Il vient voler nos enfants !

Naheed Nenshi, le maire de Calgary, était de passage, vendredi dernier, pour attirer les étudiants montréalais dans sa ville. «Si le Québec ne leur offre pas les défis et les ressources à la hauteur de leur talent, Nenshi leur conseille de venir faire un tour par chez lui plutôt que d’aller aux États-Unis ou en Europe», explique Pierre Duhamel.

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Calgary – Photo : Getty Images

Pendant que Pierre Karl Péladeau s’en prend aux méchants anglos et au pétrole albertain, et que Dominic Champagne et Le Devoir poursuivent leur vaillant combat contre tout ce qui touche aux ressources naturelles, le maire de Calgary était à Montréal, vendredi, pour attirer les étudiants montréalais dans sa ville — «to steal your children», a-t-il dit sur un ton mi-moqueur.

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Naheed Nenshi, le maire de Calgary – Photo : Getty Images

Blogue EconomieNaheed Nenshi, le premier musulman à diriger une grande ville nord-américaine, a vanté la qualité de l’accueil de sa ville et ses immenses besoins en travailleurs diplômés. En entrevue à The Gazette, il explique que la population de Calgary avait augmenté de presque 100 000 habitants depuis deux ans et demi et qu’on y avait créé 10 % de tous les nouveaux emplois au Canada.

Calgary compte maintenant 1,2 million d’habitants, soit le double de ce qu’elle comptait en 1981. Sa population est aussi très jeune, avec un âge médian de 36,4 ans — quatre ans et demi de moins qu’au Québec.

Le maire de Calgary veut que le jeune ingénieur de Montréal, de Shanghai ou d’ailleurs pense à sa ville pour bâtir son avenir, au même titre qu’à Houston, Londres ou New York.

Le salaire médian d’un ménage albertain est de 98 300 dollars, c’est-à-dire 26 910 dollars de plus qu’un ménage québécois. Le taux d’imposition provincial est de 10 % et il n’y a pas de taxe de vente. Le taux de chômage était de 4,6 % à Calgary en septembre, contre 8,4 % pour le Montréal métropolitain. Pas moins de 69,6 % des habitants de Calgary occupent un emploi, contre 60,7 % des Montréalais.

Derrière cette richesse, il y a évidemment le pétrole. Grâce à lui, Calgary est devenu un centre d’affaires dynamique, avec 123 sièges sociaux d’entreprises qui ont des revenus de plus de 100 millions de dollars. Il n’y en aurait que 75 à Montréal.

Le pétrole a favorisé l’émergence d’une importante communauté financière, de même que l’expansion des cabinets de services professionnels.

En doublant sa population en 30 ans, Calgary a aussi créé un marché florissant pour la création de nouvelles entreprises (deuxième ville au Canada, selon la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante [FCEI] ; Montréal, elle, est au 121e rang), ainsi que de nouveaux restaurants et commerces — en plus d’encourager les arts et la culture. On compte aujourd’hui quelque 25 compagnies théâtrales à Calgary.

La richesse ainsi générée a aussi induit des comportements a priori étonnants. Il y a, à Calgary, des gens qui ont de l’argent pour investir dans l’énergie solaire, la géothermie, les ressources renouvelables et tout ce qui touche au développement durable. Calgary a déjà son train léger sur rail, qui est le troisième plus achalandé au monde, avec plus de 300 000 passagers par jour. Tous les trains sont propulsés par de l’énergie produite par des éoliennes.

On peut faire le parallèle avec la Norvège, qui, bien que grande puissance pétrolière, est le pays où il y a le plus d’automobiles électriques au monde en pourcentage de la population. Ce n’est étonnant quand on y pense, car c’est la richesse des Norvégiens qui leur donne les moyens fiscaux d’encourager la vente de véhicules électriques.

La richesse permet tout. En revanche, la pauvreté ne laisse pas beaucoup d’options. Et ce n’est pas en disant non aux projets miniers, gaziers, pétroliers ou forestiers qu’on va s’enrichir.

Le maire de Calgary a en profité pour vanter les amazing universités montréalaises, de même que l’innovation et la créativité de ses habitants. Si le Québec ne leur offre pas les défis et les ressources à la hauteur de leur talent, Naheed Nenshi leur conseille de venir faire un tour par chez lui plutôt que d’aller aux États-Unis ou en Europe.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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J’ai déménagé à Calgary en juillet dernier et c’est vrai que l’économie va bien par ici. Le centre-ville est dynamique, de nouveaux édifices poussent, de nombreux ponts pour piétons et pistes cyclables sont aménagés un peu partout, il y a un esprit optimiste ici, contrairement à ce que je percevais au Québec. Mon salaire, en tant qu’enseignant au primaire, a augmenté de 36 000$, j’ai un poste (au Québec, avoir un poste en enseignement prend plusieurs années) dans une école francophone, ma qualité de vie a augmenté automatiquement… La taxe de 5%, le coût de l’essence (1.09$ présentement) et autres sont aussi des raisons qui m’ont poussé à venir m’établir ici. Les gens sont courtois, accueillants et personne ne m’a parlé du Québec en mal jusqu’à présent alors que le contraire est fréquent au Québec. Les seuls frais qui sont plus élevés ici qu’au Québec : logement et assurances. Je ne cracherai jamais sur ma province d’origine, mais je suis content de vivre ici à présent et d’avoir de meilleures conditions de vie.

Chanceux! J’ai plusieurs fois entendu le « j’ai rien contre les Québécois mais… ». Mais bon, sinon c’est vrai qu’en générale ils sont accueillants ici.
Par contre, le problème à Calgary, c’est qu’il faut avoir un bon travail; il est difficile de se loger avec un emploi à faible revenue.
Aussi, Calgary à peut-être » déjà son train léger sur rail », mais ce train léger est leur « métro » et le service d’autobus fait assez pitié. Il s’améliore par contre.

Moi et ma conjointe avons déménagé à Calgary après nos études et cela fait maintenant plus de 4 ans que nous y habitons. Je travaille dans un milieu entièrement anglophone et je n’ai jamais eu aucun commentaire négatif par rapport a mes origines. Même chose avec le voisinage. Les gens viennent de partout pour s’établir à Calgary ce qui rend la diversité culturelle très présente.

Pour ce qui est du salaire je suis d’accord qu’il en faut un bon pour y vivre surtout si vous voulez une maison (rien vraiment en bas de $400,000 pour de l’unifamiliale, surement plus) et si vous avez des enfants à la garderie ($1000/mois). Mais je crois que c’est un excellent endroit pour les professionels au niveau des opportunités et des salaires. Aussi à considérer un taux d’imposition unique provincial (flat tax) de 10%, une taxe de vente de 5%, l’essence qui est généralement 20 à 25 cennes moins cher qu’au Québec et les rocheuses à environ une heure de voiture.

Je suggère fortement Calgary aux gens qui en ont marre de l’immobilisme du Québec, qui sont prêts à travailler et qui veulent avoir plus de liberté pour décider comment est dépensé leur argent!

Eh oui, les mau… anglais veulent faire épanouir la jeunesse québécoise qui n’a pas les oeillères à qui e les péquoistes (sic) ont voulu faire croire que la seule langue qu’il fallait parler était le français en dardant les problèmes du début du siècle mais crèvent aujourd’hui de faim au Québec. En fait, ce sont ceux qui n’ont pas embarqué dans la paresse intellectuelle d’une seule langue qui pourront profiter de cette manne et dont 230,000, seulement à Edmonton, en profitent au moins depuis dix ans. L’aliénation profonde des étudiants depuis bientôt quatre décennies porte peu de fruit si ce n’est que d’avoir manqué le bateau de l’Alberta comme beaucoup d’autres opportunités qu’aurait apportée une loi civique qui ne dénigre pas les autres sous le coup des émotions, de la duperie et supercherie bien orchestrée par le PQ pour conserver les prochaines générations (depuis 76) dans la noirceur la plus totale comme se fut le cas durant l’ère de Duplessis et du clergé. Une histoire et colonisation interne et méprisante envers les citoyens du Québec qui méritaient beaucoup mieux et seraient en avance sur les autres, du moins d’égal à égal avec l’Ontario en se servant d’une loi méprisante envers tout ce qui n’est pas québécois pure laine pour mieux les contrôler, du moins jusqu’au moment où les Québécois de la dernière génération commence à voir claire dans le petit jeu insidieux des grands narcissiques du PQ. Nombreux de ma famille qui sont déménagés depuis les années 80 vers Edmonton et Calgary ou aux USA et leurs enfants parlent toujours le français car c’est une volonté familiale de parler les deux langues tout comme chez les immigrants provenant de partout sur la planète, où les enfants et petits enfants parlent la langue d’origine. C’est d’ailleurs la même chose pour ma famille dont je suis le seul qui suis demeuré à Ottawa mais dont mes neveux et nièces et leurs enfants parlent français, langue seconde pour notre famille. Combien de décennies seront nécessaires pour corriger le mal qui a été fait ?

Ce commentaire est vraiment pathétique. Ce sont les Québécois qui ont élu le PQ et qui veulent protéger leur langue et leur culture dans un environnement anglo-américain et vous méprisez leur volonté de garder leur identité. De plus votre texte n’a rien à voir avec aller travailler à Calgary car il y a un grand nombre de gens qui s’y rendent pour travailler et ne parlent pas l’anglais dont un très grand nombre d’immigrants d’Asie ou d’Amérique latine. On peut apprendre l’anglais tout en travaillant et il y a même des opportunités de travailler en français comme le fait le professeur Martin qui a commenté ce texte.

Si les jeunes Québécois francophones (c’est évidemment moins le cas pour les anglophones) hésitent à quitter le Québec pour aller travailleur ailleurs au Canada ce n’est pas faute de capacités mais plutôt le fait qu’ils sont réticents à quitter leurs familles et sacrifier leur langue et leur culture pour en emploi. C’est leur choix, pas celui des gouvernements successifs du Québec, PQ ou libéraux.

Je ne veux pas vous faire de la peine, Pierre, mais j’ai remarqué une dégradation importante de la qualité de la langue française au Québec depuis que le PQ existe.

Lorsque les gens se sentent bien protégés, ils ont tendance à s’asseoir sur leurs lauriers et à prendre certaines choses pour acquises.

La meilleure chose qui pourrait arriver au Français serait la disparition du PQ.

Vous avez bien raison François le PLQ peut très bien s’occuper du français. Nous avons d’ailleurs eu la chance de constater l’intérêt et la fierté de M. Couillard pour la langue française lors de son allocution il y a quelques jours en Islande.
Non…vous êtes sérieux? Vous croyez vraiment ce que vous dites?

Avec les mesures actuels d’austerité inévitable du PLQ, franchement ça sent pas bien pour y rester.
je suis ingenieur (hors quebec) en energetique avec beaucoup d’experience dans le secteur petrolier avec des multinationales connus mondialement, durant six ans de mon installation avec ma petite famille et mes enfants ,je n’ai jamais décroché un emploi.
les prmiers jours de mon installation , j’ai envoyé des centaines de cv et j’ai eu beaucoup de réponse, la question éliminatoire de chaque entrevue était »’est ce que vous avez l’experience quebecoise? »’. Mais ils sont fous ou quoi, cela fait meme pas un mois de mon installation et ils parlent de l’éxperience quebecoise!!!!
j’ai compris par la suite qu’ils veulent aussi des diplomes et études au quebec, alors je suis allé faire une AEC en mecanique du batiment (maintenant je peux faire qqe chose du moment que je peux calculer , concevoir et appliquer les standards nord americains), Mais non , ils parlent toujours de l’experience dans ce nouveau domaine et l’experience quebecoise dans des domaines connexes… bref on tourne au rond, ce n’est que du vent et ragou.
je n’ai pas le choix , je doit faire une autre immigration pour chercher un avenir meilleure. calgary comme favoris.