Économie : 2014 s’annonce bien

2013 ne sera au final pas une année si catastrophique en ce qui a trait à l’économie, et 2014 semble prometteuse. C’est du moins ce que l’on peut comprendre des augmentations significatives de la croissance économique aux États-Unis et au Québec, rendues publiques vendredi.

Croissance économique : les émergents gardent le moral
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2013 ne sera finalement pas une année si catastrophique en ce qui a trait à l’économie, et 2014 semble prometteuse. C’est du moins ce que l’on peut comprendre des augmentations significatives de la croissance économique aux États-Unis et au Québec, rendues publiques vendredi.

Chez nos voisins, l’embellie semble bien réelle. On n’arrête pas de réviser à la hausse les données du troisième trimestre.

On a d’abord annoncé une croissance de 2,8 %. Plutôt de 3,6 %, annonce-t-on plus tard, mais en nous mettant en garde contre une interprétation trop optimiste de cette statistique. Une partie importante de cette croissance serait en effet due aux stocks considérables accumulés dans les entrepôts.

Deuxième révision ce 20 décembre. La croissance économique aurait finalement été de 4,1 % à ce troisième trimestre, la meilleure performance trimestrielle depuis le dernier trimestre de 2011.

Cette augmentation ne s’explique pas seulement par la hausse des stocks, comme on l’avait d’abord cru, mais aussi par une hausse plus élevée que prévue des dépenses des consommateurs et des investissements des entreprises.

Peter Hall, l’économiste en chef d’Exportation et Développement Canada (EDC), me disait il y a quelques semaines que l’économie américaine était sur son erre d’aller et qu’elle devrait connaître, en 2014, sa meilleure performance depuis 2005.

La construction résidentielle, qui a plombé l’économie de nos voisins ces dernières années, est repartie de plus belle et affiche une croissance de plus de 20 % cette année. Cela s’est traduit par une hausse de nos exportations de bois de presque 30 %. Après des années d’hibernation, nous nous retrouvons dans une situation où les scieries canadiennes produisent à pleine capacité et n’arrivent pas à satisfaire la demande, me racontait Peter Hall.

La remise en marche du secteur industriel américain devrait aussi favoriser nos exportations de produits chimiques, de plastique et de caoutchouc. Le secteur de la machinerie et des outils a connu un très bon mois d’octobre à l’exportation, car leurs clients américains sont en train de se réoutiller. Le Québec devrait normalement profiter de cette relance.

On craignait, il y a quelques mois, que l’économie québécoise s’enfonce dans la récession. L’économie avait en effet reculé de 0,5 % au deuxième trimestre. Les données du troisième trimestre font du bien. L’économie québécoise a bondi de 0,9 % entre juillet et septembre (3,7 % à rythme annualisé), ce qui est mieux que la croissance affichée dans ce trimestre pour l’ensemble du pays. Il y avait un rattrapage à faire, mais cela reste de bon augure.

Le vent est bon. Les économistes du Mouvement Desjardins écrivaient cette semaine que l’année 2014 devrait «amener une accélération généralisée de la croissance qui permettra à plusieurs pays de retrouver graduellement leur plein potentiel de production au cours des prochaines années». La croissance économique devrait passer de 1,0 % en 2013 à 2,1 % en 2014 pour l’ensemble des pays industrialisés. Pour le Canada, la croissance du PIB devrait passer de 1,7 % cette année à 2,3 % l’an prochain, et celle du Québec, de 1,2 % à 1,8 %.

Hélas, la croissance québécoise reste bien en deçà de celle du pays.

8 commentaires
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Hier en parcourant le blogue de Paul Krugman, je relevais qu’il y avait un billet qui traitait de la situation économique au Royaume-Uni. Bien sûr, chaque pays a des particularités qui lui sont propres, nonobstant Krugman relevait que la progression du PIB y avait été depuis 2008 pire même que celle qui prévalait lors de la « Grande dépression » (1920-24) et pas meilleure non plus que lors des crises économiques précédentes.

La bonne nouvelle étant que le Royaume-Uni a réellement vu son sort s’améliorer et suivre une ligne ascendante cette année.

Dans la pratique, l’économie mondiale en a pris pour son rhume depuis maintenant 5 ans ce qui fait de la crise économique actuelle une des plus longues de ces 100 dernières années. À moins d’une catastrophe encore imprévisible, la tendance devrait être globalement à la reprises pour ces prochaines années. Toutefois, en raison de la faiblesse encore de l’économie, Krugman estime qu’il serait stupide (selon ses mots) présentement, de justifier de nouvelles mesures d’austérité sous prétexte de perspectives de croissance encourageantes.

Aussi ce qui peut être vrai pour les anglais, n’est peut-être pas nécessairement faux pour nous. Vouloir aller trop vite à faire la fête aux déficits publics tant à Québec qu’à Ottawa pourrait peut-être en quelques sortes avoir le goût d’un : « pensez-y bien ! » Si j’étais à la place de monsieur Flaherty, je ne lésinerais pas sur les transferts faits aux provinces. Après tout, la reprise en dépend encore maintenant !

En période de croissance économique, il faut éliminer le déficit au plus vite et rembourser la dette. Car la prochaine récession est pas trop loin en avant. Certain que c`est le temps de faire la fête au déficit et à la dette. Surtout pas le temps de partir d`autres programmes coûteux et qui seront déficitaires. Plus de responsabilités individuelles réduisent les risques de crises prononcés. Vous êtes sérieux, vous lisez Paul Krugman ??? Celui qui a déjà dit sur CNN que les USA devrait se préparer à un attaque d`extra terrestres pour repartir leur économie. Je me demande pourquoi la gauche au USA et ailleurs se plaignaient que les guerres d`Irak et d`Afghanistan coûtaient cher.

@ Jakwood,

Merci pour le document que vous me proposez. Néanmoins, les prévisions faites par Catherine Mathieu probablement en 2012 pour le compte de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) se seront avérées être inexactes. Preuve s’il en est que les spécialistes ou supposés comme tels se gourent régulièrement !

Le PIB du RU a progressé de 1,5% au 3ième trimestre de cette année lorsque pratiquement toute l’Europe s’enlise encore dans la récession. L’OFCE prévoyait un maigre 0,3% sur toute l’année 2013. Toutefois malgré cette embellie, le PIB du RU reste encore inférieur de 2,5% à son niveau historique le plus haut de 2008. C’est, je le confirme, la plus lente reprise économique des 100 dernières années.

Le rebond économique est en partie dû — dans presque tous les secteurs de l’économie — à une reprise marquée de la consommation soutenue par des offres de crédits bons marchés et par une augmentation marquée de la valeur des biens du marché immobiliers, ce qui fait dire aux spécialistes que les biens immobiliers sont nettement surévalués dans ce pays, ce qui est aussi vrai d’ailleurs pour le Canada.

Les politiques d’austérités établies par David Cameron et initiées d’ailleurs par ses prédécesseurs ne sont pas à ma connaissance pour grand choses dans cette embellie.

Lorsque vous observez le ratio Dette/PIB du RU, il était de 52,3% en 2008, 67,8% en 2009, 79,4% en 2010, 85,4% en 2011 et 90% en 2012. David Cameron est Premier ministre depuis le 11 mai 2010. Alors quand vous écrivez triomphalement : « Là-bas, ils ont fait réellement une lutte au déficit. »

— D’où exactement vous sortez cela ?

Lorsque vous écrivez : « En période de croissance économique, il faut éliminer le déficit au plus vite et rembourser la dette. », vous avez raison sur le principe, si ce n’est qu’il faudrait s’assurer que la croissance est constante et durable, ce qui en cette veille d’année 2014 n’est pas encore établi, loin de là, aussi Paul Krugman invite les pouvoirs exécutifs à faire montre de prudence. Et honnêtement, je suis d’accord avec ça !

— Vous pas ?

La preuve est faite que contrairement à la France, l`Angleterre a pratiqué des politiques d`austérités et la situation s`améliore. Vous l`avez citer vous même : «La bonne nouvelle étant que le Royaume-Uni a réellement vu son sort s’améliorer et suivre une ligne ascendante cette année.»

«vous avez raison sur le principe, si ce n’est qu’il faudrait s’assurer que la croissance est constante et durable, ce qui en cette veille d’année 2014 n’est pas encore établi, loin de là, aussi Paul Krugman invite les pouvoirs exécutifs à faire montre de prudence. Et honnêtement, je suis d’accord avec ça !»

Tout ce que je peux dire, c`est que les conservateurs au Canada éliminent le déficit progressivement et atteindront l`objectif avant plusieurs autres pays, ils ne veulent surtout pas augmenter les taxes et les impôts et je suis d`accord avec ça et je vais continuer à voter pour eux. Pour le Québec, on a 2 partis (PQ-PLQ) qui pratiquent des politiques néfastes pour l`économie, toujours plus de programmes sociaux déficitaires, toujours plus de taxes et d`impôts sans compter les tarifs(taxes déguisés), en plus d`être totalement vendus aux syndicats et écologistes. Des politiques bêtes au possibles :

http://affaires.lapresse.ca/economie/energie-et-ressources/201312/20/01-4722944-encore-plus-de-surplus-chez-hydro-quebec.php

M. Duhamel

C’a fait 6 ans que j’entends ça que l’économie américaine repartira. Rien ne bouge sur le terrain. Il reste beaucoup de maisons qui avaient été saisies et des maisons d’environ 4 millions commencent a être saisies en Floride.

Je préfère donner de l’importance à un économiste du calibre de Pierre fortin qu’à un simple journaliste.

« La tortue n’est pas que québécoise, elle est nord-américaine ! Il faut cependant noter une différence, heureusement à l’avantage du Québec. Grâce en partie à des investissements publics totalisant 115 milliards de dollars de 2009 à 2013,

l’économie québécoise fonctionne actuellement à 96 % de sa capacité théorique, tandis que les économies américaine et ontarienne n’utilisent leur potentiel qu’à hauteur de 92 %. » (PIERRE FORTIN)
http://www.lactualite.com/opinions/chronique-de-pierre-fortin/la-tortue-nord-americaine/ La tortue nord-américaine

Autrement dit la tortue Québécoise, comme vous l’avez décrite, est la plus rapide de presque toute l’Amérique.

« En 2014, il est peu probable que les économies américaine, ontarienne et québécoise sortent de leur torpeur. » (PIERRE FORTIN)

« La croissance économique devrait passer de 1,0 % en 2013 à 2,1 % en 2014 pour l’ensemble des pays industrialisés. Pour le Canada, la croissance du PIB devrait passer de 1,7 % cette année à 2,3 % l’an prochain, et celle du Québec, de 1,2 % à 1,8 %. »

« Pour l’ensemble des pays industrialisés » Mais M. Duhamel vous avez je pense, volontairement la Chine qui est de 7,5 %.

« L’économie chinoise continue à être fortement tirée par les investissements en capital fixe, qui ont progressé de 20,2 % sur les neuf premiers mois de l’année, un peu moins qu’attendu. »

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/10/18/chine-la-croissance-accelere-a-7-8-au-troisieme-trimestre_3498042_3216.html

Je répète l’économie américaine ne repartira pas et c’est l’avis d’un amis vieux runner aux USA.

L’économie du Québec (et de tout le Canada) ira bien tant que nous (ménages et gouvernements) continueront de vivre au dessus de nos moyens. Tant que les consommateurs continueront de faire croitre notre économie en s’endettant toujours davantage.

Évidemment comme ce régime est insoutenable il y aura une fin, après quoi ça ira BEAUCOUP moins bien.

Verrons nous cela en 2014? C’est la grande question mais de toute façon nous paierons tôt ou tard le prix pour nos excès.

En passant, un très bonne année M Duhamel, santé et prospérité!!!

Et aussi je vous souhaite aussi que votre blogue reprenne des forces!

Au Québec on a besoin de plus de commentateurs intelligents comme vous, et pas qu’il soient enterrés sous d’insignifiantes nouvelles politiques…