Faut-il moduler les tarifs en fonction des revenus ?

Un couple de médecins doit-il payer les services de garde pour leur enfant au même tarif qu’une femme monoparentale qui travaille à temps partiel ? 

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Photo : Getty Images

Un couple de médecins doit-il payer les services de garde pour leur enfant au même tarif qu’une femme monoparentale qui travaille à temps partiel ? Voilà, dans son expression la plus simple, le débat qui semble s’engager sur la tarification des services de garde — et peut-être de l’ensemble des services gouvernementaux.
Blogue Economie

On le sait, le Québec est dans une situation budgétaire précaire. Il faut couper des milliards de dollars cette année et l’an prochain pour arriver au déficit zéro.

Le gouvernement a promis de remettre en question les programmes de l’État et leur financement, et il est normal que ce débat surgisse. Il s’agit en effet d’une question qui touche la conception même de ce que nous voulons d’un programme accessible et universel et ce que nous attendons d’un système de redistribution de la richesse.

Un programme accessible en est un que les citoyens peuvent utiliser et qu’ils ont les moyens de se payer. Nos élus ont ajouté une autre dimension au moment de la création de ces programmes : non seulement ils doivent être accessibles, mais ils doivent être offerts au même prix à tout le monde.

Nous avons appelé cela l’universalité. Puisqu’ils sont largement financés par l’État, c’est au régime fiscal de s’assurer que les plus riches paient une plus grande part de l’addition.

Ce prix unique pour les services publics n’est pas un modèle universel, et il n’est pas le seul garant de l’accessibilité et de la justice sociale.

Dans son livre Pour une gauche efficace, Jean-François Lisée se faisait l’avocat d’une tarification différenciée selon les revenus. Il raconte comment il a été surpris de s’être fait demander sa feuille d’impôt de l’année précédente à l’école primaire fréquentée par son enfant en France. Les tarifs exigés pour les repas du midi étaient en effet déterminés selon les revenus des parents.

Jean-François Lisée écrit : «De plus, on sait qu’un dollar perçu en tarification a moins d’impact négatif sur la croissance que le même dollar perçu en taxe, et encore moins que le même dollar perçu en impôt sur le revenu». Dans ce livre, le député de Rosemont était aussi ouvert à moduler les taxes à la consommation et les tarifs d’électricité pour faire payer davantage les gros dépensiers et les grands utilisateurs.

Alain Dubuc avait aussi abordé cette question dans son livre Éloge de la richesse (et dans sa chronique de vendredi matin) et il se trouve au même diapason que Jean-François Lisée sur cette question. Pour lui, les programmes mis de l’avant par Québec au fil des ans protègent davantage les classes moyennes que les défavorisés.

«Un programme universel qui traite tout le monde de la même façon n’est pas progressif», écrit-il. Ce serait même le contraire d’un processus solidaire.

Sur les garderies, Alain Dubuc écrit spécifiquement : «De la même façon, quand on a introduit la quasi-gratuité des garderies, avec le cinq dollars par jour, les bénéficiaires ont été ceux dont les enfants étaient déjà en garderie, c’est-à-dire les gens qui en avaient les moyens.»

Les débats qui entourent les programmes sociaux et les services de l’État sont toujours délicats au Québec.

Notre État mène un grand train de vie et nous offre plus de services que les autres juridictions — et à moindres coûts pour les usagers —, mais il est toujours mal vu de remettre la moindre chose en question.

La dette brute frôle les 200 milliards et le déficit pourrait atteindre des sommets cette année si rien n’est fait, mais il faudrait couper les dépenses sans couper ou restreindre les programmes et services, sans toucher au niveau d’emploi dans l’administration publique, sans affecter les conditions de travail de ses travailleurs et sans augmenter davantage les tarifs et les autres revenus de l’État.

Les Québécois ne veulent pas des gouvernants, ils veulent des magiciens ! Le processus en cours fera mal, inévitablement, car il s’agit de stopper une dépendance collective à l’endettement public.

Ce débat sur l’universalité est, pour l’essentiel, le même que celui sur le concept de l’utilisateur-payeur. Est-ce raisonnable que celui ou celle qui utilise un service de l’État paie davantage que le contribuable moyen ?

Au Québec, on croit que non, et en discuter est devenu tabou. Les autoroutes doivent être gratuites puisque tout le monde paie des impôts et son permis de conduire, et que l’essence est, de surcroît, fortement taxée.

Les ponts doivent aussi être gratuits pour ceux qui vivent en banlieue, et la facture doit être acquittée par l’ensemble des citoyens. Le tarif d’électricité doit être le même, que l’on habite une modeste chambre ou dans une maison-manoir, et il ne faudrait pas tarifer l’eau en fonction de l’usage. Nous sommes dans un modèle où l’équité formelle est plus importante que l’équité réelle.

Il y a aussi le fait que les Québécois paient beaucoup de taxes et d’impôts et sont frustrés de voir que l’entretien des infrastructures reste déficient, puisque les services offerts par l’État ne sont pas toujours au niveau souhaité. Payer davantage n’est tout simplement pas acceptable.

S’agissant des garderies, la problématique est assez claire. La contribution des parents a diminué de 17,2 % des frais du réseau en 2004-2005 à 13,5 % en 2013-2014.

Pendant ce temps, la facture est passée de 1,7 milliard à 2,7 milliards de dollars par année. C’est un déficit intolérable pour le gouvernement, qui veut équilibrer le budget du Québec.

Doit-il plutôt couper des places ? Sabrer le réseau des CPE ? Diminuer les conditions de travail plutôt modestes de leurs employés ? Prendre de l’argent dans un autre programme pour sauver celui-ci ?

Il me semble que les autres options sont encore plus douteuses et plus controversées et qu’elles risquent d’enliser le processus de rigueur budgétaire en cours, alors qu’il doit rapidement produire des résultats.

Une modeste indexation des tarifs, ou même une augmentation de deux dollars, ne comblera pas le gouffre. Dans les circonstances, pourrait-on demander à notre couple de médecins de payer davantage ? Je parle ici des ménages qui ont des revenus substantiels, au-delà des 100 000 dollars.

Cela ne me semble pas d’emblée une proposition si farfelue et inéquitable. Je me rappelle que, jeune journaliste marié à une enseignante, nous payions à l’époque 210 dollars par semaine en frais de garde pour trois enfants…

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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À quand la pinte de lait à 50 sous pour les pauvres, 1 dollar pour la classe moyenne et 5 dollars pour les riches??? À force de niveler par le bas, un jour, il ne vas rester que le bas…

Faire payer plus cher sans diminuer les impôts d’un montant équivalent c’est une hausse de taxes, que vous la considériez équitable ou pas ne changera rien à ce fait, le seul changement est que le gouvernement siphonnera encore un peu plus d’argent dans notre économie, avec le résultat prévisible qu’une économie encore plus étouffée par les prélèvements en arrachera un peu plus et ne permettra pas à l’état de rencontrer ses objectifs fiscaux.

Un vrai changement structurel serait pour l’état de sortir complètement du secteur des garderies et de réallouer les fonds en allocation familiales. C’est de ce genre de réformes dont nous avons cruellement besoin.

Mais ce n’est pas ce qui se passe, tout ce dont on parle c’est de rationner (encore plus) les services ou alors de hausses de taxes déguisées ou pas en baisse de crédit ou hausse de tarifs. Et c’est sans compter tous ces frais et tarifs afférents qui apparaissent et augmente partout (santé, école, municipalités, etc…) sans qu’il y a vraiment de contrôle, en fait tout ça semble totalement hors de contrôle. Le secteur public est au Québec une machine infernale qui étouffe tout le reste, qui siphonne toujours plus sans que rien ne puisse apparemment l’arrêter!

Et on devrait s’étonner que l’économie en arrache, que l’emploi stagne?

Attendez vous n’avez encore rien vu…

Les CPE perdent de plus en plus de place face au privé ! Et ce, pour de multiples raisons. Rendons-nous à l’évidence, démantelons les CPE ! Elles nous coûtent trop cher pour ce qu’elles offrent.

Faire payer plus aux riches serait une erreur.

Une erreur grave.

Une façon d’apaiser leur conscience.

La solution est pourtant simple: les CPE doivent être gratuits pour tout le monde. Gratuits. Comme tout service éducationnel doit l’être.

Mais.

Il faut que ce soit un avantage imposable. Il faut que les riches sachent à quel point les services gratuits qu’ils reçoivent coûtent de l’argent aux contribuables. Simple question de transparence et d’équité.

Tu paies 7$ pour un service qui en vaut 60? Comment se fait-il que tu ne paies pas au moins l’impôt sur le 53$ de différence?????

Je ne te demande pas de payer le plein prix même si tu es riche. Je te demande simplement de payer l’impôt sur ce que les autres ont payé pour toi. Est-ce trop demander?

Bonus!!!! Tu vas apprendre combien le gouvernement (l’ensemble de la société) te donne pour garder tes enfants!

Tout le monde est gagnant!!

Tout le monde est gagnant? Hélas non. Un gouvernement qui voudrait cacher des choses serait perdant. Mais comme tout le monde le sait, un gouvernement cachottier, ça n’existe pas.

Donc tout le monde serait gagnant!

Pourquoi donc cela ne se fait-il pas? … Mystère.

Qu’on arrête de donner 2.5 milliards par année aux garderies et arrêtons ce maudit niaisage de 5 piastres, 7 piastres, 7 piastres et demie, etc. par jour.

Vous faites usage de trois mots importants : « accessibilité », « universalité » et « redistribution » (de la richesse), hors peut-on être à la fois accessible, universel et « ré-distributeur » en même temps ? Je pense qu’en effet, vous posez bien la question.

Ne conviendrait-il pas mieux d’être : « répartiteur » ? Puisque par le fait même redistribuer signifie un intermédiaire au moins entre la richesse et le bénéficiaire. Tout le monde sait que dans le commerce, plus vous multipliez les intermédiaires et plus le produit coûte cher. Pourquoi cela devrait-il être différent quand c’est l’État qui se charge de la redistribution ?

D’autre part, un service cesse d’être universel dès lors que l’accessibilité au service est limitée ou bien qu’elle est conditionnée (ce qui revient à une limitation). Ainsi, l’uniformité du prix d’un service n’est à ma connaissance aucunement garant d’une quelconque universalité. C’est plutôt selon moi « l’abondance » qui crée l’universalité. Et c’est encore cette même abondance qui favorise l’émergence de la concurrence et donc de marchés réellement libres.

Quoiqu’il en soit, notre plus grand problème, c’est encore nous-mêmes. Nous attendons beaucoup des gouvernements lorsque ceux-ci sont structurellement limités pour offrir des services identiques et de qualités à toutes et à tous.

Pour moi, ce qui compte, c’est essentiellement que les gens soient responsables, qu’ils perçoivent assez pour pouvoir parer à toutes éventualités, lorsque l’État devrait essentiellement agir au niveau de la solidarité. Dans ce cas, c’est exclusivement la justice sociale qui est cœur de l’action de l’État, la protection des plus vulnérables et des plus défavorisés.

Ainsi les services étatiques ou administratifs (tous paliers confondus) devraient être des partenariats avec les citoyens, devraient servir d’intermédiaires pour mieux répartir. Quand ce sont d’abord les services de garde avec une certaine flexibilité — pour revenir au sujet initial — qui devraient développer des formules qui s’adaptent parfaitement au besoins de tous les parents.

Alors, pourquoi les CPE devraient-ils charger uniformément la même chose à tous les parents ? Tout cela devrait faire partie de l’art et de plaisir de conclure des ententes satisfaisantes pour tous par le jeu de la simple négociation.

Mais comme nous n’en sommes définitivement pas là. L’État mettra une fois de plus les pieds dans le plat et d’ici dix ans ou moins, il faudra encore repartir dans toutes les directions pour toutes formes encore de réorganisation.

Quoiqu’il en soit, le budget serré de l’État Québécois, ne permet actuellement pas de faire croitre indéfiniment sa côte part dans les garderies. Et idéalement elle devrait baisser. Il faut donc trouver une formule conviviale qui permette un équilibre entre les besoins des parents, la capacité de payer des citoyens et la capacité pour l’État de rencontrer les principes d’universalité qu’il aura lui-même édicté.

Plutôt curieux cet acharnement à vouloir bousiller un programme qui répond à une besoin réel, fonctionne bien et qui est rentable pour le Québec, c’est d’autant plus curieux lorsque ça vient d’un économiste. Cet article ressemble plus à un essai de diviser l’opinion publique (semer le doute) comme moyen de support à un ballon politique que le PLQ est en train de tester, tester quoi ? le risque politique d’aligner ce service dans la direction « Utilisateurs payeurs » plutôt que de le maintenir dans la catégorie des services collectifs pour lesquels notre société a intérêt à répartir les coûts sur l’ensemble de la société via notre système d’impôt progressif.

M.Duhamel et ceux qui comme lui jouent le jeu des Libéraux dans le moment, connaissent très bien les résultats de l’analyse que leurs collègues Godbout et Fortin ont produit en 2012 sur le programme des garderies et les conclusions auxquelles ils sont arrivés:
» La dépense nette de 1,6 G$ du Québec a engendré une rétroaction budgétaire favorable de 2,4 G$
pour les deux administrations, soit 1,7 G$ pour Québec et 0,7 G$ pour Ottawa. Autrement dit,
chaque tranche de subvention de 100 $ du gouvernement du Québec à la garde lui a procuré un
retour fiscal de 104 $ et a fait cadeau de 43 $ au gouvernement fédéral. »
http://www.usherbrooke.ca/chaire-fiscalite/fileadmin/sites/chaire-fiscalite/documents/Cahiers-de-recherche/Etude_femmes_travail.pdf
Pourquoi cet entêtement à ne pas reconnaitre cette réalité ? Qu’est-ce qui peut bien motiver M.Duhamel à appuyer cette tentative du PLQ ? On voit bien par sa dernière phrase : » Cela ne me semble pas d’emblée une proposition si farfelue et inéquitable. » à quel point il est lui même inconfortable avec son action, du moins ça manque carrément de conviction.

Pour juger d’un programme il faut considérer tous ses impacts, comme l’étude Godbout = Fortin le fait, pas juste de comparer les dépenses réelles pour soutenir le programme et le manque à gagner global du Gouv. Pour justifier des investissement et crédits d’impôt massifs octroyés aux entreprises privés (les minières par exemple) tous les supporteurs crient haut et fort : « N’oubliez pas de considérer les impacts fiscaux que les nouveaux emplois et que le roulement de l’économie vont générer « ; alors pourquoi ce qui est vrai là ne le serait pas lorsqu’on parle des services que la collectivité décide de se donner ?

Mais…ça fonctionnait parfaitement bien également AVANT que les péquistes et leurs alliés naturels, les syndicats, qui se retrouvent devant la Commission Charbonneau, ne viennent mettre leurs grosses pattes sales dans ce dossier.

Et c’était drôlement plus efficace…

Les couples de médecins n’envoient pas leurs enfants à la garderie, ils se paient une nounou à la maison !
Le problème c’est la définition de la richesse. Une famille qui fait 80 000 $ par année n’est pas riche. C’est encore la classe moyenne qui va subir les conséquences de cette mesure… Si au moins on garantissait que les profits générés seraient réinvestis pour améliorer l’accessibilité et diminuer les listes d’attente…

Si on pousse la logique de la modulation des tarifs, faudra-t-il avoir son T4 en permanence sur soi et le sortir à chaque fois qu’on intéragit avec le gouvernement? Pourrait-on payer son vin à la SAQ en fonction non pas de la valeur de la bouteille mais de notre capacité de payer? Et l’électricité d’Hydro? Même chose?

Veut-on aussi avoir à parler de ça autour du BBQ le samedi soir avec les amis? « Tu payes combien toi pour la garderie? Moi c’est $8.50 », « Ah oui? moi je paye $12! », « Ben là, tu gagnes ben cher…! »

Surréaliste un peu comme conversation, non? La solution passe plutôt par l’indexation de tous les programmes (ainsi que des tables d’impôt!), ce qui assure qu’un juste prix soit facturé à chaque année et aussi que l’équité intergénérationnelle soit respectée. Les gels de tarifs devraient être interdits par une loi.

Oui ça peut et devrait être simple comme ça et c’est dans cette direction là que les québécois, le PLQ et le PQ avaient finalement décidé d’aller au cours des 2 dernières années, mais voilà que le PLQ teste (avec son ballon politique) la possibilité de faire un 180 degré avec cette orientation en suggérant que les plus riches de la société paient plus cher que les autres ce services collectif, une fois en étant imposés d’avantage que les autres et une seconde fois en payant la facture pour le service en question. Ce ballon politique du gouv. Couillard a au moins le mérite de nous donner leurs vraies couleurs, s’ils déduisent que « la voie est claire » ils vont la prendre même si ça n’a pas de sens, pour ce service d’abord et certainement pour d’autres par la suite.

La graduation des salaires est une chose de passé car plus les salaires augmentent et plus les biens produits augmentent c’est une roue sans fin qui depuis les années 80 ont fait fuir les entreprises des domaines industriels et manufacturiers pour s’établir au Mexique, en Inde et en Chine. Avec une moyenne de salaire de 37$ de l’heure dans les années 90, les employés de GM de Sainte-Thérère n’en avaient toujours pas assez au point où la Camaro qu’il produisait coûtait presque le même montant que la Corvette produite aux USA. Conséquence, au revoir Ste-Thérèse. Le nombre effarant d’entreprises qui ont quitté le sol québécois est manifeste et les taux de chômage et de solidarité sociale sont présents pour le prouver. Le gouvernement fait des pieds et des mains pour créer plus d’universitaires sans savoir où tous ces prochains candidats pourront travailler, ne parlant pas bien entendu, la langue maudite au Québec qu’est l’anglais. Des chômeurs avec études universitaires il en pleut car se sont des études en histoire et en science sociale qui ont le plus grand nombre d’étudiants. Les sciences et l’économie c’est bon pour les Asiatiques, mais eux, ils travaillent en bout de compte et très souvent parlent l’anglais en plus du français et de leur langue natale. Il faudra bien que les québécois se réveillent un jour et cessent d’aliéner les enfants de tout âge en leur faisant croire que l’anglais en de trop et qu’au Québec on ne vit qu’en français. Nous pouvons constater ce qu’est devenu le Québec avec sa langue unique n’est-ce pas ? Pour ce qui est des tarifs d’Hydro Québec, une piscine qui utilisent énormément d’électricité fait augmenter le nombre de MW. C’est en utilisant une tarification par pallier où les familles qui jouent à la vie de château en laissant toutes les lumières de la maisonnée allumé et une décoration inutile à l’extérieur en plus de leur piscine paieraient plus que ceux qui consomment raisonnablement. Le jeu des impôts est inutile car les mieux nantis peuvent acheter des REER et acheter des actions en bourse qui sont déductibles d’impôts ce que les moins nantis ne pourront accéder de leur vie. Les entrepreneurs passent leurs voitures, téléphone et autres, sur les comptes de leur entreprise. Je crois que vous fabulez lorsque vous parlez notamment du prix du vin.

Prendre la France pour exemple de gestion publique est étonnant : la dette publique y est de plus de 3 000 milliards de CAD ! Même le gouvernement socialiste reconnait que la situation est catastrophique. Le Canada et plus précisemment le Québec n’en sont pas là !
Il est tout à fait souhaitable, d’aider les familles dont les revenus sont faibles. La solution n’est pas de moduler les tarifs en fonctions des revenus : il faut que l’utilisateur garde la notion du coût d’un service. Mais rien n’interdit des aides directes : allocation imposable pour chaque enfant scolarisé par exemple. Les bénificiaires des gros revenus en reverseront à l’Etat une grosse part par l’impôt. Et c’est finalement plus simple que des modulations des prix, très compliquées à mettre en oeuvre donc très couteuses en frais de gestion.

Je crois que le principe de l’universalité des programmes sociaux est une chose de passé, il était temps. Les différences entre les salaires les plus élevés et les plus bas se sont constamment éloignées les uns des autres depuis 25 ans pendant que la hausse du coût de la vie est la même pour tous les citoyens. Cette disparité doit être compensée par “un juste milieu” qui consiste justement à conserver une certaine “universalité” des programmes mais en tenant compte des revenus familiaux. Nous savons tous que les professionnels en grande majorité sont mariés à un autre professionnel ce qui double la mise et de l’autre côté le bas salarié vie avec une personne de son “rang familial” si je puis me permettre cette expression. Nous avions un revenu dépassant le quart de million à deux jusqu’à notre pension et lorsque comparé à la moyenne nationale de 38,700$ (et donc de 77,400$ pour un couple) il y a tout un écart. Et encore il s’agit de la moyenne nationale beaucoup de personnes vivent bien en deçà de cette moyenne. Nous avons deux petites filles dont mon fils n’a pas utilisé le programme car le nombre de place il y a douze années ne le permettait pas mais dois-je payer aujourd’hui pour des services que ni mon couple ni celui de mon fils utilisent ? La méthode de l’utilisateur payeur doit s’appliquer dans certains cas mis à part la santé et nous ne sommes pas du tout malheureux de payer une taxe santé via nos impôts car ce n’est pas cette commune mesure qui nous enlèvera le pain sur la table. Il faut que les mieux nantis qui ont fait des études universitaires sur le dos des impôts des moins nantis doivent redonner à ceux qui les leur ont permis d’y parvenir. Au surplus je ne crois pas qu’il s’agit d’un principe qui doit être en place seulement par la précarité des finances publiques mais bien en tout temps. Si cette “universalité” à pallier avait été mise en place dès le début, nous n’en serions pas où nous somme aujourd’hui. Pour ce qui est de Lisée, qu’il aille se recoucher car le PQ n’a jamais tenté d’aplanir le grand nombre de programme qu’ils ont mis sur place bien au contraire, ils n’ont que multiplié les poissons pour obtenir des votes rien de plus.

D’accord a tout point de vu, il est temps que le contribuable québécois passe en mode utilisateur/payeur et ce dans tout les sphères des services et ce évidement en fonction de leurs revenus (tant que mes impôts seront diminués ou augmentés en fonction de l’utilisation des services que j’utilise ou pas) . Mais attention ménager la classe moyenne arrêter de les faire payer pour tout les autres ! je crois que les garderie a 7$ sont une farce monumental puisque nous n’avons plus de crédit d’impôt pour les enfants une façon de plus pour masquer le vol direct du gouvernement dans nos poches.

Les garderies devraient être libérées du fardeau administratif associé à la collecte des paiements. On ferait ainsi baisser les coûts. La modulation des frais en fonction des salaires serait coûteux à administrer par les garderies.
Pourquoi ne pas rendre le service gratuit à la source et faire payer plus tard? Cet avantage serait en deux parties: une partie non progressive en fonction du revenu, et une autre à déclarer comme avantage imposable en fonction du revenu familial, ce qui fera payer progressivement en fonction du revenu. Il faudrait aussi mettre en place un mécanisme de calcul qui interdirait les réductions du montant à payer.

Il y’a présentement plusieurs parents qui n’ont pas accès à une garderie qui est subventionnée par le gouvernement. Les frais pour la garde de leurs enfants est de 40,00$ et plus par jour et le remboursement se fait en fonction du revenu familial. Pourquoi nous t’entendons jamais parler de ces parents qui n’ont pas accès à une garderie subventionnée.

Mon enfant a 22 ans, à l’époque je devais payer 125$/semaine en frais de garde pour pouvoir travailler et je gagnais moins de 30000$/an.
Alors je crois que les frais de garde devraient être en fonction du revenu familial. On est maintenant dans l’autre extrême.

La prochaine étape serait les soins de santé. On paiera un peu plus selon notre revenu. Chance que la loi fédérale l’empêcherait. Sinon, vive le privé.

« Je parle ici des ménages qui ont des revenus substantiels, au-delà des 100 000 dollars. »

Un ménage qui gagne 100,000 dollars par année n’est pas un ménage qui a des revenus substantiels. Je suis dans cette situation avec trois enfants
et à la fin du mois il ne me reste rien. On pourrait payer un peu plus, mais pas beaucoup. Il faudrait couper ailleurs. Il faudrait que les vrais riches paient vraiment plus. À la garderie où vont mes enfants, il y a des parents qui viennent chercher leur enfant en Audi, BMW et en Mercedes. Ce sont eux qui devraient payer beaucoup plus.

Imaginez comment un(e) monoparental qui ne gagne que 30-40 milles par années doit se sentir à la fin du mois…

Le service de garderie est déficitaire??? Les 70 000 femmes qui travaillent et paient de l’impôt grâce à ce service ne valent donc rien? Monsieur Duhamel, vous considérez les dépenses du service, mais vous ne tenez pas compte de tout ce qu’il rapporte en impôt, en dépistage de problèmes, en économie de services spécialisés à plus long terme… Tout cela doit bien valoir quelque chose, non? Il me semble que l’objectivité journalistique manque ici à l’appel, et votre article est plutôt idéologique, d’une idéologie de droite de plus en plus dominante. Des études économiques sérieuses démontrent pourtant que pour 100$ investis dans le réseau de CPE, l’état en retire 104! Vous pouvez toujours dire que ce n’est pas assez, mais vous faites injure à la réalité en prétendant un ‘déficit intolérable’.

Le principe de l’utilisateur-payeur ne tient pas dans le cas des garderies. Ce principe vise à faire diminuer la demande et à faire payer des consommateurs pour ce qu’ils consomment. Or faire des enfants et assumer les aliments, les vêtements, les soins et la garde des enfants ne sont pas une consommation. Il s’agit plutôt d’une production. La société et tous les citoyens ont besoin que certains se dévouent à la reproduction et non pas seulement les parents. Tous les citoyens y compris ceux qui ne feront jamais d’enfant.

Les places en garderie devraient être réservées pour les enfants dont les deux parents travaillent. Et dans ce cas, il est absolument nécessaire de faire garder les enfants. Les parents payent déjà beaucoup trop par rapport aux gens qui n’ont pas d’enfant.

«Dans les circonstances, pourrait-on demander à notre couple de médecins de payer davantage ? Je parle ici des ménages qui ont des revenus substantiels, au-delà des 100 000 dollars», écrit Pierre Duhamel. Si la réponse est oui, la bonne façon est d’augmenter les impôts de tous ceux qui ont ce niveau de revenus et non pas seulement de ceux qui ont des enfants. Et, en plus, le nombre d’enfants qui ont des parents ayant des revenus de ce niveau est trop faible pour faire une différence appréciable dans le financement des garderies.

Votre exemple pour les médecins n’est pas juste. Ces deux médecins même un seul se paie

une personnes à la maison pour la garde de ses enfants

Tant qu’il n’y aura pas assez de place pour tous les enfants dans les CPE, ne faudrait-il pas d’abord y réserver des places à ceux et celles dont les parents ne peuvent pas se permettre la garderie privée?

J’aurais préféré une hausse à 8-9 ou 10$ pour tout le monde et des crédits d’impôts pour les familles à plus faibles revenus.
Toutefois en bout de ligne, je doute bien que les riches paieront moins et c’est encore la classe moyenne qui écopera.

Avant de moduler les frais de garde, je miserais plutôt sur une enquête des salaires des directions des CPE. Des salaires gardés secrets et votés par des CA…il y a surement de belles découvertes à y faire. Sans compter les cartes de crédits des CPE et les comptes de dépenses des CPE. Je ne les mets pas tous dans le même panier, mais je travaille en restauration dans un petit milieu et souvent une DG de CPE paie avec sa carte de CPE quand elle est avec sa famille au restaurant. Est-ce normal?

Mes fils fréquentent un cpe de deux installations (150 places au total). Il y a une DG, deux directions adjoint, une direction administrative…..??? VOyons…ma fille fréquente une école de plus de 350 élèves et il n’y a que le directeur et la secrétaire pour en faire la gestion. Pourquoi un CPE a besoin de 4 cadres…ont t’ils vraiment les moyens de se payer autant de salaire cadre, surtout que nous voyons rarement la dg dans l’installation où fréquentent mes fils. La profession d’éducatrice n’est pas encore socialement reconnu (et c’est une DEC ou un AEC, c’Est un métier), es échelles salariales font pitié pour des gens qui passent plus de 40 heures par semaines avec nos enfants, nos adultes de demain. Ne devrait t’on pas plutôt miser sur des postes d’aide pédagogique pour soutenir les éducatrices dans leur travail plutôt que des cadres.

J’ai connu une directrice de CPE qui se payait littéralement du luxe grâce au compte de sa CPE. Les employés étaient au courant, mais par peur de perdre leur emploi conservaient le secret. Le ministère devait avoir un doute puisqu’ils ont envoyé un vérificateur. Mais il n’y a vu que du feu… Son train de vie a pu se poursuivre plusieurs années. Puis le gouvernement a restructuré et regroupé les CPE afin de diminuer les coûts. Cette CPE fut fermé. On lui a préféré une autre dans a région qui était plus performante et moins coûteuse… Les employés ont donc tous perdu leur emploi au bout du compte. Bref, je suis convaincu que cette directrice n’est pas la seule.

Un aspect qui m’interpelle est celui de la confidentialité. Je comprends qu’on doive présenter son avis de cotisation pour obtenir un prêt ou, plus difficilement, pour obtenir des soins en CHSLD, car les institutions financières et les établissements de soins de santé ont une politique de respect de la ie privée. Mais les employés de garderie?

Le bien-être et l’éducation de nos enfants sont des besoins et des choix de société. Je pense que cela doit se financer à partir des impôts de tous.

L’application du programme aide aux ainées pour qu’ils reste à la maison `a été relié au revenu en silence et personne a contesté sauf se plaindre que on étaient les seuls a souffrir par cette méthode. Finalement quelqu’un s’est rendu compte que accompagner en Porche,les enfants à la garderie à 7$ n’était pas vraiment équitable!!

Pensons aux différents changements de situation qu’il faudra gérer: couples mariés, divorcés, séparés, pertes d’emploi, … tout ça serait trop lourd à traiter par les garderies elles-mêmes. Les commentaires déjà exprimés sur la confidentialité des informations fiscales à protéger sont très pertinents. Bref, c’est une mauvaise idée de moduler les frais au point de service. En payant avec des dollars « après impôt » on obtiendrait la progressivité. En remplaçant les crédits d’impots pour frais de garde par des relevés d' »avantage imposable » le ministère du revenu pourrait obtenir une « taxe » progressive en fonction du revenu familial.

De plus, ce sont les familles des milieux défavorisés qui devraient y avoir droit en priorité pour que l’enfant puisse se développer en dans un milieu stimulant, tout en permettant aux parent(s) de travailler pour augmenter leur revenu familial.

Je crois que les parents devraient payer selo un pourcentage selon leurs revenus.

Mais…les « riches » québécois (c’est au Québec que les revenus des plus « riches » sont les plus bas!) paient DÉJÀ plus d’impôt non?

Vous voulez faire fuir les rares qui ne nous ont pas déjà quitté?

Je suis d’accord avec cette proposition car les plus fortunés peuvent souvent échapper à l’impôt par toute sortes de stratagèmes légaux, par contre aux tarifs modulés, il leur sera presqu’impossible de se sauver.

LA solution? Abolir ce système coûteux et inefficace (merci aux syndicaleux!) et revenir aux garderies privées et efficaces d’antan.

Ça fonctionnait très bien avant que l’État ne vienne mettre ses grosses pattes sales dans ce dossier.