D’où vient la crise des régimes de retraite et comment la résoudre ?

La disparité de rémunération entre le secteur municipal et le secteur provincial ne peut s’expliquer que par un rapport de force inégal favorisant les syndicats municipaux dans la négociation des conventions collectives avec les villes. 

Photo: Clement Allard/La Presse Canadienne
Photo: Clement Allard/La Presse Canadienne

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En novembre 2013, une enquête de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) révélait qu’en moyenne les employés municipaux retenus dans son échantillon touchaient une rémunération annuelle totale de 76 000 dollars.

Les employés qui occupaient des fonctions entièrement comparables dans la fonction publique provinciale devaient se contenter de 56 000 dollars. Cet écart moyen de 20 000 dollars (36 %) pour le même emploi entre des administrations qui se côtoient est énorme.

Si on veut suivre le débat actuel concernant les régimes de retraite des employés municipaux, il importe au préalable de comprendre la nature et les causes de ce surprenant avantage de 36 % des employés municipaux sur les employés provinciaux. Il doit être évident pour tout le monde que le fardeau financier des régimes de retraite est d’autant plus important là où la rémunération totale des employés est plus grande.

L’affirmation de l’ISQ est tirée de son enquête annuelle sur la rémunération dans les divers secteurs de l’économie québécoise. Dans le cas du secteur municipal, l’enquête couvre 28 villes québécoises de 25 000 habitants ou plus. Elle exclut les emplois de policiers et de pompiers. Les emplois municipaux retenus dans l’échantillon (professionnels, techniciens, employés bureau, ouvriers, employés d’entretien et de services) sont comparés à des emplois en tout point semblables de la fonction publique provinciale.

Le tableau suivant résume la comparaison effectuée par l’ISQ entre la rémunération des employés municipaux et celle des employés provinciaux. La rémunération totale est la somme de trois composantes : le salaire direct de l’employé (brut, avant impôts et cotisations), les primes payées par l’employeur pour les diverses assurances publiques et privées, et la cotisation de l’employeur au régime de retraite des employés. Les montants indiqués sont arrondis au millier de dollars près.

Tableau. Décomposition de la rémunération annuelle moyenne des employés municipaux de 28 villes québécoises de 25 000 habitants ou plus et de celle des employés de la fonction publique provinciale occupant des emplois comparables en 2013 (en dollars)

Employés municipaux

Employés provinciaux

Avantage des employés municipaux

Salaire direct

54 000

45 000

9 000 (+20 %)

Assurances

10 000

8 000

2 000 (+25 %)

Régimes de retraite

12 000

3 000

9 000 (+300 %)

Rémunération totale

76 000

56 000

20 000 (+36%)

Source : Institut de la statistique du Québec, Rémunération des salariés. État et évolution comparés 2013, novembre 2013, tableaux annexes B-4 et C-4.

Comme on voit, l’avantage de 20 000 dollars de l’employé municipal en rémunération totale a deux sources. D’une part, son salaire direct et les primes d’assurances payées en sa faveur par la ville sont plus élevés de 20 % à 25 % que s’il travaillait dans la fonction publique provinciale. D’autre part, la cotisation de son employeur à son régime de retraite est quatre fois plus importante (12 000 dollars) que s’il était à l’emploi du gouvernement du Québec (3 000 dollars).

Toute une différence. La cotisation des villes au régime de retraite équivaut en moyenne à 22 % du salaire direct (12 000/54 000), tandis que celle du gouvernement provincial ne représente que 7 % du salaire direct (3 000/45 000). Dans le secteur municipal, la contribution des employeurs aux régimes est beaucoup plus importante que celle des employés et les régimes sont globalement plus généreux.

Vice de structure : un rapport de force défavorisant systématiquement les employeurs municipaux

L’avantage de 36 % des employés municipaux en rémunération totale ne peut s’expliquer par la demande et l’offre de services des employés. D’une part, la rémunération offerte par les villes ne résulte aucunement d’une difficulté particulière qu’elles éprouveraient à recruter ou à retenir des employés. Au contraire, les salaires et les conditions de travail sont tellement attrayants que les emplois municipaux sont parmi ceux qui sont les plus recherchés et affichent le plus faible taux de roulement au Québec. D’autre part, aucune preuve n’existe que le personnel des villes mérite une rémunération plus importante parce qu’il serait plus scolarisé, plus habile ou mieux équipé pour accomplir les tâches requises que le personnel qui remplit des fonctions identiques dans l’administration provinciale.

Si la disparité de rémunération entre le secteur municipal et le secteur provincial ne procède pas de facteurs de demande et d’offre, elle ne peut s’expliquer que par un rapport de force inégal favorisant systématiquement les syndicats municipaux dans la négociation des conventions collectives de travail avec les villes. Serait-ce que les syndicats municipaux sont plus futés et travaillent plus fort que les syndicats de la fonction publique provinciale, ou que les négociateurs patronaux des villes sont moins futés et travaillent moins fort que ceux de la fonction publique provinciale ? Difficile à croire. Les négociateurs embauchés par les syndicats et les patrons sont souvent les mêmes au niveau municipal qu’au niveau provincial et dans le secteur privé. Or, c’est seulement dans les municipalités qu’on a observé une telle ascension de la rémunération au-delà de celle des emplois comparables ailleurs dans l’économie.

Si l’inégalité du rapport de force ne peut être attribuée au fait que les négociateurs syndicaux seraient systématiquement plus efficaces que les négociateurs patronaux, elle doit forcément résulter d’un vice du système lui-même. C’est justement à une déficience systémique que le Livre blanc publié par l’Union des municipalités du Québec en 2012 a attribué l’écart de rémunération entre les employés municipaux et les employés du secteur public québécois :

« Si l’écart atteint aujourd’hui une telle ampleur, c’est en raison des relations de travail qui prévalent dans le secteur municipal et du pouvoir de négociation qu’elles confèrent respectivement aux employeurs et aux différentes catégories d’employés. Les élus municipaux déplorent le faible rapport de force des municipalités dans la négociation des conventions collectives auquel s’ajoute un mode d’arbitrage débouchant plus souvent qu’autrement sur une spirale vers le haut des conditions de travail. »

La faiblesse du rapport de force des municipalités a deux causes. D’une part, dans un service public comme une municipalité, le Code du travail accorde le droit de grève aux employés (sous réserve du maintien des services essentiels), mais interdit le droit de lock-out à l’employeur.

D’autre part, dans le cas des policiers et des pompiers, le Code interdit en tout temps et la grève, et le lock-out. Lorsqu’un différend persiste entre un syndicat de policiers ou de pompiers et l’employeur municipal, il est obligatoirement soumis à une procédure d’arbitrage.

Or, le Code commande explicitement à l’arbitre d’un tel différend dans une municipalité de « tenir compte des conditions de travail qui prévalent dans des municipalités semblables ». Ce critère d’équité externe entre municipalités fragilise le système. Si une municipalité sort du rang pour quelque raison – peut-être valable – et accorde une importante augmentation de rémunération à ses policiers et à ses pompiers, les négociateurs syndicaux dans les autres municipalités vont immédiatement réclamer la parité. Guidés par l’esprit du Code du travail, les arbitres auront un penchant naturel pour la leur accorder.

Un impératif tout aussi naturel d’équité interne entraîne ensuite l’extension des conditions obtenues par les policiers et les pompiers aux autres employés de la même municipalité. Difficile de limiter à 2 % l’augmentation accordée aux employés d’une ville lorsque ses policiers et ses pompiers viennent d’obtenir 4 %.

D’où la « spirale vers le haut » diagnostiquée par le Livre blanc.

Vice de comportement : la concentration exclusive des élus provinciaux sur le court terme

Le rapport de force inégal qui défavorise systématiquement les employeurs municipaux face aux syndicats des employés ne date pas d’hier. Les experts indépendants en relations de travail, les analystes en économie du travail, les villes elles-mêmes et le gouvernement du Québec en sont conscients depuis fort longtemps. Mais ce dernier, d’où émane le Code du travail, n’a rien fait pour corriger la situation. Aussi longtemps qu’on a pu, on a laissé la rémunération dans les villes poursuivre son inexorable ascension sans intervenir, jusqu’au moment où la crise financière a fini par éclater. Nous en sommes là.

Dans ce dossier comme dans bien d’autres, les élus tendent à se concentrer exclusivement sur le court terme. Ce qui va arriver au-delà de la prochaine élection ne les préoccupe guère. Exceptionnellement, certains Québécois ont brillé par leur clairvoyance. Pensez, par exemple, à Michel Clair, Jacques Ménard et Claude Castonguay en santé ; à Jean Pronovost en agriculture ; à Robert Lesage sur la construction ; à Lucien Bouchard sur le vieillissement ; à Robert Lacroix sur le financement universitaire ; etc.

Mais leurs propos ont été rejetés ou vite oubliés. Plutôt que de les écouter et d’agir en conséquence, on a laissé les choses aller, on a cédé aux lobbys des groupes d’intérêts, et on s’est rassuré tant qu’une crise ne nous éclatait pas en pleine face. La prévention, connais pas. L’État a ainsi vogué de crise en crise : crise en santé, crise en agriculture, crise de la construction, crise du vieillissement, crise des infrastructures, crise du financement universitaire, crise des finances municipales, crise du budget provincial, etc

Résumé et conclusion

Si on prend du recul sur la crise actuelle des régimes de retraite municipaux, force est d’admettre qu’elle résulte de deux défauts graves de nos institutions : un vice de structure des relations de travail (un rapport de force défavorisant systématiquement les employeurs municipaux) et un vice de comportement de l’État provincial (sa concentration exclusive sur le court terme qui lui a fait négliger de corriger le problème).

Ni les retraités municipaux, ni les employés actifs et leurs syndicats, ni les villes et leurs contribuables, ne sont responsables de la crise. Tous ces groupes ont agi entièrement de bonne foi dans le système de relations de travail auquel le Code du travail les soumettait. Il est donc particulièrement choquant de constater que le Projet de loi 3 sur les régimes de retraite municipaux veuille leur faire assumer la totalité des dégâts après coup.

L’évolution démographique (espérance de vie allongée) et le changement persistant des conditions financières mondiales (taux de rendement plus faibles sur les fonds investis) sont des causes reconnues du déficit accumulé des régimes de retraite municipaux. Les participants à ces régimes doivent en assumer les conséquences comme ceux des autres régimes publics ou privés. Mais une bonne partie de la responsabilité du gâchis incombe à la gestion à courte vue d’un État qui s’est avéré insouciant, complaisant et négligent.

Une solution juste de la crise consisterait :

1) à reconnaître explicitement la lourde responsabilité de l’État québécois ;

2) à porter en conséquence quelque chose comme la moitié du déficit actuariel – de 4 milliards de dollars – des régimes de retraite municipaux sur la dette du gouvernement du Québec ; et

3) afin de régler le problème pour l’avenir, à amender le Code du travail de manière à rétablir une fois pour toutes l’équilibre du rapport de force dans les relations de travail au niveau municipal.

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Il faut aussi ajouter les nombreuses lois spéciales du genre gel de salaire que les fonctionnaires du Québec ont souvent subies et que les fonctionnaires municipaux n’ont jamais vécues car les villes n’ont pas ce pouvoir. Actuellement le gouvernement veut légiférer et forcer des conditions de travail aux niveau municipal, ce que les syndicats municipaux ne sont pas habitués. Je suis persuadé que ça les fâche royalement, mais il était temps qu’ils goûtent la même médecine. Pensez-vous que les employés du Québec trouvent la comparaison des conditions de travail juste?

Dans les année 1990 le secteur a du faire des coupure de 6% de 1990 a 2000 les employés de la ville de Québec ont eu environ 1% d augmentation par année

Il ne faudrait pas oublier qu’en 1980 le gouvernement du Québec à en plus DÉSINDEXÉ les pensions de retraite de tous les fonctionnaires, employées du secteur de L’Éducation et employés du secteur de la Santé. Fait à soulignée, les Cadres de tous les secteurs mentionnés auparavant touches aujourd’hui 80% de leur salaires à la retraite et INDEXÉ à
100%. J’aimerais bien que l’on fasse un parallèle avec les employés de L’HYDRO-QUÉBEC, ceux de la SAQ, ceux de LOTO-QUÉBEC ect…. pour faire toute la lumière.

Pierre Fortin DÉRAILLE COMPLÈTEMENT ! Selon lui, puisque le gouvernement du Québec n’a jamais amendé le Code du travail qui avantage les employés municipaux, la crise actuelle est de son unique faute et c’est donc lui qui doit payer les pots cassés et le 4 milliards de déficit de leur fonds de retraite. VOYONS DONC ! Pour qui se prend-il cet économiste ? En tant qu’expert économiste, il est effectivement formé pour déceler où se situe un problème économique et quelle en est la cause logique… mais il n’a ABSOLUMENT AUCUNE compétence pour décider qui va assumer la responsabilité du problème, qui va devoir payer pour les dommages encourus et de quelle façon. De quoi se mêle-t-il !?!? Il n’est pas juge d’un Tribunal administratif à ce que je sache.

Vous avez raison. Et qui est le gouvernement du Québec ? Le gouvernement du Québec, c`est les payeurs de taxes. Les gouvernements n`existeraient pas s`il y avait pas des travailleurs qui payent des taxes.

D`où vient la crise des régimes de retraite ? Des régimes de retraite à prestation déterminé. Ça aurait jamais dû exister. Personne connait l`avenir, comment l`économie va se comporter, la démographie(malgré que les politiciens étaient au courant du vieillissement de la population, ils ont rien fait pour des raisons électoralistes), les guerres, catastrophes naturelles majeurs, etc…

La Suède a réglé le problème. Les régimes de retraite là-bas ne sont plus à prestation déterminé et les retraites sont déterminés par plusieurs facteurs :

«En résumé, cette réforme transfère les risques liés à la situation économique, des cotisants vers les retraités. Le niveau des retraites n’est plus garanti à priori, si la situation économique s’améliore le niveau des pensions augmente, si la situation se dégrade le niveau des pensions baisse.»

http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_de_retraite_en_Su%C3%A8de

Si la ville de Québec avait mît l argent qu elle devais 145 millions de dollars dans les Anneé 1980 il n y aurais pas de déficit mais a l époque le gouvernement a fait une charte et la ville avais jusqu en 2045 pour régler ce déficit a Montréal c était la même chose mais pour 500 millions si tout cet argent avait été placer a la moyenne des 25 dernière année environ 5% faite le calcul le régime serais capitalisée a 95% et plus le bon gouvernement de l époque a pris de mauvaise décision et il veulent nous faire payer leurs erreur du passé

Juste un petit détail: la « ville de Québec », ce sont en réalité, LES CONTRIBUABLES de Québec.

Donc, vous voudriez arracher aux contribuables de la ville de Québec $145 Millions???

Good luck!

Mr Fortin, le point deux votre solution est complètement débile. Encore une fois quelqu’un propose une solution qui puni ceux qui gèrent bien un dossier aux profits des « incompétents »; en épongeant ce déficit sur le bras de tous les québécois vous dites encore une fois aux grandes villes qu’ils peuvent faire n’importe quelle niaiserie financièrement irresponsable et qu’on va tous ENCORE payer pour eux. La grande majorité des 7 millions de citoyens du Québec (pour la plupart sans régime de retraite) n’ont absolument aucune raison de payer pour une poignée de municipalités ou les élus n’ont pas eu de colonne vertébrale face à leurs syndicats et leurs ont accordé des régimes de retraites qui n’ont aucun sens et ont ensuite omis de payer leur part.
Si vous désirez absolument mettre le blâme sur l’incompétence des dirigeants (des municipalités en question et de l’état québécois) vous devriez donc incomber à ces mêmes dirigeants de payer de leur propre poche. Après tout ils ont eu aussi de très déséquilibrés régimes de retraites qu’ils se sont en plus eux même accordés aux frais des contribuables.

« Mais ce dernier, d’où émane le Code du travail, n’a rien fait pour corriger la situation. » En fait, il y a eu des modifications au Code du Travail, peut-être n’ont-elles pas été suffisantes ou satisfaisantes au goût de l’auteur et des dirigeants de municipalités. Le texte cite une partie de l’article 79 du Code du Travail : « tenir compte des conditions de travail qui prévalent dans des municipalités semblables » n’existait pas avant 1983, mais reste cependant facultatif pour l’arbitre.

L’article 79 s’appliqua à l’arbitrage des différends entre une municipalité et ses policiers-pompiers jusqu’en 1993, lorsque le législateur ajouta les articles 99.3 et 99.5 qui reprenaient de façon impérative cette fois, l’obligation de « tenir compte des conditions de travail applicables aux autres salariés de la municipalité concernée ou des municipalités parties à l’entente constituant la régie intermunicipale concernée, des conditions de travail qui prévalent dans des municipalités ou des régies intermunicipales semblables ou dans des circonstances similaires. » Suite au rapport Boivin, on ajouta à cet article une modification pour tenir compte « de la situation et des perspectives salariales et économiques du Québec. »

La loi modifiant l’article 99.5 prévoyait qu’un rapport sur le constat de cette modification apportée au code devait être remis dans les trois années qui suivraient l’adoption de la loi. La conclusion de celui-ci – quoique l’étude portait sur un nombre limité d’arbitrage, vu la courte période qui suivait l’adoption de la loi et le dépôt du compte-rendu – fut d’« avancer que les divers éléments analysés ici nous portent à croire que les objectifs visés par les amendements apportés au Code du travail par le chapitre 30 des lois de 1996 ont été atteints ou sont en voie de l’être. » Sans doute, un rapport trop optimiste puisque les municipalités ont continué à se plaindre et qu’aucune suite à ce rapport (1999) n’existe selon mes recherches.

Pour changer le rapport de force, certaines municipalités voudraient obtenir un droit au lock-out. Si c’était le cas, elles seraient soumises aux règles des services essentiels et devant la Commission des , la réaction du syndicat sera sans doute de proposer la totalité de ses services. Une offre que la Commission des relations de travail aurait du mal à refuser. D’autant que s’agissant des policiers et des pompiers, qu’est-ce qui est essentiel ? Ce sont des services qui doivent répondre à des urgences imprévisibles, ce qui rend impossible de connaître la quantité suffisante de policiers ou de pompiers.

Une autre solution proposée par les municipalités, serait, par réglementation, de pouvoir décréter des conventions collectives, allant dans ce sens à l’encontre du droit constitutionnel à la négociation, confirmé par la Cour Suprême.

Éclairage totalement nouveau pour moi, données à l’appui, M.Fortin comme d’habitude nous brosse un tableau clair d’une réalité que curieusement personne à ma connaissance n’a fait ressortir lors de la Commission parlementaire.

De toute évidence la modification suggérée au Code du travail s’impose, ça aussi personne à ma connaissance l’a suggéré à la Commission.

M.Fortin en bon démocrate recommande une partie de solution (que le Provincial – l’ensemble des québécois- absorbe 50% du déficit actuariel des régimes municipaux), parce que les municipalités ne pourront éponger seule les déficits des régimes de retraite faute de manque de revenus, c’est très généreux.

Mais les municipalités depuis longtemps trouvent que leur principale source de revenus : « les taxes foncières » n’est plus suffisante pour couvrir tous leurs besoins, peut-être que la solution pour couvrir les déficits actuariels de leurs régimes de retraite serait de leur accorder de nouvelles sources de revenus, ajuster le Code du travail et ensuite les laisser négocier et régler le problème des régimes de retraite localement. Ainsi on règlerait deux problèmes en même temps.

Suggérer de mettre ça sur la dette et laisser le problème aux générations furures.

C’est odieux M Fortin, honteux même.

Mais je suppose que c’est à l’image du « nouveau » Pierre Fortin…

Évidemment les sociaux-démocrates sont toujours au pouvoir et leur état providence subventionne ses propres cheerleaders, Pierre Fortin en est un bon exemple… Attendre quelque chose d’eux c’est se condamner à de cruelles déceptions.

Mais il y a un nouveau joueur dans le rapport de force, un joueur jusqu’ici relativement silencieux mais à terme incontournable: Le marché.

C’est lui et non la rhétorique épaisse des meneuses de claque qui force la main du gouvernement aujourd’hui. Le gouvernement s’imagine probablement qu’il s’en tirera comme d’habitude avec quelques demi-mesures ou par la procrastination mais cette fois il se trompe, le déclin économique du Québec est une spirale vicieuse déjà programmée qui durera au moins une génération et exigera de grands sacrifices.

L’austérité n’est pas un choix politique, c’est une conséquence. On est déjà dans le mur, le gouvernement n’a pas à choisir, les marchés ont déjà choisi pour lui.

Si je pouvais parier sur vos prédictions, je deviendrais riche assez facilement. À propos de votre premier commentaire, lorsqu’un tort est commis, généralement c’est à celui qui cause le tort de réparer le dommage. Si c’était le gouvernement québécois, qui par son laxisme juridique, aurait causé un tort aux municipalités, pourquoi le gouvernement québécois ne devrait-il pas assumé les dommages, en payant le déficit cumulé ?

Le mur, l’austérité, le marché quel charabia !

Vous êtes fort sur les raccourcis. Comme si payer des taxes permettait de se substituer au gouvernement ou à l’État. Les compagnies paient aussi des taxes, dois-je comprendre qu’elles aussi sont le gouvernement ? Quel est le lien sur les retraites des Suédois avec mon commentaire, vous voulez ma bénédiction parce que Radio-Canada vous donne raison ?

Addenda

Que le gouvernement québécois reçoive ses revenus en partie au moyen d’impôts et de taxes venant des citoyens ne le dé-responsabilise pas de ses actes. Le déficit et la dette ne peuvent pas servir d’excuse à tout.

Exactement. Le gouvernement n`est absolument rien sans les travailleurs(ceux qui travaillent réellement à créer de la richesse) et les entreprises créatrices de richesses.

1- Sauf que les payeurs de taxes ont votés pour que les gouvernements à tout les niveaux ainsi élus prennent des décisions pour eux. Ils s’avèrent que leurs décisions donnent aujourd’hui comme depuis que nous appliquons ce système les résultats que l’on constate au fils du temps. C’est à nous tous d’assumer les décisions de nos élus dans ce domaine comme dans les autres. Quand j’étais jeune j’ai assumé les décisions des précédents jeunes ou vieux. Ça n’a jamais cessé depuis.

2- Soyons intelligent, un peu du moins, et n’embarquons pas bêtement dans le très vieux principe de diviser pour mieux régner qu’on essaie d’appliquer trop souvent!

3- Une partie de la population appuyant idiotement de changer la donne contre une autre partie, parce que celle-ci n’en profite pas ou plus ou pas au même niveau ne tient pas la route.
Dans ce cas, ce principe pourrait et devrait s’appliquer à tout les niveaux et à tout les domaines.
Allo le bordel à prévoir!

4- Est-ce que ça veut dire qu’il n’y a plus rien à faire, rien à améliorer, rien à bonifier pour autant?
Pas du tout.
La grosse différence ici, ce sont les contrats signés.
Ça prend un minimum de deux parties pour négocier et signer un contrat.
Ça prend toutes les parties signataires pour les changer.
Dans un état de droit, c’est ainsi que ça se passe.

5- Et si une partie de la population trouvait que nos élus ont été surpayé de 19?? à 2014 pour les résultats que l’on constate maintenant? Et si on leurs demandait de rembourser une partie et même tout ce qu’ils ont reçu? Est-ce que ce serait possible? Est-ce que ce serait même souhaitable de le faire ainsi? Je prétend que oui, mais comment le faire appliquer. Cela tiendrait-il devant les tribunaux?

6- Pour l’avenir et à partir de maintenant, plusieurs de nos élus sont prêt à faire preuve de fermeté et vouloir changer les choses. Appuyons-les!
Plusieurs sont prêt à suivre et à accepter des changements d’attitudes et de philosophie. Bravo!

7- Il ne faudra cependant pas oublier que le jeu de la négociation étant ce qu’il est, il est à prévoir que ce que les syndicats perdront dans les fond de pension pour l’avenir, ils voudront le récupérer en augmentation de salaire et d’autres avantages.
Si ont veut tout gagner et voulons rester ferme, il faudra en accepter les inconvénients.
Les syndiqués ont des droits et des pouvoirs que les non syndiqués n’ont pas.
Ils peuvent sans contrat de travail cesser de travailler sans perdre leur emploi. Ils perdront alors les revenus et les avantages le temps que ça durera.
Et c’est très bien ainsi.

8- Rester assis dans son salon pendant que d’autres s’organisent, ne devrait pas alimenter la jalousie et l’envie des résultats obtenus des seconds.
Recommandation à tous: syndiquons-nous pour avoir un pouvoir collectif de négociations!
Votre voisin a une bien plus grosse et luxueuse maison que vous. L’a-t-il volé ce qui lui permet de se payer ce qu’il a. Travaille-t-il plus que vous. A-t-il une profession payante alors que vous nettoyez les bureaux au salaire minimum?
Quelle est la solution?
Qu’est-ce qu serait juste?
Qu’il se contente de faire le même travail que vous ou que vous retourniez à l’école?
Est-il trop tard ou trop difficile de changer les choses pour vous? Il faut assumer vos décisions du passé.
Vous n’avez pas les capacités? C’est dommage. Les capacités physiques et intellectuelles qui incommodent ou désavantagent sont probablement les plus grandes injustices et les plus difficiles à équilibrer de façons justes et équitables!

J’ai toujours trouvé sensées vos observations sur la situation économique du Québec, mais ici vous dérapez complètement. Pourquoi les contribuables devraient-ils éponger les déficits des régimes de retraite de gras-durs, qui gagnent en moyenne 36% de plus que les fonctionnaires provinciaux et fédéraux?

On cherche la cause. Les causes s’enchaînent par voie de cause et conséquence : Ceci cause cela et ceci est causé par autre chose qui a ue cause aussi. Pour vraiment comprendre un problème il faut remonter jusqu’à la cause racine mais ce n’est pas ce qu’on fait ici car on s’arrête seulement à la cause qui fait l’affaire : Les municipalités.

Voyons plus loin encore. Durant la période où les employés municipaux ont obtenus les conditions que l’on sait, on parlait de retraite à 55 ans pour tout le monde (on se souvient du slogan Liberté 55 de la Sun Life ..) et de la civilisation des loisirs car l’accroissement soutenu de notre productivité allait permettre cela. Notre société avait passé des 60 heures de travail pour fournir un salaire décent à 50, puis 40 puis 37,5 heures et on continuait d’améliorer grandement notre productivité. Dans ce contexte, les employés municipaux n’ont pas obtenus des conditions irréalistes.

Mais les choses ont changées. Pas parce que l’accroissement de richesse et de productivité escompté ne s’est pas concrétisé mais parce qu’on en a détourné les bénéfices.

– On a ouvert nos marchés à des pays où les travailleurs sont traités en semi-esclaves et où on détruit l’environnement sans contrainte.

– Les très riches ont décuplé leurs revenus en comparaison de la population.

– On a légalisé les paradis fiscaux.

– L’impôt sur les entreprise est passé de 29 à 14 %.

Pendant ce temps, le revenu moyen a pratiquement stagné et, donc, l’accroissement de richesse et de productivité n’a profité qu’à une très petite minorité. Voilà la cause de la situation actuelle.

Cessons donc de taper sur les petits et les faibles et soyons au moins conscient de l’injustice que nous subissons tous.

Sans les pays émergeants, les pays de l`ouest étaient appelés à devenir un gros URSS médiocre. La technologie et l`innovation aurait eu un méchant stop. Parce que tout coûtait trop cher en occident. Un paquet de choses très utiles à prix relativement bas aujourd`hui n`existeraient pas sans les pays émergeants.

J’achète une bonne partie de votre argumentation, entre autre vous décrivez bien pourquoi même s’il y a vraiment eu création de richesse au cours des dernières décennies nos gouvernements manquent aujourd’hui d’argent pour respecter leurs engagements.

Monsieur Fortin nous démontre clairement les syndicats ont exploité exagérément leur avantage stratégique en négociant les régiment de retraite des employés municipaux cause importante des déficits actuariels. Les actuaires ont aussi une large part de responsabilité dans le fait que le niveau de capitalisation des fonds n’aient pas suivi comme ils auraient dû, le crash de 2007-8 n’est pas la seule raison.

Pour sortir du bourbier actuel les politiciens sont prêts à renier leur parole ou celle de leur prédécesseur et cherchent des solutions dans une seule direction : amener les syndiqués à absorber les déficits actuariels, autrement dit faire en sorte de couper dans leurs dépenses. Ces politiciens n’envisagent pas les possibilités de retirer une plus grande part de la création de richesse comme moyen de respecter leur parole / engagement. Curieux.

Comme d’habitude vous faites une brillante analyse de la situation. Et le gouvernement du Québec est tout à fait coupable d’avoir laissé les muncipalités se dépétrer toutes seules avec cet énorme problème. Un contrat est un contrat. À partir de maintenant il faut donner aux municipalités les moyens de rétablir l’équilibre. M Couillard est-il un homme d’état?

alors le bozo je vais te donnez l’heure juste regarde bien ça

Travaillé 30 ans a la ville de montreal
On m »a inciter a prendre ma retraite par attrition
Montant de la retraite avant taxes + 29000.00 par année jusqu’a 65 ans
L’employeur c.etait engagé a payer la moitié des frais de mon assurance medicament =apres 2 ans il ont cessé de payé leur part et moi j’ai du payer 100% des primes et cela sans avoir le droit de me retirer de cette assurance avant l’age de 65ans 4200,00 annuellement
La j’ai 65 on coupe ma pension de 29000.00 a 23520.00 et aucune assurance medicament
Maintenant MOI j’ai toujours payer ma part dans le fond de pension mais mon employeur LUI n’a pas verser toutes les sommes qu’il devait mettre dans le fond de pension c’est carrement du vol .
Et ce n’est pas l’employeur qui paye ma pension ,mais c,est le fond de retraite .
Alors je ne sait pas ou vous prenez vos chiffres pour dire qu’on roule sur l’or ,moi je vous conseille de verifiez vos chiffres mon chum tu est en dehors de la track mais pas rien qu’un peu!!

Cette crise a été amplifiée par la mollesse des représentants syndicaux aux tables de négociations Ces derniers ont troqué des augmentations de salaires tout en sacrifiant les cotisations aux régimes de retraite. C’est un peu comme si vous ne cotisiez pas à votre REER pour vous donner une augmentation de salaire. On peut qualifier cela l’ART DE SE TIRER DANS LE PIED. Les employés actifs ont avalé cette couleuvre ignorant les conséquences futures.
Durant la même période les policiers provinciaux ont obtenu que le gouvernement verse sa part dans un fonds distinct à la CDP. Voilà un bel exemple du peu de souci qu’on certains chefs syndicaux, des retraités et des futurs retraités.