La Belgique restera unie… grâce à sa dette ?

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La crise politique belge, c’est celle du Canada à l’envers. La Flandre, plus prospère, a en assez de payer pour la Wallonie (francophone). Elle veut récupérer un maximum de ses impôts pour limiter les transferts à la partie sud du pays, menaçant sinon le pays de scission.

La Flandre a aussi imposé un unilinguisme flamand unilatéral sur son territoire, y compris sur la plupart des banlieues de Bruxelles où habitent de plus en plus de francophones. Ces derniers se trouvent à l’étroit dans une capitale où ils sont fortement majoritaires, mais qui est située en plein territoire flamand.

Les élections de juin dernier ont cristallisé l’impasse politique alors que les responsables des différents partis flamands et wallons (ce ne sont pas les mêmes) tentent depuis de négocier la formation d’un gouvernement et d’un nouveau pacte entre les deux communautés.

Lors de mon séjour à Bruxelles la semaine dernière, j’ai discuté de cette question avec Amid Faljaoui, économiste et directeur des magazines francophones (Le Vif-L’Express, Trends-Tendances) du groupe Roularta. Il est aussi rédacteur en chef de la chaîne télé CanalZ, dédiée à l’économie et aux affaires et chroniqueur économique à la RTBF (radio d’État francophone belge). Roularta, un groupe flamand, est notamment propriétaire de L’Express et de l’Expansion, en France).

Pourquoi cette impasse politique en Belgique ?
Nous nous retrouvons en Flandre avec comme parti politique dominant la N-VA, un parti séparatiste et extrêmement libéral (au sens européen du terme, c’est-à-dire très libre marché) et le Parti Socialiste – fédéraliste – qui domine en Wallonie . Ce parti est aux antipodes de la N-VA sur tous les sujets. L’électorat du Parti socialiste (ndlr: employés de l’État, bénéficiaires des transferts gouvernementaux) serait la première victime d’une éventuelle séparation du pays.

Demeurez-vous néanmoins optimiste sur l’avenir de la Belgique ?
Oui, les gens restent assez optimistes. En Flandre, le milieu des entreprises veut certes plus d’autonomie régionale et des changements importants, mais pas au point de voir le pays ingouvernable ou de le voir disparaître (ndlr : la veille de l’entretien, soit le 30 novembre, le patronat flamand, plutôt sympathique à la N-VA, s’était prononcé en faveur d’un accord politique rapide entre les deux communautés).

L’autre enjeu, c’est la dette du pays. Elle est déjà considérable (ndlr : 98,6 % du PIB). Dans l’éventualité d’une scission, les deux entités hériteraient d’un lourd fardeau. Si cette dette était répartie en fonction des recettes fiscales, l’endettement de la Flandre correspondrait à 110 % de son PIB. La dette publique est devenue le ciment du pays !

L’impasse politique rend néanmoins le pays très vulnérable sur les marchés ?
La Belgique va plutôt bien et les marchés financiers ne semblent pas trop nerveux. L’immobilier a connu une hausse, mais il n’y a pas eu chez nous de bulle immobilière. L’économie profite du fait que nous en quelque sorte un passager clandestin de l’Allemagne! Nous tirons profit de l’essor économique considérable de notre voisin.

La crise belge sera résolue. Ce sera peut-être aux forceps ou par césarienne, mais il y aura un accord. La Belgique est depuis toujours un pays de compromis et de coalitions.c

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Je ne comprends pas votre explication?
Pourquoi la Flandre, plus riche, se retrouverait avec une dette de 110% de son PIB? Parce qu’elle a une plus grosse assiette fiscale?
Mais la séparation de la dette ne se fait pas sur la base de l’assiette fiscale mais sur la base de la valeur des actifs fédéraux dans la province sécessioniste.
Le drame de la Belgique c’est que dans 20 ans à peine sa capitale va être musulmane.

J’ai séjourné en Flandre l’automne dernier. Autant à Antwerpen qu’à Brugge et Gent j’ai remarqué ici et là dans les commerces, les hôtels, les restaurants, qu’on retrouve des photos de la famille royale, ce que je ne me souviens pas d’avoir vu récemment au Canada.

J’ai été étonnée du malaise linguistique, qui est beaucoup plus sérieux qu’au Canada. Des Flammands qui parlaient un parfait français, en apprenant que je parle l’anglais, m’ont demandé de poursuivre la conversation en anglais. Les gens d’Antwerpen en particulier sont très élégants et la Flandre me parut prospère – plus que la Hollande que j’ai visité par la suite.

La meilleure chose de la Belgique, c’est la bière. Ne craignez pas d’avoir l’air efféminé : essayez la Kriek Boon. Les bières aux cerises et aux framboises étaient brassées pour les hommes qui travaillaient dans les champs. Profitez-en. Je n’en trouve pas au Canada.

@rod
Selon les accords internationaux, aucun pays ne peut s’enrichir en se séparant. Autrement dit, si la Flandre produit 70% de la richesse de la Belgique, elle devrait logiquement partir avec 70% de la dette.
Ce qui est sûr, c’est que ça ne se calcule pas en fonction de la population comme le font les gens malhonnêtes au Québec.

@Bob
«Selon les accords internationaux, aucun pays ne peut s’enrichir en se séparant»

Allez dire ça aux Norvégiens qui ont très bien digéré leur séparation de la Suède! lol
Ou aux Singapouriens qui ont très bien digéré leur séparation de la Malaysie!! lol D’ailleurs je ne sais pas de quels accords pour parlez?

La règle veut que l’État sécessioniste écope de la part de la dette nationale en fonction de la valeur des actifs fédéraux dans l’État sécessioniste. Bélanger-Campeau à l’époque avait estimé cette fraction à 18,5%. Aujourd’hui, ce serait sans doute près du 15% considérant tout ce qu’Ottawa a dépensé ailleurs dans le ROC par rapport à ce qu’il dépense au Québec (pensez juste au Manège militaire de Québec qui pourrit sur place ou au Pont de Québec qui rouille sous nos yeux). Bref, à peine 75 milliards de plus sur notre dette. A du 4%, c’est un gros 3 milliards de plus sur notre budget. Des pinottes sur un budget qui dépasserait les 100 milliards

La dette fédérale est de plus de 500G, le Québec a 23% de la population mais ne génère que 19% du PIB. Même en reprenant l’hypothèse favorable la dette pour le nouvel état serait de 100G de plus partant.

A cela s’ajoute les 130 milliards d’emprunts qu’a déjà à servir l’état Québécois plus un autre 20G pour les dettes municipales, scolaires et des établissements de santé (on ne compte pas HQ)

Bref 250 millards soit environ 80% du PIB pour l’hypothèse optimiste.

Ça c’est le minimum (car les dettes à tous les niveaux augmentent encore) et c’est en dollar $CAN (…) pour un état dont le niveau de taxation est déjà très élevé et dont la croissance serait affectée négativement par la séparation et par le vieillissement rapide de sa population.

Mettons qu’en fait de « conditions gagnantes » on pourrait rêver à mieux.

@rod, lâchons ce canard de la droite fanatique à la Pym Fortuit(?)….

Le nationalisme flamand a une extrème-droite francophobe, voilà…

@pierre brasseur

Le partage de la dette ne se fait pas sur la base de la population ou du PIB mais sur la valeur des actifs fédéraux dans l’État sécessioniste. En 1990, c’était à peine 18,5%

La dette nette du Gouvernement du Québec est de 107 milliards. C’est pas un 75 de plus qui nous tuerait surtout avec 2 milliards de barils de pétrole dans le Golfe!!

@ Ubbergeek
PYM n’était pas belge mais hollandais

J’ai dit ‘à la’, un ‘gallicisme’ (comme un anglicisme, mais inversé) englais… ‘À la manière de’.

Il est notable que les Flamands et Hollandais sont des parents proches… Le Flamand est une variante de l’Hollandais.

Cependant aussi, les Flamands qui veulent l’indépendence ne veulent PAS s’unir à l’Hollande; il y a des différence culturelles, notablement que les Flamands sont traditionellement Catholiques, comparés aux Hollandais qui sont Calvinistes/Luthériens, si je me rappelle bien.