Exportations : le plan de match de la Coalition Avenir Québec

Le Québec doit miser plus que jamais sur la conquête de nouveaux marchés étrangers pour accroître sa richesse. Que propose chacun des quatre principaux partis politiques pour soutenir les exportateurs québécois ? Voici les réponses de la Coalition Avenir Québec.

Plutôt que de proposer des mesures spécifiques aux exportations, la Coalition Avenir Québec (CAQ) vise à créer un effet de levier généralisé grâce à son Projet Saint-Laurent et sa vallée de l’innovation.

«Si on veut voir le secteur manufacturier exporter, il faut d’abord le relancer, dit Stéphane Le Bouyonnec, député sortant de La Prairie et porte-parole de la CAQ en matière d’économie et de commerce extérieur.

Ce projet de «Silicon Valley» du nord coûterait 16,6 milliards de dollars sur 4 ans, dont 3,6 milliards de dollars seraient puisés à même les coffres du gouvernement. Il vise à ajouter 10 zones d’innovation le long du Saint-Laurent, qui s’ajouteraient aux 11 déjà existantes.

Un milliard serait consacré aux cégeps et aux universités pour créer des campus affiliés et des centres de recherche. Le but : offrir un service d’incubation aux PME qui n’ont pas les moyens d’investir dans la recherche et le développement, afin de leur permettre d’avoir accès aux dernières avancées en matière de technologies.

«Les entreprises de demain, pour être compétitives et pour pouvoir exporter, devront innover et intensifier leurs activités de recherche et développement. Pour nous, attendre que le dollar canadien baisse de nouveau, ou une opération quelconque du Saint-Esprit pour repartir le secteur manufacturier, n’est pas suffisant», dit le député de La Prairie.

Le projet Saint-Laurent comprend aussi la création d’un fond de 2,7 milliards de dollars géré par Investissement Québec pour aider les entreprises étrangères à venir s’installer au Québec et soutenir les entreprises déjà présentes dans la vallée de l’innovation.

L’idée n’est pas de cibler les interventions, tient à préciser le député de La Prairie, mais d’offrir un soutien global à l’innovation. «Nous n’avons pas de programme qui propose de rembourser la moitié du billet d’avion pour Paris si vous tentez d’aller vendre votre produit à une foire internationale», dit-il en exemple.

La CAQ ne ferme pas la porte à un éventuel allègement du fardeau fiscal des entreprises, mais non sans avoir d’abord fait le ménage dans les nombreux crédits d’impôt. Son parti propose notamment d’importantes compressions dans les 782 millions de crédits d’impôt remboursable à la recherche et au développement et propose de couper de moitié les crédits d’impôt dans le multimédia.

«Ce n’est pas parce qu’on donne un crédit d’impôt à une entreprise pour s’acheter un robot qu’elle va le faire. Ça doit s’inscrire dans une revue complète des processus de production et d’innovation. Nous voulons faire le ménage et récupérer cet argent pour le mettre ailleurs comme dans le projet Saint-Laurent, qui est un investissement massif, mais un projet important pour l’innovation, le manufacturier et la recherche et le développement».

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L’un des grands classiques qui reviennent dans toutes les élections et pas seulement au Québec, c’est l’innovation, comme si le prononcé de ce seul mot allait produire des milliers de jobs, comme si ces innovations allaient automatiquement trouver preneur à l’étranger.

Comme si l’innovation achetée ici, n’allait pas être copiée ailleurs, si possible améliorée et peut-être ensuite vendue moins chère à d’autres. Pourtant, on croit toujours que l’innovation va nous rapporter. Lorsque c’est l’obsession de tout le monde.

Ce n’est pas l’innovation qui rapporte gros, c’est la production de valeur ajoutée. Laquelle repose sur le savoir-faire. On peut produire de la valeur ajoutée avec de la laine de mouton, de la valeur ajoutée avec des bleuets, de la valeur ajoutée avec de la terre. Pourquoi est-ce qu’on n’a plus à ma connaissance de manufactures de faïences ou de vaisselle au Québec ?

On achète des faïences ailleurs, on le revend ici ; on recherche de la vaisselle antique québécoise et on n’a pas de vaisselle moderne québécoise. Pourtant le design, cela peut rapporter gros. Pourtant de la vaisselle, on en consomme à tous les jours.

Faire en seulement 5 ans de la vallée du Saint-Laurent une Silicon Valley du nord est ambitieux et en même temps assez peu réaliste. Combien d’années cela a-t-il pris pour développer les quelques 6000 entreprises qui œuvrent dans ce secteur convoité de la haute technologie ? Le point de départ de ce projet remonte aux années 1930 au niveau de la prestigieuse Université de Stanford, laquelle ne se contente pas seulement de sortir des forts en nouvelles technologies. Et nous d’ici 2020, on pourrait rivaliser avec tout cela !

Même si l’idée et le principe ne sont pas à rejeter. Peut-on se donner le temps d’établir un plan bien dessiné prévu sur quelques décennies ?

C’est précisément ce qui manque le plus à la CAQ : avoir un projet cohérent qui leur donne un sérieux avantage d’abord pour s’emparer du gouvernement. Mes avis, c’est que sur ce seul projet, il va plutôt falloir attendre bin ! Bin ! Bin longtemps.