Guy Laliberté vend son cirque

Une nouvelle ère débute au Cirque du Soleil : son fondateur, Guy Laliberté, a décidé d’empocher ses jetons plutôt que de les relancer.

Guy Laliberté
Kevork Djansezian / PC

La nouvelle de la vente du Cirque du Soleil à des intérêts américains et chinois a valeur de symbole, car l’entreprise de Guy Laliberté est l’archétype même de la créativité québécoise et de la valeur de ses entrepreneurs.
Blogue Economie

Guy Laliberté est en effet un entrepreneur improbable (un saltimbanque), qui a réinventé une industrie millénaire (le cirque) grâce à un modèle d’affaires innovateur.

Le Cirque du Soleil est un concepteur et producteur de spectacles de variétés axés sur la prouesse gymnastique, la culture populaire et les arts scéniques, couplé d’une puissante machine de marketing. L’organisation jongle de façon permanente avec 10 spectacles ambulants qui font le tour du monde et 9 autres en résidence, surtout à Las Vegas.

On savait que Guy Laliberté voulait se départir du Cirque et se consacrer à d’autres passions. Il sont comme ça, les entrepreneurs : ils ont des passions. Je pense aussi qu’il est un peu plus fou et fantasque que la plupart des entrepreneurs. C’était un grand avantage concurrentiel, compte tenu de la nature de l’entreprise.

Guy Laliberté a consacré plus de 30 ans à faire de son organisation le fleuron qu’il est maintenant. Il a appris à déléguer en bâtissant une organisation de 4 000 employés, mais sa quête de la perfection et son attention maniaque aux détails quand il s’agissait de peaufiner un spectacle aurait épuisé n’importe qui en bien moins d’années.

Surtout que depuis quelque temps, les affaires sont moins reluisantes. Certains spectacles ont moins bien marché, et des projets de croissance se sont avérés moins intéressants. Las Vegas, qui héberge huit des neuf troupes permanentes, a connu des difficultés. Dans tous les pays, la croissance économique plus faible, la hausse homéopathique des revenus après impôts et la précarité des emplois ont rendu les consommateurs moins dépensiers.

On voit rapidement le portrait d’ensemble. L’environnement économique est plus difficile, vous ne bénéficiez plus de l’attrait de la nouveauté et vous devez couper des postes au lieu de continuer votre folle expansion. Pire : il faudrait investir 500 millions de dollars pour donner une nouvelle dimension à votre affaire et la projeter dans l’avenir.

Pour un entrepreneur qui carbure à la passion, au plaisir et à la croissance, c’est un passage difficile. Guy Laliberté a décidé d’empocher ses jetons plutôt que de les relancer. N’oublions pas, c’est un grand joueur de poker.

Cela nous amène au nouvel actionnaire de contrôle, TPG Capital, qui devrait détenir 60 % des actions. Les fonds d’investissement ont un seul but : rentabiliser au maximum l’entreprise pour la revendre à meilleur prix ou l’inscrire en Bourse, à une valorisation plus intéressante que leur prix d’acquisition.

Ce sont des acteurs incontournables de la nouvelle économie. On se souvient que Bain Capital, un autre fonds américain, a investi dans Dollarama et Bombardier Produits Récréatifs. Sa participation a été salutaire pour la croissance de ces deux entreprises, qui sont maintenant cotées en Bourse. Notons aussi que ces deux entreprises sont restées au Québec.

En revanche, c’est une nouvelle ère qui débute au Cirque du Soleil, au moment où s’éclipse son fondateur. Il y aura des changements, cela est certain.

C’est néanmoins un passage obligé pour presque toutes les entreprises si elles veulent continuer de rayonner.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes de la chaîne Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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Selon les plus récentes nouvelles, issues de CBC-Radio-Canada ; la transaction n’est toujours pas complétées. Et les discussions se poursuivent. Guy Laliberté resterait actionnaire de son entreprise à hauteur de 10%, ce qui signifie qu’il ne quitte pas complétement l’entité qu’il a créée.

Si la transaction est complétée, il convient de préciser que TPG Capital (basée à Fort Worth – Texas) forme un réseau global présent pratiquement sur tous les continents y compris en Eurasie ; c’est un spécialiste de la restructuration mais aussi de la transformation des compagnies ; on leur doit notamment la restructuration de Continental Airlines qui était acculée à la faillite ; cette restructuration-transformation est à l’origine de la création et de la mission de TPG.

— Est-ce le sort qui attend le Cirque du Soleil ? Et quelle est actuellement la situation financière réelle du Cirque ?

Rappelons que ce qui force Guy Laliberté à vendre, c’est précisément parce que le Cirque a souffert de la crise depuis 2007 ; monsieur Laliberté n’espère pas obtenir plus de 2 milliards pour la vente de ses actions. Dont combien sera effectivement versé en argent sonnant et trébuchant ?

Ce qui signifie qu’on n’a aucune garantie, que tous les emplois seront préservés, pas plus que nous ne pouvons être certains que le siège social restera à Montréal à moyen terme. Pas plus qu’on ne peut affirmer que le Cirque du Soleil soit appelé à durer sous sa forme actuelle. En d’autres termes c’est la marque de commerce et le concept qui ont actuellement plus de valeur que le produit lui-même.

TGP est présente dans plus de 300 compagnies différentes, reçoit ses fonds d’investisseurs internationaux incluant bien sûr des fonds d’investisseurs chinois ; un pays où ses activités sont consolidées. TPG Capital agit dans de multiples secteurs dont : les médias, les voyages et les télécommunications. Elle détient notamment plus de 40% de TéléDiffusion de France ; elle est aussi présente dans l’industrie du divertissement.

Rappelons également que TGP est aussi actionnaire de Burger King qui comme nous savons a pris le contrôle de Tim Horton pour 12 milliards de dollars et déplace son siège social au Canada. Ça a l’air que les cafés et les beignes valent somme toute plus cher que le Cirque. Peut-être un de ces jours une chaine de Circus Sun Donuts & Burger’s servis de haut vol par des jongleurs et des trapézistes !

Ça fait toujours de la peine quand des industries de chez-nous passent aux mains d’étrangers; ça se fait de plus en plus comme nous pouvons le constater. Tout change rapidement et que restera-t-il aux jeunes dans l’avenir? Le coût d’entrée pour le cirque était élevé et n’était pas accessible à toutes les bourses.

Le Cirque du Soleil en chiffre, propriété intellectuelle et répartition des talents.

Il ne s’agit plus d’un cirque où les employés sont des québécois car près de 80% des équilibristes proviennent de l’ancienne Europe de l’Est et des pays de l’ancienne URSS. Pour ce qui est des costumiers et services de régie sonore et des décors, les Québécois ne comptent plus que seulement 8% depuis plus de 15 ans.

Cette créativité québécoise ne fait plus partie du concept qui n’a rien de québécois de toutes façons. Il a aussi copié le concept du Grand cirque de Moscou. Il s’est allié à France Dragone de Belgique pour peaufiner la présentation.

Il est aussi faux de prétendre que Guy Laliberté a réinventer le cirque puisqu’il a copier le modèle des cirques de la Chine et asiatiques dont les prouesses sont phénoménales et sont à vous couper le souffle. Il s’agit de voyager pour s’en convaincre. Si la Chine n’était pas si fermée sur elle-même, le Cirque du soleil n’aurait jamais connu la gloire dont plusieurs évoquent comme étant un concept québécois pure laine.

Le Cirque du Soleil n’a plus rien de nouveau à présenter depuis au moins 15 ans, les spectacles se ressemblent tous, seuls les décors changent. L’intérêt est donc de moins en moins prononcée. Tout le monde l’a vue et ils passent à autre chose.

Laliberté fut au bon endroit au bon moment avec des millions en subventions par le Québec et le Canada dont nous n’en reverrons jamais la couleur. Le cirque du soleil n’a fait que remplir le vide laissé par Barnum and Baileys qui brilla de toute sa splendeur depuis le début du siècle dernier jusqu’au début des années 70.

Faut-il rappeler que le Cirque du soleil ne fit pas de profits jusqu’en 1992. C’est grâce au Cirque Knie de Suisse que le Cirque du soleil vit enfin des profits. Monsieur Laliberté doit-on aussi le rappeler a encaisser une bonne partie de ses actions il y a peu de temps car le Cirque rencontrait des ratés les unes après les autres.

Compte tenu de ces données, le fisc du Québec et Canada n’aura jamais profité des retombés attendues puisque les productions faites hors des limites canadiennes sont versées dans les pays où ils se produisent dont 70% sont aux États-Unis.

Les trames musicales dont Laliberté a voulu s’emparer fit face à Columbia qui en avait fait la production. Il perdit rapidement sa cause.

Combien de centaines d’équilibristes ont quitté à cause des salaires de crève faim dispensés par le Cirque.

Nous ne pouvons renier la qualité des spectacles offerts par le Cirque du Soleil mais l’imputer à un seul homme et en faire un produit “purement québécois” sont à leurs faces même, carrément que de fausses prétentions. Sauf la propension à nourrir son narcissisme et ses poches, Guy Laliberté n’a rien inventé de nouveau, il n’est qu’un chef d’orchestre qui a profité des largesses des gouvernements et du manque de connaissance de leurs droits par de nombreux employés provenant de partout sur la planète.

À monsieur Drouginsky

TPG est une société très bien connue pour acheter des entreprises et les mettres en faillite par démentellement et vente à la pièce des équipements, elle fit de très bonnes affaires depuis qu’elle s’est débarrasser de plusieurs squellettes qu’elle trainait dans ses placards dont son association avec le gouverneur du Massachusett, Mitt Romney qui sortit aussi vite qu’il est entré dans la course pour la présidence du Parti républicain en 2008 pour son affiliation à cette entreprises (sous sa propre entreprise « Baine Capital ») tout aussi méprésable qeu méprisante a pedu son siège de gouverneur la même année. Il ne récolta que 16% des votes et 2008 et 10% des votes en 2012. Il dû faire marche arrière alors qu’il voulait se présenter aux élections présidentielles en 2016 par manque de support.

Pour ce qui est de TPG et Continental, c’est grâce à un investissement de Air Canada, Air Partners et TPG qu’elle pu s’en sortir. Cependant, Air Canada a détenu le deux tiers des 450$ millions investit en plus de faire l’entretien d’une grande flotte de 737 détenu par Continental. TPG ne fit qu’investir 70 millions dans cette affaire et en est sortit le premier. C’est grâce à Gordon Bethune de Boeing qui devint CEO de Continental entre 1994 et 2002 que Continental devenu le géant qu’il fut durant les années 80. La nouvelle compagnie formée par United et Continental est formé de 62% d’équité de Continental et 48% de United. ( Veuillez consulter http://newsroom.unitedcontinentalholdings.com/corporate-fact-sheet).

@ Wentworth Roger,

Merci pour vos commentaires. Mes propos n’avaient pour objet d’entrer dans le détail de cas spécifiques. Mais plutôt de donner un profil du type de compagnie à laquelle les intérêts du Cirque du Soleil seraient cédés.

Il est tout à fait clair que la compagnie Continental Airlines a continué son chemin jusqu’à sa fusion avec United Airlines. Si j’ai fait mention de CA, c’est parce que la naissance de TPG commence avec ce rachat.

C’est de cet achat que correspond à la mission de cette compagnie qui agit comme investisseur et qui agit aussi au niveau de la restructuration et le cas échéant par la transformation de diverses compagnies qui retrouvent finalement des postes d’activités qui favorisent leur croissance. Passé ce cap, TPG revend ses parts, si possible avec un bénéfice ou bien ils maintiennent leurs investissements avec de meilleures marges de profits. C’est le cas notamment avec Burger Kings.

Après avoir sauvé Continental Airlines de la faillite et de la fermeture. TPG a revendu ses parts. Dans ce type de montages, il y a toujours des partenaires financiers et les risques sont partagés. Air Canada d’ailleurs, profitant comme partenaire, largement de la complaisance de l’État fédéral.

Dans le cas du Cirque du Soleil, si la transaction est effectivement complétée, TPG ne s’engagerait que pour 60% et souhaite je suppose détenir la grande majorité des actions de contrôle ; rien n’indique cependant que cette entité ne soit pas revendue par la suite à d’autres investisseurs ou qu’elle soit amalgamée à d’autres compagnies qui dans leur portfolio agissent dans le divertissement et la communication. Des investisseurs notamment chinois pourraient après restructuration se trouver plus intéressés, car comme vous le formuliez à juste titre, les chinois sont friands de spectacles à grands déploiements.

TPG compte d’ailleurs dans son Conseil d’Administration au moins un administrateur chinois, une région où elle est tout particulièrement bien implantée.

Air Canada d’ailleurs, profitant comme partenaire, largement de la complaisance de l’État fédéral. Je ne vois pas du tout à ce que vous faites allusion puisque Air Canada n’est plus la propriété du gouvernement fédéral depuis 1983. Air Canada est une entité qui vole par elle même et ne reçoit pas un seul sous d’aucun gouvernement. Nous ne sommes plus à l’ère des « Flag carriers » des années 80 et ce, partout sur la planète si ce n’est que pour quelques compagnies, notamment en Afrique.

C’est une nouvelle aujourd’hui mais n’oublions pas que M. Laliberté avait déjà ouvert les portes pour une vente possible de son entreprise. Donc moi jene suis pas surpris. Depuis 1 an, on a vu des spectacles du Cirque du Soleil annulé. De plus, la rentabilité n’était pas ce que lui voulait et avait commencer par des coupures de postes l’an dernier et aujourd’hui toute le monde saute dans les rideaux comment se fait-il que le gouvernement n’a pas bougé avant pour protéger les emplois non rien……alors M. Laliberté à pris la décision et nous voilà que les américains et les chinois vont faire fonctionner la machine et ne soyons pas surpris si le siège social quitte Montréal et la perte des emplois. Un autre fleuron du Québec que nous avons perdu alors que nous étions tous fiers de voir le succès international. Lui retrouve ses milliards et n’aura plus à supporter cette grosse entreprise qui demandent beaucoup à l’actionnaire principa.

Je trouve que c’est un moment triste pour le Québec. Le Cirque du Soleil c’est pas juste un entreprise, c’est des beaux souvenirs.

Mais ça fait longtemps que les chose tournent moins rond au CdS, l’effet de mode est passé, la compétition a emboité le pas et son dirigeant s’est passionné pour bien d’autres projets, comme celui d’aller dans l’espace… Personnellement si cette entreprise était en bourse je n’aurais pas acheté.

On a appris hier que La Caisse avait réuni quelques investisseurs québécois dont Québécor de PKP pour acheter une participation dans Le Cirque mais que finalement, le groupe en question s’était désisté vu le trop gros risque que cela impliquait.

Et v’là tu pas que PKP critique notre gouvernement provincial parce qu’il ne s’implique pas dans ce dossier… Inconséquent vous dites???

Laliberté a emmené Le Cirque aussi loin qu’il le pouvait et ça commençait même à tanguer à plusieurs endroits. La logique a prévalu et les nouveaux investisseurs n’ont aucun intérêt à démolir l’entreprise. Aucun.

À chaque fois qu’un gouvernement québécois s’est imposé dans les affaires privées pour « sauver » une entreprise des mains des « étranges », ça a foiré. pensez à Steinberg, Videotron, et tutti quanti. Ça a toujours fini par nous coûter la peau des fesses.