Il transforme les Mac en caisses enregistreuses

Il y a sept ans, Dax Dasilva était vendeur dans une boutique Mac de Montréal. Aujourd’hui, grâce au logiciel qu’il a mis au point, il brasse des affaires dans 39 pays !

Leaders de la croissance 2011 - Xsilva Systems
Photo : J. Lafrenière

XSILVA SYSTEMS

Domaine d’activité :
élaboration de systèmes et de logiciels de points de vente

Nombre d’employés en 2010 :
44 (+ 5 à temps partiel)

Siège social : Montréal

Chiffre d’affaires en 2010 : 4 millions

Croissance 2005-2010 : 1 902 %

Dans le bâtiment où est logée Xsilva Systems, rue Saint-Hubert, à Montréal, une demi-douzaine d’employés sont entassés dans le hall d’entrée, les yeux rivés sur leur écran d’ordinateur. « Ce sont nos représentants commerciaux. Nous n’avions plus de place pour les installer… », dit presque en s’excusant Jillian Ruiz, coor­donnatrice des événements de cette jeune entreprise.

Au deuxième étage, où siège l’équipe du Service à la clientèle, un écran géant affiche en temps réel tous les « gazouillis » concernant Xsilva. Ces petits messages de 140 caractères et moins, diffusés sur le réseau social Twitter, sont envoyés par des clients de l’entreprise qui veulent faire partager de l’infor­mation ou poser des questions.

Xsilva Systems est une société de son temps, qui con­naît un succès foudroyant avec un pro­duit qui n’a pourtant rien de révolutionnaire. Elle vend un logiciel, LightSpeed, qui permet aux détaillants tra­ditionnels et en ligne d’enre­gistrer leurs transactions, de gérer leurs stocks et de faire leurs achats. Ce qui fait sa différence ? Une interface à écran tactile, très visuelle et intuitive, à mille lieues des ennuyeuses caisses enregistreuses.

Fondée en 2005, Xsilva a décollé comme une fusée, si bien qu’à sa première participation au classement des Leaders de la croissance, elle se retrouve en tête ! Son président et fondateur, Dax Dasilva, né à Vancouver de parents d’ori­gine indienne et portugaise, arrivé à Montréal en 2001, a du mal à le croire lui-même : il y a sept ans, ce jeune homme aujourd’hui âgé de 34 ans vendait des ordinateurs dans une boutique Mac de Montréal.

À l’époque, pour faciliter son travail et celui de ses collègues, il crée une application pour relier l’inventaire des trois boutiques appartenant à son employeur. En 2004, l’entre­prise connaît des difficultés et le jeune Dax s’en va, laissant son invention derrière lui. « J’avais mis au point la technologie, mais je n’en étais pas propriétaire », raconte-t-il.

Alors que d’autres se seraient mordu les doigts jus­qu’au coude, Dax Dasilva, lui, se remet au travail. « J’ai tout recommencé à zéro, en évitant bien sûr de répéter les erreurs de la première version », dit-il. C’est ainsi qu’il a élaboré Light­Speed, une application pour la plateforme Mac maintenant uti­lisée dans plus de 6 000 magasins.

Belle revanche pour ce crack de l’informatique devenu entre­preneur, qui a étudié à l’Univer­sité de Colombie-Britannique en… arts et religion. Dax Dasilva ne voit pas là de con­tradiction. « Les affaires, ce ne sont pas juste des ordinateurs et de la finance, ce sont des humains et des stratégies », dit-il en donnant l’exemple d’Apple, son entreprise favorite. « C’est ce mariage parfait entre les arts et la technologie qui permet de concevoir des produits plus humains », ajoute-t-il.

Les objectifs de ce président sont bien terre à terre, cependant. Il prévoit doubler son chiffre d’affaires et le nombre de ses employés au cours des deux prochaines années. Pour ce faire, Xsilva compte sur un réseau de 382 distributeurs dans 39 pays, dont l’Australie, la Jordanie, les Philippines, les Émirats arabes unis, la Turquie et l’Azerbaïdjan.

Et pour faire face à cette croissance, l’entreprise déménagera sous peu dans un nouveau bâtiment, situé en plein cœur de la Petite Italie, à Mont­réal. Ce sont les représentants qui vont être contents de ne plus jouer les réceptionnistes à l’accueil…

 

Laisser un commentaire