Exportations : le plan de match du Parti québécois

Le Québec doit miser plus que jamais sur la conquête de nouveaux marchés étrangers pour accroître sa richesse. Que propose chacun des quatre principaux partis politiques pour soutenir les exportateurs québécois ? Voici les réponses du Parti québécois. 

Photo: Denis Beaumont/La presse canadienne
Photo: Denis Beaumont/La Presse Canadienne

Jean-François Lisée, ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur au gouvernement du Parti québécois, garde le cap sur le plan de développement dévoilé l’automne dernier, qui vise à inciter 1 000 nouvelles entreprises à faire leurs premiers pas à l’étranger d’ici 2017.

L’objectif est de générer des ventes de 940 millions de dollars et de créer 2 000 emplois.

«Nous maintenons les mêmes cibles, et on a bon espoir de les atteindre», dit le ministre Lisée.

Ce dernier reconnaît toutefois qu’il n’a pas le contrôle sur la performance globale des exportations québécoises, qui dépend de la devise, du coût des matières premières, du prix des métaux, etc.

La récente dépréciation du dollar canadien pourrait cependant lui donner un coup de pouce. «Ça incite davantage d’entreprises à relever le défi de l’exportation, parce que leurs produits deviennent plus concurrentiels», dit Jean-François Lisée.

La plan de développement du commerce extérieur prévoit des investissements de 82 millions de dollars sur 4 ans pour faciliter l’accès aux marchés d’exportation.

Le gouvernement a ainsi créé Export Québec pour encadrer les mesures d’aide à l’exportation. Un portail permet par exemple d’obtenir de l’information stratégique sur différents marchés et des recommandations par produit.

«Chaque entreprise participante aura son code d’accès, qui lui permettra de faire une demande de soutien. Une entreprise qui veut exporter en Afrique du Sud, par exemple — et qui aurait besoin de 3 000 à 6 000 dollars pour embaucher quelqu’un — pourra faire sa demande par l’entremise du site et voir la progression de son dossier».

À cela s’ajoute le programme des Gazelles, qui vise à amener 300 petites entreprises de moins de 100 employés à devenir des moyennes entreprises en faisant progresser leur chiffre d’affaires de 20 % d’ici 5 ans. Cette mesure est comprise dans la politique industrielle du gouvernement québécois, qui consacrera 1 milliard de plus dans ce secteur d’ici 2017.

«C’est évident que la capacité d’exporter fait partie des conditions d’acceptabilité des Gazelles, dont 100 seront choisies cette année, 100 l’an prochain et 100 la troisième année. Ces entreprises vont avoir un suivi particulier, y compris par nos services d’aide à l’exportation», souligne Jean-François Lisée.

Les entreprises seront choisies en fonction de la qualité de leur gestion, de leur produit et du potentiel de croissance du marché qu’elles convoitent ici et à l’international. «On ne cherche pas des entreprises parfaites, mais celles qui peuvent réussir avec un accès à des fonds de développement et à une présence sur les marchés».

De façon plus générale, le gouvernement du Parti québécois a élargi les crédits d’impôt disponibles pour les entreprises, dont 25 % pour les technologies de l’information dans les PME manufacturières et un congé fiscal pour les investissements de plus de 200 millions.

«Quand on offre des crédits d’impôt visant l’exportation, il faut éviter l’effet d’aubaine. C’est-à-dire que des gens qui exportent déjà reçoivent un crédit d’impôt sans avoir à faire quoi que ce soit de supplémentaire. C’est pourquoi on pense qu’il faut cibler nos interventions».

Enfin, le gouvernement Marois entend poursuivre ses efforts de représentation à l’étranger par l’intermédiaire d’Expansion Québec (en partenariat avec Entreprises Rhônes-Alpes International ERAI), qui a ouvert des bureaux à New York, à Dakar et à Ouagadougou (au Burkina Faso), et qui prévoit en ouvrir deux autres à São Paulo, au Brésil, et à San Mateo, en Californie. Plus de 12 millions sont consacrés à ce programme, initié par le gouvernement précédent du Parti libéral.

Pour Jean-François Lisée, investir dans l’exportation, c’est s’assurer de l’avenir de tout le secteur manufacturier. Sur 10 entreprises qui exportent, dit-il, 7 ont rehaussé leur productivité.

«Chaque dollar investi dans l’aide à l’exportation génère 2,4 dollars d’investissements supplémentaires. Les entreprises deviennent plus aguerries et plus soucieuses de la qualité de leur produit et de leurs coûts. Ce n’est donc pas juste un programme sur les exportations, mais un programme de relèvement de la productivité de nos PME, que nous proposons».

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2 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Votre collègue Pierre Duhamel avait voici peu de temps écrit un texte sur les Gazelles :
http://www.lactualite.com/blogues/le-blogue-economie/les-gazelles-sont-elles-faites-pour-le-zoo/

Il était assez septique somme toute sur cette initiative. Et ce pour au moins 5 bonnes raisons.

L’un des problèmes afférant au Parti Québécois, ce n’est pas qu’il n’y ait pas de temps à autres de bonnes idées. C’est plutôt sa propension à la dérive bureaucratique, à vouloir un peu trop tout encadrer et vouloir toujours exercer une sorte de contrôle qui contrairement aux dires de monsieur Lisée ne sont certainement pas des incitatifs à améliorer la productivité.

D’ailleurs rehausser la productivité et augmenter la productivité peuvent revêtir deux sens différents, signifiant par le fait même qu’actuellement elle est basse. Alors qu’on peut avoir dès à présent un bon niveau de productivité et chercher à l’améliorer, la parfaire et par le fait même procéder à son augmentation.

Le magasine Les Affaires avait-t-il défini dans un dossier qui lui est consacré, trois avenues pour « booster » la productivité du secteur manufacturier :
— Formation et valorisation de la main d’œuvre
— Investissement dans les outils de production
— Une fiscalité adaptée

L’argumentation de monsieur Lisée m’apparait en ce sens plutôt mince lorsqu’il déclare : « Ce n’est donc pas juste un programme sur les exportations, mais un programme de relèvement de la productivité de nos PME, que nous proposons. »

Il vaudrait évidemment mieux avoir un programme plus spécifiquement dédié aux impératifs qualitatifs au niveau des produits, en d’autres termes rechercher et développer de la valeur ajoutée que de mélanger les genres avec les seuls impératifs de l’exportation.

Quant au congé fiscal pour les investissements de plus de 200 millions, cela me fait étrangement penser à ce bel investissement en Gaspésie pour… une grosse cimenterie bien polluante merci.

— Bref si tu votes du bon bord tu auras droit au beurre, à l’argent du beurre et en prime tu pourras faire tout ce que tu veux avec la fermière 🙂

C’est du concret, c’est déjà en marche, c’est un support important aux PME là où le potentiel de croissance est le plus grand et le plus intéressant pour le Québec, c’est bien ciblé (on va aider les plus prometteurs, on ne saupoudrera pas ), ce type d’aide aux PME peut vraiment leur donner le coup de pouce qui va faire la différence; comme résultat net : soutient et même création d’emplois ici et amélioration de la balance commerciale du Québec.