Embargo russe : quelles répercussions pour le porc du Québec ?

Comment s’en sortira l’industrie porcine québécoise, qui envoyait une grande partie de sa production vers le pays de Vladimir Poutine ?

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Photo : Getty Images

Répliquant aux sanctions qui lui sont imposées par plusieurs pays occidentaux, la Russie vient d’interdire l’importation de produits agroalimentaires en provenance de l’Union européenne, de la Norvège, de l’Australie, du Canada et des États-Unis.
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Quelles en seront les répercussions pour les exportateurs québécois ? Ce sont surtout les producteurs de porc qui risquent d’écoper.

Frappée par le même embargo depuis janvier, la France a vu ses exportations de porc chuter de 12 % dès le mois suivant.

Le Québec est le deuxième producteur de porc en importance au Canada, avec 7,35 millions de porcs produits en 2012, dont 60 % sont exportés à l’étranger.

Les ventes totales hors frontières ont atteint 1,4 milliard en 2012. De ce montant, 345 millions ont été réalisés en Russie.

Ce marché a explosé dans la dernière décennie. En l’espace de dix ans, les exportations québécoises de porc en direction de la Russie ont fait un bond de plus de 1 200 %.

Mais depuis un an, il s’est effondré. En effet, les ventes en Russie ont chuté de plus de la moitié en 2013, pour atteindre seulement 159 millions de dollars.

La raison ? Depuis 2012, Moscou interdit l’importation de viande contenant de la ractopamine — un additif alimentaire homologué par Santé Canada qu’on donne aux porcs pour accélérer leur gain de poids.

Depuis l’an dernier, la Russie a même établi sa propre liste d’abattoirs ayant accès à son marché. Au Québec, bien que l’usage de la ractopamine semble peu répandu, peu d’abattoirs se sont qualifiés pour continuer de vendre aux Russes.

Ce n’est donc pas le premier «coup de cochon» de la Russie envers les exportateurs de porc. Et selon plusieurs experts du milieu, la véritable raison n’est pas une simple vengeance en réaction aux sanctions prises à son endroit depuis la crise en Ukraine, mais plutôt un désir de soutenir sa propre industrie porcine.

La Russie subventionne fortement son industrie porcine et a manifesté son désir de devenir un exportateur net de porc et de volaille au cours des prochaines années.

Heureusement pour les producteurs de porc du Québec, d’autres débouchés existent. La demande mondiale en porc est en constante progression, et l’Asie est un marché particulièrement prometteur.

Déjà, les exportations de porc du Québec vers la Chine ont crû de 418 % de 2000 à 2010, tandis qu’en Corée du Sud, elles ont plus que triplé durant la même période, selon la Fédération des producteurs de porcs du Québec.

* * *

À propos de Kathy Noël

Kathy Noël est journaliste, chroniqueuse et blogueuse à L’actualité. Journaliste économique depuis près de 15 ans, elle a auparavant travaillé au journal Les Affaires et au magazine Commerce, où elle a occupé le poste de rédactrice en chef adjointe de 2002 à 2009. On peut la suivre sur Twitter : @kathy_noel.

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2 commentaires
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Somme toute, les deux dernières phrases de votre billet semblent répondre parfaitement aux questions posées au tout début. Tout compte fait, peut-être que l’Asie constituera un débouché nettement supérieur à la Russie, tant sur les plans quantitatif (population supérieure en nombre, donc davantage de bouches à nourrir) que qualitatif (sauf erreur, l’espérance de vie des Chinois et des Coréens surpasse celle – en constante régression – des Russes, ce qui s’annonce prometteur quant à la durabilité du marché).

Les sanctions des USA envers la Russie prouvent que l’Asie a de moins en moins de l’Occident et font plutôt mal à ceux qui les imposent.

L’Amérique est en faillite et l’Asie prospère.

Le Québec doit se détacher de plus en plus des USA et du Canada. C’est sa planche de salut et c’est regrettable.