La chance du Québec

Le Québec se tire beaucoup mieux d’affaires que le reste du Canada dans la récession actuelle. Ses forces? La diversification de son économie et… un peu de chance, explique Sébastien Lavoie, économiste à la Banque Laurentienne du Canada, à Montréal. 

Pourquoi le Québec s’en tire-t-il mieux que le reste du Canada ?

– Prenons l’Ontario, qui n’a misé que sur ses exportations d’autos et de BlackBerry. Le Québec aussi connaît des baisses de ses exportations, mais le gouvernement a mieux planifié la diversification des activités. Il a instauré des politiques visant à attirer de nouvelles industries, comme celles du jeu vidéo et des produits pharmaceutiques. Le plan d’infrastructures de 42 milliards de dollars adopté en 2006, donc avant la crise, vient également aider. Le Québec peut se considérer comme chanceux.

L’hydroélectricité se porte bien, tout comme le secteur pharmaceutique et la culture, des secteurs forts au Québec. Les mises à pied ici concernent davantage des postes à temps partiel qu’à temps plein. Le taux de chômage est moins élevé qu’en Ontario (9 %, contre 9,3 %), une première depuis les années 1970. Finalement, les Québécois se sont moins serré la ceinture que les Ontariens. Les ventes au détail ont reculé de 3,1 % au Québec, contre 4,7 % en Ontario.

À quoi peut-on s’attendre au cours des prochains mois ?

– Le Québec pourra compter sur un taux de croissance modeste en 2010. Pour encourager la consommation, le gouvernement devra procéder à des changements, entre autres dans la structure fiscale. Les baby-boomers seront bientôt nombreux à prendre leur retraite. Si Québec ferme les yeux, il ne pourra leur offrir des services de première nécessité. Une hausse de la TVQ serait à envisager. Et qui dit augmentation dit compensation. Le gouvernement devra réduire l’impôt pour inciter les baby-boomers à demeurer sur le marché du travail.