Faut-il limiter les salaires des patrons ?

Cette question est un véritable nid de vipères. En apparence, les millions de dollars obtenus par certains PDG apparaissent injustifiables, sinon indécents. En réalité, on touche ici une question qui relève à la fois de la gouvernance d’entreprise et de la propriété privée. Faisons attention où nous mettons les pieds…

Quant l’économie va bien et que l’entreprise performe, peu s’indignent des salaires payés aux PDG. Les actionnaires voient le titre s’apprécier et des emplois sont créés. Mais en période de récession, il y a un gros malaise face aux millions accordés à des dirigeants qui apparaissent bien impuissants et qui misent presque uniquement sur les mises à pied pour sortir leur entreprise d’embarras. La disparité entre le traitement des uns et celui des autres devient insoutenable.

Je vois trois types de solutions.

Le premier est de faire confiance au marché. Le salaire médian des patrons américains a baissé de 9 % en 2008 et de 40 % dans le secteur financier, nous apprenait hier le New York Times. Les malheurs de l’économie semblent avoir remis les pendules à l’heure.

D’autres solutions touchent à la gouvernance des entreprises.

Par exemple, plusieurs actionnaires disent que la rémunération des patrons doit être encore plus liée à la valeur boursière de l’entreprise. D’où l’idée, de plus en plus répandue, que la rémunération des dirigeants soit approuvée à l’assemblée annuelle des actionnaires. Je comprends l’idée, mais cela ne règlera rien. Les actionnaires, qui ont toute la misère du monde à poser une seule question lors des assemblées annuelles, auront-ils le courage et les connaissances pour remettre en question les décisions du conseil d’administration ?

Cela fait aussi reposer la rémunération essentiellement sur la performance en Bourse. Or, rien n’est plus imprévisible et souvent plus irrationnel que les marchés. La Bourse a quelquefois la manie de partir sur une lancée et toutes les entreprises cotées ou toutes celles d’un même secteur ont subitement l’air de véritables championnes.

Pour limiter cet effet, certaines entreprises exigent que la société fasse mieux que ses concurrents du même secteur avant d’octroyer des options d’achats d’actions ou des actions. C’est mieux, mais une entreprise peut avoir de sérieux problèmes et son dirigeant empocher gros seulement parce que ses concurrents font pire. Est-ce pour autant un signe de bonne santé financière ? Je ne le crois pas.

Et il y a toute la question des rendements à court terme. De nombreux patrons trichent en gonflant leurs résultats annuels en ne faisant pas ou en retardant les investissements qui prépareront l’avenir. La manie du boni joue des gros tours aux entreprises. Quoiqu’il advienne, elles devront repenser leurs politiques de rémunération.

Le troisième type de solution repose sur l’intervention gouvernementale. Selon certains, l’État devrait limiter ou encadrer la rémunération des patrons. Bonjour les problèmes ! Qui peut juger objectivement de la valeur que représente un individu au sein d’une entreprise ? Entre un fonctionnaire et le patron, je fais plutôt confiance au second pour rendre une décision éclairée. D’autant plus que c’est lui qui va le payer avec son argent.

Évidemment, cela n’a pas de sens quand on parle d’entreprises qui ne survivent que grâce à l’argent des contribuables. Dans ce cas, et seulement dans ce cas, je conçois que l’État intervienne et limite les bonis et les rémunérations jugées extravagantes de certains dirigeants. Normal, c’est lui qui paye.

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Combien gagnait un PDG il y a 15 ans, avant la flambée de technos? C’est la flambée des technos, fin 20e siècle, avec toutes les options accordées au patron, qu’on a assisté à des salaires de dizaines de millions de dollars par année. On est loin du grand boss qui devait gagner 20 fois le salaire moyen de son ouvrier, critère auquel on devrait revenir.

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L’affaire Sabia continue. On a appris que la firme de chasseurs de tete avait obtenu 150k et que c’était normal (dixit Fillion à RC, qui commence sérieusement à me taper sur les nerfs avec sa normalité!)
Alors qu’on avait la liste des 12 finalistes du dernier concours, on a demandé à une firme d’aller chercher le spécimen rare, une job de quelques jours à peine. 150k sous prétexte que la norme (comme dirait Gérald) c’est 30% du salaire.

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Le G20 c’est pas une invention de Paul Martin? Un Nobel de l’économie peut-être? Mais va falloir qu’il change de religion…

Les salaires l’état n’a pas à se mêler de ça, point.

Par contre l’état a le droit de légiférer pour rendre les marchés plus transparents.

« En réalité, on touche ici une question qui relève à la fois de la gouvernance d’entreprise et de la propriété privée. »

Lorsqu’on parle de conglomérat si énorme qu’il n’y a plus d’actionnaire majoritaire, il faut se poser la question si c’est si privée que ça. Et comme ces conglomérats sont aussi transparents que nos gouvernements, il faut aussi penser sérieusement à encadrer leur gouvernance. Lorsque tous ces extraordinaires administrateurs se retournent l’ascenseur d’un conseil d’administration à l’autre et d’une augmentation de salaire à l’autre, il faut se demander si ils sont si extraordinaires que ça.

Donc vous n’avez pas de solution! Le problème reste entier. C’est indécent, immoral et profondément injuste qu’un PDG touche 20M$ par année ou près de 100 000$ par jour. On appelle ça du capitalisme sauvage. Très sauvage.

Bon s’en est assez des patrons je devrais dire des supposés patrons. Les patrons dont parles M. Duhamel son des PDG ou DG mais pas les propriétaires. Ce ne sont que de simples employés; des ti culs qui travaillent pour un boss. Ne me dites pas que les mots ti cul sont exagérés.

Par les temps qui courent ti cul c’est un compliment. Ces trous du culs ont mis l’Amérique et le monde dans la grosse merde.

Le problème est que dans les grandes entreprises il y a tellement de propriétaires de rien qu’un ti boss un petit peu plus que rien rien avec ses copains devient le grand décideur. Ce sont souvent des bandits qui s’accaparent du pouvoir sans que les propriétaires impuissants ne peuvent dire un mot.

Les grandes entreprises sont des gouvernements souvent plus gros que des états sans lois ou presque.

Ils ont le pouvoir de mettre un petit état au piloris.

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« Les salaires l’état n’a pas à se mêler de ça, point.
Par contre l’état a le droit de légiférer pour rendre les marchés plus transparents. » (Brasseur)

Pour rendre les marchés plus transparents!!!!

L’état peut se mêler du marché pour les rendre plus transparents, mais la bonne conduite en entreprise est aussi sa transparence et la bonne conduite est aussi des salaires décents.

Pour les libertariens la grande entreprise doit absolument être libre de mettre une société même la plus grande au monde dans la merde comme elle le veux et faire crever de faim ses citoyens.

Je viens de visionner l’interview avec William Black, pas mal plus désolant que le message de Pierre Fortin concernant la caisse de dépôt. On n’est pas sortie de cette crise, si on considère l’ampleur de la fraude.

Monsieur Duhamel-

Il me semble que vous manquez d’imagination. La solution est tout ce qu’il y a de plus simple: il suffirait que l’impot sur le salaire des patrons marche de la facon suivante:

1-Le salaire annuel d’un patron (y compris differents bonis) ne peut depasser le salaire moyen annuel de l’employe moyen de l’entreprise dudit patron par un facteur depassant le 10 a 1: tout montant supplementaire sera taxe a 100%.

2-Ce plafond peut augmenter uniquement en fonction des emplois crees sous la gestion du patron en question; ainsi, si sous un patron X le nombre d’emplois a double [pour les fins de la cause on supposera que le salaire moyen demeure inchange], on admettra que X puisse obtenir un salaire depassant celui de l’employe moyen par un facteur de 20 a 1: a l’inverse si le nombre d’employes a chute de moitie ce montant ne pourra depasser le 5 a 1.

3-Tout patron qui, cherchant a augmenter le salaire ou le nombre de ses employes, sera trouve coupable de falsification des comptes dans ce but, verra son salaire AU COMPLET taxe a 100% (en plus des autres consequences legales).

Bref, si un patron veut faire plus d’argent legalement, il faut que sa competence profite a ses employes d’abord (que leur salaire augmente, ou qu’ils deviennent plus nombreux). Je ne doute pas qu’en public toutes les chambres de commerce que compte les Quebec protesteraient violemment, mais en prive je soupconne que bien des hommes et femmes d’affaires competents et propres (qui se font bien discrets ces temps-ci, je dois dire…) approuveraient un tel faisceau de mesures.

Notez que très discrètement, le gouvernement américains a décidé de laisser tombé son projet de taxer à 90% les bonis versé aux cadre d’AIG.

Ils ont réalisé que cette loi était probablement inconstitutionnelle.

Je remarque que dans le secteur privé en ce moment, des dirigeant ont accepté de recevoir le salaire symbolique de 1$ le temps d’équilibrer les finance de l’entreprise.

Les politiciens devrait faire la même chose: un salaire de 1$ tant que la dette ne sera pas remboursée !

Et on arrête où ? Après les dirigeants d’entreprises privées, voudra-t-on que l’état décide des salaires des employés des entreprises privées ? Non. L’état n’a pas à se mêler de l’un ou de l’autre.

D’après ce que j’ai vu, les propriétaires et les directeurs des conseils étaient prêts à payer des salaires faramineux à des présidents d’entreprises – tant et aussi longtemps que ça rapportait – et les meilleurs présidents ont fait profiter les entreprises. Mais quand les choses vont mal, c’est aussi l’image de la compagnie qui souffre.

Ça fait combien d’années que les salaires des dirigeants des compagnies cotées sur le TSX sont publics ? Il me semble que c’était au début des années 90, un peu avant les Fêtes, alors que les financières de Bay Street fournissaient à leurs employés des ‘talking points’ au cas ou un mon oncle poserait des questions sur les hausses de salaires des dirigeants et les coupures des effectifs.

C’est du domaine privé, le gouvernement n’a pas à se mêler de ça.

Ce sont des trou d’cul, je les méprise de congédier des gens tout en conservant leur 20 millions de salaire mais c’est aux proprios de décider de leur sort, pas au gouvernemaman.

Là ce sont les saliares après ça va être autre chose à la mode et ça ne finira jamais.

Don Quichote a raison: les PDG sont les boss de la cie qui ne leur appartient pas parce que la cie appartient à tout le monde, i.e. personne. C’est ce que dénonce Yves Michaud depuis des années.

GM par exemple a 610,502,000 actions. Les actionnaires se trouvent aux quatre coins du monde. Ils ont zéro pouvoir sur la cie controlée à Détroit par la petite clic.

Ces supposées compagnies privées ne sont-elles pas celles qui bénéficient sans vergogne de la possibilité de différer leurs impôts, qui puisent à deux mains dans les subventions de toutes sortes, qui utilisent l’assurance emploi comme mesure de gestion de leurs ressources humaines, alors, sont-elles si privées que ça? Et que dire de la compétence de certains dirigeants face à la crise actuelle, c’est du cynisme érigé en système. Comment croire ces gens qui n’ont rien vu venir sauf leur bonus et leur rente de retraite encore plus honteuse?

« Et on arrête où ? Après les dirigeants d’entreprises privées, voudra-t-on que l’état décide des salaires des employés des entreprises privées ? Non. L’état n’a pas à se mêler de l’un ou de l’autre. »

Pourquoi pas? Nous pourrions mettre fin à la pauvreté!!!! On déclare que chaque rénumération devra être évaluée selon une charte précise d’ancienneté et d’expérience, très compliquée, crée et gérée par des milliers de fonctionnaires qui ne font de leur journée que se masturber intellectuellement sur la valeur « objective » de chaque emploi. Dans la même optique, instaurer des prix stable et unique à chaque aliment en fonction de sa valeur « objective » et on pourrait ainsi nullifier l’offre et la demande!!! Anyway le concept d’offre et de demande ne marche pas, les prix évoluent selon l’humeur du PDG (vous saviez que le PDG de métro se promène dans chaque épicerie et choisi les prix selon son humeur?).

« Don Quichote a raison: les PDG sont les boss de la cie qui ne leur appartient pas parce que la cie appartient à tout le monde, i.e. personne. »

Donc si elle appartient à tout le monde elle est publique, si elle est publique elle appartient au gouvernement? C’est comme les centre d’achat hein, c’est un lieu public, je me demande pourquoi le gouvernement n’en prend pas contrôle.

hahaha j’mamuse!!!

Kevin nous déclare que: » Pourquoi pas? Nous pourrions mettre fin à la pauvreté!!!! »

Pas besoin de ça Kevin, il suffit de taxer correctement.

« … Ainsi lorsque le taux d’imposition augmente, la pauvreté diminue fortement. Les paramètres de l’ajustement linéaire effectué sont : Pauvreté = 26,7 – 0,45* Taux d’imposition. L’écart type (non normalisé) est d’environ 2,7 sur les valeurs. Prenons donc les cas extrêmes de cet ajustement linéaire. Dans le cas d’un pays sans impôt, la pauvreté serait de l’ordre de 26,7%. En fait l’existence d’incertitude donne 95% de chances d’avoir un taux de pauvreté compris entre 21,3% et 32,1%. Cela est bien entendu un cas impossible puisque l’absence d’imposition conduirait à l’absence d’état et donc à un grand nombre de problèmes bouleversants notre théorie. Il n’empêche que l’on peut appeler ce taux, le taux naturel de pauvreté pour un système de démocratie capitaliste. Etudions maintenant l’autre cas extrême : celui d’un état sans pauvreté. Le taux d’imposition d’un tel état doit être d’environ 59,3%. Pour obtenir un taux de confiance de 95%, il faut aller jusqu’à 71,3%. Un tel taux poserait lui aussi un certain nombre de problèmes (sortie du système capitaliste par exemple). »
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=17556

Puisque le modèle libertarien de ton ami Gagnon, peut faire la job, il ne faut pas s’inquiéter et faire confiance. La confiance, c’est la base. D’ailleurs dans les années 80, un météorite a percuté la planète Jupiter et la bourse de Hong Kong avait aussitôt chuté. La confiance était perdue.

Moi, ce qui me dérange dans tout ca, c’est la possibilité de faire des grosses structures financières pour ne pas payer d’impôts. Pour nous, salariés, c’est impossible de faire une fondation pour nos enfants, en vie ou non. Eux, ils peuvent. De plus, j’ai même vu des gens d’affaires influents à Montréal en assurance faire une fondation pour ensuite détourner les fonds vers son propre porte-feuille pour ensuite cacher le tout dans des paradis fiscaux. Moi, c’est ce qui me dérange le plus, pas les salaires mais les instruments financiers pour se servir d’une fondation sur des causes nobles pour détourner les fonds. La résultante d’un tsunami pour ceux qui savent comprendre ici ce qui se passe dans ce milieu…