Future Shop, victime du «futur»

Au quatrième trimestre de 2014, 36 % des ventes réalisées par des commerçants en électronique étaient réalisées sur le Web. 

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Les magasins Future Shop viennent de faire leur entrée au cimetière des bannières disparues. Un autre commerce au détail est disparu après les fermetures récentes des magasins Smart Set, Mexx, Jacob et Sony.

La fermeture brutale, sans préavis, des 131 magasins de la chaîne, samedi, a été plus choquante qu’étonnante. Best Buy, la maison mère américaine, maintenait un réseau parallèle de magasins depuis l’acquisition de Future Shop, en 2001.

Les deux magasins, presque identiques, se faisaient quelquefois concurrence dans le même espace commercial ou dans le même voisinage. Là où ce n’était pas le cas, les magasins Future Shop, 65 d’entre eux, seront tout simplement rebaptisés aux couleurs de Best Buy. Il n’y aura plus qu’un seul réseau.

La fermeture trahit aussi les grands bouleversements qui secouent le commerce au détail, et en particulier celui des magasins d’électronique.

Au quatrième trimestre de 2014, 36 % des ventes réalisées dans ce type de commerce étaient réalisées sur le Web. À mains égards, les magasins comme ceux de Future Shop servaient de salle d’exposition pour des produits qui étaient par la suite achetés sur un site comme Amazon. Aux commerçants traditionnels le fardeau de présenter la marchandise aux clients, et aux marchands en ligne la joie de récolter le produit de la vente.

Les ventes en ligne au Canada devraient passer de 25 milliards de dollars à près de 30 milliards cette année, selon le site spécialisé eMarketer. La tendance est lourde et elle ne s’arrêtera pas de sitôt. Voilà une donnée qui frappe l’imagination : Walmart n’est valorisé en Bourse qu’une fois et demie la valeur d’Amazon, même si le plus gros détaillant au monde réalise plus de cinq fois les ventes et affiche une marge bénéficiaire également cinq fois plus élevée que le géant du commerce sur le Web.

Le futur est étrange et arrive plus vite qu’on ne le pense. On apprenait lundi que le même Amazon est en train de tester la livraison de marchandises par drone dans les régions rurales de Colombie-Britannique, avec la bénédiction de Transports Canada. Selon le Globe and Mail, Transports Canada aurait conclu 1 700 ententes de la sorte depuis un an.

L’idée derrière ce mode de livraison est de réussir à livrer les colis moins de 30 minutes après l’achat en ligne.

Imaginez. Vous cliquez sur le produit désiré dans le confort de votre salon, et un drone frappe à votre porte dans la demi-heure, avec votre achat.

Je me sens bien vieux quand j’essaie de visualiser le commerce de demain.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Cette nouvelle n’est pas une surprise comme ce fut le cas pour Target, je m’attendais à de l’action du côté Bestbuy/Future-Shop. Je m’attends aussi à des nouvelles de Sears éventuellement…

Certes le web y est pour quelque chose ainsi que cette cannibalisation entre magasins d’un même proprio. Mais je pense aussi qu’il existe un mal plus profond, il y a trop de détaillants, trop de magasins et trop d’offre pour les moyens réels des ménages. Seul la consommation à outrance basée sur une croissance insoutenable de l’endettement a pu faire durer ce manège si longtemps. Forcément il y aura éventuellement une correction et bien sûr les entreprises en position plus vulnérable seront touchées d’abord, mais à mon avis la correction dans le commerce de détail et la consommation n’en est qu’à ses premiers balbutiements.

« À mains égards, les magasins comme ceux de Future Shop servaient de salle d’exposition pour des produits qui étaient par la suite achetés sur un site comme Amazon. Aux commerçants traditionnels le fardeau de présenter la marchandise aux clients, et aux marchands en ligne la joie de récolter le produit de la vente. »

Cette affirmation est plus ou moins vraie puisqu’il est possible d’acheter le produit en magasin au prix affiché sur le web grâce à la garantie du meilleur prix. L’avantage pour le client est de profiter du meilleur prix possible et de jouir du produit immédiatement. Pour le marchand cependant, il se peut qu’il doive vendre avec peu ou pas de profit du tout. Le pire dans tout ça, c’est qu’il est possible d’utiliser un ordinateur en démonstration dans le magasin et branché sur le web afin de trouver le meilleur prix possible. Je l’ai fait à quelques reprises et j’ai sauvé beaucoup de $$$.

Vous avez raison pour Best Buy et Future Shope il fallait que l’un ou l’autre, mais pour Smart Set a été une expérience de cette bannière sur le marché, Mex s’adressait a une clientèle spécifique , Jacop n’était pas à la page et trop diversifier, etc.S.V.P. parlé du groupe Marie Claire qui a 6 bannières.Québécoise.

Lorsque Best Buy a pris le contrôle de Future voici une quinzaine d’années. La question était déjà sur la table quant à la survie de deux enseignes concurrentes. L’argument était alors que 80% du référencement de ces deux commerces était différent.

Comme ces deux enseignes exploitent la même centrale d’achat, le référencement des produits offerts tant en magasin que sur le web était de plus en plus semblable. Mais au-delà de cette similitude, il y a le déclin progressif de la qualité du service aux clients et surtout du nombre de personnel présent sur chaque point vente tant chez Best Buy que chez Future Shop.

Pire encore, on trouvait de plus en plus chez ces deux détaillants les mêmes problématiques qu’on pouvait trouver chez Target notamment. Des produits parfois annoncés sur circulaire et parfaitement indisponibles sur place. À cela s’ajoute un choix de produit (référencement) réduit au fil des ans.

Ainsi la question était bien de savoir combien de temps un tel modèle de commerces pouvait être viable et durable dans le temps.

De la même façon, Best Buy notamment au États-Unis — la chose est aussi observable ici -, est en train d’orienter sa politique commerciale sur la téléphonie mobile, articulée avec d’autres produits et services connexes, notamment en matière de domotique, tout en offrant aussi un place améliorée dans le domaine de la musique et des instruments. Cette restructuration est globale.

C’est une évolution du commerce de détail, d’offrir moins de produits et plus de services. Dans ce cadre, c’était Best Buy qui était le mieux placé, d’autant que l’enseigne est en train de prendre une visibilité mondiale, sur laquelle la maison mère fonde beaucoup d’espoir.

C’est donc presque un miracle si cette cohabitation a durée pratiquement 15 ans.

Ce qui est plutôt énervant malgré tout, c’est de voir avec quelle désinvolture on traite les clients et de voir de quelle façon malhabile on met une brochette d’employés qui ne sont pas tous riches pratiquement à la rue du jour au lendemain. Ça donne envie d’acheter ailleurs… désormais.

— Quand cela ne démontre qu’une seule chose : c’est que pour les maîtres aujourd’hui du futur, qu’il leur manque toujours quelque part de vision !

La grande vitalité des ventes en lignes est surtout que le consommateur économise les taxes non percues par les Amazon et cie. Revenu Canada aux douanes arrive a percevoir la TPS mais incapable de percevoir la TVQ !. Beaucoup de colis ont la mention Cadeau/Gift donc pas de TPS ! etc
Si ces taxes sont percues, le consommateur achetera local mais 10%+ 7% de moins il pense a sa poche !

Amazon Canada perçoit les taxes et les achats sur les sites américains reconnus ne font jamais la mention «gift». J’ai déjà eu cela de la part de petits vendeurs ou sur eBay, mais la plupart du temps, c’est très cher d’importer des États-Unis en taxes et frais divers.

J’ai souvent commandé aux États-Unis et il m’arrivait seulement à l’occasion de payer des frais de douanes. J’ai demandé à un livreur de Postes Canada pourquoi il en était ainsi et il m’a répondu que c’est l’effet du hasard. Ils ne peuvent pas traîter tous les colis puisqu’il y en a trop. Ils en choisissent donc au hasard. Il va sans dire que les plus gros colis (souvent plus payant) risquent d’être plus souvent sélectionnés que les plus petits (genre une petite boîte d’un seul CD en provenance d’Amazon.com). Tant qu’à perdre du temps à entrer des données dans le système informatique, aussi bien le faire pour un colis qui rapportera davantage.

L’histoire se répète. Souvenons-nous de cette bannière en électronique disparue il y a 20 ans ( Atlantique électronique, était-ce le nom?). Ce marché semble changer toujours plus vite que les bannières qui en font le commerce. Bien sûr que dans ce cas, Best Buy vs Future Shop, c’était du pareil au même, ça m’étonne qu’une telle diade est continuée si longtemps. Et ce ne sera sûrement pas la fin de ce segment de la vente au détail.

Commande par internet et livraison par drone… Y a pas si lontemps, les communications se faisaient également dans les airs, transmisent par pigeon voyageur. 🙂