Kinova – Robotique : place au bras québécois

Un travail de fin de session à l’École de technologie supérieure. C’est ainsi qu’a commencé, en 2006, l’aventure de Kinova, de Boisbriand, aujourd’hui l’une des 50 entreprises les plus en vue de la planète dans le secteur de la robotique.

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Charles Deguire, PDG de Kinova, et Louis-Joseph Caron L’Écuyer, directeur de la technologie – Photo : Martin Flamand

Un travail de fin de session à l’École de technologie supérieure. C’est ainsi qu’a commencé, en 2006, l’aventure de Kinova, de Boisbriand, aujourd’hui l’une des 50 entreprises les plus en vue de la planète dans le secteur de la robotique, selon le magazine spécialisé Robotics Business Review.

Charles Deguire est en dernière année à l’École de technologie supérieure de Montréal (ETS) lorsqu’il fonde Kinova avec son condisciple Louis-Joseph Caron L’Écuyer. Il y avait longtemps qu’il rêvait d’aider ceux qui, comme trois de ses oncles souffrant de dystrophie musculaire, voyaient leur autonomie réduite par la maladie. « Plus j’en apprenais sur les robots et à quel point ils devenaient perfectionnés, plus je me disais que ce n’était pas normal que mes oncles ne puissent pas se verser un verre d’eau », raconte Charles Deguire.

Les deux futurs entrepreneurs tenaient leur idée : créer un bras articulé pouvant se fixer à un fauteuil roulant. Doté de six articulations et de trois doigts flexibles, celui-ci permettrait de saisir des objets aussi petits qu’un dé et aussi minces qu’une feuille de papier. Et ils nommeraient leur invention JACO, en l’honneur de Jacques Forest, un des oncles de Charles Deguire, décédé en 1993.

Jacques Forest s’était en effet bricolé un bras articulé dans les années 1980, pour continuer de vaquer à ses occupations quotidiennes à mesure que la maladie progressait. « Chaque année, il ajoutait un nouveau gadget : une lame de rasoir pour tailler ses fleurs, un crochet pour ramasser des objets… Il y avait à peu près 14 boutons là-dessus, que seul lui-même pouvait commander. Tout partait en même temps quand on appuyait trop fort ! » se souvient Charles Deguire, qui était jeune enfant à l’époque.

Étonnamment, il existait peu de produits aussi évolués dans le monde lorsque les deux hommes ont créé Kinova. La demande était pourtant là. La preuve, l’entreprise réalise des ventes dans près d’une trentaine de pays.

JACO n’est pas donné : son coût peut atteindre 45 000 dollars, selon le degré de complexité. L’achat et l’installation sont remboursés la plupart du temps par des assureurs privés ou des sociétés comme la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) ou la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), qui indemnisent les accidentés du travail et de la route.

Kinova fabrique également un modèle plus léger pour des laboratoires ou des industries. Le MICO, doté d’un équipement moins diversifié, se vend environ 20 000 dollars. « Le bras peut permettre de manipuler des substances dangereuses ou encore de la marchandise dans un entrepôt », explique Charles Deguire. L’entreprise compte d’ailleurs des clients prestigieux, comme la NASA, Microsoft et Toyota.

Si Jacques Forest était encore de ce monde, parions qu’il se servirait de son JACO pour lever son verre au succès de son neveu !

Activité : Assure le design et la fabrication de bras robotisés
Chiffre d’affaires en 2013 : Entre 2 et 4,9 millions
Nombre d’employés en 2013 : 24
Ventes hors du Canada en 2013 : 80 %
Croissance 2008-2013 : 1 286 %
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