Jim Flaherty, un solide ministre des Finances

«Jim Flaherty n’était pas le politicien le plus charismatique, mais il resté huit ans au poste le plus stratégique du gouvernement sans trop faire de vagues et sans trop se faire d’ennemis», résume le blogueur Pierre Duhamel.

Jim Flaherty a été un bon ministre des Finances.

Blogue Economie

Il n’était pas le politicien le plus charismatique, mais il resté huit ans au poste le plus stratégique du gouvernement sans trop faire de vagues et sans trop se faire d’ennemis.

Il était constant et raisonnable. C’est là, peut-être, sa plus belle réussite.

Jim Flaherty faisait partie d’un parti et d’un gouvernement très à droite qui faisait de l’équilibre budgétaire un dogme absolu. Pourtant, il a engagé 40 milliards de dollars de dépenses publiques et sabré les impôts de 20 milliards dans son budget 2009-2010 pour atténuer les effets de la récession.

Les contribuables l’ont aimé. Il a réduit la taxe de vente fédérale de 7 % à 5 %, diminué les impôts personnels et ceux des sociétés et créé le compte d’épargne libre d’impôt, le CELI.

Les provinces ne l’ont pas détesté, puisqu’il a accru et maintenu leurs paiements de transferts, et ce, malgré les déficits fédéraux.

Par contre, je l’ai trouvé obstiné dans son désir d’implanter une commission nationale des valeurs mobilières, même si le système actuel protège bien les investisseurs canadiens.

Qui lui succèdera ? Pourquoi pas Joe Oliver, le ministre des Ressources naturelles ? Comme Jim Flaherty, c’est un Québécois d’origine, et son français est bien meilleur que le ministre démissionnaire.

* * *

À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.

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3 commentaires
Les commentaires sont fermés.

La démission de monsieur Flaherty est une demi-surprise. L’an passé plusieurs rumeurs circulaient sur son état de santé, j’espère donc pour lui que ce n’est pas la vraie raison de son départ.

Quoiqu’il en soit monsieur Flaherty aura établi un record puisqu’il n’a présenté pas moins de 10 budgets fédéraux successifs. L’homme a su faire sa marque sur la scène international, il s’est montré être un des ministres des finances parmi les plus écouté du G-8 et du G-20 notamment et plusieurs politiques canadiennes ont été une source d’inspiration pour plusieurs autres nations.

Sa politique pragmatique a contribué à maintenir la très bonne côte de crédit du Canada. Il est parvenu jusqu’à présent à endiguer la surchauffe due à la « bulle spéculative » sur l’immobilier, ce qui est une sorte de « tour de force » en soi puisque le Canada dont la valeur des biens immobiliers est surévaluée en moyenne d’au moins 60% selon l’OCDE aurait pu très bien écoper.

Ainsi les détenteurs de biens immobiliers peuvent dire un « gros » merci à monsieur Flaherty.

En conclusion, on peut dire que le Canada a été plutôt bien servi avec ses ministres des finances depuis l’excellent Paul Martin.

Nous verrons si monsieur Oliver s’attirera le même coefficient de sympathie. Il n’est pas en odeur de sainteté pour sa conduite des négociations notamment avec le pipeline de Keystone XL.

Bravo pour le CELI et aussi pour une certaine retenue dans les dépenses fédérales.

Sa faute principale c’est pour avoir permis à la SCHL d’assurer les hypothèques 0 comptant sur 40 ans en 2006. Il ont un peu reculé depuis mais le mal était fait. L’endettement des ménages a explosé, un problème qui a contribué à la désindustrialisation du pays et qui va peser sur l’économie Canadienne pour des années à venir.

C’est uen faute très grave et à cause de ça je dis non il n’a pas été un bon ministre des finances.

Vous écrivez: « »Par contre, je l’ai trouvé obstiné dans son désir d’implanter une commission nationale des valeurs mobilières, » » » Ne croyez vous pas qu’une plus grande prudence, face aux marchés financiers, est de mise !!! Et que c’est en grande partie, à cause d’une plus meilleure règlementation du marché bancaire au Canada que la crise de 2008 n’a pas eu des effets aussi dévastateurs, ici en comparaison des USA. Ou des millions de ménages de de classe moyenne ont perdu leur demeure…

Les finances canadiennes fédérales ont été beaucoup plus façiles à équilibrer que celles des provinces, ayant des dépenses facilement compressibles sans toucher les services directes à la population.

Enfin pour le départ de M. Flaherty, je ne serais pas surpris, que les lobbies financiers y soit pour quelque chose…. Et Joe Oliver, le ministre des Ressources naturelles devraient être beaucoup plus compréhensif……