J’ai une forêt pour toi

 

De plus en plus de citadins en mal de nature acquièrent un petit coin de forêt dans les Hautes-Laurentides. « Ils s’achètent un terrain de jeux », résume Roger Lapointe, préfet de la MRC d’Antoine-Labelle, située à 225 km au nord de Montréal. « Ils y font du ski de fond, de la raquette, des promenades dans les bois… » Mais ne construisent pas de maisons !

Résultat : les prix des lots boisés ont crû à la vitesse d’un érable argenté au cours des dernières années. Un lot de 100 acres (40 hectares) – l’équivalent du parc La Fontaine, à Montréal -, qui valait 25   000 dollars il y a 10 ans, se vend aujourd’hui 80   000 dollars. Une augmentation de 220 %. Chaque année, 150 lots boisés changent de main dans la MRC d’Antoine-Labelle.

Le préfet voit d’un bon œil la présence des citadins, mais estime que ceux-ci devraient faire plus sur leur lot. « S’ils faisaient un plan d’aménagement (coupe sélective, élagage, etc.), cela créerait de l’emploi chez nous et de la richesse pour eux, dit-il. Plus de 60   000   m 3 de bois pourraient être prélevés dans ces forêts privées, assez pour faire vivre une petite scierie. » Le bois se vend en ce moment environ 250 dollars le mètre cube.

La MRC d’Antoine-Labelle est frappée de plein fouet par la crise forestière. Depuis cinq ans, 2   000   travailleurs de la forêt ont perdu leur emploi, sur une population totale de 35   000 personnes. « Près de 25 % de notre population vit soit du chômage, soit de l’aide sociale », dit Roger Lapointe.