INFOGRAPHIE : Le prix d’un verre de lait

C’est un fait : le lait coûte plus cher chez nous. Pourquoi, et qui en profite le plus ? Pour le savoir, voyons ce qui se cache derrière le prix d’un verre de lait (250 ml).

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Photo : iStockphoto

Le 19 juin dernier, le chroniqueur Alain Dubuc de La Presse tentait de démontrer le « problème » du prix du lait au Québec en le comparant avec le prix du lait aux États-Unis.

C’est un fait : le lait coûte plus cher chez nous. Pourquoi, et qui en profite le plus ? Pour le savoir, voyons ce qui se cache derrière le prix d’un verre de lait (250 ml).

Un prix fixe au Québec

Rappelons d’abord que le prix du lait au Québec est fixé par la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec.

Ce prix est établi de telle sorte qu’il devrait couvrir les coûts de production de 50 % des producteurs laitiers les plus productifs de la province. En deux mots, il devrait refléter ce qu’il en coûte, au Québec, pour produire du lait.

Actuellement, au supermarché, le litre de lait (format 4 l) est vendu au prix minimum de 1,58 $ (maximum de 1,73 $).

C’est donc dire qu’un verre de lait québécois de 250 ml coûte entre 0,40 $ et 0,43 $.

Aux États-Unis, le gallon de lait (3,8 l)  se vend 1 $* (en moyenne ; dollars canadiens). Le verre de lait américain coûte donc 0,25 $.

En somme, les Québécois paient leur lait entre 15 et 18 sous de plus que de l’autre côté de la frontière.

La part du producteur

Maintenant, poussons le calcul un peu plus loin : combien le producteur de lait reçoit-il par verre de lait?

Au Québec, le prix brut reçu par le producteur (en 2011) est d’environ 0,20 $ par verre de lait. À cela, il faut retrancher environ un sou pour les frais de mise en marché (frais de transport, cotisation à l’Union des producteurs agricoles, dépenses publicitaires, etc.).

Aux États-Unis, le producteur reçoit 0,13 $ pour le même verre de lait. C’est moins. En revanche, il jouit d’une aide gouvernementale. S’il est difficile d’établir précisément combien les producteurs américains reçoivent d’argent public (ces données ne sont pas divulguées), une étude de 2011** estime que pour chaque litre de lait, le producteur américain reçoit 0,31 $ de l’État. Cela équivaut à 0,08 $ par verre de 250 ml.

Le montant du soutien étatique est une estimation. Sauf qu’en considérant la marge d’erreur, on peut établir sans trop se tromper que, qu’ils opèrent ici ou chez nos voisins du sud, les producteurs de lait reçoivent à peu près le même montant pour leur or blanc.

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La part du détaillant

Alors, pourquoi le lait est-il si cher au Québec? Ce n’est pas clair.

Manifestement, les détaillants et les transformateurs s’octroient des marges plus importantes au Québec.

« Selon un comité sénatorial, le lait coûte plus cher au Canada à cause de la plus grande concentration du commerce de détail », soutient François Dumontier, porte-parole de la Fédération des producteurs de lait du Québec.

Bien sûr, ce dernier milite pour sa paroisse. À son avis, le système en place au Québec, dit de « gestion de l’offre », est le meilleur pour garantir la santé financière des producteurs de lait… et même les Américains pourraient un jour l’adopter.

« Aux États-Unis, les producteurs sont victimes des grandes fluctuations du prix du lait, poursuit M. Dumontier. La crise du lait est réelle là-bas. D’ailleurs, ils cheminent tranquillement vers une forme de gestion de l’offre, comme au Québec. »

NOTES

* Parce qu’elles étaient plus complètes, et pour fins de comparaison, nous avons utilisé des données de 2011 pour effectuer nos calculs.

** Selon une étude de la Société Nielsen commandée par la Fédération internationale du lait.

 

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Dans ce cas, si les informations sont complètes,
les deux consommateurs semblent payer leur lait probablement le même prix. L’un le paie directement à l’achat l’autre, à l’achat et par ses impôts.

Sauf que les impôts sont, et de loin, beaucoup plus raisonnables aux USA qu’ici, au Québec…

Selon moi, le « deal » est beaucoup plus profitable au consommateur aux USA qu’au Québec où l’on engraisse une bureaucratie déjà obèse et qui, au final, ne nous procure aucun avantage.

Toutes ces subventions et aides étatiques devraient être totalement abolies!

Pourquoi a chaque fois personne ne parle de la qualité du lait? Le Québec a les normes les plus sévères. Nous devons produire du lait sous la barre des 400 000 ccs (concentration de cellules somatiques). Aux États-Unis ils permettent jusqu’à 750 000 ccs! On ne peux même pas comparer le lait de chez nous par rapport à l’autre coté de la frontière.

Je vous défie de reconnaître le lait canadien d’un lait américain dans un test à l’aveugle!

Du lait américain, j’en ai bu en quantité et je n’ai, au goût, vu AUCUNE différence avec le nôtre. Aucune!!!

De plus, quand avez-vous vu un empoisonnement au lait aux USA? Hein?

N’importe quoi…

Et que pensez vous de nos normes environnementales qui sont dans les plus sévères au monde?
Il y a juste les producteurs qui devraient assumer les énormes coût relié à cet aspect, mais qui conserne, et est exigé par toute la populations?

Pourquoi faire des comparaisons aussi difficiles à vérifier alors que en Ontario chez Sobeys le quatre litres 2% se vend 3.99$ ! A Dubuc a raison autre moyen de taxer les familles à faible revenu…