Évasion fiscale : pourquoi les fraudeurs ont raison de trembler

Il a fallu 15 mois de travail aux 86 membres du Consortium international des journalistes d’enquête avant de dévoiler, début avril, les premières analyses d’une gigantesque fuite de données sur l’évasion fiscale aux quatre coins du monde. Voici quelques clés pour saisir l’ampleur de cette enquête. 

Photo : iStock
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2,5 millions

Nombre de fichiers (Excel, PDF, JPG…) que contenait le disque dur de 260 gigaoctets. Parmi ces fichiers : deux millions de courriels, quatre grandes bases de données et 500 000 fichiers PDF et images.

130 000

Nombre de personnes, dont 450 Canadiens, cités dans ces documents. On y trouve aussi 120 000 entreprises et trusts de 170 pays. « La majorité de ces Canadiens ne sont pas connus du public », dit le journaliste de Radio-Canada Frédéric Zalac, qui a participé à l’enquête. Il précise qu’il n’est pas question de donner le nom d’une personne avant d’avoir mené une enquête visant à déterminer pourquoi elle a placé de l’argent dans des paradis fiscaux et si elle l’a fait de façon illégale. « Des personnes dont nous connaissons l’identité peuvent simplement avoir contacté une entreprise qui fait des affaires offshore, mais sans avoir donné suite, dit le journaliste. Il nous faut être très prudents. »

Un scandale planétaire

Entre 21 000 et 32 000 milliards de dollars seraient engrangés dans des paradis fiscaux, soit plus que le produit national brut des États-Unis et du Japon réunis. Des dizaines de personnalités, ainsi que les banques qui les ont aidées à cacher de l’argent dans ces refuges, sont déjà éclaboussées par le scandale, comme la sénatrice libérale Pana Marchant et des membres des gouvernements de la Russie, de la France, du Pakistan, des Philippines et de la Thaïlande.

Effort collectif

Des programmeurs se trouvant en Allemagne, au Royaume-Uni et au Costa Rica ont retracé les noms mentionnés grâce à de puissants logiciels de recherche en texte libre. Des logiciels de reconnaissance optique de caractères les ont aidés à faire ressortir l’information contenue dans des photos, tels les noms sur des photocopies de passeports. Un programmeur britannique a ensuite conçu un moteur de recherche pour permettre aux journalistes membres du Consortium d’interroger directement la base de données.

Le secteur privé collabore

L’australienne Nuix a donné au Consortium des licences d’utilisation d’un logiciel d’analyse de documents vendu aux ministères de la Défense de plusieurs pays.