Il faut des baisses d’impôts

Dans deux semaines, le gouvernement conservateur jouera sa peau en présentant son budget pour 2009-2010. Plusieurs économistes et commentateurs recommandent au gouvernement de miser essentiellement sur de nouvelles dépenses budgétaires et de ne pas abaisser les impôts. Ce serait une bêtise si le gouvernement décidait d’aller dans cette direction.

Je ne m’oppose pas à de nouvelles dépenses budgétaires pour réanimer une économie en état de choc. Je suis partisan des programmes visant le renouvellement et l’entretien des infrastructures. D’abord parce qu’il est bien temps de les remettre à niveau et aussi parce que cela créera de l’emploi et de l’activité à un moment où nous en avons besoin. Ces dépenses ont aussi le grand mérite de ne pas être récurrentes. Une fois les ponts, routes, viaducs, écoles et hôpitaux réparés, le travail est fait et il n’est pas nécessaire de réinvestir les mêmes sommes année après année.

Je m’accommode aussi de dépenses susceptibles d’améliorer la position concurrentielle de notre économie et susceptibles de favoriser l’innovation et la recherche.

J’ai plus de problèmes avec la bonification des programmes sociaux, car une fois que les prestations sont augmentées et l’accessibilité élargie, il est bien difficile de revenir en arrière et de retirer les avantages déjà consentis. En ne faisant pas attention, on peut créer les conditions d’un déficit budgétaire structurel, qui alourdira à chaque année notre endettement.

Maintenant les impôts. On prétend que leur diminution n’a pas ou peu d’impact sur l’activité économique. Beaucoup d’économistes, y compris chez les conseillers du président Obama, sont plutôt d’avis contraires. Pour ma part, je vois au moins trois raisons qui militent en faveur de baisses d’impôts.

  1. Une grande partie de la reprise proviendra des consommateurs et des entreprises privées. Les baisses d’impôts leur donneront des munitions supplémentaires et leur permettra de faire davantage leur part.
  2. Cet argent servira peut-être à éponger des dettes. Tant mieux. Un consommateur moins endetté sera un consommateur plus actif. Et une entreprise qui a un bilan plus sain aura les moyens d’investir plus rapidement.
  3. Cet argent se retrouvera peut-être dans des comptes d’épargne. Encore une fois, est-ce grave ? Le taux d’épargne est à un creux historique. Cela a plusieurs conséquences. L’une d’entre elles, c’est que les institutions de crédit doivent aller chercher beaucoup plus de capitaux sur les marchés pour satisfaire leurs clients qui veulent emprunter. Et cela coûte de plus en plus cher à cause de la crise du crédit. Une augmentation du taux d’épargne se traduira par une augmentation des crédits disponibles aux entrepreneurs qui voudront créer les emplois de demain.
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D’après ce que disent les économistes, les baisses d’impot ne vont pas à la consommation, mais plutot à l’épargne. Bref, zéro retombée dans l’économie d’autant plus que le gros des produits que l’on consomme sont importés. Bref, ce n’est pas l’invention du siècle dans le contexte actuel.

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Des nouvelles d’Hydro qui sont passées inaperçues:

« Globalement, Hydro-Québec a ainsi écoulé son électricité en sol américain à un coût moyen de 7,9 ¢ le kilowattheure, soit à un prix à peine plus élevé que sur le marché québécois. Au Québec, la clientèle résidentielle paie cet hiver 7,33 ¢ le kilowattheure consommé.

En 2007, l’électricité québécoise exportée chez nos voisins américains s’était vendue à un prix moyen de 6,8 ¢ du kilowattheure »

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/200901/13/01-817360-record-de-ventes-aux-etats-unis-pour-hydro-quebec.php

Vous avez bien lu -mais ne le dites pas personne- l’Hydro, sous la gouverne éclairée de Jean Charest, vend notre électricité moins chère aux Américains qu’aux Québécois! Mais n’en parlez surtout pas, ça pourrait créer un léger malaise dans le peuple!

Félicitations Mr Duhamel pour exprimer ici l’opinion de la majorité des citoyens mais complètement ignorée par les analphabètes économiques des grands médias.

Quand on cherche un peu sur les justifications de la proposition « Maintenant les impôts. On prétend que leur diminution n’a pas ou peu d’impact sur l’activité économique. », nous ne trouvons pas grand chose de substance.

En fait, le gros bon sens même nous dit plutôt que si les gens ont de la misère a dépenser et a payer leur maison, de leur retourner une marge de maneuvre va augmenter leur confiance de consommateur.

Pourquoi quand un travailleur de la construction dépense 1$ ca stimule plus l’économie que lorsqu’un travailleur ‘col blanc’ dépense 1$?

@ jacques noel

« Vous avez bien lu -mais ne le dites pas personne- l’Hydro, sous la gouverne éclairée de Jean Charest, vend notre électricité moins chère aux Américains qu’aux Québécois! »

Espèce de tata. Vous comparez le prix de détail avec le prix de gros!!!!

Monsieur Noël, plus vite je vais pouvoir épargner, plus vite je vais pouvoir prendre cette argent pour pouvoir acheter mon entreprise agricole et faire rouler l’économie à mon tour. Pour l’instant j’économise moins que prévu et et je dépense moins que je le voudrais.

Bref, zéro retombée dans l’économie.

L’idée comme quoi l’épargne est mauvaise viens des théories de John Maynard Keynes, un économiste britannique du début du siècle. Il a développé les théories qui ont été reprises par la plupart des états occidentaux depuis la fin de la seconde guerre mondiale, théories selon quoi la dépense publique doit se substituer à la dépense des ménages pour « stimuler l’économie » et au besoin, créer une masse artificielle d’argent pour soutenir la consommation. Le concept au quel fait référence aussi M. Noel est le mercantilisme : la maximisation des exportation et la réduction des importations. Ce concept suis la théorie que l’économie est un jeu à somme nulle et que les uns s’enrichissent aux dépends des autres. Le but reste alors de maximiser les exportations et donc exiger de nos partenaires de réduire leurs barrières tarifaires alors qu’on augmente les nôtres pour minimiser les importations.

Ce sont toutes les deux des théories qui n’ont rien d’économique. D’abord pour Keynes, il n’a jamais compris le fonctionnement de l’épargne (lorsque j’économise 10$ à la banque, cet argent sera pris en charge par celle-ci et investi pour le faire fructifier, tout en gardant la responsabilité de celui-ci). De cette façon, l’épargne participe beaucoup mieux à l’économie et ma santé financière me permet de consommer de façon plus responsable et régulière (ou stable).

Ensuite les théories mercantilistes ne valent pas beaucoup plus, selons celles-ci, il est préférable de dépenser 10$ (en coût de production) pour produire soit-même une chaise de que l’acheter à 5$ à un pays étranger. En fait ça ignore d’abord et avant tout la théorie des avantages comparatifs (démontré par David Ricardo) qui veut que l’enrichissement de notre partenaire commercial nous profite puisqu’il aura alors les moyens d’acheter nos produits dans les secteurs où nous sommes plus efficaces.

Il est encore plus simple de le démentir en réduisant l’échelle : si on devait tous et chacun refuser d’échanger et vivre dans l’autarcie, nous serions terriblement pauvre. La spécialisation et l’échange volontaire créent de la richesse (à partir du néant hahaha) et cette richesse se retrouve redistribuée par elle-même puisque la valeur des biens et services devient beaucoup plus abordable pour les classes pauvres.

Comme le disait la citation de David dans un autre billet (que je traduis sans même la relire) « Ce n’est pas par altruisme que j’attend un bon service et de bas prix de mon boulanger, boucher, menuisier, plombier ou mécanicien, c’est par leur propre intérêt égoïste qui les conduit à attirer la clientèle et s’enrichir par un service impeccable ». N’importe quel entrepreneur peut comprendre ça.

Au fait, l’erreur principale de Noel dans la citation – “Vous avez bien lu -mais ne le dites pas personne- l’Hydro, sous la gouverne éclairée de Jean Charest, vend notre électricité moins chère aux Américains qu’aux Québécois!” – C’est de croire que le premier ministre décide des prix, des investissements, des budgets d’Hydro-Québec. La seconde erreur c’est de croire que c’est un phénomène nouveau alors que l’exportation d’électricité a été à faible prix depuis longtemps, peu importe le gouvernement. Anyway, pourquoi est-ce que Jean Charest ferait-il pression sur la société d’état en théorie indépendante (whatever) pour baisser le prix aux américains?!??!?!

@Kevin.

Des fois y’a en qui manquent de subtilités… Ce que je voulais dire c’est que, mine de rien, Hydro nous vend l’électricité, NOTRE électricité, plus chère qu’il ne la vend aux Ricains! Ce genre de nouvelle devrait faire la manchette, susciter tout un débat, mais malheureusement passe inaperçue. On préfère nous parler de Vincent Lecavalier… »plus populaire que le pape » dit Dumas (qui lui pompe sa PME à fond!)

“On prétend que leur diminution n’a pas ou peu d’impact sur l’activité économique. Beaucoup d’économistes, y compris chez les conseillers du président Obama, sont plutôt d’avis contraires.” (Pierre Duhamel)

Ça c’est moi et d’autres qui le prétendent. Pour ce qui est des conseillers d’Obaba, c’est de la politique et ils sont en conflit d’intérêts.

En connaissez-vous beaucoup vous M. Duhamel des gens qui ne veulent pas de baisse d’impôts, ne serai-ce que quelques dollars?

L’épargne est nécessaire, mais il fallait le faire il y a quelques années.
Pensez-vous que les gens mettront de côté leur petite baisse d’impôt hebdomadaire? J’en doute énormément.

Alors qu’on arrête de spéculer et de penser que, et qu’on donne des preuves et des exemples, noir sur blanc, que des baisses d’impôt ont stimulé l’économie ou la stimuleront.

Go les baisses d’impôt. On ne peut pas être contre de laisser leur argent aux gens pour qu’ils en fassent ce qu’ils veulent, eux qui nourissent déjà trop cet état obèse et improductif.

C’est bien connu, l’épargne c’est mauvais pour le budget d’une famille. C’est pourquoi les gens n’épargnent plus.

La crise actuelle est sans doute causé par un trop gros taux d’épargne.

Moi je dis que le gouvernement devrait interdire l’épargne.

Je suis d’accord avec David Gagnon. Épargner, c’est comme faire brûler de l’argent dans son foyer. C’est de l’argent qui sort de l’économie. Interdisons cela.

Eric, voudrait tu m’appeler avant de faire brûler ton argent dans ton foyer, je pourrais te sauver du travail et même te donner une ristourne.

Je pourrais m’arranger avec les histoires d’économie sans problèmes.

Des millions de contribuables dépensent l’argent des baisses d’impôt: il y a des chances pour qu’une bonne partie de leurs actions soient bonnes et utiles. Alternative: c’est le gouvernement qui dépense l’argent dans quelques dizaines de gros projets: qu’arrive-t-il s’il se trompe?
Quant à la gauche syndicalo-sentimentalo-nationaleuse, elle préfère une hyperactivité de L’État, pourquoi? Parce qu’une fois que le rôle et la place de l’État sont accrus, ça devient presque impossible de le réduire. Pour ce clan d’analphabète économiques (mais érudits politiques) c’est ça de gagné. Et petit à petit, on se trouve en régime socialiste, à peine compensé par un secteur privé hyper taxé et hyper réglementé.