Google : le syndrome Pepsi

12,5 milliards de dollars : Google a mis le paquet pour acheter Motorola Mobility.

Certains experts voient dans cette acquisition un moyen de défendre la plateforme Android contre d’éventuelles poursuites en mettant la main sur le portefeuille de brevets de Motorola. D’autres voient plutôt Google s’inspirer du modèle d’Apple en voulant être maître du produit, de l’informatique et du design à la fabrication.

Tout cela me rappelle une vieille histoire mettant aux prises de vieux et d’implacables ennemis.

Depuis les années 1890, PepsiCo tente de déloger son implacable ennemi Coca-Cola, encore et toujours le numéro un américain et mondial des boissons gazeuses. PepsiCo a remporté de grandes batailles en devenant le leader dans les jus frais, les croustilles et les boissons énergétiques grâce à ses marques Tropicana, Frito-Lay et Gatorade. Mais pour ce qui est du cola, rien n’y fait. Coke demeure – et par beaucoup – le numéro un.

PepsiCo a beau lancer de grandes campagnes publicitaires qui ont fait époque (Le défi Pepsi) et les publicités souvent les plus remarquées au Super Bowl, Coke finit toujours par triompher. Pepsi a l’air du coyote dans le dessin animé Road Runner : tous ses efforts s’avèrent vains et les rares victoires sont de courte durée.

Vers la fin des années 1970, Pepsi se rapprochait de son éternel concurrent sur le marché américain. Il faisait maintenant jeu égal dans les supermarchés, mais les ventes en fontaine dans la restauration rapide faisait immanquablement pencher la balance du côté de Coke, bien implanté notamment chez McDonald’s.

Pour réduire cet écart, PepsiCo s’est mise à acheter des chaînes de restaurants. Elle a mis la main sur Pizza Hut et Taco Bell en 1978 et sur KFC (Poulet frit Kentucky) en 1986.

La percée de PepsiCo a été bien éphémère car ses clients (Burger King, Wendy’s) ne supportaient pas d’avoir comme concurrent un de leurs principaux fournisseurs. En 1990, au terme de son contrat de sept ans avec Pepsi, Burger King, numéro deux du hamburger avec ses 5400 restaurants à l’époque, est passé du côté de Coke, suivi de peu par Wendy’s. Pepsi a perdu d’une main ce qu’elle a gagné de l’autre.

En 1997, PepsiCo a mis en vente sa division de restauration qui est devenue Yum! Brands, le plus grand groupe de restauration avec 38 000 emplacements au monde, qui ont pour la plupart un contrat d’exclusivité à vie avec Pepsi.

Google s’est empressée de rassurer ses clients actuels, HTC, Samsung et les autres, en leur indiquant qu’elle continuera à offrir sa plateforme à des tiers et que cela n’aura pas d’impact sur les relations en cours. Reste que Google s’est mise en conflit d’intérêt total et permanent avec les manufacturiers qui l’ont appuyée jusqu’à maintenant.

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À la différence de Pepsi, Google est déjà #1 pour les téléphones intelligent, que ce soit aux États-Unis ou dans le monde.

Essentillement Motorola est un fournisseur de te chnologies matérielles alors qu’Android est un logiciel (c’est un système d’exploitation). Je ne crois pas que le portefeuille de brevets de Motorola soit d’un grand secours pour protéger Android. Android est basé sur le noyau libre linux. Et le grand ennemi de linux c’est Microsoft. La game qui se joue ici est plutôt que Microsoft use de toutes sortes de stratagèmes pour décourager les fabriquants de matériel d’utiliser Android sur leur plateformes. En achetant Motorola mobility Google aura sa propre plateforme matérielle pour Android et Microsoft ne pourra bloquer Google de ce côté là.

Pour rappel le premier « netbook » (eee pc) sorti sur le marché il y a quelques années utilisait linux car le fabriquant Asus voulait garder le prix de l’appareil le plus bas possible. Avec Linux Asus n’avait pas de frais de licence à payer pour le système d’exploitation. Mais Microsoft n’a pas été long à contre attaquer, ajourd’hui il est très difficile de trouver un netbook avec linux, la plupart utilise windows 7 basic edition.

En ce qui concerne la téléphonnie cellulaire Microsoft n’a pas vraiment un grand succès avec son système d’exploitation windows phone. Ce qui a bouleversé ce marché c’est l’arrivé du iPhone de Apple. Jusque là Nokya et RIM faisait de très bonnes affaires et maintenant ils sont dans la m…

suite…
Ça fait de nombreuses années que Microsoft menace de poursuivre les compagnies qui distribuent des produit basé sur Linux sous prétexte de violation de brevets Microsoft. Hors on attend toujours ces poursuites. La vérité c’est que ce n’est que du bluff. Pour Microsoft intenter de telles poursuites serait ouvrir la boite de pandore. En effet Windows lui-même utilise probablement de nombreuses ligne de code emprunté à linux sans respecter la licence GPL qui gouverne l’utilisation de linux.

Excellente analyse. Selon moi, les risques sont plus grands que les bénéfices potentiels. Si j’étais actionnaire, je considérerais vendre le titre.

@Jacques : Microsoft fait présentement plus d’argent avec Android qu’avec WinPhone7, grâce aux redevances sur certaines technos.

Microsoft n’est pas l’ennemi juré de Linux qui attaque oû qu’il soit. Par exemple, je ne crois pas que Samsung est de problème avec MS pour ses télés équipées d’un noyau Linux.