de rencontres économiques internationales, voient toujours l’extraordinaire potentiel du continent plutôt que les maux qui l’affligent et les défis qu’il doit affronter. Il y a des routes à construire, des réseaux de télécommunications à installer, des centrales électriques à ériger, des aqueducs et des égouts à creuser et des hôpitaux, des écoles, des hôtels et des immeubles à construire.

« Les Africains veulent des partenaires pour bâtir leurs infrastructures et créer des emplois », disait Richard Attias au même colloque. « L’Afrique ne veut plus tendre la main, elle veut serrer la main ».

C’est cette Afrique-là aussi que l’on voudra nous montrer début décembre à Dakar lors du premier Forum économique de la francophonie, qui aura lieu en marge du Second des pays francophones qui réunira 77 chefs d’État et de gouvernement. Sommet dont l’organisation a d’ailleurs été confiée à Richard Attias.

Enfin, l’Afrique est aussi l’avenir de la francophonie. Grâce à elle, le nombre de personnes parlant notre langue devrait passer de 230 millions aujourd’hui à 770 millions en 2050.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Il y a aussi le Chine.

Contrairement à l’Occident qui à volé et qui vole encore les richesses de l’Afrique, les Chinois serrent la main des Africains, et font des échanges. La Chine exploite les richesses de l’Afrique, en échange, fait travailler les Africains à salaire raisonnable et finance les les infrastructures de ces derniers, et même les construisent.

Nous, par l’entremise des géants de l’alimentation, on mange du chocolat issu de l’esclavage des jeunes enfants kidnappés ou vendus en Côte d’Ivoire.