Gare à Garda

 

Crédit-photo : Stéphane Najman

Garda a beau avoir perdu 97 millions de dollars au quatrième trimestre (qui s’est terminé le 31 janvier 2009), s’être endettée de 661 millions et devoir vendre certaines activités pour éponger une partie de son passif, Stéphan Crétier reste confiant. « La croissance ne se fait pas sans risques, dit le patron du géant québécois et canadien de la sécurité. Nos opérations n’ont pas changé : on a pour 1,1 milliard de dollars d’actifs et on s’attend à une année très profitable, malgré la dette. » Présent pour la neuvième année consécutive – un record – au palmarès des Leaders de la croissance, Stéphan Crétier promet d’en être encore l’an prochain.

L’année 2008 n’en a pas moins été une annus horribilis. Le 15 septembre dernier, jour où deux maisons de courtage – Lehman Brothers et Merrill Lynch – annonçaient leur déconfiture, Garda a publié des résultats médiocres et son titre a chuté de 50 % à la Bourse de Toronto. « On a toujours été endettés, mais du jour au lendemain, la dette, c’est devenu la lèpre ! dit Crétier. Depuis, les choses vont mieux. »

Le patron de Garda n’en est pas moins sur ses gardes. Pour éponger – un peu – sa lourde dette, il vend (c’était imminent au moment de mettre sous presse), pour 50 millions de dollars, ses activités d’agents de sécurité aux États-Unis et au Mexique. Il pourrait également se départir de sa flotte d’avions de transport de valeurs (Ameriflight) aux États-Unis. Fini les acquisitions en rafale : l’heure est à la croissance interne. « Nous allons redevenir une machine à faire de l’argent. »

Ce printemps, deux importants clients ont renouvelé leurs contrats avec Garda : l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (opérations de préembarquement des passagers et des bagages) et le Mouvement Desjardins (transport de valeurs, gestion de l’encaisse, approvisionnement de guichets automatiques…). Stéphan Crétier est par ailleurs convaincu de bénéficier de la crise financière. « Pour réduire leurs coûts, les banques vont sous-traiter de plus en plus de services, dit-il. Par exemple, pour le comptage d’argent. Nous sommes déjà le numéro un aux États-Unis dans ce secteur en plein développement. »

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Garda

Domaine d’activité : sécurité

Nombre d’employés : 30 000

Siège social : Montréal

Chiffre d’affaires : 1,1 milliard

Croissance 2003-2008 : 1 059 %

 

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