Grandeurs et misères des entreprises familiales

Pierre Karl Péladeau a eu gain de cause. Le gouvernement fédéral réserve une partie de la capacité de la bande passante pour la téléphonie mobile à de nouveaux joueurs. Vidéotron pourra plus facilement établir un réseau national de sans-fil concurrençant ceux de Bell, de Telus et de Rogers. Elle sera dorénavant en mesure d’offrir tous les services de télécommunications à ses clients.

Quebecor, historiquement un imprimeur et un éditeur, se transforme en géant des télécoms. Qu’importe si l’entreprise est lourdement endettée, que la Caisse de dépôt a perdu 2,9 milliards dans l’aventure, que Quebecor World, deuxième imprimeur mondial, est dans le pétrin absolu, Pierre Karl Péladeau est en train d’opérer une mutation spectaculaire.

Si Quebecor n’était pas une entreprise familiale, contrôlée par des actions à votes multiples, l’héritier Péladeau ne serait vraisemblablement plus aujourd’hui à la tête de l’entreprise. Les investisseurs auraient brassé la cage et exigé des comptes.

Des changements de direction seraient probablement survenus également au Groupe Jean Coutu à cause de l’aventure américaine, à Bombardier qui a failli s’écraser après le 11 septembre 2001, ou même chez Rogers qui a poussé son endettement à des niveaux spectaculaires. Les grands fonds d’investissement américains n’en auraient fait qu’une bouchée.

Mais les familles Péladeau, Coutu, Bombardier-Beaudoin, et Rogers ont maintenu le cap contre vents et marées. Elles ont persisté, imposé fiston à la direction (cela était déjà fait chez Quebecor) et leur dictat aux autres actionnaires.

Je pense que tous ces paris, audacieux et risqués, sont en voie d’être remportés. Même si elles contreviennent à l’un des principes du capitalisme (une action = un vote), le contrôle familial assure que les besoins à plus long terme de l’entreprise l’emportent sur les exigences trimestrielles du marché.

Pour tous leurs défauts, elles assurent la survie des entreprises et la continuation de leur présence au Québec (Rogers est évidemment une entreprise ontarienne). Alcan peut être vendue, mais il faudra que la famille Desmarais déménage pour que Power Corporation s’installe ailleurs. La présence des entreprises familiales a quelque chose de rassurant.

Et bonne chance à Pierre Beaudoin!

Laisser un commentaire

L’avenir.

« Même si elles contreviennent à l’un des principes du capitalisme (une action = un vote), » (Pierre Duhamel)

Mais qui vote?

Nos supposés experts en économie ne voient que des chiffres et sont absolument incapables de voir où l’imagination des décideurs peut mener. Cela est complètement hors de leur portée, ils n’y comprennent rien. J’ai souvent tendance à les voir comme des moumounes.

Trois mois pour eux c’est du long terme.

Malheureusement ce sont eux qui ont le plus d’influence par les temps qui courent.
Ces supposés experts n’ont que l’art de forcer les gérants à écrémer les grandes entreprises afin d’avoir des profits trimestriels. Regardez l’automobile en Amérique.

« Quebecor, historiquement un imprimeur et un éditeur, se transforme en géant des télécoms. » (Pierre Duhamel)

Bravo et bravo pour cette victoire de M. P K Péladeau! Très bonne direction le papier et l’imprimerie, il n’y a plus d’avenir là-dedans, c’est fini.

La forêt boréale est sauvée!

Le papier et l’encre électronique sont déjà sur le marché.

Le papier et l’encre est à l’imprimerie ce que la pellicule argentique est à Kodak, c’est-à-dire le passé.

Ceci est l’avenir que nos experts-comptables très économes sont absolument incapables de voir dans leur boule de cristal à chiffres.

IL EN EST DE MÊME POUR LA SOUVRAINETÉ M. Duhamel.

M. Duhamel,

Suite à mon intervention #1, posez vous donc des questions sur les papetières au Québec et ailleurs.

Cela risque d’être une victoire pour l’Asie.

Je suis actionnaire d’une compagnie dont le principal actionnaire est une famille torontoise (Thomson Corp.), avec au moins 70% des actions, si ma mémoire est bonne. J’avoue que je me sens rassurée à chaque fois que j’ai la chance de me rendre à la rencontre annuelle des actionnaires de voir le chef de la famille, et président du conseil, assis à côté des autres directeurs. Je me dis qu’il y a à la tête de cette compagnie une personne qui a vraiment et réellement un intérêt personnel dans la bonne gestion de cette importante entreprise.

Bonne chance à Québécor. Je crois que c’est très bien pour le consommateur, que Bell, Telus et Rogers se retrouve avec un nouveau concurrent dans ce marché.

Si le bonhomme était encore vivant, de voir ses imprimeries dégringolées ainsi, je pense que ça l’achèverait cliss…

——
Comment avez-vs trouvé la réponse de Henri-Paul dans les journaux? Tout est beau, no problemo. Un gros pétage de bretelles dès les premières lignes du texte. Rien sur les pertes. En commission il a parlé de 500 millions. Ca pourrait aller à 1,5 milliard. Des pinottes…

http://www.cyberpresse.ca/article/20071129/CPOPINIONS02/711290965/6732/CPOPINIONS

Avez-vs remarqué que la BN, où oeuvrait Henri-Paul hier encore, est aussi poignée dans le papier commercial jusqu’au coup au point de déclarer des pertes alors que du côté de la TD no problemo.

PS: Henri-Paul c’était pas aussi le prénom du chauffeur de Lady Di?

@ J. N. : Henri-Paul Rousseau vient de la Banque Laurentienne, pas de la BN.
Oui c’est bien une entreprise aux mains d’une famille MAIS il faut quand même que le fondateur soir remplacé par une descendance qui en vaut la peine, ce qui n’est pas toujours le cas… (exemple: les Steinberg). Souvent, les enfants ne veulent que l’argent, le père doit vendre car il n’y a pas de relève; (exemple: MAAX).
Donc il est préférable que la succession à la direction d’une entreprise familiale ne soit pas composée uniquement de mégalos ou de pingouins…

@bernard L.

J’ai pas l’habitude de parler à travers mon chapeau

http://www.usherbrooke.ca/leadership/leaders/galerie/lettres/a_rousseau.html

Retour à la galerie

Originaire de Coaticook, Henri-Paul Rousseau termine ses études à l’Université de Sherbrooke en 1970 avec un baccalauréat en économique et un baccalauréat ès arts. Également titulaire d’une maîtrise et d’un doctorat en économique de l’Université Western Ontario, il a reçu le prix T-M-Brown décerné à l’auteur de la meilleure thèse de doctorat en économique publiée à cette université. Henri-Paul Rousseau a œuvré pendant six ans à la Banque nationale du Canada, occupant diverses vice-présidences, en plus d’être le secrétaire général de la Commission sur l’avenir politique et constitutionnel du Québec en 1990

Avis à J. N. et Bertrand L. :
Vous avez tous les deux raison, Henrie Paul Rousseau a travaillé pour la BN et pour la Laurentienne:voici ce qu’en dit Wikipedia:
Après une carrière à la Banque Nationale, il est nommé secrétaire de la commission Bélanger-Campeau en 1990. Suite à la Commission, il prendra successivement la barre de PDG de la compagnie d’assurance Boréale, puis de la Banque Laurentienne.

Les plus populaires