Faut-il réglementer la convergence ?

Faut-il réglementer pour protéger Radio-Canada, Astral et V des télédistributeurs comme Bell et Quebecor qui sont également propriétaires de chaînes de télévision ?

Faut-il réglementer pour protéger des compagnies de télécommunications comme Telus et Cogeco Câble de leurs concurrentes Bell, Rogers, Shaw et Quebecor qui ont accès à des contenus exclusifs grâce aux chaînes de télévision qu’ils possèdent ?

Ou, comme l’a demandé Pierre-Karl Péladeau, doit-on ne pas réglementer pour protéger une entreprise comme Quebecor de services comme YouTube, Netflix ou Apple TV qui ne sont pas, eux, réglementés?

Voilà en trois questions le dilemme que se pose au CRTC ces jours-ci. Cette audience sur l’intégration verticale qui a débuté lundi définira le paysage audiovisuel et l’industrie des télécommunications au Canada pour les prochaines années.

La tentation du CRTC, c’est de réglementer pour assurer une libre concurrence et un libre accès aux contenus. Il faudrait s’assurer que les quatre groupes intégrés (Bell, Shaw, Rogers et Quebecor) n’adoptent pas des comportements « anti-concurrentiels »contre des diffuseurs ou entreprises de télécommunications non-intégrées.

Le président de Quebecor croit plutôt qu’il faut laisser cours aux forces du marché et que le CRTC ne doit pas interdire des ententes de diffusions exclusives entre diffuseurs et télédistributeurs. Pour lui, l’exclusivité est un outil pour différentier son offre et s’imposer face à ses concurrents.

M. Péladeau ne voudrait pas, par exemple, être obligé de permettre la diffusion d’Occupation Double sur le service de vidéo sur demande de Bell Télé ou de permettre aux clients du service mobilité de Telus de participer au choix des concurrents de Star Academie. La convergence est une stratégie et il en fait une condition de survie de son entreprise.

C’est le porte-parole de Rogers, lui aussi un télédistributeur et un diffuseur (notamment CITY et Sportsnet) qui a donné le meilleur contre-argument. Imaginez, disait-il, que Bell détienne tous les droits sur le hockey, Rogers tous ceux sur le baseball et Shaw le monopole sur le football. Un amateur de sport devrait alors avoir trois téléphones mobiles et trois iPads pour avoir accès à ses sports favoris sur des appareils mobiles. Rogers est contre toute entente d’exclusivité, une exception chez les joueurs « intégrés ».

Cette audience montre comment les changements technologiques et les modèles commerciaux ont bouleversé les télécommunications. Quatre grands groupes détiennent 67 % des revenus des diffuseurs privés et 79 % des abonnements à la télédistribution (câble et satellite) au pays. C’est absurde que les télécommunications relèvent d’Industrie Canada et la diffusion du ministère du Patrimoine canadien. Ces deux mondes sont dorénavant et irrémédiablement liés.

Faut-il assurer le succès des groupes intégrés et assurer un pôle canadien fort et puissant ou doit-on craindre que leur situation déjà enviable se traduise par une concentration accrue en marginalisant les entreprises de télécommunications non intégrées ou les diffuseurs qui n’appartiennent pas à ces groupes ?

Qu’en pensez-vous ?

 

Laisser un commentaire

Et à la fin c’est nous qui payons le gros prix pour des traductions de roman savons américain. En plus des prix exorbitant de l’internet et de la téléphonie cellulaire. C’est complètement fou, à un telle point que je me suis déabonné de videotron. Plus de télé payante que je n’ai pas le temps de regarder de toute façon.

Dans le passé on a réglementé pour protéger l’industrie télécom locale. Regardez où ça nous a mené: Nortel en faillite, RIM en perdition, plein d’autres ont simplement disparu comme (SR Telecom, Téléglobe, etc…)

Aujourd’hui encore on use de protectionnisme pour favoriser l’industrie locale dans le câble et la téléphonie mais comme ça diminue le niveau de compétition on finit par payer plus cher et on pense a réglementer pour protéger le consommateur contre ces quasi monopoles. Absurde.

Le résultat de cet interventionnisme à tout crin est que nous finissons par perdre sur tous les tableaux. Les consommateurs paient trop cher, ils se « connectent » moins et la productivité de tout le pays en est affectée. Et en fin de compte ces entreprises surprotégées finissent par ne plus faire le poids quand arrive l’inévitable compétition.

Le contenu vs le contenant

Calculez ce que vous payez dans une année pour votre câble, votre internet et votre téléphone et la somme est plus élevée que le coût d’achat de votre télé, de votre téléphone et de votre ordinateur fabriquées en Asie.

Morale de l’histoire: ce qui est payant aujourd’hui c’est le contenu et non le contenant

Les suppôts du dogme libertarien (la loi de la jungle) vont vous affirmer qu’il faut laisser allez les lois du marché, la libre concurrence et que toute ingérence est malsaine.

Donc, aucune réglementation.

Les partisans du contrôle de l’État sur tout ce qui bouge ou la volonté de mettre en cage l’être humain (le zoo) vont vous affirmer que le CRTC doit règlementer le marché pour éviter les abus.

Donc, réglementation.

Le but et l’objectif du capitalisme n’est il pas d’englober tous ses concurrents afin d’en arriver à une situation de monopole?

Pour ma part, je suis un supporteur du juste milieu.

Quoi qu’il en soit, j’aime bien l’argument du représentant de Rogers. Alors, je vais laisser les amateurs de sport et toute une génération d’accros aux nouvelles technologies pester lorsque le gouvernement Harper se rangera du côté de la dérèglementation et qu’ils devront multipliés leurs abonnements ou sélectionner ce qu’ils sont capable de se payer dans un merveilleux monde sans foi ni loi.

Vive l’anarchie!

Monsieur Brasseur,

Comment faites vous le lien entre les problèmes de Nortel, SRTélécom et RIM (dont le marché est avant tout international) et la réglementation à l’intérieur du Canada?

Ici, on semble oublier que les ondes sont une ressources qui appartiennent au domaine public. Un utilisateur, comme Québécor-Vidéotron, ou Rogers ou Bell, n’a pas le droit d’utiliser cet espace public illimité à sa guise et à son seul profit. Il doit y avoir une certaine forme de règlementation pour que cette ressource publique soit répartie et utilisée de façon juste et équitable afin que les citoyens -riches ou pauvres- puissent y avoir accès sans discrimination. Moi, je vis dans un région où tous les services Vidéotron sont absents . . . alors je n’aurai pas le droit de voir les productions exclusives à Québécor ou de profiter de ses services exclusifs. Pour y parvenir et pour que je sois en mesure de voir ou de profiter des produits Vidéotron, il faudra qu’il y ait entente avec les distributeurs ou fournisseurs qui desservent ma région n’est-ce pas? Cette collaboration indispensable entre deux, ou trois, ou quatre entreprises à monopole chèrement gardé devra donc être assurée par une règlementation ou un permis du CRTC, ou, si l’on veut de l’État. La liberté totale dans ce type de secteur est impossible. EX: Chez-nous, les poteaux de téléphone de Télus relient aussi les câbles de Cogeco, de Rogers et de Bell Canada, ils remplirait probablement la même mission si Vidéotron décidait de s’installer dans ma région. Le même raisonnement va pour les ondes qui servent toutes ces entreprises sans aucune discrimination. Sans directives et règlements de l’État, pensez-y même pas, on n’y serait jamais arrivé.