Gains économiques et poussée républicaine : pourquoi ?

Pour quelle raison la cote de popularité du président Obama est-elle si faible — et son parti, en si périlleuse position — si l’économie semble prendre du mieux ?

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Photo : Evan Vucci/Associated Press/La Presse Canadienne

Les sondages prédisent une éclatante victoire du Parti républicain aux élections de mi-mandat, qui auront lieu mardi, aux États-Unis. Non seulement les Républicains devraient accroître leur majorité à la Chambre des représentants, mais ils seraient en passe de prendre le contrôle du Sénat grâce à des victoires contre plusieurs sénateurs démocrates dont le siège est en jeu.
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Le parti du président Obama devrait subir une lourde défaite, alors que les données économiques semblent bonnes.

Jeudi, on apprenait que l’économie américaine avait enregistré une étonnante croissance de 3,5 % du PIB au troisième semestre, une performance inégalée en Occident. L’économie américaine ajoute en moyenne 250 000 emplois par mois depuis le début de l’année, et le taux de chômage était à 5,9 % en septembre — le taux le plus bas depuis six ans.

Le déficit américain dont on s’inquiétait tant est passé, sous le président Obama, de 1 413 milliards de dollars à 483 milliards et se trouve à son plus bas niveau en proportion du PIB depuis 2007. Pas étonnant que le déficit soit devenu la sixième priorité des Américains, selon un récent sondage de l’Institut Gallup.

Pourquoi la cote de popularité du président Obama est-elle si faible et son parti, en si périlleuse position, si l’économie semble prendre du mieux ?

D’abord, les élections de mi-mandat sont souvent difficiles pour un président en exercice. On pourrait les comparer à nos élections partielles, car ces élections permettent à la fois de manifester son mécontentement sans changer la personne à la tête de l’exécutif. La comparaison est évidemment boiteuse, puisque le pouvoir législatif en entier peut changer de camp aux États-Unis, mais retenons qu’elles sont d’emblée défavorables au président en exercice.

John Parisella faisait d’ailleurs remarquer, cette semaine, qu’il n’y a eu qu’un seul président américain à avoir enregistré des gains lors des élections de mi-mandat de son deuxième mandat et qu’il s’agissait de Bill Clinton. Cela s’explique : Clinton avait mangé toute une volée lors des midterms de son premier mandat !

Mais il y a surtout l’économie qui n’est pas aussi robuste qu’elle en a l’air, et dont les fruits ne profitent pas à tout le monde.

Prenons les statistiques sur l’emploi. L’économie crée certes des jobs, mais presque 9,3 millions d’Américains recherchaient encore un emploi en septembre, dont près d’un tiers sont considérés comme des chômeurs de longue durée. Ils étaient aussi 7,1 millions à occuper un emploi à temps partiel. Si le taux de chômage a baissé, c’est aussi parce que le taux de participation au marché du travail a fondu, passant de 66 % avant la récession à 62,7 %.

Le salaire moyen des Américains est moins élevé aujourd’hui qu’il ne l’était en 2009, et le nombre d’Américains qui ont besoin d’aide alimentaire (les food stamps) est passé de 28,2 millions de personnes à la fin de 2008 à 46,5 millions en juillet 2014.

Cela explique pourquoi les Américains font toujours de l’économie et de la création d’emplois les principaux enjeux de ces élections, et que les démocrates sont tenus responsables des faibles gains enregistrés jusqu’à maintenant.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

Les commentaires sont fermés.

Obama baisse (tout comme le Parti Québécor!) et la bourse et l’économie montent…

Tirez vos conclusions.

Y a pas de conclusion à tirer parce que « t’as pas rapport. »

Évidemment tu mêle le PQ au Québec au Québec et les démocrates aux USA.

Les États Unis d’Amérique c’est fini ils sont en faillite et ils continuent la chicane républicains vs démocrates.

Les pays de la planète se tournent vers la Russie et Poutine, l’homme le plus puissant de la planète et vers la Chine.