D’une pierre, trois coups

Il est rare qu’une mesure gouvernementale m’apparaît si pertinente et si bien pensée. J’aime beaucoup le Pacte pour l’emploi dont les modalités ont été dévoilées hier par le premier ministre Jean Charest. Ce programme répond aux besoins des entreprises en main-d’œuvre qualifiée, il aura un impact sur leur productivité et il pourrait diminuer de 50 000 le nombre de bénéficiaires de l’aide sociale.

La réalité est simple. Il y aura d’une part 700 000 postes à combler entre 2007 et 2011 alors qu’il y a 400 000 personnes qui sont disponibles. La seule façon de répondre aux attentes des uns et aux besoins des autres, c’est de s’engager dans un vaste programme de formation. Celui qui est lancé coûtera 1 milliard de dollars sur trois ans; on parle donc ici d’une démarche sérieuse et exhaustive. Le gouvernement paiera 55 % de la facture et le secteur privé la différence.

Les mesures sont nombreuses et s’adressent à plusieurs clientèles. Je retiens que les sommes consacrées à l’intégration des immigrants au marché du travail seront doublées et que l’allocation d’aide à l’emploi sera considérablement bonifiée.

Une main-d’œuvre mieux qualifiée devrait aussi contribuer à l’augmentation de la productivité des entreprises. Dans un discours la semaine dernière, le président d’investissement Québec, Jacques Daoust, faisait remarquer que le PIB par heure travaillée était de 44,41 dollars de l’heure au Québec, contre 48,50 dollars en Ontario et 57,40 dollars aux États-Unis. Une heure de travail génère donc une valeur de 10 % plus grande en Ontario et de 30 % aux États-Unis qu’au Québec. À taux de change égal, les entreprises québécoises ne sont tout simplement plus compétitives.

Enfin, 50 000 prestataires de l’aide sociale en moins, cela veut dire autant de personnes capables de se valoriser dans le travail. Et c’est sans compter l’impact sur les finances publiques.

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Dans la mythologie populaire, un BS c’est un Bougon, c’est Rémy Girard en camisole sur son balcon, en train de boire une bière. La réalité est bien différente. Plus d’un assisté social sur quatre, apte au travail, est maintenant né à l’étranger. Et la situation ne cesse d’empirer
En un an seulement, le % d’assistés sociaux immigrants est passé de 25,7% à 26,8%. LE QUÉBEC IMPORTE DES BS!

Il y a maintenant plus d’immigrants sur le BS (62,072) qu’il y a d’assistés sociaux dans toute l’Abitibi-Témiscamingue (6,843), la Mauricie (17,995), l’Estrie (15,800), le Saguenay-Lac-St-Jean (13,868), la Cote-Nord (3,642) et la Gaspésie-Les-Iles (6,723) RÉUNIS

http://www.mess.gouv.qc.ca/statistiques/aide-sociale/index.asp

En temps et lieux, on verra si la pratique est aussi bonne que la théorie sur papier…

En réponse à l’éternel copier-coller et à la statistique insignifiante (2e paragraphe) de M. Noel: les immigrants sont en moyenne plus scolarisés que les Québécois de souche. Le jour où les diplômes des étrangers seront reconnus et que les employeurs feront preuve de plus d’ouverture à leur endroit, votre taux va diminuer drastiquement. Des «je ne suis pas raciste, mais…» il y en a des tonnes au Québec.

Et les 73 % de BS de souche, vous en faites quoi ? Ils ne ressemblent pas le moins du monde à ce que vous décrivez ?

C’est sûr que plus il y a d’immigrants, moins il y a de chances d’atteindre votre 50 % rêvé pour la séparation du Québec. D’où vos hauts cris sur le sujet, peu importe de quoi on parle.

@MB

Il y a 229,074 assistés sociaux aptes au travail au Québec. Si on enlève les 61,371 immigrants (une population sélectionnée soit dit en passant, donc nettoyée de tous ses paresseux, drogués, fuckées..) il reste 167,753 « autochtones »

Les Anglos forment 7% de la population du Québec mais parce que le Québec est plus généreux que le ROC en BS, il attire des bums anglos. On n’a pas les stats malheureusement, mais si on suppose que 8% de nos Bs sont anglos, on a 18,000 bs anglos

S’ajoutent les Indiens. Je n’ai pas les stats. Mais ils sont 80,000. Si on en met un quart sur le Bs, ca donne 20,000 indiens sur le BS. On a donc un gros 150,000 Bougon s’ul Bs, même pas les deux-tiers des Bs du Québec alors qu’on fait 80% de la population.

On va arrêter de taper sur les immigrants. Je suis à Rimouski ou je travaille comme conseiller en emploi auprès de personnes éloignées du marché du travail, des québécois de souche…
J’ai un bac en gestion des ressources humaines et une maîtrise de l’université du Québec à Rimouski. celà fait 4 ans que je postule à des postes intéressants et bien rémunérés ou je pourrais évoluer et surtout me réaliser davantage. Niet, même pas d’entrevue. hier encore, un employeur à qui j’ai référé un travailleur immigrant m’a demandé s’il s’agissait d’un importé, ne sachant pas que moi-même, je suis issu de l’immigration. C’est une pratique courante de jeter à la poubelle des candidatures très intéressantes de personnes très bien intégrées.
L’attitude des plusieurs québécois déçoit et la cohabitation s’en ressent. l’hôpital, l’UQAR et le cégép sont autant d’exemples de fermeture aux immigrants sauf lorsqu’il s’agit de compétences rares et recherchées.
Bien à vous.

Pourtant Boucar Diouf est partout. Il a même son show de télé!
L’anesthésiste à Gaspé est un Français.
Combien de Grecs et de Chinois ont ouvert des restos dans le coin?
Un immigrant doit apporter quelque chose à une collectivité, on ne va pas lui dérouler le tapis rouge.

Bordel il y a toujours une maudite limite aux accommodements.

Voilà maintenant que les employeurs sont au banc des accusés et devraient se sentir coupables pour préférer embaucher les Québécois nés ici plutôt que des immigrants.

Comme nous, qu’ils fassent leur chemin et assument leur décision d’immigrer ici.

Money talk.

Pour le Québécois chiâleux et autres, allez en Europe aux USA et même en Colombie-Britannique ou Alberta au Canada pour vous trouver un job et vous verrez si vous serez premier de la liste ou dernier.
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Quant à cette formation d’un milliard de dollars, je doute fort qu’elle fasse une différence pour la productivité et si elle donne 1% + de productivité ce sera un énorme succès.

Pour la productivité c’est aux employeurs qu’il faut donner des cours pas aux petits travailleurs.

Comment voulez-vous qu’un petit travailleur ambitieux qui n’a pas son mot à dire, soit plus productif face à une pensée d’entreprise qui relève d’avant la dernière guerre et des machines et des ordis du temps des dinosaures.

Pour ce qui est de la productivité le commentaire de M. Benoît Marcoux #10 « Les limites d’un budget » est beaucoup plus pertinent que celui de M. Duhamel.

J’espère bien que le collège des médecins et les autres organisations de ce type se sentent coupable de ne pas permettre à des immigrants de pratiquer leur profession.

La dernière en immigration…(chaque jour c’est une nouvelle horreur!)

Alors que notre système de santé déborde de partout et qu’il en coute 15,000$ par année en médicaments pour s’occuper d’un séropositif, le Canada a accueilli 2441 séropos depuis 2002!!!
Allez lire l’explication de la gougoune de fonctionnaire pis essayez de pas brailler

http://cnews.canoe.ca/CNEWS/Canada/2008/03/20/5058141-sun.html

Of 2,567 immigration hopefuls who tested positive for the disease that leads to AIDS from January 2002 — when Ottawa first began screening — to December 2006, only 126 were refused, said Lorraine Lavallee, spokeswoman for Citizenship and Immigration Canada.

M. Fleurent, c’est drôle, il y a une gang de Québécois qui quittent pour l’Alberta à chaque année. Pas sûr que quelqu’un fasse le chemin en sesn inverse.

S’il y a un pays qui fait travailler ses immigrants, c’est bien les USA, qui pourraient donner des leçons à presque tous les pays en matière d’intégration.

Arrêtez de dire n’importe quoi.

@Gagnon

Dans la mythologie immigrante, le Collège des médecins est fermé aux médecins diplomés à l’étranger. La réalité est bien différente.
Sur les 19,354 medecins au Québec, 2181 sont diplomés hors-Canada soit 11,2%. C’est à peu près le % des immigrants au Québec.

http://www.cmq.org/CmsPages/PageCmsSimpleSplit.aspx?PageID=33673f17-316a-46b4-b854-7b0cf3e512a8#766

A noter le % ridicule de diplomés de McGill, qui produit d’excellents médecins avec l’argent de nos taxes, mais qui vont soigner les étrangers pendant que nous on importe des médecins étrangers avec tout le probleme que soulève les équivalences

Maman Bougon a popularisé une vieille légende montréalaise qui veut que si tu as besoin d’un médecin, tu appelle un taxi!
Le Journal de Montréal a fait (avril 2007) un excellent dossier sur les médecins-immigrants. Sur les milliers de chauffeurs de taxi immigrants qu’on trouve à Montréal, le journaliste en a trouvé…DEUX! Un Algérien de 53 ans qui a échoué ses examens pratiques et un Indien de 56 ans qui a échoué aussi aux États-Unis. Deux sur des milliers de chauffeurs!!! Bonne chance maman Bougon pour ton taxi…

http://www2.canoe.com/archives/infos/quebeccanada/2007/04/20070429-085202.html

@Mb
Si ma mémoire est bonne l’an passé 30,000 francophones ont quitté le Québec pour le ROC alors que 36,000 francophones du ROC (re-)venaient vivre au Québec. J’en ai dans ma propre familles. Le jeune est allé apprendre l’anglais à Calgary avant de revenir 6 mois plus tard balingue et séparatissss

M. MB,

« M. Fleurent, c’est drôle, il y a une gang de Québécois qui quittent pour l’Alberta à chaque année. Pas sûr que quelqu’un fasse le chemin en sesn inverse. » (MB)

Alors M. MB combien partent et combien reviennent?

Je connais le va et vient du Québec Alberta.

Même mon frère et sa gang en ont fait l’expérience, et j’en connais beaucoup d’autres aujourd’hui. L’explication de JN est très véridique. En plus mon frère, sa gang et d’autres, libéraux peinturé ben, dur sont revenus séparastiss.

Mais vous vous en savez quoi?

« S’il y a un pays qui fait travailler ses immigrants, c’est bien les USA, qui pourraient donner des leçons à presque tous les pays en matière d’intégration. » (MB)

Avez-vous des explications? Les USA ont moins d’immigration que nous. Allez vous essayer aux états M. MB, vous nous en donnerez des nouvelles et je sais de quoi je parle. Expliquez!

Comme l’autre : « J’espère bien que le collège des médecins et les autres organisations de ce type se sentent coupable de ne pas permettre à des immigrants de pratiquer leur profession. » (Gagnon)

C’est quoi le % de refusés ou en attente et qui ont les compétences?

M. MB vous m’accusez de dire n’importe quoi.
Mais vous M. MB vous dites quoi, à l’exception que plusieurs disent n’importe quoi ou se répètent avec des chiffres cohérents ou des sources fiables?

Quelles explications apportez vous?

Au lieu de faire de la tite politique fédéraliss donnez donc des explications pour une fois.

Moi aussi les gars je connais des gens qui sont partis travailler dans l’ouest et aux USA et qui sont bien contents. On ne fera pas un concours d’anecdotes ici.

Le taux de chômage est plus bas aux USA qu’ici et ce, depuis la nuit des temps et malgré une immigration (légale ou non) massive.

C’est plate en mautit d’être né au Québec hein M. MB.

On n’est drôlement pas chanceux nous.

@ Y. Fleurent

C’est quand même agréable d’aller en Californie et de rencontrer des « Amaricans » qui n’ont pas les moyens de venir voir la ville de Québec. 😉

Peut-on suggérer à MB de demander le statut de réfugié économique aux USA?

Nous endosserons sa demande.

Pour changer la direction de la conversation et parler de productivité :
La croissance plus lente de la productivité du travail au Canada après 1996 a principalement été le résultat d’une croissance plus lente de ce que les économistes appellent la « productivité multifactorielle » (PMF). La croissance de la PMF est généralement associée au progrès technique, à l’amélioration des compétences, aux changements organisationnels ou aux économies d’échelle. Autrement dit, l’écart de productivité entre le Canada et les États-Unis se creuse parce que nous utilisons mal l’information et les technologies et que nous ne les avons pas utilisées pour transformer nos entreprises. Clairement, l’éducation et une plus grande intensité d’utilisation des nouvelles technologies font partie des solutions.

@ Yvon Fleurent:

Voilà pourquoi il faut augmenter les frais de scolarité.

De cette manière même si un diplômé quitte le Québec il n’y aura personne pour lui reprocher qu’il doit rester parce que le Québec a payé ces études.

P.S.: Un immigrant étranger avec un diplôme de médecin qui doit faire du taxi c’est un immigrants de trop.

« De cette manière même si un diplômé quitte le Québec il n’y aura personne pour lui reprocher qu’il doit rester parce que le Québec a payé ces études.” (Gagnon)

Une farce Quoi!

Si on lui charge le plein prix pour ne pas perdre et rien a lui reprocher il ira étudier ailleur!!!!

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« P.S.: Un immigrant étranger avec un diplôme de médecin qui doit faire du taxi c’est un immigrants de trop.”

Ils sont rares ces médecins, mais c’est une preuve qu’une grande part de l’immigration nous coûte cher, très cher dû à une mauvaise administration qui à pour but la tite politique pour des votes fédéralistes et peu importe le prix que sa coûte.

Rien n’est jamais bon hein!

Et Quand on dénonce ces niaiseries on passe pour des chiâleux.

La formation très bien, mais, sans la technologie, elle ne sert à presque rien. C’est commencer à l’envers. Les deux vont de pairs.

De plus la technologie ou PMF permettent dans la majorité des cas des productions à petite échelle aussi ou plus rentables que les grosses série.

Si le tout est pour la manufacturation, oui c’est vrai, il faut repenser tout le processus de la conception au produit finit.

C’est pourquoi je dis que la formation doit faire en sorte de sensibiliser les employeurs.

Bonjour,

Bien M. Marcoux, continuez …..

******

@MB,
……..« C’est sûr que plus il y a d’immigrants, moins il y a de chances d’atteindre votre 50 % rêvé pour la séparation du Québec. D’où vos hauts cris sur le sujet, peu importe de quoi on parle.»
=
Quand on a rien pour contrer les arguments des autres on dit « un autre séparatisss ». Vous vous rappelez pas — jeune garçon — ce que vous disiez aux autres quand vous étiez bouché : « va chier ». Vous continuez à le dire 20 ans plus tard.

***

MB, moi j’ai confiance en vous, et vous « semblez » intelligent, puisque vous avez compris que 110 nouveaux votes additionnels « PAR JOUR » va aux PLQ. Le parti où, maintenant, une monorité de francos « purs et durs », se réfugient.
=
Donc vous allez répondre à JN par la bouche de vos canons(Wolfe); les papiers/collés sont acceptés…..

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…….« Moi aussi les gars je connais des gens qui sont partis travailler dans l’ouest et aux USA et qui sont bien contents. On ne fera pas un concours d’anecdotes ici.»
=
Je vais en ajouter une autre: Caroline, ma fille est allez travailler en CB, 3 ans, pour « perfectionner » son anglais, qu’elle avait appris « d’une façon basic » à l’école secondaire publique. Elle est revenue au Québec, parfaitenment bilingue, pour donner un avenir québécois à sa fille ; pour payer plus de taxe, mais recevoir plus de services. La qualité de vie est plus importante…
J’espère que cette autre petite anecdote va vous rassurer?
*
………« Le taux de chômage est plus bas aux USA qu’ici et ce, depuis la nuit des temps et malgré une immigration (légale ou non) massive.»

Vous avez tort sur l’immigration « Massive », mais raison sur le taux de chomage…: eh, maudites stats…
Aux USA : tu travailles ou tu es dans la rue ; c’est pour cela que les portiers d’hotels etc, sont obligés de travailler pour vivre à …75 ans. C’est un exemple, j’attends les vôtres…..
La loi de la jungle comme avenir pour nos enfants est-elle souhaitable, Monsieur MB (Mark Brewer?)?

C’est la deuxième fois en l’espace de deux mois que la réplique de Frontenac «je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons» est située erronément dans notre histoire (Wolfe).

La première fois, un ami à moi, ancien résident de la ville de Québec, soutenait dur comme fer que cette phrase avait été dite par Montcalm à Wolfe, la veille de la bataille des Plaines d’abraham!!!

Avant que la réforme des programmes d’Histoire ne finisse par tout faire disparaître de notre mémoire collective, voici un bref résumé:

«L’histoire, la grande, retient souvent quelques phrases qui traversent le temps mais dont le contexte s’efface des mémoires. Le Devoir publie, tous les lundis de l’été, des textes qui rappellent où, quand, comment, pourquoi des paroles qui deviendront célèbres ont été prononcées.

Au cours des années 1680, Français et Anglais se disputent le contrôle du commerce des fourrures sur le continent nord-américain. De part et d’autre, on ne se gêne pas pour se faire la guerre par tribus amérindiennes interposées. Les colonies britanniques arment ainsi les Iroquois en les encourageant fortement à attaquer par tous les moyens les établissements français. La situation s’envenime encore davantage lorsque, au début de l’année 1689, la France et l’Angleterre se déclarent officiellement la guerre en Europe. C’est cette même année, dans la nuit du 4 au 5 août, que le village de Lachine est attaqué et que plusieurs de ses habitants sont tués ou enlevés. Au cours des mois suivants, d’autres coups de main ont lieu, notamment à Lachenaie et à l’île Jésus.

En Nouvelle-France, les autorités et la population savent très bien que ce sont les Anglais de la colonie voisine qui constituent la vraie menace et que ce sont eux qui sont derrière ces incursions meurtrières perpétrées par les Iroquois. Le moral des habitants est alors à son plus bas. C’est à ce moment que le gouverneur Frontenac décide de riposter.

Au début de 1690, trois expéditions formées de Canadiens et d’Amérindiens sont mises sur pied dans le but de frapper sévèrement la Nouvelle-Angleterre. Toutes les trois sont de francs succès. Ces raids, en plus de faire des merveilles pour le moral de la population, sèment la panique dans les colonies anglaises. Pour les autorités britanniques, c’en est trop. La Nouvelle-France doit payer, et payer cher, son audace.

Le 16 octobre 1690, William Phips, à la tête de 32 navires britanniques et de 2000 miliciens, prend solidement position devant la ville de Québec. Il y a à peine cinq mois, avec seulement sept navires et 450 hommes, il réclamait et obtenait, sans coup férir, la reddition de Port-Royal en Acadie. Malgré cela, Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau, gouverneur de la Nouvelle-France, observe calmement cette armada venue de Boston.

En ce jour d’octobre 1690, l’amiral Phips, sûr de lui, envoie le major Thomas Savage auprès de Frontenac. Dès que l’émissaire anglais débarque sur la côte, on lui bande les yeux. On ne tient pas à ce qu’il voit la faiblesse des défenses de la ville. De plus, dans l’espoir de lui faire croire que le chemin qui mène au fort est infranchissable, deux sergents lui font emprunter des sentiers impraticables. Puis, pour le convaincre que Québec regorge de défenseurs, de surcroît nullement impressionnés par la présence de tous ces navires ennemis sur les eaux du Saint-Laurent, quelques habitants rient, courent autour de l’émissaire et se rangent comme si une foule compacte fermait le passage. Enfin, pour s’assurer que l’effet désiré soit bien obtenu, une douzaine d’hommes, passant et repassant autour de lui, le pressent et le bousculent tout au long du trajet.

Après toutes ces péripéties, le major Savage arrive enfin devant Frontenac. Au nom du commandant Phips, il lui intime l’ordre de rendre la ville de Québec immédiatement et sans condition. Le gouverneur a une heure pour réfléchir et rendre sa décision. Le comte de Frontenac est bien le dernier homme de France et de Québec à céder à un ultimatum. Il n’a nullement besoin de tout ce temps, loin s’en faut, pour donner sa réponse. C’est vêtu en grand uniforme et entouré de son état-major que Louis de Buade, comte de Frontenac, lance sur un ton martial à l’émissaire de l’amiral Phips: «Je ne vous ferai pas tant attendre. Non, je n’ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons et à coups de fusil; qu’il apprenne que ce n’est pas de la sorte qu’on envoie sommer un homme comme moi; qu’il fasse du mieux qu’il pourra de son côté, comme je ferai du mien.» Il y aura donc bataille.

Les officiers anglais s’entendent alors sur un plan d’attaque. Les troupes devront débarquer sur la côte de Beauport, traverser la rivière Saint-Charles et attaquer Québec par voie de terre. Au même moment, les navires canonneront la ville. Le 18 octobre, 1400 hommes débarquent et sont aussitôt accueillis par les tirs nourris de miliciens embusqués venus de Trois-Rivières et de Montréal. Les troupes anglaises reculent devant la guérilla canadienne. Dans l’après-midi, les Anglais tirent environ 500 volées de canon qui ne font toutefois que très peu de dommages.

Pendant deux jours encore, la canonnade se poursuit. Mais le 21 octobre, les Anglais rembarquent après avoir subi une défaite à Beauport. Puis la température s’en mêle. Il fait de plus en plus froid et Phips ne veut pas hiverner sur le Saint-Laurent. Les 23 et 24, des négociations ont lieu. Anglais et Français s’échangent des prisonniers, puis la flotte de l’amiral Phips reprend le chemin de Boston. Québec est sauvé.

Tout cela ne met toutefois pas un terme à la rivalité commerciale qui demeure, au contraire, très violente entre Français et Anglais. La baie d’Hudson, haut lieu de la traite des fourrures, sera d’ailleurs le théâtre de certains des grands faits d’armes du fameux militaire canadien Pierre Le Moyne d’Iberville. C’est là qu’à bord du Pélican, seul devant trois navires anglais, il mettra, un jour de septembre 1697, l’ennemi en déroute.

La guerre se poursuit également en Europe. Ce n’est qu’en 1697 qu’elle prendra fin avec la signature du traité de Ryswick. Par ce traité, les possessions américaines de la France et de l’Angleterre sont rétablies telles qu’elles étaient avant la guerre. Tous ces combats n’auront servi à rien si ce n’est qu’à s’échanger, pour un temps et jusqu’au prochain conflit, la propriété de certains établissements d’Amérique.

Une paix durable ressortira toutefois de toutes ces hostilités. Ce sera la Grande Paix de Montréal que les Français et les Amérindiens, notamment les Iroquois, signeront le 4 août 1701.»

http://www.ledevoir.com/2003/07/07/31263.html