Comment aider les entreprises

La volte-face feutrée du gouvernement péquiste sur les droits miniers illustre une fois de plus comment les gouvernements doivent être prudents dans leurs rapports avec les entreprises.

Le problème avec les entreprises, c’est qu’elles sont nécessaires. Elles répondent aux besoins de la population et elles assurent l’emploi de la très vaste majorité des gens. Un parti d’opposition peut sans doute se faire du capital politique sur leur dos, mais les entreprises restent au coeur et au centre du développement économique.

L’autre gros problème avec les entreprises, c’est qu’elles sont fragiles. De nos jours, leur espérance de vie moyenne ne dépasse guère dix années d’activité et celles qui subsisteront plus d’une génération le feront grâce à une ingéniosité et une innovation continuelles. Elles font face à une concurrence implacable, souvent de partout au monde. Leurs clients en veulent toujours plus pour leur argent et la règlementation et les lois fiscales sont toujours plus compliquées.

Voilà pourquoi la plupart des gouvernements au monde essaient de diminuer le fardeau fiscal des entreprises. On veut leur donner de l’oxygène pour qu’elles se créent, se développent et prennent de l’envergure. On ne veut pas que les emplois soient créés ailleurs, dans des juridictions plus attrayantes. On veut que ces emplois soient crées chez soi et contribuent à l’enrichissement de la société.

En France, le gouvernement socialiste vient même de s’engager à diminuer le coût du travail grâce à un crédit d’impôt qui augmente au rythme de la masse salariale de l’entreprise. Pour compenser les revenus perdus, la France va hausser sa TVA (l’équivalent de notre TVQ) et procéder à des économies dans les dépenses publiques.

Revenons au Québec.

On peut donc saluer le courage du gouvernement péquiste qui renonce à mettre en oeuvre l’intégralité de son programme électoral en matière de redevances minières.

BoutonFR_RegimeImpotMinierOn peut aussi souligner que la hausse annoncée pour 2014 est la seconde en quatre ans, que le Québec est la seule juridiction canadienne à agir ainsi et que le fardeau imposé aux minières est le plus lourd au pays. Le gouvernement dit vouloir stimuler les investissements miniers; ce serait bien la première fois qu’une ponction fiscale supplémentaire aurait cette vertu.

Le gouvernement va nous dire qu’il mettra en oeuvre une politique pour favoriser les investissements importants dans ce secteur et dans d’autres. En somme, pour compenser un impôt trop lourd, il va subventionner à coûts de dizaines (centaines ?)de millions les projets qui lui plaisent. C’est ce modèle qui plombe l’économie du Québec depuis tant d’années et fait très mal aux finances publiques du Québec.

Comme le signale Pierre Fortin dans sa chronique, le poids des impôts des entreprises dans l’économie du Québec est de 30 % plus lourd que dans les autres provinces canadiennes.

Pour compenser, le Québec est de loin la juridiction la plus généreuse en matière de subventions.

Ne trouvez-vous pas cela un peu absurde ?

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Le chiffre souvent évoqué est que le Québec consent pour six milliards de dollars en subventions et crédits d’impôt de toutes sortes aux entreprises. Le Québec accapare 60% de toutes les subvention consenties par le niveau provincial au Canada. On voit ces jours-ci le gouvernement faire des coupes à la petites semaine dans plein de ministères (santé, éducation, assistance sociale, garderie). Pourquoi ne pas faire une coupe radicale dans notre système de subvention : trois milliards de dollars. 50% de la réduction seraient appliqués au déficit (qui est de 1,5 milliards $ – donc bonjour déficit zéro) et l’autre 50% (1,5 millairds $) en baisse d’impôt aux entreprises. Mon plan doit être trop simple…

Votre plan est simple et logique mais nous vivons dans un monde subventionné à l’extrême (tous les pays le font!) et le Québec est un des pires endroits à ce niveau. Nous sommes improductifs, syndiqués à outrance, hyper-étatisés, et nous transportons sur nos épaules un nombre incalculable de parasites. Nous n’avons donc pas le choix que de subventionner à go-go les entreprises qui se risquent à venir chez nous sinon on se retrouverait dans un désert.

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