Faire (mieux) avec ce que l’on a

Carburants, médicaments, cosmétiques, textiles : avec les arbres, on fera bientôt plus que des meubles. Les bioraffineries, planche de salut de la forêt québécoise ?

Les chercheurs de FPInnovations planchent sur de nouvelles façons de faire.

Des produits à valeur ajoutée
• Des panneaux en fibre de bois agglomérée contenant des écorces, actuellement considérées comme des rebuts.
• Du bois torréfié. En cuisant le bois à haute température mais sans oxygène, on le rend imputrescible et stable à l’humidité. Selon le temps d’exposition à la chaleur, on donne à des essences bas de gamme (comme le tremble) la couleur et les caractéristiques d’essences nobles (comme l’érable ou le noyer) ainsi que des propriétés nouvelles — un plancher en bois torréfié ne se fissure pas.
• Du carton gaufré, en sandwich entre deux épais panneaux en fibre de bois agglomérée. Ses propriétés insonores sont remarquables.
• Des papiers contenant jusqu’à 50 % de carbonate de calcium ou d’argile, qui retiennent particulièrement bien les couleurs.

Des essences plus intéressantes
• Des essences d’arbres qui poussent plus vite, plus droit, avec moins de nœuds. Depuis toujours, les sylviculteurs sélectionnent et hybrident les meilleurs plants, mais il faut 12 ans pour que les nouveaux produisent des rejetons, et encore 12 ans pour qu’on puisse voir si ces rejetons ont les mêmes caractéristiques. Avec la génomique, on réduit le cycle à deux ou trois ans.

Des outils de travail
• Une machine qui « voit » les défauts du bois franc et le classe selon son apparence, sa couleur et ses lignes — un travail laborieux, mais d’une importance cruciale dans l’industrie du meuble.
• Des logiciels de coupe (qui sélectionnent les bons troncs et calculent la meilleure façon de les couper), de génie civil (qui optimisent le tracé des chemins et leur superficie), de transport (qui maximisent les charges et réduisent les déplacements à vide).
• Des ordinateurs de chantier, qui permettent d’obtenir une meilleure information sur les besoins de l’usine, mais aussi sur ce que le forestier est en train de couper. On en a déjà mis en place 2 000, il en faudrait 10 fois plus.
• Un camion allégé grâce à des protège-cabines et à des poteaux de fardier en composite. La prochaine génération sera équipée d’un système central de gonflage des pneus : selon les conditions du terrain, le camionneur pourra adapter la quantité d’air dans les pneus tout en roulant. En période de dégel, plus besoin de réduire sa charge : il dégonfle ses pneus et roule moins vite.

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