Finances publiques : fait-on fausse route ? Les réponses du prof Fortin.

Le gouvernement Couillard a-t-il raison de viser le retour à l’équilibre budgétaire ? Va-t-il trop vite en affaires ? Met-il en danger la croissance, l’emploi et la bonne gestion des services publics ? 

Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne
Photo : Jacques Boissinot/La Presse Canadienne

1. Y a-t-il une crise financière au Québec ?

Non. Il y a crise financière quand un gouvernement éprouve de plus en plus de difficulté à payer les intérêts sur sa dette accumulée. Or, le Québec ne se trouve pas du tout dans une telle situation.

L’État a frôlé la crise financière à deux reprises depuis 45 ans, en 1983 et en 1996. Cha­que fois, le pourcentage du revenu intérieur (PIB) qu’il a dû prélever — en impôts et taxes auprès des particuliers et des entreprises — pour honorer ses charges d’intérêts a atteint un sommet. En 1983, le gouvernement Lévesque a résolu le problème en imposant de dures compressions salariales à ses employés. En 1996, le gouvernement Bouchard s’en est sorti en soumettant le budget du Québec à sa Loi sur l’élimination du déficit et l’équilibre budgétaire, souvent appelée la « loi du déficit zéro ».

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Depuis 1996, l’État n’a jamais éprouvé de difficulté à honorer ses obligations. Le poids des intérêts a continuellement diminué depuis 20 ans. Il est passé de 4,8 % du PIB en 1995 à 2,7 % en 2015. Sans cet allégement de 40 %, le service de la dette du Québec (la somme à débourser pour payer les intérêts sur la dette) aurait coûté 18,5 milliards de dollars cette année, au lieu des 10,5 milliards prévus au budget 2015-2016.

Ce n’est rien de comparable à la Grèce, à Porto Rico ou à la ville de Détroit. Loin de manifester de l’inquiétude au sujet de la capacité financière du Québec, les agences de notation ont haussé ou maintenu sa cote de crédit depuis 15 ans, y compris après la récession mondiale de 2008-2009.

2. Mais le poids de la dette du Québec dans l’économie n’a-t-il pas sans cesse augmenté depuis un demi-siècle ?

Non. Cela est vrai pour la période allant jusqu’à 1995, mais faux pour les 20 dernières années.

Du début des années 1970 au milieu des années 1990, la dette du Québec a connu une extraordinaire ascension. Elle est passée de 15 % du PIB en 1971 à un sommet de 61 % en 1995.

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La loi du déficit zéro de Lucien Bouchard a mis fin à cette ascension. Son application rigou­reuse de 1998 à 2008 a permis à l’État d’enregistrer des surplus budgétaires et de faire diminuer le poids de sa dette à 50 % du PIB au début de 2009. Le gouvernement Charest en a remis en 2006 avec sa Loi sur la réduction de la dette et instituant le Fonds des générations. Celle-ci oblige les pouvoirs publics à réaliser annuel­lement non plus un déficit nul, mais un surplus budgétaire, qui est ensuite déposé dans le Fonds des générations, afin d’atténuer l’expansion de la dette.

Il est cependant vrai que le poids de la dette du Québec a remonté de 5 points de PIB au cours des dernières années, passant de 50 % du PIB en 2009 à 55 % en 2015. Aux prises avec la récession de 2008-2009 et ses suites, les deux principaux partenaires économiques du Québec, soit l’Ontario et les États-Unis, ont absorbé pendant ce temps des augmentations beaucoup plus importantes de leur dette, soit de 18 points de PIB au niveau provincial en Ontario et de 40 points pour l’ensemble du secteur public aux États-Unis. En fait, l’endettement de l’Ontario est en train de rattraper peu à peu celui du Québec. Pas surprenant que les agences de notation Moody’s (en 2012) et Standard & Poor’s (en 2015) aient toutes les deux abaissé la cote de crédit de cette province. Quant aux Américains, ils sont aujourd’hui aussi endettés que les Québécois.

3. Ce sont les déficits budgétaires de 2009 à 2015 qui ont fait remonter le poids de la dette du Québec à 55 % du PIB, non ?

Non. C’est surtout l’accélération des dépenses en capital du gouvernement, lesquelles compren­nent ses investissements nets dans les infra­structures et ses prêts aux entreprises.

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De mars 2009 à mars 2015, la dette du Québec a augmenté de 48 milliards de dollars. Elle est passée de 158 milliards (50 % du PIB) à 206 milliards (55 % du PIB).

En premier lieu, l’économie a ralenti à la suite de la récession mondiale de 2008-2009 et de la lenteur inattendue de la reprise, de 2010 à 2015. Les revenus fiscaux ont suivi l’économie à la baisse et le gouvernement a enregistré six déficits budgétaires consécutifs. Ceux-ci ont totalisé 11 milliards. Ils n’expli­quent pas plus du quart de l’augmentation de la dette. En fait, ils sont tout petits en comparaison des déficits que le Québec a subis avant l’arrivée de Lucien Bouchard, et de ceux que l’Ontario et les États-Unis ont accusés depuis 2009.

En second lieu, le gouvernement a consacré 37 milliards à ses dépenses en capital, soit 27 milliards en investissements nets d’infrastructures et 10 milliards en prêts aux entreprises et organismes. Il a lancé en catastrophe un plan de mise à niveau des infrastructures afin de corriger 40 ans de négligence des élus à les entretenir adéquatement : les routes sont crevassées, des ponts d’étagement ont causé des pertes de vie en s’effondrant, les murs de nombreuses écoles sont moisis. Il y a bien eu une crise au Québec, mais c’est une crise des infrastructures, pas une crise financière.

De leur côté, les milliards prêtés aux entreprises l’ont été en partie pour soutenir celles-ci pendant la récession et l’anémique reprise qui a suivi. Ces 37 milliards de dépenses en capital représentent les trois quarts de la hausse de 48 milliards de la dette.

4. Que vise le gouvernement ?

Il veut revenir à la stricte observance des lois Bouchard (équilibre budgétaire) et Charest (réduction du poids de la dette) dès cette année.

À cette fin, depuis l’automne dernier, le gouvernement Couillard a mis en route un important plan de compressions des dépenses de programmes, de réductions des dépenses en capital et de hausses d’impôt. Quel que soit le choix du terme — austérité ou rigueur —, ce plan aura une incidence négative d’environ 3,5 milliards de dollars sur le PIB du Québec du printemps 2015 à l’été 2016, une fois les effets d’entraînement sur l’économie pris en compte.

Une convergence d’intérêts a poussé le parti au pouvoir à adopter cette orientation budgétaire en mode accéléré. Parmi les partisans de l’action rapide, il y a des juristes qui n’acceptent pas que le Québec « désobéisse » à ses lois sur le déficit zéro et sur la réduction de la dette afin de soutenir la croissance ; des financiers qui craignent qu’une remontée des taux d’intérêt ne rende le service de la dette du Québec difficile à honorer ; des impatients qui trouvent que nos ministres des Finances ont « niaisé assez longtemps avec la rondelle » ; des conservateurs qui veulent qu’on profite de la con­joncture politique du moment pour réduire la taille de l’État ; et des élus qui, pour maximiser leurs chances de réélection en 2018, souhaitent régler la question budgétaire sans délai, afin de réduire les impôts et de recom­mencer à dépenser.

5. Est-ce que le gouvernement va trop vite ?

C’est mon opinion. En déclenchant un effet négatif de près de 3,5 milliards sur l’économie, Québec fait courir un risque à la croissance et à l’emploi, alors même que l’économie est loin d’utiliser encore pleinement toutes ses ressources humaines et matérielles. Ces 3,5 milliards en moins représentent une amputation de près de 1 % du PIB, soit les deux tiers de la croissance normale d’une année entière. Cela met en jeu des dizaines de milliers d’emplois. Le taux de chômage dans la province oscille entre 7,5 % et 8 %, alors qu’il pourrait descendre à 6,5 %.

Un gouvernement de la taille de celui du Québec a une dou­ble responsabilité : équilibrer ses finances et soutenir l’économie lorsqu’elle en a besoin. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Chris­tine Lagarde, exprimait récemment la chose comme suit : « Il est impératif que le rééquilibrage des finances publiques se poursuive, mais aussi que les politiques macroéconomiques soutiennent la croissance. »

Sans l’ombre d’un doute, le budget 2015-2016 traduit l’adhésion entière du gouvernement du Québec à l’impératif de l’équilibre budgétaire. Nul doute non plus que l’emploi est pour lui une préoccupation importante. Sa décision d’imposer l’équilibre budgétaire à toute vitesse signifie qu’il ne croit pas que l’austérité (ou la rigueur) puisse avoir un effet négatif important sur l’économie, ou qu’il est convaincu que cet effet sera largement compensé par d’autres facteurs favorables à la croissance et à l’emploi.

S’il ne croit pas à l’effet nocif de l’austérité sur l’économie, le gouvernement se trompe.

Les évaluations de son effet dans les pays riches, comme le Canada, depuis 2009, y compris celles du FMI, indiquent que l’austérité est largement responsable du retard généralisé de la reprise économique.

Dans la zone euro, l’austérité a été appliquée avant que le secteur privé ait pu prendre le relais de la reprise. Il en résulte que la zone n’a pas encore retrouvé son niveau d’activité antérieur à la récession. Hors de la zone euro, en Angleterre, l’austérité a entraîné des résultats économiques terribles jusqu’en 2012. La croissance a repris après qu’on eut mis la pédale douce sur les mesures d’austérité.

Des facteurs pourraient certes favoriser l’économie du Québec cette année. La dépréciation du dollar canadien, la chute des prix des carburants, la croissance espérée aux États-Unis et la hausse des prestations fédérales pour la garde d’enfants pourraient atténuer l’effet négatif de l’austérité budgétaire. Mais d’autres facteurs joueront en sens contraire, comme le mauvais départ de l’économie, la chute des commandes de nos clients albertains, la concurrence que nous livrent les Asiatiques sur le marché américain, l’appréciation du huard par rapport à l’euro et le ralentissement économique en Asie.

Le bilan net de toutes ces influences sur l’économie québécoise est incertain. Ce qui est sûr, c’est que d’ici un an le PIB du Québec sera inférieur de 3,5 milliards à ce qu’il aurait été sans l’incidence négative de l’austérité. Agir comme si les facteurs favorables allaient l’emporter de façon décisive et ramener le plein emploi, c’est à mon humble avis mal gérer le risque et enfreindre la recommandation insistante de Christine Lagarde de ne pas négliger le soutien à la croissance.

6. Comment le gouvernement aurait-il pu mieux gérer ce risque ?

La prudence aurait dû accompagner la rigueur. Le gouvernement aurait pu étaler les hausses d’impôt et les compressions de dépenses sur une période plus longue, deux ou trois ans par exemple. Le temps de laisser la reprise économique atteindre sa pleine vigueur sans lui mettre des bâtons dans les roues.

Le temps, aussi, de réfléchir plus sérieusement à la route à emprunter avec un budget de dépenses qui atteint tout de même annuellement la « modeste » somme de 100 milliards de dollars. Le temps d’échanger un peu plus avec les groupes de la société au sujet des mesures censées améliorer la performance de l’État. Le temps, enfin, de permettre aux gens de se préparer et de s’adapter aux nouvelles mesures mises en place. Malheureusement, en plus de mettre l’économie à risque, la précipitation est propre à multiplier les erreurs de décision, à accroître la méfiance et la résistance, à démoraliser les meilleurs enseignants, les meilleures infirmières et les meilleurs gestionnaires, et à nuire à la qualité des services publics.

7. N’y a-t-il pas un risque qu’une hausse des taux d’intérêt recommence à alourdir le service de la dette ?

C’est toujours possible, bien que peu probable pour l’instant. D’une part, les analystes du Fonds monétaire international sont d’avis que les taux d’intérêt sur les obligations gouvernementales à long terme resteront faibles dans un avenir prévisible. D’autre part, les investisseurs internationaux acceptent présentement de détenir ces obligations à des taux d’intérêt avoisinant les 2 % (3 % dans le cas d’une province comme le Québec). Ils ne sont pas nombreux à craindre une remontée majeure des taux dans un horizon de 10 ans.

Naturellement, le risque n’est pas nul que tout ce beau monde se trompe et que les taux d’intérêt grimpent au-delà des 2 % à 4 %. C’est pourquoi, malgré tout, le gouvernement du Québec doit continuer à gérer sa dette de façon prudente, ce qui exige le retour à l’équilibre bud­gétaire dans un délai raisonnable.

8. Quand le Québec en finira-t-il avec l’austérité budgétaire ?

La maîtrise des finances publi­ques occupera probablement l’État pendant encore des années. Le problème ne viendra pas, cette fois, des dépenses en capital. Il est déjà prévu que les inves­tis­sements dans les infra­struc­tures ralentiront à mesure que le retard dans ce domaine aura été rattrapé. C’est plutôt le déficit zéro lui-même qui sera difficile à maintenir d’une année à l’autre.

Ce qui est inquiétant, c’est que le budget 2015-2016 présenté en mars dernier contient des prévisions fort optimistes pour les prochaines années, à la fois au sujet de la croissance des revenus de l’État et en matière de dépenses de santé.

Sa projection des revenus budgétaires est basée sur une croissance économique par habitant d’âge actif qui serait beaucoup plus rapide de 2014 à 2019 qu’elle ne l’a été de 2000 à 2014. C’est un pari très risqué.

Le retour au déficit zéro repose également sur une prévision selon laquelle les dépenses de santé augmenteront de moins de 2 % par année d’ici 2017-2018. Cette prévision traduit les récentes interventions législatives et la négociation avec les médecins du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, de même que l’intention exprimée du gouvernement de geler les salaires des employés de l’État en 2015-2016 et en 2016-2017.

Le problème est qu’une hausse annuelle de 2 % des dépenses de santé est insoutenable à long terme. À elle seule, la hausse prévue des prix des services de santé est supérieure à 2 % par année. Et il faut, en plus, y ajouter le fait que la population du Québec augmente, que la proportion des aînés, qui ont le plus besoin de soins de santé, croît à vive allure. Davantage de gens trouveront un médecin de famille, on promet un accès élargi et simplifié aux services de première ligne, et de nouvelles technologies ainsi que de nouveaux médicaments plus coûteux seront introduits.

Il y a des limites à « faire plus avec moins ». Si un taux de croissance annuel de 2 % des dépenses de santé est observé d’ici 2017-2018, il sera sans doute temporaire. À moins de changements beaucoup plus profonds à notre système de santé, une croissance annuelle proche de 5 % réapparaîtra d’ici la fin de la décennie. C’est le rythme que le Canada dans son ensemble a connu en moyenne de 2004 à 2014.

9. Donc, tout sera à recommencer d’ici troism ou quatre ans ?

Ce sera le cas, à moins d’une réforme de l’organisation et du financement de la santé. Le graphique 3 montre comment le pro­blème s’est posé de 2007 à 2014 et se posera de nouveau dans l’avenir sans une telle réforme. Les dépenses de santé ont crû beaucoup plus vite que le PIB, source des revenus fiscaux. Afin d’éviter un endettement excessif, on a augmenté les impôts et forcé les autres dépenses de l’État à se tasser pour laisser passer le train de la santé.

Où cela nous conduira-t-il « si la tendance se maintient » ? Un groupe de chercheurs de l’Université Laval dirigé par le professeur Jean-Yves Duclos a récemment démontré qu’à moins que les impôts ne soient encore augmentés ou qu’Ottawa envoie plus d’argent, les dépenses de santé pourraient absorber jus­qu’aux deux tiers des revenus budgétaires du Québec en 2030. Il ne resterait alors plus grand-chose pour financer les autres secteurs de dépenses.

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La seule voie sûre pour sortir de l’impasse consisterait à réformer le système de santé en profondeur. Depuis 25 ans, 11 rapports d’experts ont proposé divers éléments de réforme au gouvernement, mais avec plus ou moins de succès jusqu’ici. On a eu les rapports Rochon, Côté, Arpin, Anctil, Clair, Bédard, Deschênes, Ménard, Castonguay, Gagné et Thomson. On attend le 12e, que prépare actuellement la commission Robillard, responsable de la révision permanente des programmes de dépenses de l’État.

Il est urgent d’élaborer une synthèse réfléchie des propositions de tous ces sages, de dialoguer pendant un temps avec les intervenants de la santé et la population, puis de s’engager dans la réforme avec détermination et prudence. Le Québec peut se passer d’une séance d’austérité budgétaire tous les trois ou quatre ans. Il pourrait plutôt viser à devenir l’innovateur qui aiderait l’ensemble du Canada à améliorer sa performance organisationnelle et financière en matière de santé — l’une des pires parmi les pays avancés, selon des observateurs internationaux.

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35 commentaires
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Le problème avec le gouvernement en est un de dépenses, pas de revenus. Payer plus de 10 milliards de dollars par année pour le service de la dette est un non sens.
Les gouvernements d’aujourd’hui ratissent beaucoup trop large et s’occupent de tout, du berceau à la mort, il est temps de mettre un frein aux dépenses.

Le problème n’est pas un problème de dépenses mais un problème de revenus. suite au documentaire sur les abris fiscaux, j’aimerais bien connaître le point de vue de monsieur Fortin sur la manière de récupérer la fiscalité qui échappe aux économies nationales et qui menace les services publics.

Pierre a parfaitement raison.

Comment pouvez-vous affirmer que nous avons un problème de revenus alors que nous sommes les PLUS taxés et les PLUS imposés en Amérique?

Pour ce qui est de l’évasion fiscale, même si vous confisquiez TOUS les actifs de gens qui sont présumés l’utiliser, vous ne combleriez qu’une infime partie de notre dette et ce, pour UNE SEULE année fiscale.

Je suis pour que tous les gens paient des impôts et que les gouvernements fassent tout leur possible pour que les sommes soient récupérées mais votre argument insinuant que nous réglerions tous nos problèmes de cette façon dénote une ignorance totale de ce dossier. Bref, vous rêvez en couleurs.

Vous auriez dû écouter le documentaire sur les abris fiscaux avant de parler de mon ignorance…la vôtre semble démontrée. Ce documentaire sérieux démontre que 20% des économies nationales sont soustraites à toutes fiscalités (impôt et taxes). 20%, ce n’est pas 2%! Et récupérer ne serait-ce que 10% et on ne parlerait pas d’austérité…Si les revenus avaient suivi la mêmes tendances et n’échappaient pas à la fiscalité, on serait en surplus. Mais pas un chef parle de cela en pleine campagne électorale….

1- CORRECTION: Il n’y a aucune « austérité » au Québec. Les dépenses gouvernementales AUGMENTENT toujours sauf que notre gouvernement a choisi de réduire le rythme D’AUGMENTATION de ces dites dépenses.

2- J’ai écouté et vu et lu multe choses sur l’évasion fiscale au Québec et au Canada et je suis toujours contre cette méthode d’éluder les impôts SAUF que je suis également très réaliste et je me questionne sur les chiffres avancés et également sur le fait qu’y amener un holà réglerait tous nos problèmes de budget. Le gouvernement empocherait ainsi des milliards (peut-être) mais ce ne serait que pour UNE SEULE ANNÉE! Selon les documents du SwissLeaks, les sommes déposées à l’abri du fisc par les clients canadiens totalisent 4,9 milliards de dollars. Soyons généreux et supposons que 30% de ces sommes proviennent de Québécois; une estimation généreuse puisque le Québec ne représente que 23% de la population canadienne et qu’il y a peu de riches ici. On arrive donc à un montant de 1,47 milliard de dollars.

Supposons que toutes ces sommes auraient été cachées à l’impôt, ce qui ne semble pas être le cas, et que le gouvernement décide, en guise de punition, de saisir l’intégralité de cet argent. Que pourrait-on faire avec 1,47 milliard de dollars ? Dans son dernier budget, les libéraux prévoient dépenser 74,3 milliards de dollars, ce qui revient à dire que l’argent récupéré par les SwissLeaks pourrait faire fonctionner le gouvernement pendant… 7 jours !!! Ou on rembourserait 0.5% (!) de notre imposante dette…!

3- Il est très naïf de croire qu’en faisant main basse sur les sommes supplémentaires de l’évasion fiscale, que les gouvernements, appuyés par les puissantes centrales syndicales, les consacreraient à la réduction de notre dette/déficit ou impôt. Au contraire, comme par le passé, ils trouveraient d’autres « besoins » dont nous ne soupçonnons aucunement l’existence et en profiteraient pour pénétrer encore plus profondément dans nos vies privées tout en nous endettant encore plus. Par exemple, la création de Loto-Québec qui rapporte des sommes astronomiques au gouvernement provincial n’a absolument pas entraîné de réduction de la dette/déficit ni de réduction de nos impôts.

4- Posez-vous LA question au sujet de l’évasion fiscale: pourquoi diable cette méthode est-elle si populaire? Réponse: parce que les taxes et impôts sont beaucoup trop élevés! Baissez les taxes et les impôts et vous verrez automatiquement une nette réduction de ce genre de chose qui deviendrait caduque.

À quoi servent donc les 9,000 onctionnaires de Revenu Québec alors? Aussi bien mettre la clé dans la port et économiser un demi-milliard par année.

Le service de la dette est bas parce que les taux d’intérêt sont historiquement faibles, il est loin d’être acquis qu’ils le resteront. Si les taux normalisent le moindrement le service de la dette explosera.

La taille de la dette en fonction du PIB est certes moins élevée que le record de 1995 mais le potentiel de croissance de l’économie est plus faible, ne serait-ce qu’ à cause de la démographie qui a changé du tout au tout depuis cette période. À cette époque le bassin de main d’œuvre était en forte croissance avec l’arrivée de millions de boomers (mieux éduqués) sur le marché, aujourd’hui il est en décroissance. En outre notre économie est moins compétitive, le secteur public plus gros, le secteur manufacturier n’est plus que l’ombre de ce qu’il était et les réglementations «prédatrices» nuisent au développement.

Le secteur public Québécois a fait des promesses (santé gratuite, éducation à rabais, pensions des fonctionnaire) qui occasionnent des dépenses dont la croissance dépassent largement celle de l’économie, par conséquent notre capacité de payer, ce qui bien évidemment menace nos finances.

En 1995 nos infrastructures étaient en bien meilleur état qu’aujourd’hui et les dépenses exorbitantes nécessaires pour les mettre à niveau n’occasionnent guère de gain de productivité, au contraire les travaux et la décrépitude nuisent.

Bref les risques sont clairs, évidents et je ne comprends pas votre insouciance M. Fortin.

Tu devrais lire l’article, c’est expliqué. Notamment il y est question des taux d’intérêts. Je ne comprends pas ton incompréhension.

Et moi je ne comprends où tu veux en venir…privatiser les services coûtera infiniment plus cher aux utilisateurs….

Privatiser coûtera plus cher aux utilisateurs???

Laissez les fonctionnaires s’occuper du désert et vous manquerez de sable en moins de 2 ans!

TOUS les services publics peuvent facilement être privatisés et TOUS les contribuables en bénéficieront: coûts réduits et services améliorés via la compétition, comme dans le cas de tous les produits de consommation que nous fournissent les différents commerçants.

Quand tu parles de coûts réduits, c’est probablement de ce dont on parle quand on pense au « PONT DE LA 25 » ou encore de la route 30 avec le péage abusif. Où est le coût réduit? Je ne fais plus confiance à la notion de compétition entre commerçants… il suffit de regarder les prix augmenter (bien au-delà des 1.4% décrété par le gouvernement. L’essence …loin au-dessus de la valeur réelle du produit et dont le prix change de la même façon chez tous les distributeurs au même moment… ou encore la diminution du volume du produit (céréales et autres) sans que le prix n’en soit modifié… c’est ce que j’appelle du vol!!!

Vous ne faites pas confiance à la compétition mais vous faites confiance aux monopoles de l’État qui nous a tous entraînés dans des déficits monstrueux sans parler de la Commission Charbonneau?

Allôôôô!!!

LA source de ce genre de problème est justement le monopole qu’exerce l’État sur une multitude de choses; d’ailleurs, pourquoi diable les grosses centrales syndicales s’opposent-elles aussi radicalement et systématiquement à la privatisation? Hein?

Simple…parce qu’avec la compétition vient le pluralisme des fournisseurs et les fragmentation du marché ce qui complique ardemment leur tâche de « convaincre » leurs membres qu’ils représentent une solution plutôt qu’une complication. Beaucoup plus facile de négocier avec UN boss qui ne fait que distribuer l’argent des autres qu’avec plusieurs boss qui risquent LEUR propre argent.

Là où la compétition existe, les prix diminuent, le service s’améliore et les clients bénéficient d’un CHOIX de fournisseurs que leur fait perdre les monopoles. Si ces derniers sont mauvais dans le privé, ils le sont doublement dans le public.

« Le secteur public Québécois (sic) a fait des promesses (santé gratuite, éducation à rabais, pensions des fonctionnaire (sic)) qui occasionnent des dépenses dont la croissance dépassent largement celle de l’économie, par conséquent notre capacité de payer, ce qui bien évidemment menace nos finances. »

Le solde primaire du dernier budget (les revenus moins les dépenses hors intérêts) est positif. Ce qui veut dire que le gouvernement n’a pas dépensé plus que ce qu’il reçoit et qu’il a dégagé des surplus. Comme disait l’autre les faits plutôt que les croyances.

J’imagine que vous vous empresserez de féliciter notre Premier Ministre et son équipe du tonnerre pour ce bel accomplissement Monsieur Sauvageau?

Ce « bel accomplissement » est dû en grosse partie aux payeurs d’impôts et de taxes, parce que ce « bel accomplissement » était similaire sous le gouvernement de Pauline Marois et de Jean Charest.

«des ponts d’étagement ont causé des pertes de vie en s’effondrant, les murs de nombreuses écoles sont moisis. Il y a bien eu une crise au Québec, mais c’est une crise des infrastructures, pas une crise financière.»

À ma connaissance, c’est surtout l’effondrement du viaduc à Laval qui est responsable de décès. Or, c’est une erreur lors du changement du viaduc qui a causé son effondrement. Et, évidemment, personne n’a été réellement inquiété. Mais ça , c’est une autre histoire.

«De leur côté, les milliards prêtés aux entreprises l’ont été en partie pour soutenir celles-ci pendant la récession et l’anémique reprise qui a suivi. Ces 37 milliards de dépenses en capital représentent les trois quarts de la hausse de 48 milliards de la dette.»

Attendez, vous êtes en train de dire que les entreprises sont une gang de BS qui vivent au crochet de l’état? Ouf, M. Fortin doit être super populaire auprès des chambres de commerce…

«9. Donc, tout sera à recommencer d’ici troism ou quatre ans ?»

Je vous laisse trouver l’erreur.
Pour le reste, c’est une xième « réingénérie » qui fera autant de bien que de mal.

Ce qui selon moi est un élément de réflexion, c’est le couple « croissance-emploi ». — Dans le contexte économique mondial et pas seulement celui du Québec (le Québec faisant partie du monde normalement….), rien n’indique que la croissance, par un taux comparable à celui que nous avons connu dans la seconde moitié du 20ième siècle, que cette croissance-là soit réellement au rendez-vous et redevienne la norme.

Plusieurs économistes parlent carrément de décroissance. Plusieurs activités liées aux énergies fossiles risquent de connaitre la décroissance d’ici la fin de ce siècle. Même les agences de notation s’en mêlent, prévoyant sur les dix prochaines années une croissance faible pour plusieurs pays. Toutefois, plusieurs secteurs en émergence pourraient connaître une croissance vigoureuse. Il faut donc les identifier.

Alors que faire en cette occurrence ?

Même si l’endettement public semble manifestement contrôlé au Québec, le cumul de l’endettement : Québec + Canada + immobilisations + dette des entreprises + dettes des particuliers, tout cela contribue à fragiliser l’économie.

Les problèmes liés à l’ensemble des dettes ne sont pas une spécificité du Québec. Il n’empêche que cette problématique mondiale entraîne la faiblesse des taux d’intérêts et donc fragilise les prêteurs (d’où risques de crises financières) ; quand simultanément cela freine la capacité des États à investir plus et contracter de nouveaux emprunts pour pour parer aux besoins en infrastructures.

Pourtant, ce manque d’infrastructures nuit effectivement à la croissance et au développement de l’investissement.

En ce sens, le problème reste bel et bien financier. Le problème est bien dans le fait que les contribuables et les entreprises ne peuvent pas à eux seuls financer l’État québécois. Ce qui me ramène donc à ma réflexion initiale : du couple « croissance-emploi » et ce questionnement :

— Ne faudrait-il pas investir prioritairement dans le travail et le partage du travail pour générer de la croissance plutôt que de miser sur la croissance pour espérer produire plus d’emplois ? Quitte, si on produit du déficit, à mettre le déficit public dans la génération d’emploi et non dans les infrastructures principalement.

Il s’agit de produire un effet d’entrainement. Plus de personnes au travail génèrent plus d’activités naturellement qui favorisent l’enrichissement. L’État au bout du compte est gagnant, dégage des excédents qu’il peut assigner ensuite aux infrastructures.

Un tel dispositif n’est pas un facteur additionnel de croissance à court terme. En revanche sur des périodes plus longues, cela assure une croissance stable du « PIB réel ». Surtout cela garantit une meilleure répartition du bien commun, libérant progressivement l’État de toutes formes plus ou moins utiles de redistribution.

Cet effort permanent que doit consentir l’État au nom de l’équité années après années – notamment en santé, comme le montre monsieur Fortin – ; pouvant tout aussi bien être consacré au fil des ans aux infrastructures, aux investissements dans la recherche et le développement, aux investissements dans la formation et l’éducation, etc.

Il faudrait surtout en conclusion, que les partis politiques cessent de penser leurs politiques économiques en fonction de paramètres spécifiquement électoralistes, qu’ils misent sur des objectifs progressifs et réalistes sur de longues périodes de temps. Cela s’appelle : avoir un plan.

M. Drouginsky soulève le problème principal de l’économie de marché présentement. Tant que celle-ci ne sortira pas du cercle de la surconsommation, une seule loi demeure vraie : pas de dépenses des ménages, pas de croissance. C’est, je crois, 60 % de l’économie américaine. Peu importe la façon dont les gouvernements s’y prennent, les gens doivent travailler et gagner de bons salaires pour acheter et faire rouler l’économie, du moins, tant que l’on ne changera pas de paradigme.

Merci de vos commentaires. Quand vous n’en faites pas, j’ai l’impression d’avoir manqué quelques paragraphes de l’article.

Il est quasi impensable d’enlever des services qu’à mis sur pied nos gouvernements, entre autres, le PQ pour se faire élire. Par la suite, les libéraux ont suivi. À mon avis, la solution réside dans la création de la richesse en exploitant notamment nos ressources naturelles. Hélas, les libéraux écoutent trop les environnentalistes.

La réforme fiscale c’est de la foutaise. En haussant la TVQ, le gouvernement va aller chercher plus d’argent dans les poches des économiquement faibles.

Quant à monsieur Fortin, il ne semble plus saisir la vraie problématique. Si des hommes comme messieurs Parizeau, Landry avaient travaillé pour prendre leur place dans le Canada, nous serions certainement dans une meilleure situation économique.

C’est beau de dénoncer l’austérité, encore faut-il indiquer où l’État devrait faire porter son action. Laisser la dette foncer vers les prochaines hausses d’intérêt méritent une certaine clarté des objectifs, non ? Il n’y a qu’une façon intelligente de combattre l’austérité budgétaire présentement, et ce n’est pas en jetant du lest du côté des ministères, des employés de la fonction publique, des crédits d’impôt et des aides sociales. C’est en investissant dans les infrastructures « virtuelles »: R&D, innovation, capital de risque, communications, formation technique. Mais voilà, on sait bien que tout parti qui remplacerait le gouvernement de M. Couillard s’empresserait de faire « autrement » pour faire plaisir à sa base; en distribuant des bonbons et surprise, en investissant dans l’acier et le béton, parce que c’est facile, çà crée de l’emploi rapidement, et c’est visible.
Et c’est ainsi que le Québec va continuer d’être le wagon de queue en matière de productivité en Amérique du Nord.

Pourtant on a eu un gouvernement libéral presque sans interruption depuis 2003! La bête s’est beaucoup développé durant le règne des libéraux.

En passant, ce sont les libéraux qui ont créé le système de santé ainsi que le système d’éducation dans les années soixante et soixante-dix.

Ce que je n’aime pas, c’est que les gens en place n’ont pas eu de mandat en ce sens et que c’est seulement eux les pontifes qui savent ce qui est bon pour nous, sans nous consulter.

La révolution tranquille a été réalisée par Jean Lesage et ses ministres. Le PQ a poursuivi la prise en charge par l’État au-delà du raisonnable. Les deux partis ont contribué à l’état actuel en en mettant pas les freins à temps. Le problème réside chez les québécois d’abord, qui ont les dirigeants qu’ils méritent. Les parti-pris politiques ne règlent rien, parce qu’ils empêchent d’aborder les problèmes de fond d’aujourd’hui: déclin démographique, éducation mal adaptée, déni de la science (les faits plutôt que les croyances).

« [L]es faits plutôt que les croyances ». Vous devriez appliquer cette remarque à vous-même. Votre commentaire tient plus du credo que d’une analyse intelligente des faits.

MONSIEUR PIERRE A PARFAITEMENT RAISON,
VOILA LA SITUATION AU QUEBEC,,,,QUAND ON VIE AU DESSUS DE SES MOYENS,
CA NOUS REVIENS EN PLEIN DANS LA FACE ET DANS NOTRE PORTE FEUILLE;;; DEPLUS AU QUEBEC ENVIRON 40%,, DE LA POPULATION NE PAIE PAS D,IMPOT,,,,,,??????,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,qui sont-t-ils,,,,,,,,,??????,,,,,,,,,,,,,,,,bonne journée et bonne santé Antoine

«La seule voie sûre pour sortir de l’impasse consisterait à réformer le système de santé en profondeur.»

Désolé mais ce système n’est pas réformable, pour ça il faudrait changer la culture d’entreprise dans cet immense monopole syndiqué, c’est pratiquement impossible et les multiples échecs passés en témoignent, de toute façon même si on pouvait y arriver ça prendrait de longues années, on fera faillite bien avant.

( Agir comme si les facteurs favorables allaient l’ emporter de façon décisive et ramener le plein emploie, c’est à mon humble avis gérer le risque et enfreindre la recommandation insistante de Christine Lagarde du FMI , de ne pas négliger le soutien à la croissance.)

Soutenir le soutien à la croissance ne veut pas dire d’ augmenter le nombre de fonctionnaires et leurs conditions de travail mais bien plustôt de soutenirle secteur privé en allégeant le processus administratif et en misant sur les emploies dans les secteurs spécialisés et dans nos richesses naturelles!

M. Fortin , vous suggérez de réfléchir avec les groupes de la société au sujet des mesures censées améliorerla performance de l’ état. Mais quels sont ces groupes? Ce sont les centrales syndicales corporatives qui ne défendent que le statut quo et leur bien- être! Ce sont des gens qui prennent ( par stratégie) en otage nos enfants, nos personnes âgées et les démunis! Ce sont des soi-disants progressistes qui ont fini de grandir et qui ne chechent pas de solutions positives!

Ce sont des dirigeants syndicaux qui ne veulent pas changer une virgule de leur convention collective par ego ou par principe et qui se sert de la diminution des services à la population pour justifier leur manque de solutions!

C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu cet article, avec un certain retard je l’admets ! En santé on n’a jamais voulu s’arrêter d’une façon sérieuse au statut des hôpitaux universitaires, véritables gouffres financiers, attribuable à l’existence d’ hôpitaux universitaires qui n’ont d’universitaires que le nom ! Une réorganisation attentive de ces Centres pourrait nous amener à un meilleur état financier.