Immigration et salaire : le discours déroutant de François Legault

Le premier ministre François Legault provoque une controverse inutile sur l’immigration avec son obsession du salaire moyen des Québécois.

Graham Hughes / La Presse Canadienne

Chaque premier ministre a ses obsessions. Pour Jean Charest dernière mouture, c’était le Plan Nord et une hausse des droits de scolarité. Pauline Marois, quant à elle, souhaitait réformer le financement des partis politiques et promulguer une charte de la laïcité. Philippe Couillard était obnubilé par les finances publiques et un Québec ouvert sur le monde. Si on exclut la gestion de la pandémie, François Legault veut un « Québec fier » de sa langue, de sa culture et de son économie, et il désire réduire l’écart de richesse entre le Québec et l’Ontario.

Les obsessions sont utiles en politique, puisqu’elles servent à garder le cap pendant un mandat. Un gouvernement est constamment ballotté d’une crise à l’autre, de la controverse du jour à celle du lendemain, de sorte qu’il est facile en haut lieu de perdre de vue ce qu’on souhaite accomplir à plus long terme.

Mais parfois, les obsessions embrument le jugement, provoquent de faux pas et de la confusion. C’est ce qui ressort des déclarations de François Legault sur l’immigration économique prononcées devant les gens d’affaires du Conseil du patronat du Québec (CPQ), à qui il s’est adressé en privé, virtuellement, pendant environ 45 minutes vendredi dernier. Le contenu de la conversation a été dévoilé par le journaliste Romain Schué, de Radio-Canada, qui en a fait un compte rendu. Cette fuite a d’ailleurs mis le bureau du premier ministre en colère, au point où un retour de François Legault à cette tribune dans un avenir rapproché me paraît aussi probable qu’un lunch amical entre le ministre Pierre Fitzgibbon et la commissaire à l’éthique Ariane Mignolet.

Il se dit beaucoup de choses en 45 minutes, et je n’ai pas eu accès à la conversation, mais les propos du premier ministre rapportés par Radio-Canada ont de quoi surprendre, parce qu’ils sont en décalage par rapport à la réalité, et en contradiction avec le message de son propre gouvernement depuis qu’il est au pouvoir.

En se concentrant sur le salaire moyen, plutôt que sur les besoins du marché du travail, le premier ministre fait dévier le débat. Cela ne sert ni les immigrants, ni les gens d’affaires, ni son gouvernement.

Laisser du temps au temps

D’abord, le premier ministre a répété aux dirigeants d’entreprise que son obsession était « d’augmenter le salaire moyen au Québec ». « À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000 [dollars], j’empire mon problème. À chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne plus de 56 000, j’améliore ma situation », a-t-il dit, avant d’ajouter : « On a un sérieux problème de salaire moyen au Québec. On ne va pas faire exprès pour l’empirer. »

Ces propos témoignent d’une vision à court terme qui ne tient pas compte de l’amélioration de la situation des immigrants sur le plan salarial depuis quelques années au Québec. 

C’est vrai qu’un nouvel arrivant installé au Québec depuis moins de cinq ans gagne moins que le Québécois né ici. En 2020, le salaire hebdomadaire moyen d’un travailleur natif du Québec était de 1 011 dollars, contre 887 dollars pour l’immigrant installé depuis moins de cinq ans — un écart de 14 %, selon les plus récents chiffres de l’Institut de la statistique du Québec. 

Or, il y a une décennie, en 2010, l’écart de rémunération entre les natifs et les immigrants récents était de… 26 %. Donc, ça s’améliore.

Mais le plus intéressant, c’est la comparaison entre les Québécois nés ici et les immigrants installés au Québec depuis plus de 10 ans, qui ont eu le temps de s’intégrer correctement au marché du travail, de parfaire leurs connaissances du français si nécessaire et de développer un réseau de contacts. L’écart salarial entre ces derniers et ceux nés au Québec était d’à peine 0,4 % en 2020 ! Cette différence est statistiquement insignifiante. Bref, après une décennie ici, les immigrants finissent par gagner aussi bien leur vie que les travailleurs nés au Québec.

Étant donné que le nouvel arrivant va rattraper la rémunération moyenne québécoise, ne pas l’admettre ici au départ sous prétexte qu’il gagnerait moins que le salaire moyen, comme l’affirme le premier ministre, est réducteur. L’immigration est un parcours à obstacles. Cela exige une période d’adaptation, même pour une main-d’œuvre qualifiée qui répond aux besoins du marché du travail.

D’ailleurs, autre bonne nouvelle : sur les 105 000 emplois à plus de 30 dollars l’heure créés depuis le début de la pandémie au Québec, les immigrants en ont accaparé 25 %, soit bien plus que leur présence dans cette catégorie avant la COVID-19 (10 %). Et ils n’ont pas été davantage pénalisés dans les pertes d’emplois depuis un an que les Québécois nés ici, selon une nouvelle étude de l’Institut de la statistique du Québec.

Le précédent ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, avait bonifié de manière importante l’aide à l’intégration et à la francisation des nouveaux arrivants. L’actuelle ministre, Nadine Girault, poursuit le travail.

Ainsi, le nombre d’employés du ministère de l’Immigration responsables de l’aide à l’intégration des nouveaux arrivants sur le marché du travail est passé de 50 à 113. Le nombre d’antennes du ministère de l’Immigration en région a fait un bond de 21 à 66.

Dans le cas de la francisation, le budget annuel a augmenté de 100 à 170 millions de dollars. Près de 360 nouveaux employés, dont 176 enseignants, se sont ajoutés. Résultats : le nombre d’élèves inscrits en francisation a grimpé de 15 % à temps plein et de 20 % à temps partiel depuis 2019.

Le premier ministre a bien fait de rappeler aux dirigeants d’entreprise que même si l’immigration demande un temps d’adaptation, cette main-d’œuvre ne devrait pas être perçue comme une source d’emplois bon marché, du cheap labor. « On ne peut pas se dire comme société [qu’]on va se contenter d’emplois moins bien payés », a-t-il dit à son auditoire du Conseil du patronat.

Or, si certains employeurs s’efforcent peut-être de pourvoir des postes à moindre coût, la majorité des patrons souhaitent surtout des employés pour faire croître leur entreprise, point à la ligne. Et tous ne cherchent pas que des diplômés universitaires, alors forcément, certains postes ne peuvent être offerts avec un salaire de plus de 56 000 dollars. Les dirigeants doivent aussi bien calibrer l’échelle salariale de leur entreprise pour attirer des candidats de qualité et rester compétitifs. Une entreprise sans contrats, sans clients, est une entreprise fermée. Et tant pis pour le salaire moyen…

Si le salaire des employés n’avait aucune répercussion sur la compétitivité des entreprises ou la facture payée au bout du compte par le client, le premier ministre pourrait faire grimper le salaire minimum bien plus rapidement. Or, il ne le fait pas, afin de garder un équilibre et de faire bouger le marché de l’emploi tranquillement pour éviter les chocs.

Viser l’adéquation entre la qualification et les besoins, plutôt que le salaire moyen

Il est étonnant d’entendre le premier ministre affirmer qu’une entreprise qui offre des salaires inférieurs à la moyenne ne devrait pas s’attendre à recevoir l’aide du gouvernement pour son recrutement. « Sur 140 000 emplois non comblés qui sont disponibles, il y a en 30 000 qui sont à des salaires au-dessus de la moyenne et 110 000 à des salaires en bas de la moyenne, a dit François Legault. Je comprends, j’étais en entreprise. Moi, j’aimerais les avoir, ces personnes-là. Mais ma priorité, c’est vraiment d’augmenter le salaire moyen au Québec. » 

Toujours selon le compte rendu de Radio-Canada, François Legault a ajouté : « Ma prochaine question, c’est de dire si c’est des employés à 15 dollars de l’heure ou à 30 dollars de l’heure. Si c’est des employés à 15 dollars de l’heure, malheureusement je ne peux rien faire. » Il a admis une souplesse pour des salaires à 56 000 dollars et plus. « Dans ce cas, je vais aller voir Jean Boulet [ministre du Travail] puis Nadine [Girault, ministre de l’Immigration] et on va trouver une solution pour te trouver ces travailleurs-là le plus vite possible. »

Un employeur a de quoi être dérouté par les propos du premier ministre, puisque depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement caquiste ne cesse de répéter que le plus important est d’arrimer aux besoins du marché du travail les bons candidats à l’immigration, et rapidement. Il n’était pas question de salaire moyen ou d’une aide réduite au recrutement à l’étranger de la part du gouvernement si les postes affichés étaient moins bien rémunérés que ce que souhaitait François Legault.

La pénurie de main-d’œuvre frappe plusieurs secteurs, pas seulement ceux qui proposent des postes au-dessus du salaire moyen, comme en technologies de l’information. À preuve, le gouvernement a récemment mis sur pied deux projets-pilotes d’immigration rapide, l’un pour le milieu de la transformation agroalimentaire, l’autre pour les préposés aux bénéficiaires. Aucun n’offre un salaire à l’entrée de plus de 50 000 dollars. Dans le cas des nouveaux préposés aux bénéficiaires, c’est François Legault lui-même qui a fixé la rémunération à 49 000 dollars par année pendant la pandémie, la jugeant suffisamment attrayante.

Sur les 148 000 postes vacants au Québec actuellement, 32 000 sont dans le réseau de la santé, à un salaire moyen de 22 dollars l’heure, soit loin des 28 dollars l’heure équivalant aux 56 000 dollars par année auxquels le premier ministre faisait allusion. On ne peut pas dire que le gouvernement donne l’exemple pour attirer des travailleurs étrangers rémunérés au-dessus du salaire moyen…

Le gouvernement mise sur la formation et la requalification des travailleurs pour remédier à une partie de la pénurie de main-d’œuvre. C’est bien, mais ce ne sera pas suffisant. Il faudra accepter davantage d’immigrants qualifiés pour que l’économie tourne au maximum de sa capacité.

L’économiste Pierre Fortin a déjà expliqué dans une récente chronique pourquoi l’accueil au Québec de 60 000 à 75 000 immigrants par année, comme le réclament les milieux d’affaires, notamment le Conseil du patronat, serait néfaste, malgré la pénurie de main-d’œuvre. Le gouvernement québécois prévoit plutôt en recevoir entre 44 500 et 47 500 en 2021, en plus d’un rattrapage pandémique de 7 000 personnes en raison de la baisse des admissions en 2020. En 2022, le gouvernement prévoit revenir à une fourchette de 49 000 à 52 000 immigrants, comme en 2018. Tranquillement, donc, la CAQ revient aux seuils d’immigration du précédent gouvernement libéral.

La différence est que le gouvernement Legault souhaite une meilleure adéquation entre les besoins du marché de l’emploi et le profil des immigrants. La réforme du portail Arrima, qui permet aux employeurs de trouver rapidement des candidats à l’immigration, est un outil prometteur. Depuis sa mise à niveau, en juin 2019, la hausse d’utilisation de la part des entreprises atteint 62 %.

Sur ce portail, il n’y a pas que des emplois à plus de 56 000 dollars, car les besoins des entreprises sont multiples…

En ne se concentrant que sur le salaire offert aux nouveaux arrivants, le premier ministre a semé la confusion sur les objectifs de son gouvernement, au moment où sa ministre Nadine Girault travaille sur le nouveau plan d’immigration. La priorité, c’est le salaire offert aux immigrants ou la volonté de pourvoir les postes vacants ? Il faudra préciser tout ça.

À moyen terme, une main-d’œuvre immigrante bien formée, bien intégrée et qui répond aux besoins des entreprises a plus de chances de réduire l’écart de richesse avec l’Ontario que le fait de considérer le salaire moyen comme critère principal d’admission.

Les commentaires sont fermés.

M. Legault veut maximiser l’offre salariale aux nouveaux immigrants, augmentant ainsi le montant d’argent reçu par son gouvernement comme impôts. Il sait que s’il taxe encore plus la main-d’oeuvre actuelle, il perdra les élections.

Je pense que vous n’avez pas compris le principe qui veut que si les immigrants peuvent se contenter d’un salaire en bas de $56,000 / année (car dans leur pays, ce montant représente une véritable fortune) , celà va encourager les entreprises à offrir moins… donc, forcer à la baisse le salaire des autres travailleurs.
Mais, ce qu’on ne dit pas, c’est que plus on accepte d’immigrants, plus on crée de ¨besoins collatéraux¨ qui nécessitent des ressources en place. Logis, soins médicaux, scolaires, transports, loisirs, etc., sans compter sur le côté humanitaire de la réunion familliale.
Donc, les entreprises qui recherchent l’expension sont-elles prêtes à supporter financièrement une augmentation massive de l’immigration juste pour combler leur pseudo augmentation-besoin en main-d’oeuvre ???
Il faut faire le calcul et en tirer les conclusions.

@ Cher monsieur C. d’Anjou,

En tout bien, tout honneur, je remarque que vous écrivez ceci : « Je pense que vous n’avez pas compris le principe qui veut que si les immigrants peuvent se contenter d’un salaire en bas de $56,000 / année (car dans leur pays, ce montant représente une véritable fortune) (…). »

— J’aimerais ajouter ceci :

En France le salaire moyen brut est de 54 500 $, au Québec le salaire moyen brut annualisé (selon les chiffres communiqués par Alec Castonguay – ISQ) est 52 208 $ (51 116$ pour les immigrants), selon Statistique Canada le salaire moyen brut au Québec serait plutôt de 49 312 $, la moyenne canadienne est 52 600 $.

Aux États-Unis le salaire moyen en 2019 selon les statistiques de la Banque Mondiale était de : 65 760 $.
Au niveau mondial le salaire moyen est de 11 652 $.

L’ensemble de ces revenus est avant impôts. Nous savons pertinemment que c’est au Québec qu’on paye en Amérique du Nord le plus de taxes et d’impôts en moyenne per capita.

Hormis le fait qu’il se trouve relativement peu d’emplois rémunérés à plus de 56 000 dollars au Québec, que les immigrants sont encore ceux qui au nombre accèdent le moins à ce genre d’emplois, malgré leurs diplômes. Que structurellement le Québec recrute de préférence des immigrants diplômés issus de pays économiquement à valeur ajouté. Je ne dirai pas que des salaires bruts avant impôts inférieurs à 56 000 $ soient une véritable fortune pour tous. Sur ce point d’ailleurs je rejoins entièrement l’opinion de monsieur Legault.

Et pour vous dire franchement, je ne recommanderais pas d’émigrer au Québec si l’objectif seulement visé est celui de l’argent, surtout avec l’accroissement de la facture d’épicerie, le prix payé pour la téléphonie cellulaire et les services connexes, le montant des loyers, les sommes qu’il faut allouer aux hypothèques malgré de faibles taux d’intérêts, le prix des assurances, etc… sans compter des services de santé déficients qui ne permettent même pas aux patients de choisir eux-mêmes leurs médecins traitants.

Quand on choisit le Québec pour y vivre, ce sont plutôt d’autres considérations qui usuellement animent les impétrants.

M. Drouginsky,
vous avez de très bonnes données et c’est ce qui me fait me poser la question qui tue : Comment les gens font-ils pour arriver quant on voit grimper le prix des maisons (qui sont passés de $200,000 à plus de $400,000 en l’espace de 4 ou 5 ans), sans compter les autres dettes comme la voiture, les dépenses pour les enfants, les vacances.
Avec un salaire moyen de $50,000 par année (avant impôts) je ne pourrais plus du tout me payer le luxe d’avoir quatre enfants comme j’ai eu.
C’est sans doute une des raisons majeure qui fait en sorte que les jeunes couples n’ont pas plus que 1½ enfant(s).
Vous touchez également un point intéressant qui est celui de nos immigrants diplômés qui prennent des années à faire reconnaître leurs diplômes et leurs compétences. Alors, quand les industriels requièrent de plus en plus d’immigration, la question est ¨Pourquoi¨ ? Ce n’est sans doute pas dans les champs de légume qu’ils ont besoin d’un diplôme universitaire.
Qu’on commence donc à supporter adéquatement nos jeunes aux études supérieures pour répondre aux besoins actuels et futurs de l’industrie, et que celle-ci les paie de façon équitable avant d’aller piger au loin. Mais je soupçonne justement que leurs intérêts ne soient pas ça !

@ Monsieur C. d’Anjou,

Merci pour vos commentaires pertinents. Je peux apporter quelques pistes de réflexions à vos questionnements. Vous me pardonnerez si ces propos sont un peu longs, ils requéraient du développement :

— La réponse à votre première question est assez simple : le crédit… ou plutôt les diverses formes de crédits à la consommation. Avec ceci les familles cumulent les emplois (au moins deux) ; il arrive que certains couples aient des « side jobs » ; avec au moins deux salaires par foyers, vous décuplez la capacité du ménage d’emprunter. Les familles sont souvent plus petites comme vous le mentionnez. Le ratio d’endettement des ménages canadiens tournait autour de 1,7663 dollars dus pour chaque dollar emprunté (en mars 2020), cela reste un niveau d’endettement parmi les plus élevé au monde.

Si au Québec le taux d’endettement était un des plus faible au pays, il se rapproche de la moyenne canadienne tout dépendant de l’âge et du niveau de revenus disponible. Sans surprise, les ratios d’endettement le plus élevés touchent les 45 ans et moins. Cette tendance au surendettement existe dans tous les pays développés.

Pour les banques cela n’est pas un souci puisque l’achat de biens immobiliers ne sont pas considérés comme des dépenses (passifs), plutôt comme des investissements (actifs). Si vous avez la capacité de payer les échéances pour acheter un maison à un million avec seulement un apport de 5%, vous êtes riche pour votre banquier, vous augmentez la valeur de vos actifs. L’immobilier étant devenu la valeur refuge par excellence depuis plus de 20 ans à peu près partout sur la planète, y compris pour ce qui relève du blanchiment d’argent.

Malgré un ratio d’endettement élevé ; d’un point-de-vue macroéconomique, la valeur nette des ménages a grimpé au fil du temps, peu importe que le revenu du travail augmente peu ou pas. En moyenne le ratio [endettement (passif)/valeur des actifs] reste toujours positif, l’accroissement de la valeur du patrimoine familial étant supérieur à l’inflation. Ce ratio positif s’est accru partout au Canada depuis plus de 20 ans. Il avantage évidemment les plus riches d’entre nous.

Ce dont on parle peu ou pas, c’est du pourcentage de personnes en retard de paiement ou en défaut de paiements hypothécaires, il est passé en un an de 0,89% à 1,59% (mars 2021). Les experts mettent cela sur le dos de la pandémie (ce qui est peut-être vrai), mais le prix élevé des biens immobiliers y est peut-être aussi pour quelques choses. Une hausse trop rapide des taux d’intérêts pourrait augmenter encore ces défauts de paiement.

— Pour répondre au second volet de votre questionnement. Il ne faut pas regarder l’immigration pour le nombre d’immigrants reçus (ce que font la plupart des gens) mais plutôt suivant les domaines ou si vous préférez les divers secteurs de l’économie. Dans plusieurs domaines, il y a pénurie de main-d’œuvre et dans d’autres c’est l’inverse. Pour seulement maintenir notre productivité, il faut combler ces pénuries rapidement.

S’il peut y avoir une certaine flexibilité en formant la main-d’œuvre à d’autres métiers, encore faut-il que les formations existent ; faudrait-il qu’on ait l’infrastructure d’hébergement notamment, pour permettre la mobilité de la dite main-d’œuvre. Si bien que la solution de facilité somme toute la moins onéreuse, reste toujours d’importer une main-d’œuvre déjà formée de l’étranger en espérant que ces nouveaux arrivants s’intègrent à la société d’accueil…. Et mieux encore recevoir des investisseurs qui injectent des capitaux sous diverses formes chez nous. Générant aussi des emplois pour les Québécois. C’est entre autre ce qu’avait réalisé Bernard Landry dans le domaine des jeux vidéos.

Ces schémas migratoires ne sont pas une spécificité canadienne ou québécoise, c’est une des résultantes de l’ordre économique mondial auquel plaise ou pas, nous participons. Honnêtement, je ne vois pas comment on pourrait réduire l’immigration drastiquement en ce moment. Le gouvernement se frotte à la réalité des faits, n’en déplaise aux électeurs nationalistes qui s’imaginaient que Legault avait le pouvoir de faire autrement.

Selon moi, il vaudrait mieux considérer que les migrants ne font pas parti du problème mais plutôt de la solution.

— Avant de supporter nos jeunes dans les études supérieures, faudrait-il qu’ils soient parfaitement encadrés dès le primaire, puis au secondaire. Il n’y a guère que dans quelques établissements privés qu’ils soient adéquatement pris en charge. Ce n’est pas la pandémie qui va arranger les choses dans le temps. Je suis d’accord avec vous que les études devraient être mieux valorisées qu’elles ne le sont actuellement, toutefois cela relève aussi de l’initiative et de la volonté des parents.

Bonne et heureuse journée.

Quelques mots bien choisies d’une conférence privée en zoom d’une durée de 45 minutes entre monsieur Legault et des membres du monde patronal ,quelques mots sortis de son contexte , un beau petit montage présenté ici et là dans les médias pro immigration ,voilà l’illustration des nouvelles valeurs journalistique et l’absence de rigueur . Sur ce manque de rigueur ont bâtis un édifice idéologique selon son camps . Maintenant qu’un groupe ou individu a brisé le coté privée de la conférence , a quand la diffusion de l’intégralité de la conférence privée , nous serons à même d’évaluer le contenu de cette conférence privée, donner suite à la diffusion de cette conférence privée pourrait créer un effet contraire que celle recherché dans la parution de quelques extraits. Le patronat souhaite surtout des employés pour faire croître leurs entreprises ,les profits , au plus bas salaire possible . Les effets de l’arrivé massive d’immigrants engendrent des coûts , logements ,santé, éducation et amplification de certains problèmes sociaux . Les gens et nouveaux arrivants à faible revenus ceux à faible revenue ne paient d’impôt . Ça le patronat s’en fiche , le reste de la société devra en assumer les coûts et effets.

Attendez que je comprenne…

Disons qu’il y a un emploi quelconque qui rémunère à hauteur de 30 000$/an. immigrant ou non, cet emploi existe déjà.

Mais M. Legault ne voudra pas qu’un immigrant comble ce poste car ça ferait descendre la moyenne…

OK…et qui fera le travail alors? Cet emploi ne disparaitra pas comme par magie, juste parce qu’on désire augmenter la moyenne.

C’est quoi c’te logique?!

M. Castonguay,
Une décennie, c’est une éternité dans la vie humaine. Des fois, c’est une différence et une question d’une vie. Mainte fois, c’est une question de perte de la capitale humaine pour le Québec qui, aveuglé par la politique, ne voit pas la richesse humaine qui lui glisse comme du sable entre les doigts. Ce qui plus est, M. Legault faisait référence aux immigrants triés sur le volet pour leur compétence, leur diplôme, leur expertise, leur savoir faire et leur savoir être, leur maîtrise de français qui dépasse, souvent et de loins, celle de ceux nés ici et dans cette langue. Si intégrer ceux triés sur le volet prend 10 ans d’une vie humaine, le Québec donc ne sait pas intégrer. Car, l’intégration se décline à deux.
En passant, l’immigration et l’intégration est un dossier dans lequel j’ai évoluée pendent presque 25 ans et je le vis personnellement depuis 28 année.
Cordialement,
Jelena Krstić

Un emploi, ce n’est pas juste un salaire, c’est la réalisation de soi à son niveau idéal, c’est le partage de richesse avec des populations du tiers monde. La population, peu importe le revenu, est une source d’enrichissement pour tous les commerces et gouvernements. Tant mieux s’ils y a des effets secondaires comme la pérennité du français et l’augmentation dans l’échelle salariale.

C’est un fait connu que monsieur Legault souhaite élever le salaire moyen au Québec, il livrait cet argument déjà lorsqu’il était dans l’opposition, rêvant d’un Québec prospère qui même ne recevrait plus de péréquation.

Depuis le début de son mandat, le Québec souhaite sélectionner des candidats en plus grand nombre qui puissent occuper des postes vacants à valeur ajoutée qui actuellement ne trouvent pas preneurs. Que nous soyons pour ou contre la politique migratoire initiée par l’administration Legault. Il n’y fondamentalement pas d’incohérence entre les souhaits exprimés par le premier ministre dans ses échanges avec les patrons et sa volonté politique de relever le niveau de la masse salariale de la Province.

En termes techniques, le premier ministre se donne pour mission de relever la productivité du Québec (qui est une des plus faible en Amérique du Nord) et sa stratégie passe aussi par l’immigration.

Ce que je comprends de la demande de monsieur Legault, c’est qu’il souhaite que les entreprises présentes au Québec, qu’elles développent des activités et des emplois à valeur ajoutée qui permettent d’offrir de meilleurs salaires. Quitte à combler ces nouveaux emplois par des immigrants qui vont choisir le Québec et être reçus par le Québec pour occuper ces postes de « haut calibre ».

La question selon moi est de savoir si cette stratégie est la bonne et si elle est susceptible de porter ses fruits. Si je pose cette question, c’est simplement parce que j’ai un doute sur les ingrédients. En termes techniques on parlerait : des intrants. La réalité est que nous n’avons toujours pas de structure économique qui permette de générer une plus grande valeur ajoutée.

Monsieur Legault ne devrait-il pas se demander pourquoi des Québécois talentueux quittent chaque année pour d’autres cieux, occuper des postes à plus de 56 000 dollars par ans ? Pourquoi par notre lourdeur et notre rigidité administrative, nous ne sommes pas positionnés pour créer plus de richesse qui naturellement devrait pouvoir être toujours bien mieux partagée qu’elle n’est ?

— En conclusion : Nous avons une politique migratoire de merde (ce que tout le monde savait), toujours pas de vision économique à long terme, encore pas de projet de société qui puisse lifter toute la population vers le haut, pas ce souffle qui pousse l’humain à trouver son bonheur et sa joie par le dépassement de soi-même et à trouver sa récompense dans ce dépassement.

Le PM rêve en couleur, donner un tel salaire à un travailleur, c’est augmenter le coût de la vie , pour le retraité à 30,000 par an, qu’ adviendra-t-il? Il créera.

@ Geo-André St-Laurent,

Bonjour monsieur,

Pas plus tard qu’aujourd’hui, j’apprenais sous la plume du bien connu chroniqueur judiciaire Claude Poirier qu’avec la pandémie bon nombre de policiers avaient vu leur salaire doublé et parfois tripler. Par curiosité j’ai voulu consulter la grille salariale des policiers à l’emploi de la SQ – une information publique -, j’ai appris que le salaire de base pour un débutant est de 48 386 $, qu’il augmente progressive aux six mois et qu’il culmine après 5 ans à 84 366 $ pour 2021.

Donc certains salariés des diverses fonctions publiques gagnent plus de 56 000 $ par année.

Mon but n’est pas de dénigrer le travail de qui que ce soit, mais de mettre en perspective les propos de monsieur Legault qui demande au secteur privé d’en faire plus pour offrir plus d’emplois bien rémunérés. Je ne sais, s’il s’est peut-être mal expliqué. Ce que je sais, c’est qu’il n’a pas vraiment tort.

Pourquoi ? Eh bien c’est très simple. Les impôts des contribuables sont proportionnels au revenu. Les taxes que nous acquittons sont elles aussi en proportion de notre pouvoir d’achat. S’il n’y avait pas d’impôts et de taxes, il n’y aurait que peu ou pas de services sociaux et l’ensemble des pensions de retraites seraient versées uniquement sur la base de votre propre capitalisation.

En économie, il n’y a pas d’incidence directe entre la masse salariale et le coût de la vie. Une partie de la masse salariale détermine le calcul de la productivité. Quand la productivité augmente, le salaire doit augmenter également, usuellement une productivité accrue doit permettre de réduire les coûts de production, une baisse des coûts de production ou des coûts des services devrait en principe permettre de maintenir un coût de la vie qui soit attractif et stable.

Il peut bien sûr y avoir des variables sectorielles, mais elles ne devraient pas avoir d’incidences considérables sur le pouvoir d’achat. Beaucoup d’augmentations de prix sont résultantes d’une mauvaise gestion qui peut se situer quelquefois au niveau des ressources humaines et/ou d’une augmentation de la marge bénéficiaire refilée aux clients.

Si vous bénéficiez d’une retraite de 30 000 $, estimez-vous encore heureux, il y a beaucoup de Québécois de 65 ans et plus qui perçoivent plus que moitié moins que cela et des gens en emploi qui sont encore loin de recevoir tout cela.

Bravo! à M Castonguay! Complètement déconnecté M Legault… Selon son raisonnement une bonne frange des employés du Québec devrait être virée à défaut de voir son salaire augmenté… M Legault ne vit pas avec le « monde ordinaire ». Mais oui M Legault on peut faire des bon coups comme des mauvais, là c’était un mauvais! Bien, bien mauvais! Heureusement pour vous et la CAQ, la population n’a souvent pas beaucoup de mémoire…

Un autre article qui appuie les intérêts du gouvernement fédéral et des entreprises en matière d’immigration. J’espère que Monsieur Legault continuera de défendre la volonté de ses électeurs dans ce dossier.

Bon, une autre personne pour qui réfléchir ne veut pas dire grand chose = l’équation est simple, cela vient du fédéral c’est proscrire tout de suite, cela vient du Québec c’est le nirvana! Qu’importe la logique. Notez que le contraire est aussi vrai. Bien triste…

Et si on ne faisait que reconnaître les acquis des personnes immigrantes ? Je suis persuadée que leur moyenne salariale augmenterait.

François Legault n’a d’égards que pour sa base et peu versé à gouverner pour l’ensemble des québécois. Gérer comme un pdg d’une entreprise est difficilement applicable au sein de l’appareil gouvernemental et sa pensée comptable le fait dévier à penser que ces mêmes immigrants sont des pions que l’on peut déplacer sur un échiquier au gré des besoins. La désinvolture avec laquelle il en parlait est indigne d’un premier ministre et réducteur à la fois. Il semble oublier que ces mêmes personnes issu de l’immigration occupent des emplois que dédaignent nombreux québécois et que sans leur apport, on serait mal pris même diplômés, ils en acceptent les conditions salariales. De plus, ils encouragent leurs enfants à redonner à la société en leur facilitant l’atteinte de diplomation supérieure beaucoup plus que les natifs d’ici dans certains cas. Dommage, cette pensée à courte vue et du message qui traverse les frontières est plus nuisible et est à l’encontre des efforts des entrepreneurs et communautés qui ont des programmes de recrutements intensifs afin de combler leurs besoins en main d’oeuvre. Maintes fois les médias nous ont fait part d’intégrations réussies, c’est ce qui importe pas les $$$$ mais les yeux et le regard vers un mieux être en particulier ceux des enfants qui en bénéficieront.

Plusieurs bons commentaires.Pour ma part,quand je lis tout ça, il y a de grandes chances, que lorsque le racisme systémique sera reglé, et que les immigrants auront acces a tous les emplois,ceux-ci rejoindront facilement la moyenne de M. Legault autour de 10-15 ans apres eur arrivée.