Endettement sous contrôle, mais épargne insuffisante

Les Québécois ne sont pas nécessairement trop endettés, mais ils n’épargnent pas suffisamment, croit l’économiste Pierre Fortin.

Dans un mémoire présenté début novembre en commission parlementaire sur le surendettement des consommateurs et les règles relatives au crédit à la consommation, le chroniqueur de L’actualité a fait quelques observations sur les finances personnelles des Québécois.

Les Québécois ont peut-être plus de dettes, mais ils sont relativement moins endettés qu’il y a dix ans. Le taux moyen de couverture de la dette par des actifs a augmenté de 340 % en 2000 à 380 % en 2010. En langage simple, cela veut dire que les ménages endettés détenaient collectivement 380 dollars pour chaque 100 dollars de dettes en 2010, d’après les calculs du Mouvement Desjardins. Par ailleurs, seulement 4,2 % des ménages endettés ont un taux de couverture inférieur à 50 %, contre 7,6 % en 2010. Les experts en faillite estiment que les ménages se retrouvent dans une situation risquée quand leurs actifs couvrent moins que la moitié de leurs dettes.

Cela vaut également pour les ménages endettés de moins de 35 ans, où le taux moyen de couverture est stable à 200 % depuis dix ans et qu’il y a moins de ménages ayant un taux de couverture inférieur à 50 %.

Ces nouvelles rassurantes s’expliquent d’abord par les taux d’intérêts plus bas. Il y a 20 ans, les Québécois consacraient 10,5 % de leur revenu disponible (après impôts) à payer des intérêts. La proportion a diminué à 7,5 % il y a 10 ans et à 6,5 % tout récemment. L’économiste ne croit pas à une hausse soudaine des taux qui pourrait déstabiliser les finances des ménages québécois.

Je me réjouis de ces données, mais je reste néanmoins prudent. Si l’actif a augmenté, diminuant du coup le poids relatif des dettes, c’est notamment grâce à l’augmentation du prix des propriétés. Je ne crois pas que le Québec et le Canada soient à l’abri de l’éclatement d’une bulle ou, plus probablement, d’un tassement du prix des maisons.

Ce qui inquiète davantage Pierre Fortin, c’est que les Québécois épargnent peu ou pas du tout et qu’ils consomment presque tout leur revenu disponible.

«La conséquence est la suivante : lorsqu’ils quittent le travail à 60 ans, comme c’est présentement la norme au Québec, les deux tiers des travailleurs de la classe moyenne n’ont pas accumulé suffisamment d’épargne pour éviter une chute importante de leur niveau de vie », écrit-il dans son mémoire.

La logique est implacable : nous travaillons moins longtemps, notre retraite sera plus longue et notre taux d’épargne est plus bas que ceux qui nous ont précédé.

Tableau 2. Comparaison de la durée de la vie active, de la durée de la retraite et du taux d’épargne des ménages au Québec en 1961-1965 et en 2005-2009

1961-1965 2005-2009 Variation
Durée de la vie active 50 ans 

(de 15 ans à 65 ans)

40 ans 

(de 20 ans à 60 ans)

-10 ans
Durée de la retraite 5 ans 

(de 65 ans à 70 ans)

25 ans 

(de 60 ans à 85 ans)

+20 ans
Taux d’épargne (rapport 

épargne/revenu disponible)

4,8 % 3,2 % -1,6 p.p.

Source : Statistique Canada, tableaux CANSIM 384-0013 et 384-0035.

 

 

 

 

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En tout cas les gouvernements font tout pour encourager les gens à travailler plus longtemps, notamment en bonifiant le régime de pension pour ceux qui restent sur le marché du travail passé 65 ans. Grosse question, évidemment: y aura-t-il des emplois ? Et ce n’est pas tout le monde qui peut travailler passer un certain âge, pour des raisons de santé. Pour ma part, n’ayant aucun passif, je mets la grande partie de mes revenus d’emploi dans de l’épargne – avant 55 ans j’investissait plus que j’épargnais – et je voyage. Mais je continue à prétendre que je n’ai pas les moyens de me payer le cable ou le iPhone, ce qui est faux : ce n’est pas important pour moi.

Le gouvernement canadien devrait dans son prochain budget annoncer des coupures dans les programmes et dépenses du gouvernement. Les ménages devraient faire de même. Il faut savoir regarder froidement comment on dépense et il faut surtout pourvoir cibler ce que l’on veut préserver et ce que l’on veut accomplir.

L’information est elle une marchandise présente ?
est ce que la volonté Propre est une institution ?
L’agent de bureau méthodes que je suis, avec cette tendance « Agent Incubateur du système ».En volonté, aurai je la possibilité de débiter mon compte par juste la valeur de ce que la justice pourra recommander comme valeur d’indemnisation lorsque c’est justifier l’atteinte subit par la mal façon.
la relation entre institution ne peut être que sur la base de Marchandise Présente.
Vous êtes témoin du rapport de « L’agence de Notation ». On parle d’une erreur technique.

SVP M. Duhamel,

Cessez d’essayer d’effrayer la galerie avec votre prétendu bulle immobilière (du moins au Québec).

La province de Québec est la juridiction la plus sécuritaire de l’Amérique du Nord quant aux transactions immobilières (système de droit civil ayant un registre foncier dont les assises remontent d’avant l’existence du Canada) et le resserrement des règles pour les emprunts hypothécaires contribuent à conserver une stabilité du marché immobilier et du taux d’endettement sur ces mêmes achats.

Il y a certes eu un rattrapage significatif du coût des maisons qui avaient stagné pendant de longues années, mais le coût d’un bungalow dans la province de Québec demeure de deux à trois fois moins cher que dans l’ouest canadien (pour une maison identique).

Magasinez donc un condominium de 1200 pieds carré à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, vous m’en reparlerez.

Peut-être que certaines provinces canadiennes peuvent être sujettes à un certain tassement du prix des maisons, mais pour la province de Québec, on est encore loin du compte.

Cette remarque vaut également pour votre chronique intitulée: «vendredi noir»

@SensCommunRugueux.

Wow! Il faut enlever vos lunettes roses concernant l’immobilier au Québec. On ne parle plus de rattrapage depuis 2006. Lorsque l’on constate qu’il y a un tas de maisons à vendre à plus de 300K dans des régions comme Granby où le revenu annuel moyen ne dépasse même pas les 35 000$ avant impôts, on sait alors qu’il y a bulle immobilière et que le surendettement est omniprésent dans la province.

La réalité des années 2000, c’est que l’endettement a augmenté 7 fois plus vite que les revenus, ce qui est carrément insoutenable à moyen et long terme:

http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/une-vie-a-credit/201101/15/01-4360498-les-moyens-detre-proprietaire-vraiment.php?

Enfin, voici un autre lien pour votre gouverne (pour la région de Montréal):

http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/201110/03/01-4453771-le-boom-immobilier-tire-a-sa-fin-a-montreal.php

Vous ne pouvez pas comparez les prix des résidences du Québec avec l’Ontario ou l’Alberta, tout simplement parce que les revenus après impôts pour éponger l’hypothèque en Ontario et Alberta sont beaucoup plus élevés qu’au Québec.

Ça, c’est la réalité…