Du pain et des jeux

Nous avons le cœur à la fête et aux vacances ces jours-ci. Entre le triomphe de Paul McCartney et le sourire de Ana Ivanovik, le Québec me semble bien insouciant. Pourtant, les nouvelles économiques ne sont pas très bonnes. J’espère que le retour au travail ne sera pas aussi brutal pour certains qu’un lendemain de brosse…

Première mauvaise nouvelle, l’économie canadienne est en panne. Le PIB a reculé de 0,1% en mai. Il n’y a pas un économiste au pays qui prévoyait une si mauvaise performance. L’économie américaine – qui devrait être en lambeaux – a crû de 1,9 % pendant la même période. Nous saurons dans quelques jours comment l’économie québécoise s’est comportée, mais je serai étonné qu’elle ait mieux fait que l’économie canadienne.

Le nombre de salariés n’augmenté de 0,8 % depuis un an au Québec, c’est la pire performance au Canada avec celle de l’Île du Prince Édouard. Le taux d’activité est au même niveau qu’en 2007 alors qu’il est en croissance en Ontario qui, selon certains d’entre vous, serait en pleine déconfiture.

Les exportations du Québec ont fléchi de 5,6 % en mai. J’étais le premier à croire que la force du secteur aéronautique rendait le Québec moins vulnérable que sa voisine face au ralentissement de l’économie américaine. Erreur, les ventes d’avions ont enregistré un recul de 32,1 % en mai.

L’économie québécoise est un peu comme la météo ces jours-ci. De belles éclaircies sont inexorablement écourtées par la pluie et les orages. Nous savons tous que le beau temps va finir par s’installer. Mais ces gros nuages nous rappellent que l’économie québécoise est moins performante et moins compétitive que celle de ses voisins et qu’elle se trouve rapidement fragilisée par les perturbations qui les frappent.

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Le patrimoine de nos ancêtres

Gilbert Belzile ingénieur

En janvier 2003, L’Actualité avait publié un entretien avec M. Ingo Kolboom, historien allemand qui était professeur invité à l’Université de Montréal.
Question de L’actualité : «Si les Québécois refusaient le Canada, n’abandonneraient-ils pas une partie du patrimoine conquis par leurs ancêtres ?» Réponse de M. Kolboom : «C’est la tragédie des souverainistes. Leur succès relatif est une réaction à des attitudes du Canada anglais. Cette décision de se séparer du patrimoine canadien est peut-être justifiée, mais elle reste une sorte d’auto-amputation. C’est pour cela que les Québécois ont tant de mal à trouver une résolution. Si le référendum de 1995 avait réussi, avec cinquante et quelques pour cent des voix, ç’aurait été un gros problème…»

J’avais alors écrit dans LE DEVOIR ce qui suit. « Voilà qui invite à la réflexion. Il s’agit d’une analyse assez juste de la situation, venant d’un observateur extérieur. Le patrimoine conquis par les ancêtres dont parle M. Kolboom c’est entre autres, l’exceptionnel potentiel agricole, minier et notamment énergétique du Canada.

Le Canada se situe parmi les premiers producteurs mondiaux d’uranium, de zinc, de nickel, de gaz naturel, d’or, de plomb, de cuivre, de blé, de potasse et de pétrole pour n’en nommer que les plus importants. Par exemple, la superficie agricole (les terres labourables) de la Saskatchewan est 10 fois supérieure à celle du Québec (j’avais un peu exagéré c’est plus de l’ordre de 8 fois).

Le Canada possède une richesse pétrolière et gazière fabuleuse, principalement à l’est des Rocheuses en Alberta surtout et en Saskatchewan, dans la mer de Beaufort, dans les îles de l’Arctique et dans une mesure moindre à Terre-Neuve (Hibernia) et en Nouvelle-Écosse (îles de Sable).
Le Canada possède plus de 300 milliards de barils de pétrole récupérables en majorité dans les sables bitumineux. C’est plus que les réserves de l’Arabie Saoudite, le plus important pays producteur de l’OPEP, avec ses 265 milliards de barils. Au rythme où ils l’exploitent actuellement, les Canadiens ont du pétrole pour des siècles à venir.

Les années des réserves mondiales de pétrole sont comptées. Les réserves mondiales connues de pétrole classique (pompable) sont évaluées à environ 1000 milliards de barils alors que la consommation est de 70 millions par jour (85 millions en 2008). Faites le compte, à ce rythme, les réserves mondiales seraient épuisées dans moins de 40 ans.
Les Québécois ne seront-ils pas heureux de faire encore partie d’un pays qui a ces immenses richesses énergétiques alors que la pénurie mondiale se fera sentir ?
Le quitter ne serait-il pas de l’auto-amputation comme le prétend M. Kolboom ?»

Des souverainistes sont alors montés aux barricades. M. Jean-Marie Desgagné écrivait dans les jours suivant : «On pourrait comprendre un Robinson Crusoé de ne pas avoir sur son île ce dont il aurait besoin pour se nourrir, se vêtir, se loger, se soigner, etc. Aujourd’hui Robinson vit dans une province où il participe à une économie de plus en plus mondiale où il y a échange de produits, l’un vendant à l’autre ce qu’il n’a pas et vice et versa. Au Québec il n’y a pas de pétrole (du moins à ce jour), mais nous avons une économie florissante qui nous permet d’en acheter. À ce que nous entendons dire, celui que nous achetons n’est pas du pétrole canadien. Il en va ainsi pour l’ensemble des produits que nous consommons.
Advenant la souveraineté du Québec y aurait-il une différence ? La réponse est non, et ce, tout simplement parce que ceux avec qui nous faisons commerce ont besoin de notre clientèle et nous continuerons à commercer encore avec ceux qui ont besoin de nos produits.»

M. Pierre Croteau, écomomiste y allait à son tour avec un baratin semblable : « Du pétrole consommé au Québec continuera d’être importé d’outre-mer pendant que le pétrole albertain partira pour les États-Unis. Parce que c’est plus pratique et plus économique ainsi.»

Mais voilà, c’était voir l’avenir avec des lunettes roses comme beaucoup de souverainistes aiment le faire lorsqu’il s’agit de leur option. Bien des choses ont changé depuis. C’est le choc pétrolier. En 2003 le baril de pétrole se vendait moins de 40$, aujourd’hui il en vaut 140.

Le pétrole appauvrit le Québec qui doit l’importer, contribuant largement à son déficit commercial qui se creuse d’année en année.
Les importations de pétrole brut au Québec étaient de : 3,28 milliards $ en 1996 (milliard $ peut s’écrire G$), 8,81 G$ en 2004 et 13,78 G$ en 2007. Par ordre d’importance, il venait en 2007 de l’Algérie, du Royaume-Uni, de la Norvège, de l’Angola, du Mexique de la Russie et du Venezuela.
Ceci a mené le Québec à un déficit de sa balance commerciale à un niveau impensable de 10,88 G$ en 2007 ce qui veut dire que les importations étaient supérieures aux exportations de 10,88 G$. La balance commerciale du Québec était positive avant 2004.
Au rythme ou vont les choses, il est à craindre que pour 2008, les importations du Québec frôleront les 20 G$ de plus que les exportations. Catastrophique!

Actuellement, cet état de choses n’a pas trop de conséquence sur les finances publiques du Québec parce que le Canada avait de son coté, une balance commerciale largement positive, de 42,98 G$ en 2007, qui fait contrepoids.

Mais dans quel pétrin serait le Québec aujourd’hui s’il était devenu indépendant du Canada lors du référendum de 1995, comme les souverainistes le souhaitaient?

Ironique, un des dernier billet s’intitulait « Maudites comparaisons ! »… pourtant celui ci n’est QUE comparaisons. Peu importe, comparer sert à améliorer. Il faut être pessimiste et peureux pour empêcher de se comparer.

La question est de savoir POURQUOI « l’économie québécoise est moins performante et moins compétitive que celle de ses voisins et qu’elle se trouve rapidement fragilisée par les perturbations qui les frappent. » ? Est-ce par un manque d’interventionnisme? Le gouvernement devrait-il subventionner plus les entreprises qu’il juge efficace? Puisqu’il représente la population, il devrait travailler à son mieux être. Au pire, on pourrait nationaliser toute l’économie et faire de l’état le seul employeur pour tout le monde. Nous aurions donc tous des salaires de fonctionnaires et les méchants capitalistes cesseraient de nous exploiter.

J’ironise bien sur, je sais bien que toute intervention, réglementation, imposition ou taxation nuit à l’économie et c’est précisement pour ça que l’économie a de la misère : parce qu’on tue l’initiative, l’innovation, la différence. Même chose en culture en passant, en choississant « la culture de la nation » on essaie d’etouffer celle de ceux à qui elle ne correspond pas. J’imagine que notre Perron, avec son principe de majorité, dirait que ceux qui pas content n’ont qu’à partir, la majorité a parlé.

@ Gilbert Belzile

Le Québec a aussi énormément de ressources, son génie humain est aussi considérable. La sécession du Canada n’a AUCUN RAPPORT avec une situation économique. Suivant votre idée, si on établissait un gouvernement mondial, tout le monde possèderait tout puisque serait tous sous la même administration…

Les pays n’exportent pas, ne pensent pas, ne vivent pas. Ce qu’on appelle pays n’est qu’un territoire d’administration. Le gars du saguenay ne possède pas plus le pétrole de l’Alberta que la fille des BC ne possède l’électricité du Québec. De dire qu’un pays possède est au mieux absurde. « Du pétrole consommé au Québec continuera d’être importé d’outre-mer pendant que le pétrole albertain partira pour les États-Unis. Parce que c’est plus pratique et plus économique ainsi. » Et il avait totalement raison… ce n’est pas un complot du ROC pour limiter l’approvisionnement en pétrole au Québec et ainsi l’appauvrir pour exercer son impérialisme fédéral.

Dans la réalité pourtant, on considère que les pays(gouvernement des pays) « possèdent » tout ce qui est sur leur territoire, incluant les humains qui y vivent. De ce fait, ils perçoivent 50% de chaque revenu (même les revenu d’entreprises… qui sont en fait un groupe d’individu… donc l’impôt aux entreprises est un dédoublement d’impôt)(une entreprise, tout comme un pays, ne possède rien et ne vit pas) et possèdent ce qu’on appelle des « biens publics » que le public ne possède pas (simplement parce qu’un bien ne peut pas appartenir à plusieurs personnes, sans que ces personnes ne s’entendent sur la part de propriété et donc de responsabilité, un peu comme une maison familiale). L’exemple de nos forêts est éloquent : elles n’appartiennent à personne, donc au gouvernement, donc il donne des droit de coupe à des entreprises qui saccagent les terrains. Si c’était un propriétaire d’une terre qui autorisait une entreprise à couper le bois, elle aurait des comptes à rendre par un contrat précis liant les actions des deux parties. Au lieu de ça, le gouvernement s’en fout et il y a une mauvaise gestion des ressources. Même chose pour l’hydroélectricité qui est vendue à un prix ridicule « pour aider les pauvres » (même si un 3 1/2 prend moins d’électricité qu’une grosse maison). Donc les québécois sont les plus gros gaspilleurs d’électricité en Amérique du Nord.

La propriété ne peut être que privée, c’est le seul moyen de gérer efficacement les ressources parce que propriété implique responsabilité. Dans une propriété collective, personne n’est responsable de rien et chacun essaie d’exploiter la ressource à son profit, même si ça amène sa destruction.

Et on m’accuse d’être utopique et de ne pas être concret….

« J’amagine que Perron, avec son principe de majorité »

Kevin, je vis très bien avec ça. Il faut bien trancher quelque part n’est-ce-pas?

Décidément, il semble que je te fatigue le pon pon nanar*.

Si tu ne crois pas la règle de la majorité, à quoi crois-tu? À l’anarchie peut-être?

Que ceux qui t’aime te suive…lol

* nanar; anarchiste selon Renaud le chanteur.

@Gilbert Belzile

En quoi le déficit commercial d’un Québec indépendant, dû essentiellement au pétrole, aurait une influence sur l’économie québécoise d’un Québec indépendant? Comprends pas???

Notre présence dans le Canada nous apporte le pire des deux mondes. On ne reçoit rien des richesses de l’Alberta (la péréquation est une légende urbaine), on paie notre baril le même prix que les Américains ou les Européens. D’autre part la force du dollar canadien, par rapport aux usd, handicape nos exportations aux usa. On a parlé de ça 100 fois ici

Monsieur Noel, savez-vous que le pétrole se transige en dollars US. Oû le Québec indépendant prendra-t-il ses dollars US s’il exporte deux fois moins qu’il importe?
Demandons à un économiste comme Pierre Fortin de nous expliquer ceci.Il est à mon sens le meilleur vulgasateur dans le domaine de l’économie.

@Gilbert Belisle

Le déficit commercial américain est à 900 milliards soit 3k par américain.
A 10 milliards, on n’est même pas à la moitié de ca

Un Québec indépendant pourrait enfin exploiter les 2 milliards de barils qui dorment au-dessus des Iles-de-la-madeleine

@ Gilbert Belzile

Si je vous comprends bien le reste du Canada devra nous fraire la charité.

Nous devrons prendre nos dolars US dans le reste du Canada.

@ Yvon Fleurent
Vous dites:«Nous devrons prendre nos dolars US dans le reste du Canada.»
Mais c’est ce que nous faisons actuellement. C’est l’avantage de vivre dans un pays riche et prospère.
En 2007, le Canada a exporté pour 42,98 milliards $ de plus qu’il a importé,(incluant les 13,78 milliards $ de pétrole que le Québec a importé).
La réserve de $ US au pays étant abondante, Ultramar et autres n’avaient aucune difficulté à payer leur pétrole en $ US.
Ma question est:Q’en serait-il si le Québec était indépendant? Où trouverait-il les $ US si sa balance commerciale est déjà largement déficitaire? Faudrait-il emprunter des $ US?
C’est ici que soit Pierre Fortin ou Pierre Duhamel, économistes de formation, pourraient nous éclairer.

Vous posez une question, en même temps vous l’affirmez, et en même temps vous voudriez être éclairé par Pierre Fortin ou pierre Duhamel.

Alors si maintenant nous prenons nos dollars au Canada, qui les fournit maintenant, si comme vous dites nous n’en avons pas?

Pas encore la péréquation toujours?

Moi dans mon livre à moi, quand on a plus d’argent pour aller au restaurant, on achète sa propre cuisine à la maison.

Ne serai-ce pas cela que font les USA maintenant?

Une erreur!

Le commentaire « Vous posez une question, », s’adresse à M. Gilbert Belzile.