La bataille pour l’emploi

Voilà comment cela devait se passer. Le passage à la retraite des centaines de milliers de baby boomers devait libérer des centaines de milliers d’emplois. Le problème du chômage deviendrait caduc et celui de la pénurie de main-d’oeuvre s’imposerait comme le grand défi de nos sociétés. Juste au Québec, il y aurait 700 000 postes à combler d’ici 2014.

Dans les faits, c’est plus compliqué et les scénarios à l’eau de rose sont confrontés à la dure réalité des faits.

En théorie, il devrait y avoir des milliers de postes disponibles offerts à ceux et celles qui se cherchent un emploi. Or, le nombre de chômeurs ne recule pas. Il y en avait 17 000 de plus au Québec en octobre qu’au même mois de 2011.

Une étude de la Banque CIBC indique pourtant que 30 % des entreprises canadiennes sont à la recherche d’employés spécialisés. Elles ne réussissent pas à combler ces postes et la banque estime que 16 % des emplois n’ont pas été remplacés depuis un an. Au même moment, on compte 250 000 Canadiens qui sont en chômage depuis plus de six mois, soit 18 % des chômeurs.

Le problème, c’est que les postes offerts ne sont pas pour ceux qui sont à la recherche d’un emploi. Ces personnes n’ont pas les diplômes, les compétences ou l’expérience recherchés.

Ce n’est pas là un problème québécois ou canadien. Le président de la Fed américaine, Ben Barnanke, disait la semaine dernière que le décalage entre les besoins de l’économie et les aptitudes des chômeurs constituait l’un des gros problèmes de l’économie.

C’est essentiellement un problème d’éducation et de formation. Malheureusement, il n’est pas si simple à solutionner. Plusieurs des personnes qui perdent leur emploi proviennent du secteur industriel. Ils – ce sont essentiellement des hommes – n’ont pas une forte scolarité et leur employabilité est en péril alors que ce secteur est en décroissance. Le problème sera encore plus aigu quand les investissements publics dans la construction vont se mettre à baisser et le marché immobilier résidentiel à se calmer.

Nous nous retrouvons dans une situation compliquée. Le marché de l’emploi ne va pas bien et il est catastrophique dans certains pays européens. En même temps, l’économie ne créé pas beaucoup d’emplois et ceux qui sont disponibles ne sont pas pour tout le monde.

Il ne faut pas se comparer avec des pays comme l’Espagne et son taux de chômage de 25 %, mais l’économie québécoise peine à créer des emplois. Il n’y a que 15 000 emplois de plus entre octobre 2011 et octobre 2012. L’économie canadienne croît à la vitesse d’un escargot et celle du Québec à celle d’un escargot asthmatique.

Pour le Canada, la croissance n’a été que de 0,1 % au troisième trimestre. Les ventes au détail ont connu la même hausse en septembre et les exportations ont reculé de 2 %. Les chiffres pour l’économie québécoise et ses exportations ne sont pas encore connus, mais les ventes y ont reculé de 0,7 % en septembre. Il se pourrait que le Québec soit déjà en récession. Les données sur le marché du travail qui seront disponibles vendredi apporteront un élément de réponse.

 

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Il est possible que le Québec soit en récession mais nous avons quand même créé 35 000 emplois nets depuis le début de juillet. Il y a eu plus de 10 000 postes créés à chaque mois pour août, septembre et octobre.

Comme vous dites, il faudra voir si la tendance positive s’est poursuivie en novembre.

Il y a plusieurs aspects qui sont freinent la création d’emplois et plus encore d’emplois de qualité. Si la formation professionnelle est un élément, encore faudrait-il qu’il y ait corrélation entre l’offre de formation et la demande.

Il faudrait encore que les entreprises établissent clairement leurs besoins en termes de formation. Il faudrait qu’il y ait corrélation entre les besoins des entreprises, les offres des centres de formations et un nombre de demandeurs qui soit en nombre suffisant pour que les formations aient réellement lieu.

En corrélation justement avec tout cela, il y a la question de la mobilité. La question des subsides disponibles pour celles et ceux qui se forment et si possible l’infrastructure d’hébergement qui permette à toute personne d’aller chercher la formation dont il ou elle a besoin, là où elle se donne.

Il y a aussi la formation interne à l’intérieur de l’entreprise. Encore faut-il pour un nouveau travailleur dans une entreprise donnée qu’il ou elle puisse être embauché sans nécessairement avoir la qualification et/ou l’expérience recherchée. Ce qui requiert beaucoup de flexibilité au niveau de l’offre et de la demande d’emploi.

Dans cette même veine, il faudrait dans ce cas généraliser la possibilité pour un postulant à un emploi de l’essayer et de la même façon la possibilité pour un employeur d’essayer des postulants également. Aucun de ces essais pour chacun des partis ne devrait être contraignant. Pas d’obligation pour un employeur de donner l’emploi. Pas d’obligation pour celui qui essaye de rester.

Comme la question de la mobilité existe pour la formation, elle se présente également pour la main d’œuvre en particulier si elle est qualifiée. On voit cela notamment dans des villes comme Rouyn-Noranda, où l’offre de simples bungalows est insuffisante pour la demande, où le prix de vente des logis est particulièrement élevé, où il coûte pour louer un 4 et demi tout aussi cher que dans le centre ville de Montréal.

Enfin, si les revenus et salaires se devraient d’augmenter progressivement et constamment pour un employé au cours des années. Les salaires à l’embauche devraient être bas quelque soit la spécialité (il faut faire ses preuves). Je suis bien conscient que ce que j’écris ne doit pas faire plaisir aux bâtisseurs de conventions collectives.

Pourtant, si nous voulons une économie en santé qui débouche simultanément sur une économie du savoir et des travailleurs en forme. Il faut s’adapter !

Y aurait-il eu un désengagement de l’entreprise dans la formation continue des employés ?

J’ai commencé à travailler sur un dactylo manuel Royal, je suis toujours sténographe. Ce sont les entreprises qui ont payé pour que j’apprenne à me servir des nouvelles technologies, pour que je m’adapte au changement. Et croyez-le ou pas, à partir de janvier jusqu’à la fin avril je passerai mes jeudi soirs à l’université de Toronto, et mes fins de semaine à étudier – le cours payé par mon employeur, même si je suis dans la soixantaine… Je le trouve un peu étrange de vouloir que je prenne ces cours, mais j’en ai prit un l’hiver dernier et je vous avoue que j’apprends mieux à 60 ans qu’à 20 ans ou 30 ou 40 ans.

Trop pressée ce matin pour aller vérifier l’état des choses, mais je penserais qu’il y a eu récemment un désengagement des employeurs dans la formation continue de la main d’oeuvre.

Vous avez raison, c’est pas mal plus compliqué que de remplacer des retraités. Il n’y aura pas de manne de l’emploi.

Premièrement tous ces départs à la retraite d’employés expérimentés représentent une perte importante de productivité (peu de gens réalisent que jusqu’à récemment le baby boom était en fait un avantage économique pour le Québec…). Or une économie moins productive ça crée moins de richesses donc moins d’emplois.

Deuxièmement il y a l’échec de notre système d’éducation qui fabrique des décrocheurs par milliers. De plus la culture ambiante d’irresponsabilité (« no fault ») mène trop de jeunes vers des études qui ne mènent nulle part aux dépens de celles qui mènent vers des emplois payants.

Troisièmement il faut parler de l’endettement des ménages, de la bulle de crédit Canadienne, provoquée par le gouvernement fédéral (les taux d’intérêt trop bas + la SCHL). Le capital au lieu d’aller vers les investissements productifs est pendant trop longtemps allé vers la consommation. Ultimement très mauvais pour l’emploi sans parler d’une correction qui est aussi inévitable qu’elle sera douloureuse.

Quatrièmement il ne faudra plus trop compter sur les gouvernements pour prendre de relai, ils sont endettés jusqu’au cou. Pire l’heure est aux coupures et aux hausses de prélèvements fiscaux. Les retraites massives c’est aussi un gouffre financier pour l’état, à tous les niveaux.

Bref ce qui nous pend au bout du nez au Québec c’est une ère de déflation. Franchement étant donnée les problèmes structurels et la démographie que nous avons je ne vois pas comment on pourra l’éviter. Or nous n’avons malheureusement pas la productivité ni l’éthique de travail des japonais pour nous en sortir.

Juste au Québec, il y aurait 700 000 postes à combler d’ici 2014.
????
Y’a moins de 4 millions de jobs au Québec.

Monsieur Drouginsky apporte encore une fois un commentaire très pertinent et j’aborde dans le même sens en me permettant d’ajouter que ce sujet est à nouveau fortement lié à la principale question posée dans ce blogue : comment attirer des investissements privés?

Quand on parle de formation, il ne faut pas oublier que plusieurs voient très mal que des entreprises privées viennent investir ou commanditer des activités/programmes dans les cégeps et universités du Québec. Plusieurs entreprises vont commanditer des salles de cours, des activités, organiser des sessions d’informations et même offrir du matériel spécialisé en l’échange d’une visibilité à l’intérieur des écoles, cégeps et universités. Certains groupes voient comme malsain le fait que ces entreprises puissent influencer l’éducation supérieure ou bien aller recruter les meilleurs élèves alors qu’ils sont encore aux sur les bancs d’écoles.

Pourtant, ce que ces entreprises font n’est que d’investir pour combler leurs besoins futurs en main-d’œuvre. En même temps, ils apportent une nouvelle source de financement dans ces institutions. Il me semble avoir vu dans les médias ces mêmes groupes décrier que le financement de l’éducation est criant…

Si les sociétés occidentales ont de la difficulté à attirer des investissements privés au moins, ne levons pas le nez sur les entreprises qui veulent investir dans la formation et l’éducation de la main-d’œuvre.

Créer des postes au salaire minimum, moi j’appelle ça s’apauvrir collectivement. C’est ce qui se passe au Qc, ça fait un bon bout de temps et on essaie de nous faire acroire autre chose…merci de nous prendre pour des cons.

La « bataille pour l’emploi » ne sera plus un problème pour Boisclair en toué cas…

Un autre exemple de la « gauche efficace » de Jean-François Lisée!!!

La bataille de l’emploi, ce devrait être l’éxode des travailleurs qualifiés. Ça devient masochiste de travailler au Québec.

Pour être quelqu’un qui cherche à se recycler et qui a plus de 30 ans de vie active qui lui reste je trouve que les employeurs se plaignent mais qu’ils ne font pas grand chose pour s’aider. Et les gouvernements et les institutions scolaires alors, ils sont encore dans une mentalité d’il y a 30 ans. Alors, elles sont où les offres pour quelqu’un de motivé, qui est prêt à apprendre, en fait qui veut apprendre et qui a une bonne tête sur les épaules. L’offre de formation technique pour adulte (formation continue) est ridiculement chiche. Pour les autres formations au cegep, ils faut reprendre tout le bataclan du français, philo, anglais, etc. (J’ai pas de Cégep, j’ai fait la 13e année en Ontario et puis direct à l’université.) Un exemple, il manque d’audioprothésiste au Qc avec une population qui vieillit mais un seul cegep offre le cours. C’est à Montréal et c’est 3 ans. Alors pour ceux qui sont ailleurs en province et qui ne peuvent se permettre d’arrêter de gagner leur vie pour 3 ans pour cause de responsabilité familiale, et bien tant pis pour eux. Alors dites-moi, elles sont où toutes ces entreprises qui crient au manque de main d’oeuvre? Sont-elles prêtes à former les gens? Offrent-elles des salaires intéressants? Je suis preneur. Faites-moi signe. [email protected]

La première chose à faire pour une entreprise qui fait face à une situation de pénurie de main-d’oeuvre qualifiée est de préparer la relève à même son propre personnel en fournissant une formation continue. Un employé bénéficiant d’une formation, et sachant que ses compétences sont à jour, satisfait celui-ci et peut concourir à le fidéliser.

Une autre façon de préparer la relève est de participer à des salons de Carrière Formation « pour mousser certains programmes de formation boudés par les jeunes » .
http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201210/24/01-4586739-les-entreprises-prennent-dassaut-le-salon-carriere-formation.php

La conjoncture économique ne fait qu’envenimer les choses, faible taux intérêt, croissance au ralentit etc. Les boomers pourrait se retirer s’il le pouvait, mais leurs fonds de pensions sont affectés par tous ces phénomènes, ce qui les forcent à demeurer sur le marché du travail. Par conséquent cela retarde l’arrivée de nouveaux travailleurs. Il y a très peu de transfert de connaissance fait entre générations d’employés et très peu de formation donnés par les employeurs qui continuent de rechercher des employés spécialisés. Ils sont dans vos entreprises messieurs, dames, agissez…..!!!

il y plusieurs facettes à cette prétendue pénurie de main d’oeuvre.
La plus évidente est la bonne santé de ceux qui dans les générations^précédentes quittaient le marché du travail à 55 ans. Les emplois étaient redondants et physiques.
Alors me voici à 67 ans, avide de continuer de faire un travail que j’adore alors qu’on me demande de cèder ma place. Il est vrai que je ne capotte pas sur les nouvelles technologies, mais de toute ma carrière, nul employeur a voulu investir dans des formations officielles de peur que ce soit à fond perdu et que je quitte après.
Je ne comprends pas pourquoi, tant les études défrayées par nos fonds publics que les formations en entreprises etc ne soient pas assujetties d’un engagement de remboursement advenant le départ de la province ou de son employeur y ayant contribué.
Un I O U signé, légal qui justifierait la formation.
Chômeur peut-être, retraité jamais
JPB

Avec son taux astronomique de décrochage scolaire et son sous-financement endémique de ses universités, le Québec n’est pas près de répondre à la demande.

Les enttreprises devraient s’exiler ailleurs si elles veulent des travailleurs qualifiés. Nous, on peut répondre tout juste aux besoins des dépanneurs.

Anyway, on n’a pas besoin de riches patrons et salariés au Québec!