Du Windex à la mangue ?

Une autre magnifique PME québécoise passe donc aux mains des Américains. Les trois fondateurs de Fruits & Passion, Jean Hurteau, son épouse France Ménard et son frère Guy Hurteau, viennent de vendre l’entreprise à l’Américaine SC Johnson, fabriquant de produits aussi célèbres que Windex, Fantastik, Raid ou Ziploc.

C’est dommage, car il s’agit d’une bien belle entreprise, au potentiel à peine exploré malgré ses 2000 points de vente et ses quelque 160 boutiques essaimées dans une dizaine de pays. Les anciens propriétaires ont bâti une marque forte autour de produits de grande qualité à base de végétaux, d’une signature d’entreprise soignée, d’emballages remarquables qui ont remporté plusieurs prix de design graphiques et de boutiques dont la nouvelle génération n’a rien à envier à celles des meilleurs détaillants au monde.

Ils ont vendu. Je ne les juge pas car c’est leur droit absolu. On fait des affaires pour s’enrichir et je devine que le montant de la transaction était irrésistible. Les propriétaires ont du recevoir plusieurs offres, car ils ont bâti quelque chose de remarquable. Nous avons aussi besoin d’exemples comme celui-là pour donner le goût de l’entreprenariat aux jeunes et les inciter à bien travailler.

La transaction est aussi une occasion d’affaires pour l’entreprise. Je crois que les dirigeants actuels ne pouvaient pas soutenir le rythme d’investissements requis pour faire de cette PME une véritable multinationale. Je ne suis pas sûr non plus qu’ils avaient le désir de maintenir le rythme effréné des dernières années.

SC Johnson en a les moyens et l’ambition. Cette entreprise familiale (cinquième génération) compte capitaliser sur ce potentiel et propulser la marque et les produits. Cela pourrait signifier davantage d’emplois à Candiac, qui restera le quartier général de ce qui sera dorénavant une filiale.

Certains seront tentés de comparer cette situation avec Crocs. L’usine de Québec a été fermée pour des raisons économiques, comme toutes les usines qui ferment. La propriété québécoise n’empêche pas les fermetures (Olymel) et il y a au Québec des filiales de sociétés internationales ou canadiennes qui sont des acteurs de premier plan de notre économie.

Il faut quitter cette grille d’analyse binaire extrêmement réductrice que nous impose certains. Je les invite à déposer une offre d’achat la prochaine fois qu’ils verront une entreprise à vendre.

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Ça fait dix fois que je le dis : Quand une affaire va bien, au Québec, on s’empresse de la vendre aux étrangers ; quand ça va mal, on court à Québec pour quêter des subventions et/ou on blâme la mondialisation !
Same old story….

Une autre preuve que le pouvoir économique se concentre de plus en plus. On achète le compétiteur à gros prix et l’on présente la facture a ti cul qui n’a pas d’autre choix que de payer.

Jamais je ne croirai que cela se fait à la faveur du citoyen, encore bien moins à la faveur la petite et moyenne entreprise.

D’ailleurs vous parlez d’entreprenariat.

« Nous avons aussi besoin d’exemples comme celui-là pour donner le goût de l’entreprenariat aux jeunes et les inciter à bien travailler. » (Duhamel)

Au contraire et justement cet exemple est un de ceux qui rendent de plus en plus difficiles le départ d’une petite entreprise rentable.

Faites-en une offre d’achat vous-même M. Duhamel ou partez en une dans le même domaine et l’on verra.

Parlant cies locales, Bombardier flirte avec les 8 piasses, le double de janvier dernier. Buy low, sell high…er
Évidemment, si vous avez acheté avant le 11 septembre à 25$, vous êtes coincé dans la cage à homards pour encore longtemps.

Bce a rebondi à 35$. Je savais qu’il ne coulerait pas en bas de 30$