La bêtise protectionniste

La Presse nous informait hier que les autorités portuaires américaines veulent imposer des nouveaux tarifs pour les marchandises en provenance d’Asie qui transitent par des ports canadiens.

On veut aussi instaurer de nouvelles mesures d’inspection des conteneurs à direction des États-Unis pour ralentir le trafic et augmenter les coûts des entreprises qui préfèrent utiliser les ports et les réseaux de transport canadiens pour acheminer des marchandises aux États-Unis.

Il y a quelques semaines, on apprenait que seules les entreprises américaines pouvaient se qualifier pour obtenir des contrats dans le cadre du programme de relance de l’emploi du président Obama, malgré les accords commerciaux en vigueur.

Pourquoi les Américains agissent-ils ainsi ? Dans un texte lumineux, mon ami Laurent Desbois, économiste et président d’une société de gestion des devises, explique comment la crise économique favorise le retour du chacun pour soi. Les Américains, les Chinois et les Brésiliens, font tout pour maintenir leur devise la plus basse possible pour favoriser leurs exportations.

Les mesures protectionnistes, comme celles envisagées ces derniers temps aux États-Unis, se veulent une réponse à une situation dramatique. Entre janvier 2008 et janvier 2011, le nombre d’emplois est passé de 138 millions à 131 millions chez nos voisins, explique Laurent Desbois. La situation de l’emploi manufacturier est encore plus préoccupante puisque le nombre d’emplois dans ce secteur est passé de 17 millions à moins de 12 millions entre 2000 et 2011.

Le réflexe primaire, c’est d’attribuer la disparition de ces emplois à la concurrence extérieure. Comme si chaque emploi créé ailleurs l’était forcément aux dépens d’un emploi aux États-Unis ou dans un autre pays développé. On trouve ainsi un coupable. Pour les démocrates au Congrès, ce coupable est tout trouvé. Il s’agirait de la Chine qui maintient à une valeur jugée trop faible le renminbi. Mais il peut aussi s’agir du Canada qui subventionnait trop son bois d’oeuvre et qui financerait injustement ses infrastructures portuaires et ferroviaires. Le but de ces sparages, c’est «d’externaliser » la responsabilité de la crise et des pertes d’emplois.

Ya -t-il vraiment un lien direct entre les importations et le chômage ? C’est loin d’être clair. Laurent Desbois constate plutôt que l’emploi augmente quand le déficit commercial monte et qu’il diminue quand le déficit commercial est en baisse. L’explication m’apparaît simple : quand l’économie va bien, des emplois sont créés, les gens et les entreprises ont de l’argent et ils achètent plus de biens ou de machines à l’étranger, d’où un déficit commercial plus élevé qu’en période de vaches maigres.

Ces importations permettent aux entreprises d’être plus productives et aux consommateurs de se procurer des biens à meilleur prix, ce qui leur permet de dépenser plus pour se loger, se nourrir, s’habiller ou se divertir. Tout cela a un effet bénéfique pour l’économie.

Il y a une autre dimension dont on ne parle pas assez souvent. Il est de plus en plus rare qu’un produit soit entièrement fabriqué  dans un seul pays. L’immense majorité des entreprises du secteur de la fabrication au Canada ont un ou des fournisseurs américains et une grande proportion ont même des fournisseurs européens ou de l’Asie du Pacifique.

Prenons les avions produits au Québec. Les avions, moteurs et pièces d’avions constituaient 11,5 % des exportations du Québec en 2010 avec des ventes de 6,8 milliards de dollars. Ces stars de l’exportation sont aussi parmi nos plus importants importateurs car nous avons besoin de systèmes électroniques, de pièces ou de matériaux fabriqués dans d’autres pays pour fabriquer ce que nous vendons ailleurs.

Le monde est interrelié. lié. On peut même dire que  l’importation permet l’exportation.

Le protectionnisme est une illusion dangereuse. Les Américains devront dépenser davantage pour les biens et les matériaux dont ils ont besoin et leur gouvernement fédéral et ceux des États vont finir par payer plus cher pour les travaux et services entrepris, et ce, même s’ils sont cassés jusqu’à l’os.

 

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Les amaricains se disent qu’avec le marché intérieur de consommateurs potenteils et leurs capacités de produirent ils n’ont pas besoin des autres. Ça serait vrai S’ILS avaient les matières premières qu’ils nous obligent a leur vendre a rabais et qu’ils n’avaient pas besoin de nous pour acheter leurs voiture, leur avions militaires, leurs électroménagers etc (on l’a vu a plusieurs reprises qu’ils n’hésitent pas a nous casser le bras pour nous obliger).
La meilleure façon de répondre a ça c’est d’adopter les mêmes règles envers eux. Ils veulent qu’on soit ensemble quand il sagit de protéger le territoires finito. Tes affaires mes affaires. On leur fera payer le gros prix pour nos ressources et ils vont changer de ton avec nous.

Bien qu’on parle ici du « renmimbi », il serait plus approprié de parler du Yuan qui est la désignation la plus commune ou du Yuan renmimbi puisque la « monnaie du peuple » le renmimbi est la devise interne de la Chine. Le Yuan était jusqu’en 2005 indexé à la valeur du dollar américain, ce qui faisait bien l’affaire de ces derniers. Si la valeur du dollar US grimpait, le Yuan s’appréciait et vice-versa si bien que les déboursés des américains pour leurs importations chinoises et les entrées pour leurs exportations vers la Chine restaient pratiquement stables.

Depuis 2005, la Chine – qui voudrait qu’on adopte dans les transactions du commerce international, les DTS (droits de tirages spéciaux) qui servent de référence au FMI – a adoptée un système pour coter sa monnaie qui repose comme sur le DTS sur un panier de devises où toutefois le dollar US figure majoritairement. Comme la Chine commerce avec le monde entier, cela permet d’obtenir plus de stabilité au niveau du cours du Yuan par rapport à l’ensemble de leurs partenaires. Cela a permis à la monnaie chinoise de s’apprécier (11 %) en même temps qu’elle se dépréciait légèrement par rapport au dollar. Ce système désavantage sensiblement les américains qui voient des fluctuations par rapport à leur propre monnaie. Auparavant elles n’existaient pas. Ces fluctuations seraient d’autant plus négligeables si le dollar US s’appréciait. Certains experts relèvent que le Yuan serait sous évalué par rapport aux autres grandes devises. La seule manière de la savoir serait que la monnaie chinoise entre sur le marché des changes. Ce qui pourrait réserver des surprises inattendues.

Actuellement, les produits chinois qui transitent par le Canada reviennent moins cher parce qu’ils bénéficient de la valeur élevée du dollar canadien ce qui ne serait pas le cas si le dollar US valait 20% de plus. Aussi les autorités américaines calculent le manque à gagner – ce qui s’est produit aussi pour le bois d’œuvre il n’y a pas si longtemps – elles entendent ainsi augmenter les perceptions sur ces produits en transit. Faut-il voir en cela une mesure protectionniste ?

Quand les Etats-Unis décident aussi d’imposer des surtaxes sur certains produits européens de luxe, est-ce du protectionnisme ou le fait qu’un pays en principe souverain a le droit d’appliquer les taxes qui lui conviennent sans devoir demander la permission au voisin ?

Les Etats-Unis envisagent aussi d’augmenter les taxes et assises sur tous les produits chinois qui entre sur leur territoire. Est-ce du protectionnisme ou plutôt la fin du favoritisme ?

D’autre part Laurent Desbois établit une corrélation entre l’augmentation du déficit commercial et l’accroissement des emplois ; inversement une baisse du dit déficit et une baisse de l’emploi.

Pour pouvoir établir un lien entre ces arguments en apparence contradictoires, il faut connaître aussi la progression de la balance commerciale. Si les Etats-Unis exportent plus de produits et services le montant de leur importation est aussi en croissance simultanément. le déficit commercial augmente en raison de l’approvisionnement nécessaire à l’accroissement des ventes de produits et de services. Ce qui a pour effet de stimuler la création d’emploi. À l’inverse en cas de contraction de l’économie, le déficit commercial est sensiblement réduit et entraîne des réductions d’emplois faute de débouchés.

Ainsi c’est plutôt la croissance de la production notamment qui génère la création de jobs et non directement l’augmentation des déficits. Si les Etats-Unis étaient autonomes à 100%, il importeraient moins (donc pas de déficit) et produiraient plus d’où une balance excédentaire au lieu de déficitaire. Usuellement en période de plein emploi l’augmentation du déficit commercial se traduit par une balance plus favorable puisque la valeur des exportations progresse plus vite que le déficit ; même si ce dernier augmente.

Avec leur campagne « acheter local », les gauchisto-écolos me font penser aux USA avec leur protectionisme.

Je suis fortement en désaccord concernant le commentaire sur les campagnes d’achat local au Québec.

En effet, ces campagnes concernent beaucoup l’alimentation et les commerces locaux. Dans le cas de l’alimentation, une autre question doit être considéré: l’aspect critique de la sécurité alimentaire. Si les US ne veulent ou ne peuvent plus nous vendre de denrées alimentaires, on aura l’air bien fou si on est plus capable d’en produire. Il y a là une question de sécurité nationale. C’est pour la même raison que Japon exclu la question alimentaire de ses traités de libre échange.

Dans le cas des campagnes concernant les commerces locaux, elles touchent très peu les EU. En effet ces campagnes veulent favoriser les commerces des centres villes plutôt que les super centre situées en banlieue.

Quant à choisir des entreprises locales pour d’importants contrats publics, on autre facteur doit être considéré. Les entreprises locales paient des impôts aux pays, plus encore elles achètent plus localement pour alimenter d’autres entreprises qui paieront des impôts, cela revient un peu comme choisir un fournisseur qui ferait un rabais ou une ristourne à l’État (le client). Qui est-ce qui ne considèrerait pas une ristourne ou un rabais dans l’attribution d’un contrat? Ça fait parti du marchandage non?

Malgré tout, il y a des limites à tout et la compétition est importante à un maintient de l’efficacité et au bon développement de nos entreprises.