« Je veux devenir l’Amazon de la robotique »

Mario Tremblay aime bien l’émission Dans l’œil du dragon, où des entrepreneurs défilent devant cinq multimillionnaires pour les convaincre d’investir dans leur produit. 

Palmarès 2013 Leaders de la croissanceRobotShop Distribution

Classement au palmarès des Leaders de la croissance : 19e

Activité: Vend en ligne des robots et du matériel de robotique

Chiffre d’affaires en 2012: entre 5 et 10 millions

Nombre d’employés en 2012: 19

Croissance 2007-2012: 440 %

Mario Tremblay aime bien l’émission Dans l’œil du dragon, où des entrepreneurs défilent devant cinq multimillionnaires pour les convaincre d’investir dans leur produit. Il a souri en 2013 quand un participant s’est présenté avec des robots destinés à initier les écoliers aux sciences et qu’aucun dragon n’a voulu investir, jugeant la concurrence américaine trop forte.

Ce Jeannois de 41 ans, ex-militaire diplômé en robotique, avait deux bonnes raisons de rire dans sa barbe : l’entreprise qu’il a cofondée avec sa conjointe, Sandra Fradet, 36 ans, vend aussi des robots et elle a connu une croissance de 440 % de 2007 à 2012. Et ce concurrent américain qui faisait si peur aux dragons ? Elle l’a acheté !

Mario Tremblay (Photo © Joannie Lafrenière)
Mario Tremblay (Photo © Joannie Lafrenière)

Le couple a fondé RobotShop il y a 10 ans. Aujourd’hui, l’entreprise de Mirabel distribue plus de 5 000 produits robotisés (pièces, robots prêts à assembler, aspirateurs et même bacs à litière pour chats !) provenant de 250 fabricants dans le monde. Ses clients sont des ingénieurs, des entrepreneurs, des bricoleurs du dimanche et des écoles.

Le secteur éducatif, selon les deux associés, est appelé à croître. Voilà pourquoi, il y a un an, ils ont acheté l’américaine Lynxmotion, l’un des plus anciens fabricants de robots en kit en Amérique du Nord. L’entreprise comptait déjà plus de 5 000 écoles aux États-Unis parmi sa clientèle.

« Les cours de robotique à l’école sont très populaires aux États-Unis. C’est une façon d’intéresser les jeunes aux sciences et de contrer le décrochage », souligne Sandra Fradet.

La jeune chef des finances, diplômée en gestion, s’occupe des finances et des opérations de RobotShop, tandis que son conjoint, président, est responsable de l’innovation et de la recherche et développement.

Mario Tremblay était étudiant quand lui est venue l’idée de lancer un site Web pour vendre des pièces servant à fabriquer des robots. « Pour m’amuser, j’avais décidé de construire un robot qui détectait mon chat ! » dit-il. L’expérience lui démontre que trouver les bonnes pièces est compliqué, d’où le projet de créer un guichet unique pour tout commander au même endroit.

RobotShop réalise la moitié de ses ventes aux États-Unis, le reste au Canada et en Europe. Très peu (5 %) sont conclues au Québec. Elle expédie ses robots jusqu’en Inde et au Sri Lanka… Depuis quelque temps, le géant Amazon courtise l’entreprise pour offrir ses robots sur son site Internet, mais Mario Tremblay refuse. « Je préfère devenir moi-même l’Amazon de la robotique ! »

Le robot du futur ? « Oubliez l’humanoïde qui va faire votre vaisselle ! dit-il. On verra plutôt différents produits optimisés pour la tâche qu’ils ont à accomplir, que ce soit laver les vitres, tondre le gazon ou nettoyer la piscine. » Le secteur médical et les robots de télésurveillance sont aussi promus à un bel avenir, mentionne le couple d’entrepreneurs, qui a cet été acheté un terrain de 100 000 pi2 dans le parc industriel de Mirabel pour y construire un nouveau bâtiment devant s’ajouter à celui de 60 000 pi2 qu’il possède déjà.

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