J’ai un shampooing keynésien

Je ne sais pas si c’est par pure coquetterie ou parce que je suis terrifié à l’idée un jour de me retrouver sans un poil sur le coco (disons deux tiers un tiers !), mais j’utilise depuis quelques années un shampooing qui aurait la propriété de stopper la chute des cheveux.

Ce produit n’est pas disponible en Amérique du Nord. Il se vend à fort prix dans les pharmacies européennes et j’en fais grande provision quand j’ai la chance d’aller me promener là-bas. Bien qu’il soit fabriqué par une multinationale très présente au Canada, l’entreprise n’a jamais essayé de la commercialiser ici. En Amérique du Nord, on ne lésine pas avec l’alopécie. C’est une question médicale qui se traite avec un médicament comme le monoxidil. La calvitie est d »ordre hormonal et fortement héréditaire, mais en France n’importe quel laboratoire cosmétique semble être capable de faire pousser des cheveux.

Pourquoi ce shampooing serait-il keynésien ? Quel peut bien être le rapport avec les prescriptions du célèbre économiste britannique qui a tant inspiré nos gouvernants ? Comme toutes les métaphores, celle que je propose a ses limites, mais je pense qu’elle rejoint assez bien l’esprit du keynésianisme.

En se disant anti-chute, ce shampooing aurait des propriétés quasi magiques. Est-il vraiment efficace ? Malgré des années de consommation, je n’en suis pas tout à fait sûr. J’ai moins de cheveux sur le crâne, mais cela aurait-il été pire sans ce shampooing « énergisant » ? C’est aussi l’un des meilleurs arguments des défenseurs de Keynes. Ils soutiennent que la situation économique aurait été beaucoup plus grave sans la mise en oeuvre de leur politique. Hélas, cela est difficilement vérifiable.

Le fabricant de mon fameux shampooing recommande d’utiliser en plus un « traitement anti-chute », vraiment hors de prix, pour s’assurer que les résultats promis se réalisent. Les économistes keynésiens font la même chose. Pour que leurs politiques fonctionnent, il faut appliquer une panoplie de politiques comme le refinancement du secteur financier, les déficits budgétaires massifs et les « facilités quantitatives » (en clair, imprimer plus d’argent). Si par malheur, vous oublier un traitement, vous êtes cuits dans les deux cas !

Enfin, il y a toujours ce doute. Si les cheveux ne repoussent pas et que l’économie ne décolle pas, c’est peut-être parce que vous avez lésiné sur la quantité. Vous avez triché en somme. Paul Krugman n’arrête pas d’écrire que les gouvernements doivent dépenser encore plus et les banques centrales doivent imprimer des billets encore plus rapidement pour que le résultat escompté se réalise enfin.

Le déficit américain est de 1 3000 milliards de dollars et les taux d’intérêt sont au plancher, mais il faudrait « stimuler » davantage l’économie. Tiens, « stimuler », c’est exactement le terme utiliser par les fabricants de mon shampooing…

Cela m’a pris du temps, mais je viens de quitter mon shampooing français miraculeux , pour un produit – vous allez rire – allemand. Un hasard, je vous le dis.

 

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Faites comme Gilles Parent (c’est un animateur de radio à Québec, il est 4e l’après-midi). Faites-vous raser le coco.

Tous les chauves utlisent ce truc maintenant.

La prochaine, au-lieu de faire des analogies boîteuses, ça vous dirait d’écrire un texte argumentatif avec de vrais arguments? Par exemple, pouvez-vous démontrer que les mesures d’austérités ont un meilleur effet pour stimuler la croissance? En soit, dire que la dette américaine est grande (vraiment? vous ne dites pas) n’est pas un contre argument.

Le keynésianisme ne peut fonctionner. Tout le système financier repose sur l’offre et la demande. En temps de crise, je me serre la ceinture, même si ça déplait à mon gouvernement.

Vous avez déjà connu quelqu’un qui avait une dette de 40 000$ sur sa carte de crédit et qui a été capable de se sortir du trou en doublant ses dépenses sur cette même carte? La seule réponse du keynésianisme au problème du surendettement et de la surconsommation est encore plus de dette et encore plus de consommation.

Je le répète, le keynesianisme brise trop de règles élémentaires de la finance. Le Japon, depuis 20 ans, tente de sortir de crise en imprimant de l’argent (keynésianisme). Résultat? Une dette au PIB de 240% et une croissance de 1%.

Malheureusement, je sais très bien que la populace préfère l’argent gratuit à l’austéristé. Qui veut se serrer la ceinture quand on peut voter pour l’autre politicien qui promet de l’argent neuf et d’abaisser l’âge de la retraite? Puisque je comprends bien l’imbécillité du cycle politique et que, au final, les gens voteront pour la « solution » facile, j’ai en place un superbe « hedge »: les métaux précieux. Historiquement, chaque fois que les gouvernements ont nettoyé l’excès de dette par l’inflation, ceux-ci ont maintenu le pouvoir d’achat du détenteur. L’histoire se répétera.

Bon, je sais que ça n’a rien à voir avec l’économie, mais si vous redoutez à ce point la perte de vos cheveux, pourquoi pas une greffe capillaire? J’ai des amis qui y ont eu recours et se disent très satisfaits du résultat.

keynes était un idiot! Il ne résonnait qu’à court terme! Maintenant nous sommes à long terme et keynes est mort! (et on est dans la mer**!).
le plus marrant c’est que si ce shampoing existait vraiment, il finirait complètement chauve, à moins de mourir très jeune 😉
Enfin ce n’était qu’un homme en fait, les vrai idiots sont ceux qui l’ont déifié, heureusement la crise qui arrive sera un déicide de ce mythe.

Il faut être prudent, M. Duhamel… On pourrait aussi vous vendre un produit qui vous rendra chauve du jour au lendemain. Il n’y a pas de recettes miracles pour tous les problèmes. Comme on dit, if it sounds too good to be true it probably is…

» Il n’y a pas de recettes miracles pour tous les problèmes. »

Mais si : moins d’intervention du gouvernement = moins de problèmes économiques

Jply : vous vous attendez sans doute à une analyse en profondeur qui ne prendra pas plus de temps à lire que de finir votre café ? Ne soyes pas si paresseux.

« ” Il n’y a pas de recettes miracles pour tous les problèmes.”

Mais si : moins d’intervention du gouvernement = moins de problèmes économiques »

Dites ça aux gens, s’ils seraient en vie, de 1929, lors du premier krash boursier. Le gouvernement était pratiquement non-interventionniste, et pour sauver le marché, ils se sont mis à intervenir afin d’empêcher que des crises du genre arrive. Moins d’intervention du gouvernement, c’est plutôt le contraire, et plus de crash boursier, plus de difficulté..

On a souvent parlé de l’effet placebo, notamment en médecine clinique expérimentale ; si ce n’est qu’on le veuille ou pas, dans plusieurs cas, les résultats cliniques positifs sont au rendez-vous, lorsque la molécule sophistiquée et coûteuse fait « chou blanc ».

La psychologie montre que toute chose qui quand elle ne fait pas de mal ; a de bonnes chances de faire du bien, que les mots et la parole bien formulée qui accompagne la fourniture d’un produit ; ont aussi un effet positif sur la vie.

Certaines disciplines orientales ont illustré qu’il existe en toutes choses un principe vertueux et son inverse. Que tout ce qui soutient la vie, la croissance est un savant mélange de tous les principes.

Lorsque survient des pertes, que ce soit des poils, la santé, de l’amour ou de l’argent… c’est l’expression qu’il y a un conflit, on parle aussi de « nœud ». Il s’établit une brouille entre l’être que nous somme matériellement et celui vers lequel nous allons. Certains parlent d’invisible ou de métaphysique ou tout ce qui relève du plus grand que nous.

La difficulté est bien de dénouer (d’autant que le nœud vient rarement seul) pour rétablir la balance, la paix, l’équilibre, l’harmonie. Je pense que Keynes dans son domaine de prédilection savait parfaitement qu’une économie ne se construit pas durablement sur la base de conflits ; qu’il faut dénouer beaucoup de nœuds pour établir une maillage de relations commerciales et amicales durables qui en toute fin mettent en place des dispositifs qui génèrent l’abondance laquelle donne un sens très beau au terme de profit.

C’est parce qu’aujourd’hui tous les centres de contrôles se sont éloignés de la base, qu’aucune solution de fonctionne vraiment. A quoi sert le meilleur shampoing si on n’a ni eau, ni main pour frictionner sa tête et s’il n’y a personne pour vous dire qu’on vous apprécie ?

L’argent c’est le nerf de la guerre, il permet d’apaiser bien des maux ; s’il ne coule pas comme de l’eau et si la tuyauterie (l’ingénierie financière) n’est pas configurée de sorte que cet argent ruisselle en tous lieux et en toutes parts ; eh bien c’est le chaos. Si la direction opérationnelle n’est pas sur le champ de bataille mais dans des « bunkers » ou dans des châteaux, aucune relance ne pourra rendre l’espoir et la confiance aux gens.

Toutes les formes artificielles de rétentions sont à la base de bien des ennuis. Ce n’est donc pas pour rien qu’il faut boire de l’eau.

« Par exemple, pouvez-vous démontrer que les mesures d’austérités ont un meilleur effet pour stimuler la croissance? »

Faut pas stimuler la croissance, faut juste vivre selon nos moyens sans endetter des générations entières.

Et c`est sûr qu`une famille super endetter qui n`a pu le choix et qui doit vivre selon ses moyens et payer ses dettes, doit oublier la croissance et sa belle vie d`auparavent. C`est la même chose pour un pays ou un état/province.

« Dites ça aux gens, s’ils seraient en vie, de 1929, lors du premier krash boursier. Le gouvernement était pratiquement non-interventionniste, et pour sauver le marché, ils se sont mis à intervenir afin d’empêcher que des crises du genre arrive. »

Légende urbaine inventée par les membres de la secte étatiste. Durant les années 20, le gouvernement fermait de plus en plus les frontières au commerce, et la Fed imprimait à fond la planche d’impression. En 1929, Hoover a fermé les frontières au commerce, augmenté les impôts de façon prohibitive et hyper réglementé l’économie; FDR a, en plus, mis fin à l’étalon-or.

ABSOLUMENT TOUTES les crises économiques des 100 dernières années tirent leur origine de l’intervention des gouvernements

Une bonne partie du déficit américain (700 milliards $) provient des réductions d’impôt consenties par Bush aux plus nantis. Ce qui n’a rien à voir avec la théorie de Keynes !

Vous vous êtes fait berner M. Duhamel avec votre champoing. Tous les cheveux de tout le monde tombent. Personne n’y échappe, tous les cheveux vivent de 4 à 6 ans.

Votre problème M. Duhamel, est que vos cheveux ne repoussent pas. Donc inutile d’essayer de les empêcher de tomber.

J’espère que vous êtes moins naïf en économie.

Imaginez une pharmaceutique qui vend un shampooing qui est supposé faire pousser les cheveux mais qui n’a aucun effet chez les gens qui utilisent ce produit.

Imaginez que la pharmaceutique se défendent en disant: « sans notre shampooing ça aurait été pire et ça sera encore moins pire si vous utilisez encore plus de shampooing ».

Je me demande si les gens accepteraient cet argument…

Keynes = snake oil saleman.

Vous l’aimez votre capitalisme?

Vous l’aimez votre entreprise privée?

Vous trouvez qu’on paie trop de taxes et d’impots?

Vous croyez au Plan Nord?

Vous croyez que c’est le temps d’exploiter nos ressources parce que les prix sont bons?

Alors, pourriez-vous m’expliquer pourquoi le Gouvernement du Québec vient de faire un prêt de 58 millions pour relancer une mine d’amiante?

Croire qu’on peut relancer une économie en récession par des mesures de restriction budgétaire et des hausses d’impôts et aussi perspicace que d’espérer perdre du poids en mangeant du fastfood! Avant de critiquer Keynes, M. Duhamel, il serait peut-être utile d’abord de le comprendre. Vous semblez confondre politique budgétaire et monétaire. Keynes suggérait de relancer une économie en récession par une politique expansionniste (baisse d’impôt et augmentation des travaux publics)et d’EFFACER ce déficit une fois l’éconimie remise sur ses rails par une politique restrictive qui ramènerait un SURPLUS budgétaire. Ce n’est pas à Keynes qu’il faut s’en prendre mais aux politiciens comme Charest et Harper!

Chère Virginie,

Et c’est tout le problème de Keynes. Le célèbre « money multiplier » n’a JAMAIS démontré ses preuves autrement qu’en théorie. En théorie, les états dépensent plus en temps de crise et effacent les déficits une fois l’économie remise sur les rails. En THÉORIE. Or, en PRATIQUE, l’austérité a fait ses preuves: Estonie, Islande, Russie, Suède, etc. ont tous connus de grands chocs banquiers mais ont choisi de répudier la dette et ensuite embarquer sur des programmes d’austérité.

Vous connaissez le rôle joué par les taux d’intérêt sur le coût du capital? Dans ce cas, vous savez aussi bien que moi que les États-Unis, le Japon et l’Europe ne pourront plus jamais normaliser les taux d’intérêt. Et oui, à des taux normalisés de 5,5%, le coût du capital aux États-Unis gruge 55% du budget. Game over. Chers Keynésianistes, vous allez accepter votre responsabilité accablante pour la faillite collective des états? Bien sûr que non. Krugman affirmera: « nous sommes dans le pétrin parce que le déficit était trop petit ». Krugman sait qu’on ne peut, empiriquement, démontrer le contraire. C’est le shampoing magique de M. Duhamel.

Les kleptocrates, les banquiers corrompus et les politiciens véreux qui ne cherchent que la réélection, n’aiment pas la déflation, tout comme la faillite, pourtant deux conditions essentielles d’un système véritablement capitaliste. Les keynésianistes détestent la déflation parce que celle-ci permet au système de nettoyer les excès de dette d’une façon tout à fait naturelle: les gens compétents achètent, à rabais, les avoirs des gens incompétents. Mais c’est sans connaître nos PhD de Princeton et de Harvard (qui n’ont jamais eu un emploi dans le secteur privé d’ailleurs), qui estime mieux connaître la valeur des avoirs et des biens en immobilisation que les entrepreneurs privés qui travaillent dans le domaine depuis des décennies. Une véritable imposture.

Aujourd’hui, il n’y a plus de capitalisme. Les grandes banques et les grandes entreprises achètent les politiciens à rabais (socialisme des riches) et les politiciens achètent la paix auprès des plus démunis (socialisme des pauvres) grâce à de grands programmes pour « stimuler » l’économie (et pourquoi pas abaisser l’âge de la retraite, une mesure tout aussi populaire. On écrase les générations suivantes sous une dette suffocante, mais on le sait, les socialistes français en ont rien à foutre des générations suivantes). Pourtant, les conséquences à long terme pour les plus démunis sont HAUTEMENT plus néfastes dans un monde inflationiste que dans un monde déflationiste. Ce sont, après tout, les pauvres qui vivent des ristournes du gouvernement et qui n’ont aucun moyen de se défendre contre les augmentations trop rapides du coût de la vie.

Bref, nous arrivons à la fin d’un système de crédit/fiat money dont Keynes aurait pu être très fier. Comme le veut la FED, l’argent papier finira par perdre le reste de sa valeur (depuis la création de la FED en 1913, le dollar américain a perdu 96% de sa valeur).

L’autre solution, c’est Hayek et Von Mises: vivre selon nos moyens.

Mais ça, pour les adeptes de Keynes, ce n’est pas envisageable.

Jusqu’à la Grande Dépression des années 1930, les gouvernements croyaient à TORD que les gouvernements devaient équilibrer leurs budgets annuellement. Cela avait pour effet d’AMPLIFIER l’ampleur des cycles économiques. Pourquoi? Quand une récession se produisait, le gouvernement devait sabrer dans ses dépenses parce que ses revenus fiscaux diminuaient, agravant en cela les récessions. En surchauffent, ses dépenses agravaient l’inflation. L’idée GÉNIALE de Keynes fut d’équilibrer le budget non pas annuellement mais sur un CYCLE économique. Quand j’entend des spposés spécialistes en économique nous suggérer de revenir aux politiques budgétaires qui ont PROVOQUÉ la Grande Crise, les bras m’en tombent!!!

« Une bonne partie du déficit américain (700 milliards $) provient des réductions d’impôt consenties par Bush aux plus nantis. »

L’explosion des dépenses NON militaire n’a évidemment rien à y voir…

» il serait peut-être utile d’abord de le comprendre. Vous semblez confondre politique budgétaire et monétaire. Keynes suggérait de relancer une économie en récession par une politique expansionniste (baisse d’impôt et augmentation des travaux publics) »

Keynes prône de la consommation, alors que c’est justement la consommation (en capital) qui cause les dépressions (à cause de taux d’intérêts artificiellement bas)

Parlons de cycle économique.

Vous pouvez me donner le nom de l’ouvrage de Keynes qui donne le remède miracle pour régler les problèmes de NOTRE cycle économique?

Voici les données de notre cycle actuel:

*social security (unfunded liabilities – 53 trillions)
*Medicare A and B (unfunded liabilities – 20-23 trillions)
*retraite des babyboomers et course démographique désastreuse à l’horizon (2 travailleurs pour un retraité en 2030)
*valeur approximative des produits dérivés et de la dette globale = 850 trillions à 1 quadrillions.
*moyenne dette au PIB des secteurs privé, public ainsi que des « unfunded liabilities » des cinq plus grosses économies: 450%.
*coût (dette) de chaque dollar de croissance de PIB aux États-Unis depuis 2007: 1,40$. Bref, pour générer 1$ de croissance, ça nous coûte 1.40$. Et c’est sans compter les intérêts de la dette…
*Finalement, dette des États-Unis en 2007 (5.6 trillions); dette en 2012 (15.2 trillions).

Oui, les bras me tombent aussi quand je lis les écrits des idoles de Keynes. Mais à force de les lire et de lire Krugman, je comprends maintenant mieux le comportement récidiviste des fous: pour ouvrir une porte fermée, il faut frapper avec sa tête et non utiliser sa main. Et si tu n’arrives pas à l’ouvrir, c’est que tu ne frappes pas assez fort. La porte finira par bien par s’ouvrir…

Lisez Hayek et, tout récemment, James Rickards. Nous pourrons enfin débattre des vrais causes (et non, ce n’est pas l’étalon or qui a provoqué la dépression)

@ monsieur Marquis (#19)

Quoique vos commentaires ne m’étaient pas adressés, permettez-moi de répondre en partie à vos propos qui à tous égards s’adressent à tout le monde. Si vos arguments sont pertinents sur plusieurs aspects, je relève pourtant que vous éludez un point essentiel dans ce qu’on appelle les : « dettes », en l’occurrence de savoir qui la détient. Cette variable est importante notamment pour les agences de notations. De la même façon, vous ne mentionnez pas le fait que les dettes (pour aussi incroyable que cela soit) ont aussi une valeur. De même, vous omettez de dire que beaucoup de dettes contractées ont aussi permis de créer de la valeur (ne serait-ce des infrastructures par exemple).

La dette est un produit en soi, ce qui importe est bien sa structure, tout comme l’usage lorsque celui-ci sert à produire des valeurs ; lorsqu’il permettra encore d’ajouter de la valeur partout dans le monde.

C’est ce qui explique que la dette des Etats-Unis quoique considérable, ne pose toujours pas de problème. Puisque la valeur de ce pays et sa capacité de créer et produire de la valeur reste importante non seulement dans ses frontières civiques mais aussi avec l’ensemble des nations participantes.

– En ce sens, ce que j’écris ne vient pas même contre dire les écrits de Ludwig von Mises puisque toutes choses doivent être saisies en matières relatives.

Vous évoquez encore, la question de la déflation que vous présentez telle la solution de toutes les problématiques, comme si la déflation avait un effet purificateur, cela n’est hélas pas prouvé ; pas plus que l’inflation serait la seule cause de nos problèmes d’ailleurs. Vous esquissez toutefois un point intéressant ; c’est le fait que la valeur de toutes choses ne peut augmenter indéfiniment (ce qui souligne la subjectivité attribuée à toute valeur). C’est vrai pour les dettes, c’est vrai pour les salaires (et autres revenus), c’est encore vrai pour le prix que vous devez acquitter pour tout produit ou service. Il conviendrait en effet de créer plus de valeur par l’ajustement de la valeur de toutes choses. Si ce n’est que cette approche n’est pas déflationniste, elle est simplement progressiste. Elle touche directement à la « praxis » dont a fait état von Mises comme d’autres philosophes d’ailleurs ; ce qui met l’économie à sa place en tant que science humaine et sociale.

En outre, je trouve choquante l’opinion que vous nourrissez envers les socialistes français – qui n’auraient suivant vos mots : « rien à foutre des générations suivantes » – comme s’il eut été vrai qu’ils eussent pris le parti de sacrifier leurs propres enfants.

Si les États n’en profitent pas (lorsqu’ils dégagent de surplus) pour adopter des politiques plus rigoureuses à fin de rééquilibrer les comptes ; je ne comprends pas pourquoi, ni comment on devait en faire porter la responsabilité sur Keynes. Lorsque la responsabilité incombe en démocratie au peuple qui de par sa nature est souverain dans ses choix. Faudrait-il dire alors que c’est le peuple qui soit incompétent, pour conclure qu’il faudrait confier à des despotes éclairés ou peut-être à quelques compagnies privées le soin d’exercer les pleins pouvoirs pour seule fin qu’ils puissent nous instruire et nous guider ?

« Jusqu’à la Grande Dépression des années 1930, les gouvernements croyaient à TORD que les gouvernements devaient équilibrer leurs budgets annuellement. »

ça fonctionnait jusqu’en 1920 aux ÉU, et ça a fonctionné en Estonie aujourd’hui

» L’idée GÉNIALE de Keynes fut d’équilibrer le budget non pas annuellement mais sur un CYCLE économique »

ce qui n’est (presque) jamais arrivé. Pour le reste : depuis Keynes, la croissance économique est au ralenti, et le sophisme de la vitre cassée est vu comme une vérité

« que les dettes (pour aussi incroyable que cela soit) ont aussi une valeur »

– Les dettes en immobilisation ont une certaine valeur. Les dettes des gouvernements pour gonfler les salaires fonctionnaires, non. Idem pour les promesses (dettes) de ce que l’on appelle « unfunded liabilities ». Ces dettes volent le capital des générations futures, voilà tout. Aujourd’hui, la dette contractée n’est plus pour créer des immobilisations qui vont durer 50 ans; elles servent à consommer et à consommer encore, plus vite et plus fort. En ce sens, la dette ne contient aucune valeur puisque la « croissance » disparaît à la même vitesse que l’on produit de nouvelles générations d’Iphone.

« C’est ce qui explique que la dette des Etats-Unis quoique considérable, ne pose toujours pas de problème. »

-Je suis en désaccord. Oui, l’argument classique, le service de la dette aux États-Unis est moins élevé qu’il y a 10 ans. Mais cet argument cache un danger autrement plus grand: les taux d’intérêt, s’ils venaient à se normaliser (qui est de plus en plus improbable en raison de la nature ponzi des finances publiques américaines), amènent presque immédiatement les États-Unis en défaut de paiement (Kyle Bass a écrit un excellent article sur le coût du capital aux États-Unis). Donc, pas de problème maintenant; la catastrophe sera dans le futur.

« déflation que vous présentez telle la solution de toutes les problématiques »

-La déflation lorsqu’elle est accompagnée de la répudiation de dette! Les mesures prises en Europe, qu’elles soient d’austérité ou de croissance, ne mèneront à rien, parce qu’il y a trop de dette. L’histoire montre que les pays qui répudient la dette, d’une part, et embarquent sur des programmes d’austérité, d’autre part, s’en tirent à moyen et long terme. À quand les vrais débats?

« je trouve choquante l’opinion que vous nourrissez envers les socialistes français – qui n’auraient suivant vos mots : « rien à foutre des générations suivantes »

– Critique acceptée. Toutefois, je peine à trouver des gouvernements socialistes qui sont prêts à affronter le présent pour assurer le futur. S’attaquer à la dette avant d’y être forcée par une décote, c’est une réalité presque exclusive à la droite. Malheureusement.

« Si les États n’en profitent pas (lorsqu’ils dégagent de surplus) pour adopter des politiques plus rigoureuses à fin de rééquilibrer les comptes ».

-Et c’est tout le problème de Keynes! Regardez la vague de changement aux États-Unis. Je lisais un article qui disait que la génération 18-34 considère que l’achat d’une maison n’est pas souhaitable. Ces mêmes enquêtes expliquent que les jeunes Américains ont bien l’intention de ne pas les erreurs de leurs parents, ces derniers ayant vu leur valeur nette s’effondrer en 2007. Bref, les jeunes Américains se serrent déjà la ceinture, louer un appartement est redevenu « cool » et, plus préoccupant pour les keynésianistes, cette tendance ne va pas s’inverser de sitôt alors que l’avenir semble aussi sombre.

Voilà pourquoi le Keynésianisme est voué à l’échec: l’état ne peut, même à coup de trillions, inverser la volonté de toute une génération. Je le répète: plus le gouvernement intervient dans les marchés et cherche à forcer les gens à dépenser afin de créer de l’inflation, plus la crise sera grave et prolongée.

« Faudrait-il dire alors que c’est le peuple qui soit incompétent, pour conclure qu’il faudrait confier à des despotes éclairés ou peut-être à quelques compagnies privées le soin d’exercer les pleins pouvoirs pour seule fin qu’ils puissent nous instruire et nous guider ? »

-Propos très intéressants, mais nous sommes à quelques centaines d’années d’un tel gouvernement. Les libertariens aux États-Unis vous crucifieraient pour de telles hérésies.

@ monsieur Marquis, (#25)

– En réponse à vos propos. Je vous dirais simplement que je suis bien d’accord avec vous qu’on ne peut indéfiniment faire croître ses dettes, d’autant comme vous le relevez vous-même que toutes les dettes ne sont pas identiques.

Certaines dettes en effet sont contre-productives. Vous m’accorderez, d’ailleurs vous ne contredisez pas mes propos relatifs à la structure de la dette, qu’il y a bien nécessité de restructurer l’ensemble des dettes pour éviter de fragiliser l’économie pas une hausse possible des taux d’intérêts. Toutefois, ce qui en principe justifie des taux d’intérêts élevés, ce sont l’ensemble des facteurs de risques (et non pas l’avidité des préteurs). Si les taux d’emprunt de la Grèce sont prohibitifs, c’est parce que le risque est énorme. Si l’Espagne a de la difficulté à se financer à moins de 5,5% (le « point of no return » selon Barclays Capital), c’est avec ses banques à la dérive parce que le risque augmente, bien que l’économie espagnole soit encore une des plus performantes d’Europe et même une des plus prometteuses, encore faut-il se donner les outils de ce développement.

L’élimination des facteurs de risques est une police d’assurance pour conserver des taux d’intérêts plus bas.

Qu’on le veuille ou pas, certaines mutations devraient se produire dans le temps et rien n’indique en effet que certains poncifs sur lesquels s’étaient fondés l’économie politique (et non pas la science économique) ne soient sur le point d’éclater.

Les objectifs recherchés (du moins c’est la façon dont je le comprends) ne sont pas d’augmenter la consommation pour la consommation mais plutôt de remettre la production (de diverses valeurs) au cœur du développement économique. Ce que relèvent des économistes comme Paul Krugman entre autre, c’est que les Etats-Unis sont encore en deçà de leur capacité réelle de production. Que l’Irlande s’enlise dans le chômage, que même l’Allemagne pourrait voir sa production industrielle se contracter (la tendance est déjà amorcée), que des pays émergeants comme le Brésil notamment ne peuvent garantir leur développement par le seul accroissement de leur marché national.

J’aimerais qu’on m’explique comment un État peut réaliser des surplus pour ainsi résorber ses dettes lorsqu’il perd chaque jours des contribuables. Le premier travail étant de stabiliser le système, puis ensuite de le nettoyer progressivement de toutes formes de dettes toxiques. Quoiqu’il en soit, c’est un travail de longue haleine qui pourrait prendre plusieurs décennies à moins que les grandes économies du monde ne décrètent entre temps de quelques moratoires sur les dettes.

Vous noterez que nous sommes bien dans des termes de shampoing….
– C’était un plaisir d’échanger avec vous.

S’il suffisait d’imprimer de l’argent ou de s’endetter pour régler les problèmes économiques, il n’y aurait AUCUN pays pauvre sur terre !!

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