Enron en scène à Broadway

Qui aurait cru que les dirigeants d’Enron reviendraient sous les feux de la rampe ? Cette fois-ci, n’ayez crainte, ils ne sévissent pas dans le monde des affaires, mais occupent plutôt la scène d’un théâtre de Broadway.

Qui aurait cru que les dirigeants d’Enron reviendraient sous les feux de la ramp
Photo : Joan Marcus

Après avoir été présentée à Londres, Enron, pièce de l’auteure britannique Lucy Prebble, vient tester la capacité des Américains de se divertir avec une page noire de leur histoire.

Stephen Kunken, acteur bien connu à Broadway, notamment pour sa prestation dans la pièce Frost/Nixon, joue le rôle d’Andrew Fastow, grand patron des finances chez Enron. L’actualité l’a rencontré à New York.

La pièce commence par une explication de la comptabilité d’Enron. Comment transforme-t-on un élément aussi aride en divertissement ?

– Tous les moyens sont bons pour raconter l’histoire complexe de cette faillite spectaculaire. Dans le spectacle, il y a du chant, de la danse, du drame et de la comédie. Chaque soir, on se demande si notre public sera prêt à rire de la débâcle d’Enron. Les Américains sont encore troublés par ce scandale. Malgré cela, à la fin, les gens ont toujours l’air surpris de voir à quel point ils se sont amusés.

Comment avez-vous abordé ce rôle de chef comptable qui a tout tenté pour camoufler les pertes colossales d’Enron ?

– On ne peut pas se dire que les dirigeants d’Enron n’ont rien de commun avec nous. Leurs défauts sont aussi un peu les nôtres. Cette pièce, c’est plus que du divertissement. Je fais rire le public, bien sûr, mais je lui raconte aussi une partie de son histoire. Tous devraient connaître et comprendre ce qui s’est passé chez Enron. C’est trop important pour l’ignorer. Il y a 10 ans, est-ce qu’on aurait dû reconnaître en Enron les signes annonciateurs de la crise financière ? Je crois que oui. Cette société utilisait régulièrement la question « pourquoi ? » dans ses publicités. Innover, pour eux, c’était demander pourquoi. Cette question, on devrait se la poser inlassablement si on veut se sortir de cette crise. C’est un peu ça, le message de la pièce.