Exportations : le plan de match du Parti libéral du Québec

Le Québec doit miser plus que jamais sur la conquête de nouveaux marchés étrangers pour accroitre sa richesse. Que propose chacun des quatre principaux partis politiques pour soutenir les exportateurs québécois ? Voici les réponses du Parti libéral du Québec

Photo: Mario Beauregard/La presse canadienne
Photo: Mario Beauregard/La Presse Canadienne

[Le texte suivant a été publié avant l’élection du 7 avril.]

Le Parti libéral du Québec s’est engagé à accorder un crédit d’impôt de 50 % pour les coûts de transport liés à l’exportation le Parti libéral du Québec, ce qui constitue la seule promesse ciblant spécifiquement les exportateurs.

«Il faut faire attention quand on cible les exportations car c’est large — ça peut aller du bonbon au sirop d’érable jusqu’aux avions de Bombardier, et on s’entend tous pour dire que Bombardier n’a pas les mêmes besoins qu’une PME», indique Jacques Daoust, candidat du PLQ dans Verdun et ex-président d’Investissement Québec.

Le crédit d’impôt à l’exportation, dont le coût s’élèverait à environ 12 millions, s’inscrit dans une enveloppe globale de 160 millions destinées à soutenir les PME, exportatrices ou non. Ainsi, 103 millions de cette somme servirait à accorder une exemption d’impôts aux fermiers, afin de faciliter la relève.

Le PLQ propose aussi d’investir 45 millions pour lancer Créativité Québec, un programme de soutien à l’innovation dans les entreprises, sous forme de subventions directes, de prêts et de participation à des projets d’une valeur minimale de 2 millions de dollars.

Le PLQ, s’il est élu, promet également une exonération d’impôt sur le gain en capital pour les investisseurs de capital-risque qui investirait dans une entreprise en démarrage, pour autant qu’il conserve sa participation pendant au moins trois ans. Le montant maximum d’investissement est de 150 000 dollars.

«Notre programme est modeste, mais il est réaliste et réalisable», commente Jacques Daoust, qui croit que le gouvernement doit d’abord revoir les programmes existants avant de faire des promesses à tous vents. Le PLQ projette aussi de faire un ménage dans les crédits d’impôt, dont celui offerts aux entreprises.

«Il faut se questionner de façon permanente sur les programmes existants. Est-ce qu’on subventionnerait encore l’industrie du charbon ? Il y a lieu de revoir l’ensemble de nos crédits d’impôt pour voir ceux qu’on pourrait éliminer pour en créer d’autres», ajoute le candidat dans Verdun, qui n’a pas voulu préciser davantage où allait tomber le couperet et qui est resté vague sur les secteurs qui pourraient être soutenus.

«Je ne crois pas à la stratégie du «spray and pray», où l’on essaie d’être tout pour tout le monde. Il faut focaliser sur nos créneaux d’excellence —l’aéronautique, par exemple —, et sur les entreprises qui innovent, comme ce fut le cas dans le jeu vidéo. Le mot-clé, c’est créativité».

Le but, dit-il, n’est pas de saupoudrer des mesures, pas plus que de cibler des entreprises en particulier. «Un entrepreneur ira chercher l’aide dont il a besoin, sinon ce n’est pas un véritable entrepreneur ! Le gouvernement doit laisser les entrepreneurs venir à lui, pas leur courir après», dit Jacques Daoust, en faisant référence aux Gazelles — un programme mis de l’avant par le gouvernement Marois et qui vise à choisir 300 entreprises prometteuses pour en faire des joueurs de calibre mondial.

Le PLQ prévoit renforcer les 14 organismes régionaux de promotion à l’exportation (ORPEX) pour mieux soutenir les PME dans leurs stratégies d’exportation. Ces organismes qui conseillent les entrepreneurs et mettent sur pied des missions commerciales ne comptent que 50 professionnels. Leurs effectifs seront accrus de 25 %.

«Les exportations sont fondamentales dans la création de richesse, constate Jacques Daoust. Actuellement, notre balance commerciale est négative. Il sort de l’argent plus qu’il n’en rentre, et ça nous préoccupe».

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Le Québec est une province qui compte beaucoup sur ses PME, il est important de faciliter leur essor tant sur notre propre marché, que pour nos échanges interprovinciaux qui sont encore insuffisants, que dans la qualité de nos produits et de nos services partout où ils peuvent être achetés de par le monde.

Aussi un plan global orienté vers les PME, incluant celles qui sont en devenir ou celles qui pourraient encore être créées, tout cela relève du bon sens et va dans la bonne direction.

Plusieurs PME exportent déjà au Québec, tout dépendamment vers quels marchés elles exportent, la réduction des coûts associés au transport représente un attrait appréciable pour bien positionner les produits québécois sur le marché en destination de la clientèle étrangère.

Personnellement, je suis plus favorable à avoir des programmes ciblés, fait dans un climat de concertation avec le milieu, ouvert à tous sans discrimination, que dans des opérations de saupoudrage au cas par cas qui ressemblent étrangement à toutes les formes de clientélisme dignes de l’ère de Duplessis.

Nous devrions être dans le 21ième siècle normalement. Pas du temps de la guerre de 14-18, ce me semble !

Le soutien aux grappes industrielles ( il faudrait les évaluer et encourager les liens entre Montréal et les régions et entre les régions) et le soutien à l’innovation sont des éléments intéressants. Nous avons cependant du chemin à faire pour comprendre les déterminants de l’innovation et les applications des nouvelles technologies entre autres dans les domaines de l’information, du 3D, ….

Parmi les mesures et politiques à envisager je propose que l’on concentre les efforts sur les firmes et industries » ouvertes au commerce international » soit comme exportatrice ou importatrice et particulièrement sur celles dont la valeur ajoutée québécoise ( et dont l’emploi et les revenus générés au Québec) sont les plus élevés.

Il étant peu probable que le Président des .États-Unis obtiennent la » Procédure de la voie accélérée pour approuver les ententes trans pacifiques et atlantiques il semble indiquer de rechercher et promouvoir les ententes bilatérales et plurilatérales sans hésiter.

Un peu plus de transparence sur certains éléments des négociations trans-pacifique et atlantiques des USA serait aussi bienvenu. Les réglementations nationales dans divers domaines ( brevets, produits pharmaceutiques… sont très différentes et il est donc indiqué de s’intéresser en détail a ce que l’on négocie, car les effets positifs comme négatifs de nouvelles réglementations peuvent nous surprendre.

Pierre-Paul Proulx,
Professeur Honoraire U. de Montréal
(ancien sous-ministre adjoint aux politiques Ministère de l’Expansion Industrielle et consultant pour IQ, la SGF….