La Banque Nationale ne sera pas vendue

Jacques Parizeau a voulu signifier l’implication insuffisante de la Caisse de Dépôt et de placement du Québec dans l’économie de la province en soulignant que la Caisse ne détenait même pas d’actions de la Banque Nationale et que, conséquemment, elle ne pourrait pas la défendre si elle était la proie d’un investisseur non québécois. Je tiens à rassurer Jacques Parizeau et Bernard Lemaire, qui a aussi fait état de sa désapprobation à une éventuelle vente de la BNC : la Banque Nationale ne sera pas vendue à une institution torontoise ou d’ailleurs.

Ce n’est pas parce qu’elle est mal gérée, la BNC a bien fait au cours des dernières années. Cela est indéniable. L’histoire du papier commercial plombera par contre ses résultats de l’exercice 2008 et elle a exposé deux de ses grandes vulnérabilités : elle est surtout cantonnée au Québec et elle est bien petite quand on la compare à ses concurrentes torontoises qui font de trois à six fois sa taille.

Les investisseurs et les acheteurs potentiels regardent les mêmes choses : l’entreprise dégage-t-elle année après année de solides profits et quel est son potentiel de croissance. C’est là que le bât blesse. Très concentrée au Québec, la BNC peut difficilement croître plus rapidement que l’économie de la province. La croissance économique et démographique est plus robuste ailleurs et un investissement dans une autre institution financière pourrait rapporter davantage. Si on regarde les dernières années, on constate que la croissance des revenus de la BNC est très inférieure à celle de ses concurrentes torontoises. L’un des indices les plus surveillés par les investisseurs, le bénéfice par action, est également inférieur à celui des autres banques canadiennes.

Parce qu’elle est plus petite que les autres, elle a moins les moyens d’étendre son territoire en faisant des acquisitions ailleurs dans le monde. La Banque Scotia réalise 25 % de ses profits grâce à ses activités en Amérique latine où elle multiplie les acquisitions alors que les autres banques ont de bonnes assises aux États-Unis. Il n’y a rien de comparable à la BNC.

Je ne dis pas que la banque (et son titre) n’est pas attrayante. Je dis que la BNC est rarement un premier choix pour celui qui veut investir dans une institution financière canadienne. Un jour, peut-être, le gouvernement fédéral donnera sa bénédiction à une fusion des grandes banques canadiennes. Croyez-moi, la Banque Royale va penser à une banque plus grande et plus diversifiée avant d’appeler Louis Vachon. Cela a aussi un impact sur le potentiel de croissance du titre.

Mais, l’élément fondamental, c’est que le Québec (gouvernement, syndicats, PME et grandes entreprises, société civile) n’acceptera jamais que la BNC soit vendue à une banque canadienne anglaise. Ce serait un vrai débat de société, aussi passionné que celui sur l’avenir du Québec. Qui, ailleurs au Canada, aura le goût d’être mêlé à un dossier semblable ?

Voilà pourquoi je ne m’inquièterait pas d’une éventuelle vente de la BNC. Mais, comme la Caisse de dépôt, j’hésiterais à investir dans une banque régionale trop petite pour acheter et trop symbolique pour être vendue.

 

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C’est vous qui le dites!
Aubut a vendu les Nordiques en se foutant complètement des amateurs qui avaient supporté l’équipe pendant des années
Fortier a vendu Alcan à Tinto qui va peut-être vendu à des Chinois. Au diable le siège social
Bertrand a vendu la Bourse de Montréal (un patrimoine de plus d’un siècle!) à Toronto.
Je ne vois pas pourquoi la BN-à-Bérard serait épargnée. Nos petites élites se foutent complètement de la tribu et pensent seulement à leur nombril. Quatre siècles que ça dure…


Julius Grey de mêle maintenant de Rabaska. L’homme du kirpan dans les écoles! Le m… est dans le fan. En plus Rabaska a de la misère à trouver du gaz liquide.

Parmi les 164 sièges sociaux auparavant sous contrôle canadien qui sont passés sous contrôle étranger entre 1999 et 2005, seulement 21% (34) ont été fermés, ce qui a entraîné la perte de 1 709 emplois. Par contre, 38 sièges sociaux ont été ouverts suite à la prise de contrôle par des intérêts étrangers d’entreprises canadiennes, ce qui s’est traduit par la création de 2 346 emplois. Bref, la prise de contrôle par des intérêts étrangers d’entreprises canadiennes a entraîné la création de nouveaux sièges sociaux et de nouveaux emplois.

Globalement, entre 1999 et 2005, l’augmentation de l’emploi dans les sièges sociaux au Canada est associée aux sièges sociaux sous contrôle étranger.

http://www.statcan.ca/francais/research/11-624-MIF/11-624-MIF2006014.pdf

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