« Je veux réussir le passage à la génération suivante »

Le Plan Nord, Marc Riverin l’a vu venir bien avant l’annonce officielle, en mai 2011.

Marc Riverin (Photo © Claude Mazerolle)
Marc Riverin (Photo © Claude Mazerolle)

Palmarès 2013 Leaders de la croissanceRénald Côté 2007

Classement au palmarès des Leaders de la croissance : 2e

Activité : Fournit de la machinerie lourde pour les grands chantiers de construction

Nombre d’employés en 2012 : 269

Chiffre d’affaires en 2012 : Entre 100 et 250 millions

Croissance (2007-2012) : 2 605 %

Le Plan Nord, Marc Riverin l’a vu venir bien avant l’annonce officielle, en mai 2011. En fait, l’entrepreneur y pensait déjà en 2007, au moment où il a racheté cette petite société d’excavation et de génie civil au bord de la faillite. « Aucun entrepreneur de Baie-Comeau ne voulait aller au nord, mais moi, j’ai vu que les mines se développaient. »

C’est donc sur cette vague que RCI a surfé avec sa machinerie lourde, et vu son chiffre d’affaires croître de 2 605 % en cinq ans.

Le PDG, Marc Riverin, 64 ans, voudrait certes doubler la taille de son entreprise de 269 employés d’ici cinq ans, mais il souhaite aussi prendre sa retraite. Il devra pour cela réussir le passage à la génération suivante, un processus toujours épineux.

Le vice-président, Mario Laberge, 56 ans, possède déjà 16 % des actions de la société. Marc Riverin travaille à ce que d’autres cadres, ainsi que ses filles, Christine, 40 ans, et Nadine, 37 ans, puissent racheter la participation de son associé, Michel Miller, qui se retire actuellement, puis la sienne. Son plan de transition nécessite le soutien financier d’Investissement Québec, de la Banque de développement du Canada et de la Caisse de dépôt et placement.

À première vue, ce fleuron économique baie-comois a toutes les apparences d’un gros parc de camions Tonka. RCI exploite 150 engins, dont 18 camions de 60 tonnes et 19 camions de 40 tonnes. Selon Marc Riverin, le défi de la prochaine génération ne concernera pas la machinerie, mais le service.

Le siège social de RCI est à Baie-Comeau, mais Marc Riverin passe la moitié de l’année à Fermont. Son entreprise y est d’ailleurs propriétaire de 10 maisons, elle est en train d’en construire 7, et elle en loue 40, toutes pour loger ses employés. Un gigantesque garage de 300 m sur 200 y est également en construction. « Le patron doit être sur place, dit celui-ci. Pour donner un bon service et suivre les affaires des clients, il faut y mettre du temps. Je dis souvent à mon monde : “Vous jouerez au golf quand vous prendrez votre retraite !” »

Son plan de transition en vue de sa propre retraite sera d’autant plus délicat que la conjoncture est défavorable au secteur minier. Deux sociétés minières au Québec et une troisième au Labrador ont mis leur projet en veilleuse. Le plan d’ouvrir une troisième ligne de chemin de fer entre Sept-Îles et le Labrador est tombé à l’eau. Et l’aluminerie Alcoa fermera deux cuves à son usine de Baie-Comeau en août 2014.

Même s’il vient de recevoir une offre — une autre ! — pour soumissionner des travaux d’excavation et de génie civil en Afrique, Marc Riverin considère que son avenir immédiat se jouera au Labrador. Car les projets et chantiers y demeurent considérables : des mines, le barrage de Muskrat Falls, de nouvelles lignes à haute tension…

RCI vient d’ailleurs d’ouvrir un bureau à Labrador City et a obtenu tous les permis d’exploitation requis. Et il y a désormais la route du Labrador, terminée depuis 2011. « Je reste dans le Nord », dit Marc Riverin.

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