Grèce : voter contre l’austérité ou contre la réalité ?

Les prochaines années ne seront pas plus faciles pour les Grecs, malgré l’élection d’un parti politique qui promet d’en finir avec l’austérité, explique Pierre Duhamel.

Results Are Declared In The Greek General Election
Photo : Matt Cardy/Getty Images

La Grèce a un nouveau premier ministre, Alexis Tsipras, chef d’un parti d’extrême gauche qui a promis d’en finir avec les politiques d’austérité imposées par les créanciers du pays.

Blogue EconomieOn peut comprendre les Grecs, épuisés et appauvris, après six années de récession et de véritables mesures d’austérité.

Pour faire simple, retenez un seul chiffre : 25 %. Le PIB grec a fondu de 25 % depuis six ans ; le taux de chômage est à 25 % ; plus de 25 % des fonctionnaires ont perdu leur emploi ; 25 % de la population vit dans la pauvreté.

S’opposer à l’austérité est la partie facile de l’équation. Une élection peut faire disparaître un gouvernement, mais pas la situation qui a conduit aux politiques d’austérité. Pour les Grecs, l’austérité est un adversaire plus commode que les années de négligence et de dépenses folles.

Faisons un retour rapide sur le passé. Le gouvernement grec cuisine ses comptes publics pour être accepté dans l’Union européenne (UE). Les gouvernements qui suivent dépensent sans compter et les budgets sont maquillés pour satisfaire aux exigences de Bruxelles et donner l’impression que la situation est sous contrôle. L’évasion fiscale devient le sport national, alors que l’économie étouffe à cause d’une devise trop forte — l’euro, en l’occurrence.

En 2009, la Grèce ne peut plus se cacher, alors que la dette publique atteint 129 %. On a vu pire, mais contrairement aux Japonais et aux Italiens qui traînent une lourde dette publique, la Grèce se retrouve en situation périlleuse. Elle n’est plus capable de rembourser ses prêts — qui viennent à échéance — et elle obtient, sur les marchés, des crédits à des taux usuraires qui ne font qu’aggraver la situation (devenue intenable).

Sa position met en péril son appartenance à la zone euro et fragilise la monnaie et l’UE, en plus de menacer ses créditeurs — souvent des banques privées d’autres pays européens.

L’Europe conclut donc un marché avec les Grecs. Le Fonds monétaire international, l’UE et la Banque centrale centrale européenne assumeront le gros de la dette souveraine grecque, mais le gouvernement grec s’engage en retour à diminuer son train de vie pour s’assurer que les prêts soient remboursés.

Le gouffre était tel qu’il a fallu adopter des mesures extrêmement difficiles pour parvenir aujourd’hui à une situation qui paraîtrait à la fois banale et insuffisante dans la plupart des pays. En effet, pour la première fois depuis des lunes, le gouvernement grec perçoit maintenant plus de recettes qu’il ne dépense. Et c’est sans compter les paiements d’intérêts.

Malgré tous ces sacrifices, la Grèce parvient tout juste à vivre selon ses moyens actuels, mais c’est en ne tenant pas compte de sa dette, qui est passée à 175 % de la taille de son économie en raison de l’interminable récession alimentée par les mesures d’austérité.

Syriza demande une restructuration de la dette grecque. En clair, le parti du nouveau gouvernement veut des termes plus souples et souhaite qu’une partie de la dette soit effacée.

En même temps, le parti a promis des dépenses supplémentaires de 12 milliards d’euros sur deux ans pour offrir l’électricité gratuite aux plus démunis et un 13e mois pour les pensions des plus pauvres, de même qu’un accès libre aux transports publics pour ceux-ci — le tout accompagné d’un vaste programme de travaux publics.

La grande question est la même partout : qui va payer ?

Les Européens sont pris avec un dilemme. D’une part, je pense que tout le monde est convaincu que la Grèce est incapable de payer.

En même temps, pourquoi les contribuables français, espagnols ou italiens devraient-ils assumer la dette grecque, alors que ces peuples sont eux-mêmes très endettés et affaiblis ? N’oublions pas : ce sont les pays et les institutions européennes qui ont hérité de l’ardoise grecque.

De plus, accepter une restructuration de la dette grecque crée un fâcheux précédent, et d’autres États pourraient trouver l’idée intéressante. L’Allemagne, notamment, craint la contagion.

Que va-t-il donc se passer ?

Pour le moment, rien… ou pas grand-chose. Les parties vont se rencontrer et entamer des négociations. On va parler de restructuration ou de rééchelonnement de la dette, et même de l’avenir de la Grèce dans la zone euro. On craint moins aujourd’hui les conséquences pour l’Europe d’une sortie de l’euro, mais ce n’est pas le premier choix des Européens ni de Syriza.

Mais le temps est limité. Le 20 juillet prochain, la Grèce devra refinancer pour 3,5 milliards d’euros. Qui les lui prêtera, et à quel prix ? D’ici la fin de 2015, la Grèce aura à trouver 20 milliards d’euros sur les marchés. Déjà que le coût d’emprunt sur les titres grecs est en hausse, ce lundi, à plus de 8,5 %.

Comme si cela n’était pas suffisant, l’Union européenne s’était engagée à fournir cette année pour plus de sept milliards d’euros en aide à la Grèce. Les Européens se montreront peut-être plus réticents si cet argent est utilisé pour un 13e mois de pension plutôt que pour rembourser des prêts qui arrivent à échéance.

Les Grecs ne veulent plus de la tutelle européenne, cela est parfaitement clair. Hélas ! la réalité est tout aussi transparente : le pays est ruiné et ravagé, les investissements sont en chute libre et la compétitivité de ses entreprises est médiocre.

Les prochaines années ne seront pas plus faciles, malgré l’élection de ceux qui veulent faire disparaître l’austérité.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

26 commentaires
Les commentaires sont fermés.

« …voter contre l’austérité ou contre la réalité ? »

Vous voulez probablement dire: Austérité = rationnel.

« Pour faire simple, retenez un seul chiffre : 25 %. Le PIB grec a fondu de 25 % depuis six ans ; le taux de chômage est à 25 % ; plus de 25 % des fonctionnaires ont perdu leur emploi ; 25 % de la population vit dans la pauvreté. »

Voilà le résultat que ça donne le rationnel de l’austérité.

« Sa position met en péril son appartenance à la zone euro et fragilise la monnaie et l’UE, en plus de menacer ses créditeurs — souvent des banques privées d’autres pays européens. »

Vous vouliez probablement dire:
« Sa position met en péril la zone euro et fragilise la monnaie et l’UE, en plus de menacer ses créditeurs…. »

Plusieurs pays parlent de sortir de la zone euro et de l’euro, dont l’Italie et la France et même l’Allemagne.

Actuellement, les maitres d’œuvre du financement et éventuellement du refinancement de la dette grecque sont : Le FMI, la Commission européenne — dont le président Jean-Claude Juncker a bien précisé voici peu de temps que l’appartenance à la Zone euro est un principe irréversible -, et bien sûr la Banque centrale européenne (BCE).

Déjà la semaine passée la BCE annonçait qu’elle allait racheter jusqu’en septembre 2016 pour un peu plus de 1000 milliards d’Euros de la dette publique des pays Européens. Le plan prévoit également que les Banques centrales de chaque pays devront aussi faire le part. Ce qui signifie que ce sont plus de 1000 milliards de dettes qui ne seront certes pas effacées mais qui seront à toutes fins pratiques échangées.

La Grèce par conséquent se verra allégée d’une partie de sa dette, les grands argentiers de l’Europe s’attendaient depuis quelques temps déjà à une possible victoire de la gauche radicale (et non pas de l’extrême gauche, comme on le lit un peu trop souvent dans la presse québécoise).

Hors les questions des assouplissements au niveau de la dette et aussi du niveau de déficit permis sont sur la table pour beaucoup de pays depuis quelques mois.

En même temps, il y a consensus, quant au fait que les politiques trop rigides au niveau de l’exercice de redressement des finances publiques deviennent rapidement aussi toxiques pour l’économie qu’une politique inconsidérée au niveau de l’investissement.

Aussi aujourd’hui, plusieurs experts estiment qu’il faut relancer l’investissement, tout en respectant des normes strictes au niveau du contrôle de l’investissement ; plutôt que de grever la marge de manœuvre des États, ce qui entraîne un ralentissement anormal de l’économie puis la déflation. Ce qui a joué en défaveur de la relance, ce sont presque tous les modèles économiques qui ne se sont pas avérés.

Une contraction accentuée des PIB fait plus de mal à l’économie, qu’elle n’apporte du bien. C’est la raison pour laquelle il y a urgence de réinvestir dans l’économie à bon escient. Pour maintenir les constantes de développement.

Les mesures considérées par le nouveau gouvernement Grecque vont permettre de donner une bouffée d’air frais aux citoyennes et citoyens les plus défavorisés de cette nation. Ainsi lorsqu’on décide de hausser le salaire minimum à 750 euros par mois, on est absolument sûr que cet argent sera bel et bien réinvesti dans l’économie nationale et non qu’il va servir à l’évasion fiscale mise à l’abri dans des Paradis fiscaux.

À cet effet, la lutte accrue contre la fraude endémique dans ce pays, ce qui est d’ailleurs une des causes premières de la crise de la dette. Cette lutte devrait rapporter sur la seule année 2015 près de 3 milliards d’euros. De quoi financer une partie des mesures sociales annoncées.

Finalement rappelons, que si la situation de la Grèce peut sembler aux vues de quelques-uns comme désespérée. Il faut se rappeler cependant que c’est toute l’Europe qui est confrontée à une crise de la dette sans précédent. Même l’Allemagne qui est le premier pays d’Europe touchée par le vieillissement de sa population, en arrache aussi au niveau du déficit de ses caisses de retraites qui sont tributaires de la bonne santé des marchés. Ce déficit qui pourrait continuer de croitre pour au moins les dix prochaines années.

La puissance industrielle Allemande est assez tributaire des commandes de ses partenaires Européens en plus du marché Russe qu’elle est en train de perdre (peut-être momentanément) en raison de la crise Ukrainienne. Quand l’Europe sous sa forme politique regroupée est toujours la première puissance économique mondiale, devant même les États-Unis….

Cette Union politique, économique et humaine se doit de trouver une solution globale a un problème global. Je pense que ce sera avant tout la voix de la raison qui l’emportera dans cette cause sur la raison des passions. Tout le monde en sortira vainqueur quand la Grèce fait partie de la solution.

Qu’ils fassent faillite. Au point où ils en sont, ce n’est pas aux arrière-petits-fils à payer pour les dettes contractées par leurs arrières-grand-pères. Que les banques fassent faillite. L’austérité sera forcée par les marchés mais payantes à long terme. Il n’y aucune morale à ce que le peuple subisse ça malgré toutes les sottes théories économiques immorales sous-tendant cette chronique.

Petit aperçu d’un Québec indépendant…

Intéressante conclusion qui implique par ailleurs que
– le Québec est aussi corrompu que la Grèce l’était
– le travail au noir y est aussi répandu
– l’évasion fiscale est endémique
– la productivité des québécois est anémique

Effectivement, la démonstration de la commission Charbonneau et l’implication du parti libéral semble vous donner raison. Rien pour dynamiser une confiance en soi proche du degré zéro et une culture de la dépendance parente de la caricature de l’assisté social.

Avec une région grande comme le Québec , avec un territoire plein à craquer de richesses à exploiter, si tu ne voie pas qu’ on est capable de vivre ici mieux que dans un pays comme la Grèce , tu es vraiment de mauvaise fois. Ton disque est vraiment rayé

Avec une région grande comme le Québec , avec un territoire plein à craquer de richesses à exploiter, pourquoi diable avons-nous besoin que le reste du Canada et plus particulièrement l’Alberta, vienne à notre rescousse à la hauteur de $16 Milliards de beaux dollars À CHAQUE ANNÉE???

De un, on paye des taxes au Canada, de deux l`Alberta ne nous donne pas tout cette argent avec le sourire, de trois, eux aussi pense depuis longtemps à se séparer…

Vous racontez une belle histoire à propos de la Grêce… Je vais vous en raconter une autre….

Bien avant, l’entrée de la Grêce dans la zonne Euro, la corruption y rêgnait et le sport nationnal y était le travail au noir et l’évitement fiscal…. Pour faire parti de la zone Euro, les dirigeants grecs reçurent ou demandèrent ( l’histoire ne le dit pas ! ) les services de la banque commerciale américaine GOLDMAN SACHS qui trafiqueront les chiffres présentés aux autorités européennes…. Voir CURRENCY WARS de James Rickards et Le Pique-Nique des Vautours de Greg Palast.

Suite à la crise financière de 2007-2008, provoquée en grande parties par la vente, partout dans le monde et beaucoup en Europe, de produits dérivés toxiques américains ( les fameux papiers commerciaux ) plusieurs pays devinrent en difficulté financières dont évidemment la Grêce…. Il faut se rappeller que Goldman Sachs a fait parti des nombreuses banques américaines impliquées dans ces fraudes financières ( rendues légales par les dérèglementations boursières de la mondialisation). Les contribuables américains ( lire: la classe moyenne surtout ), par l’entremise de l’État, ont fait les frais du sauvetage de ces banques trop grosses pour faire faillite !!!!

Qu’est-ce qui ne faut pas faire afin de conserver l’hégémonie économique de son pays !!!!

Donc, une crise mondiale, l’Europe, un des plus gros client de la Chine, en difficulté, la Chine en perte de croissance économique et les USA qui finalement s’en trouvent les MOINS mal en point quelques années plus tard avec un balance commerciale en meilleur posture et leur bourse performant à nouveau dont la monnaie sert de valeur refuge en périodes difficiles aux investisseurs mondiaux….

Ah oui… Au passage, Goldman Sachs a pu mettre la main sur plusieurs infrastructures financières grecques, en difficulté, pour une bouchée de pain…. Il faut bien se rembourser pour services rendus….

Depuis 3 mois. la Grèce avait un PIB qui était revenu dans le positif. La première fois depuis plus d une décennie.. et l’Euro a chuté. Après tant d’effort, tout s’écroulera de nouveau et ce sera un éternel recommencement!

On refuse de couper, on veut renégocier la dette.. comme un dopé qui refuse la désintox. Le réveil va être brutal.

Nous éduquons nos enfants à ne rendre de compte à personne. Il n’est pas étonnant que parvenus à l’âge adulte, ils soient si dramatiquement atteints par la paresse et l’inertie. Ce n’est pas de moi, mais c’est quand même révélateur.

Remarquable synthèse qui appelle peut-être des nuances mais a l’avantage d’être claire. Ce serait le moment de relancer la machine économique mais tant que les Grecs ne feront pas les réformes nécessaires (cadastre, paiement effectif des impôts en particulier sur les gros revenus, investissement sur place, diminution des frais de fonctionnement de l’Etat), il est inutile de rebâtir sur des sables mouvants. La France suit le même chemin : budget colossal de la puissance publique (57% du PIB) ne servant qu’à payer les dépenses courantes financées de plus en plus par l’emprunt (10% du PIB chaque année), l’investissement étant réduit à la portion congrue pour ne pas dire devenu nul. Pour les Grecs, le retour à l’ancien système ne réglera rien et il est compréhensible que les contribuables des autres pays d’Europe n’aient plus envie de devoir verser leurs revenus dans le tonneau des Danaïdes. La Grèce peut donc sortir de l’Union Européenne si ses citoyens le souhaitent.

Mr Duhamel
Vous parlez des conséquences mais pas des causes réelles qui ont placé ce pays sur la voie de la dérive ou il se trouve actuellement.
Nous savons parfaitement que ce sont les banques qui ont dépouillé le pays a tour de bras et qu’elles ont utilisé la libre circulation des capitaux en Europe pour cette fameuse » fuite des capitaux »
Donc on vide les caisses et on replace l’argent volé dans les comptes off-shore ou même les comptes déclarés puisqu’on est sûrs que nos confrères banquiers ( qui font la même chose un peu partout dans le monde depuis bien longtemps) qui viendrons nous dénier des actes sur lesquels sont bâtis les fondements même des institutions bancaires .
Une fois que c’est fait, nous proposeront ce même argent au gouvernement grec ( celui que nous avons mis en place et dont les individus sont partie prenante dans tout ce qui arrive ) a des taux usuriers qui vont appauvrir encore plus les citoyens de ce pays puisque ce seront eux qui auront a supporter la dette et les intérêts de la dette et les intérêts des intérêts de la dette etc etc etc…
Il n’y a actuellement aucun danger pour ces banquiers puisque s’il y a un manque dans les caisses de l’état grec , il sera compensé par la banque centrale européenne et les autres banques avec l’argent récolté par les gouvernements français , espagnol, portugais,allemand et ainsi de suite….argent que ces mêmes gouvernements iront chercher dans la poche de leurs concitoyens consentants ou non,conscients ou non.
La plupart des soit-disants analystes nous déclarent que quel que soit le gouvernement qui présidera aux destinées de l’état grec , il devra composer avec les banquiers européens ….on se demande pourquoi?…..pour étrangler encore plus les citoyens grecs?…ils le sont déjà ….les appauvrir encore plus?….on les a tellement pressurisé qu’ils n’ont plus rien a donner….
Je pense que la meilleure solution pour ce nouveau gouvernement serait de claquer la porte en déclarant faillite et que l’état grec n’a plus rien a donner aux sangsues , revenir a la monnaie nationale ,qui ,même dévaluée a l’extrême vaudra quand même quelque chose de mieux que le fait de mendier aux portes d’une Europe qui a totalement échoué.
Ca , c’est le côté pragmatique.
Voyons un peu ce que nous disent les religions:
Selon la religion juive , les juifs ont été punis pour s’être détournés de Moise et adoré le veau d’or: l’argent.
Selon la religion chrétienne , l’une des actions les plus importantes du Christ a été de démanteler la maffia qui exploitait les gens par l’usure ( entre autre…)« Aucun homme ne peut servir deux maîtres : car toujours il haïra l’un et aimera l’autre. On ne peut servir à la fois Dieu et Mammon (Matthieu 6:24). »( Mammon ,c’est l’argent surtout.)
Selon la religion musulmane , c’est encore plus simple: l’usure est totalement et définitivement interdite sous toutes ses formes…
Pour finir, je souhaite que le peuple grec puisse s’en sortir le plus dignement possible.

L’arrivée au pouvoir de marxistes a déjà commencé (selon les médias grecs) à faire fuir le capital hors de Grèce mais ce n’est rien comparé à ce qui pourrait arriver si le risque que la Grèce quitte l’Euro devient plus concret.

Les Grecs ne sont pas au bout de leur peine, l’Europe ne cédera pas au chantage pour ne pas établir de précédent et si la Grèce décide de quitter alors l’Europe s’assurera que son avenir sera suffisamment misérable pour décourager ceux qui penseraient à l’imiter.

C’est ça le problème quand on s’endette trop, non seulement on doit ensuite s’appauvrir mais surtout on perd notre liberté, c’est vrai pour les individus comme pour les peuples.

A qui profite l’endettement de la Grèce?
Sur les €226.7 milliards déboursés par les organismes de la Troïka, 11% sont allés au budget de la Grèce et le reste pour’le service de la dette’. En excluant du service les fonds pour la recapitalisation des banques grecques (19% du total), les deux tiers du total déboursé sont finalement consacré à ce ‘service de la dette’ proprement dit. Le but de ‘l’aide’ n’est pas de faire diminuer la dette (elle augmente) mais de faire en sorte que les détenteurs de la dette continuent à en profiter. L’austérité consiste donc à ‘pomper’ au maximum la Grèce au profit de la finance.
Les plans de sauvetage et memorandums étaient censés permettre à la Grèce de retrouver une dette soutenable. La doctrine libérale supposait que les baisses de salaires permettraient de relancer la compétitivité de la Grèce (à travers une« déflation interne »), et relanceraient la croissance tandis que les déficits baisseraient grâce aux coupes drastiques de dépenses publiques aveugles. Cette stratégie s’est soldée par un échec spectaculaire :
– la dette grecque stagne depuis 2010 : de 329 milliards en 2010, on est passé à 317 milliards en 2014 (alors que
la « restructuration » de février 2012 a entraîné l’effacement de la moitié des dettes détenues par les non-résidents)- mais surtout, le ratio dette/PIB a explosé (+50 % depuis 2008) : la dette représentait ainsi 113 % PIB grec en 2008 et représente 174,9% PIB en 20- cela s’explique par une terrible récession : les taux de croissance du PIB sont en 2010:
-4,9 % , 2011 : -7,1 %, 2012 : -6,4 %, 2013: -4,5 %, 2014 : +0,6%)
En conséquence, le chômage et le risque d’exclusion sociale et de pauvreté ont explosé .

La Grèce s’est endetté en quinze années de près de 180$ milliards d’Euro en investissant dans des complexes hôteliers et des stations balnéaires haut de gamme au point et créa une surchauffe de l’offre des services hôteliers dans le pays. Depuis 2003, la Grèce a vu fondre au soleil le nombre de vacanciers et dû diminuer substantiellement les prix ce qui créa un manque à gagner en terme de taxes à la consommation et une impossibilité de rembourser sa dette puis à compter de 2008, les intérêts sur sa dette.

Comme partout ailleurs, les employés syndiqués sont bien protégés et leurs salaires et bien au-delà de ce qu’il devrait être, n’ayant pas participé au même degré, la baisse générale de l’ensemble des citoyens. Plusieurs manifestations eurent lieux contre les syndicats et syndiqués et crois que ce n’est que partie remise car les citoyens pourraient choisir de leur faire payer les bêtises et la Grèce reviendra imposer des couvres-feu pour minimiser la violence.

En fait, plusieurs ingrédients d’une guerre civile se sont annoncés, une guerre entre les pauvres et les riches, l’histoire se répète encore une fois.

Après cette guerre civile, se sont les créanciers qui ramasseront l’avoir des citoyens, i.e. les investissements dans les services hôteliers sous un fond de ressources humaines qui auront des salaires de ce que paye les services sociaux et bien entendus la disparition des services sociaux et le retour à la Grèce des années 60.

Ce que vit la Grèce présentement soit due à une crise hôtelière, c’est trop simpliste. L’analyse de monsieur Morissette est nettement plus pertinente.

Jamais vous ne mentionnez le rôle des grandes institutions financières dans votre article. D’abord pour aider à trafiquer les bilans, ensuite pour prêter, tout en sachant que le pays n’en avait pas les moyens … Tout cela parce qu’ils étaient certains que l’Europe renflouerait le tout. Et vous parlez de la Grèce comme d’un cas unique de l’UE.
Vous commentez une nouvelle, l’élection d’un parti d’extrême gauche, qui aurait mérité 3 lignes en faisant croire à une analyse!

Vivre selon ses moyens est facile quand on a été élevé par des parents économes et travailleurs. Malheureusement, les temps ont bien changé. La société envoie constamment des messages liés à la consommation excessive, nécessaire pour nous donner du bonheur. Quel désastre ! Selon moi, les magasins de jouets sont inutiles, dévastateurs auprès de notre jeunesse. Les jeux vidéos, qui ne sont jamais entrés dans ma demeure, sont aussi un poison qui tue toute initiative chez les jeunes. J’ai donné le sens de l’aventure à mon fils, je l’ai emmené moult fois en forêt, sur l’eau. Je l’ai forcé à jouer dehors été comme hiver. Aujourd’hui, il ne fume pas, gagne sa vie dans les sports et joue dehors avec ses propres enfants. Il n’a pas acheté un ipad à ses enfants à quatre ans. Mais ses jeunes ont des skis, des trottinettes et construisent des cabanes dans les sous-bois d’un parc de quartier. Leur vie est réelle. Les Grecs esquivaient la réalité. Ils ne payaient pas leurs impôts, déjouaient le fisc. S’ils ne veulent pas passer à la caisse, cela signifiera que le reste de l’Europe devra payer la note à leur place. Il faudrait vingt ans d’austérité pour rayer la dette de la Grèce. Dans notre monde, une année semble longue. C’est comme la dernière récession, on pense qu’on en est sorti après à peine cinq ans. Elle reviendra nous hanter cette récession, car nous n’avons rien réglé. Le modèle économique n’a pas changé. Nous misons sur la surconsommation pour s’en sortir. Il est temps d’enseigner obligatoirement dans nos écoles l’économie familiale. Enfin, j’ai croisé, il y a quelques jours, une famille proute-proute de riches Italiens dans un centre commercial haut de gamme en Floride. J’ai rarement vu autant d’ennui dans les regards, de tristesse. Deux ados blasés, regardant leurs téléphones… intelligents, habillés comme des cartes de mode, marchant comme des automates, avec des yeux de poissons morts. Quel dommage de gâcher la vie des jeunes en ne leur permettant pas de survivre un peu par eux-mêmes. Personne n’ose dire aux Grecs qu’ils ont ce qu’ils méritent. Ce sont eux qui ont fraudé le fisc, ce sont eux qui ont vécu au-dessus de leurs moyens. Que croient-ils ? Qu’en faisant des voeux pieux ils effaceront leurs dettes ? Et dire que la Grèce n’est qu’un reflet de ce qui se passe au Québec et ailleurs dans le monde…

Félicitations Pierre, pour votre esprit libre et pour avoir su résister à l’envahissante idéologie marchande….

Ne reste qu’un source possible d’enrichissement tout relatif pour l’État grec: taxer les richissimes armateurs grecs, qui s’empresseront hélas de transférer leurs avoirs à Monaco ou aux îles Moukmouk. Il aurait fallu que les grecs cessent de fantasmer beaucoup plus tôt, soit au moment des faramineux Jeux Olympiques, des emplois fictifs dans la fonction publique et de l’évasion fiscale généralisée. Mais ils continuent aujourd’hui de fantasmer jusque dans l’urne, en délaissant un État qu’ils ont eux-mêmes discrédité, fondant cette fois leurs espoirs sur la générosité de la Communauté européenne et du FMI.
Mais il n’y aura pas de compassion. L’échelonnement du remboursement de la dette ne suffira pas. Or tous les socialistes au pouvoir ont jusqu’à maintenant fini de la même manière, soit en gérant par des contrôles croissants et une police de plus en plus pointilleuse, la pénurie, comme le montre bien le Venezuela tel que « reconstruit » par le grand et inénarrable Hugo Chavez (nageant pourtant dans le pétrole!). Toute cette grande pâmoison gauchiste risque donc de tourner en eau de boudin. Après l’extrême-gauche, ce sera l’extrême-droite, deux franges de l’électorat qui se rejoignent au final dans un protectionnisme illusoire.
À moins que le nouveau premier ministre ne nous surprenne tous, en misant sur la confiance, momentanée, des grecs riches et pauvres pour les amener à retrousser leurs manches et à accepter des sacrifices pour le bien commun, et en réformant les institutions. Certains individus, parfois, marquent l’histoire. On peut toujours rêver.

Mais les lendemains de la fête de lundi seront pénibles. Je crois toutefois que l’Europe devra faire un bout de chemin, en échelonnant le remboursement de la dette. Il faut aider, même les irresponsables, pour se sauver soi-même.

Bientôt, il ne restera plus à la Grèce que de s’en remettre à Dieu pour se sortir du marasme dans lequel elle s’est elle-même plongée, comme dans un autre pays gauchiste similaire et fétiche de notre propre gauche, le Venezuela:

http://www.liberation.fr/economie/2015/01/23/venezuela-maduro-s-en-remet-a-dieu-pour-resoudre-la-crise-economique_1186893

C’est toujours pareil, quand vous n’avez rien à dire, vous nous servez un hareng fumé. Si Pierre Duhamel avait écrit au sujet du Venezuela, vous auriez « commenté » à propos de la Grèce !

S’en remettre à Dieu, c’est comme s’en remettre à la main invisible, ça donne le même résultat.