La concurrence américaine (3) : Faut-il soutenir notre secteur manufacturier ?

« On peut pas juste être des entreprises de distribution et des festivals d’été », déclare Marc Dutil, PDG du Groupe Canam, dans la vidéo qui accompagne la présentation de l’étude sur le Québec manufacturier réalisée par Deloitte et qui vient d’être rendue publique.

Faut-il sauver le secteur manufacturier ? Plusieurs économistes comparent sa lente érosion à celle de l’agriculture il y a un siècle. Ces économistes n’accordent pas une plus grande importance au secteur de la fabrication et estiment que le secteur tertiaire – les services – sont aussi structurants et bénéfiques pour l’économie.

L’étude de plus de 200 pages de Deloitte mesure bien les enjeux et les défis du secteur. On y recommande aussi plusieurs pistes de solutions. Deloitte dit même que le secteur manufacturier est l’avenir du Québec. Mon frère, Louis Duhamel, leader de la pratique de consultation Québec-Centre chez Deloitte, est le porteur de l’étude.  Il parle avec autorité et passion du sujet et je tiens à vous soumettre ses arguments.

Pourquoi faudrait-il donc sauver et relancer le secteur manufacturier ?

1. D’abord parce qu’il occupe une grande place dans l’économie québécoise avec 21 154 établissements manufacturiers sur notre territoire.

2. Ces entreprises manufacturières comptent pour 48 % des dépenses en R&D comptabilisées au Québec.

3. Elles représentent aussi 88 % des exportations du Québec. 56 % de la production manufacturière est exportée. La part de nos exportations en direction des États-Unis est passée de 86 % en 2000 à 70 % en 2010.

4. En 2010, elles embauchaient 493 000 personnes et permettent 295 800 emplois indirects, soit au total 20,6 % des emplois.

5. Les salaires payés sont 35 % plus élevés que le salaire moyen, 53 177 dollars  contre 34 563 dollars en 2007.

6. Elles contribuent directement pour 41 milliards de dollars au PIB québécois, auxquels il faut ajouter 26 milliards de dollars de façon indirecte en comptant tous les fournisseurs de services. En tout, on peut dire que la fabrication représente 25 % de l’économie québécoise.

7. Ce n’est pas un secteur moribond alors que plus de 50 % des entreprises manufacturières ont augmenté leur chiffre d’affaires en 2010.

 

La bataille pour le renouveau industriel touche plusieurs enjeux qui affectent l’économie québécoise. Parmi ceux-ci :

1. Le Québec et le Canada figurent au bas du classement des pays industrialisés quant au niveau de leur productivité.

2. Le sous-investissement des entreprises manufacturières est criant : les investissements en modernisation et en acquisition d’équipements ont chuté de 66 % depuis 2000. En 2010, seulement 4 % de tous les investissements se font dans le secteur manufacturier.

3. Depuis leur sommet de 2000, la valeur des exportations manufacturières a chuté de plus du tiers, ce qui a contribué à une baisse importante de la balance commerciale du Québec.

4. 81 % des étudiants québécois sont peu ou pas intéressés à suivre des cours pour travailler plus tard dans le secteur manufacturier.

5. Nos entreprises sont petites : neuf entreprises manufacturières sur 10 ont moins de 50 employés. Malheureusement ces petites entreprises exportent moins et sont moins productives que les grandes entreprises du secteur.

Comment améliorer la situation ? J’y reviendrai bientôt.

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C’est un tout, vous ne pouvez pas soutenir ce secteur sans vous attaquer au modèle Canado-Québécois au grand complet. Ce qui est en cause ici c’est la structure même de l’économie et elle est imbriquée dans ce modèle.

Il y a surtout le problème de sous-investissement chronique qui s’explique en bonne partie par l’absence d’épargne et l’endettement des ménages. Trop de capitaux sont gaspillés dans des activité non productives, d’abord l’achat de maison et ensuite les innombrables activités de l’état.

De plus à cause des taxes, des prix élevés (produits laitiers, essence, immobilier, etc…) et de la forte présence syndicale, les structures de coût sont trop élevées pour les entreprises qui deviennent de moins en moins compétitives avec nos voisins du sud.

Honnêtement ça fait tellement longtemps qu’on creuse notre trou qui est devenu tellement profond que je ne vois pas comment on va en sortir sans d’abord passer par une pénible crise.

Je m’attends à ce que nos étatistes proposent les mesures habituelles qui consistent à arroser le problème avec de l’argent qu’on a pas, en éducation notamment.

Ça ne réglera rien tant qu’on aura pas réglé les problème ci-dessus. Dépenser plus d’argent public ne fera que nous rendre encore moins compétitif.

Il y a des choses qu’on pourrait faire pour redresser les choses à long terme (mais on évitera pas la crise à court ou moyen terme…):

1) Abolir la SCHL, ce qui tuerait la bulle immobilière et la ruée vers l’endettement. Avec l’épargne en hausse plus de capitaux iraient aux entreprises.
2) Réduire la taille et le coût de l’état et les contraintes réglementaires, notamment abolir l’obligation pour un employeur de signer un convention collective.

Mais rien de tout ça n’arrivera et j’attends le huissier…

25 % de l’économie québécoise?

Le PIB du Québec est de 325 milliards
Et il y a 4 millions d’emplois

a 41 milliards et 493 000 personnes on est un peu loin du compte

Quand tu donnes un pouce ça veut prendre un pied. Et plus ils ont du pouvoir, plus ils en mènent large. C’est la syndicalisation appliqué de cette façon qui nous a mené a un tel endettement. On s’offre des services que partout ailleurs au Canada on considère trop dispendieux pour assumer collectivement une aussi grande charge. Et voilà que nos services de garde demandent de plus en plus en ne respectant pas le ryhthme des négociation en prenant la population en otage. Ils ne seront jamais satisfait et conscient de l’investissement collectif qu’on fait ,
ils demandent 6 semaines de congé, je ne connais pas la convention des médecins mais j’ai vraiment l’impression qu’on ne réalise pas ici combien ça coute et qu’il y a des maudites limitent a exiger.
L’an prochain ça sera quoi, un fond de pension en % de leur revenus actuel indextés???

@Pierre brasseur, la SCHL n’est pas la seule a ssurer les prêts sur le marché canadien. GE capital est de plus en plus présent il y a meêm des banques anglaises qui exigent que ce soit cet assureur qui assure le prêt mais pire qui fasse la recherche sur les titres a vos frais. Ça c’est vriament mettre le client a risque puisque GE a un intérêt et n’est pas impartial comme devrait lêtre votre notaire. Au contraire au lieu de laisser seule les banques profiter de la manne des hypothèques, le gouvernement devrait offrir via la schl du financement aussi.
J’ai travaillé comme professionnelle de l’immobilier pendant plusieurs années et fait du développement. Évidament c,est la spéculation sur les terrains et la rareté qui fait monter les enchères. Mais il y a aussi des interventions municipales qui mettent des pressions (parfois avec le concour de promoteurs).
Au Québec on est à la remorque du canada. Et comme il y a eu près de 6% d’immigration, principalement dans l’oeuest, veux veux pas il va bien falloir qu’ils se logent ce qui fait monter encore plus la demande. Le plan d,aménagement sur l’étalement urbain fait dans la grande région de Montréal aussi mettra une pression a la hausse sur le développement en densifiant. Mais ça ne sera pas suffisant pour rattraper le retard sur l’ouest. On est pas selon moi du tout dans une bulle spéculative. Malgré tout du terrain il y en a en masse. Ça n’est pas apr manque de terrain qu’on a un étalement, ni a cause des prix mais plutot une certaine recherche de style de vie. Il faudra qu’on apprenne a vivre dans des espaces moins grands sinon doit développer rapidement les transports en communs et celui des marchandises pour plus d’efficacité. Evidement on ne pourra pas passer 4 heures par jour juste pour commuter du travail à la maison.
Pourquoi les salires sont plus hauts dans l<ouest et en Ontario^ Parce que ]ca coute plus pour se loger. Même si les taux d'intérêts montent, les proprietes vont se vendre pusiquil faut necessairement se loger et que les gens ont des emplois. Par contre ils vont exiger de plus hauts salires comme dans louest. Quest-ce qui est arrive en premier loeuf ou la poule … ca ne fait pas de differences puisque le resultat est le meme. Une choses qui peut vraiment ralentir le marche cest laugmentation du taux de chomage ou la construction dune proportion importante de batiments cooperatifs. Comme ils ne sont pas revendus et refinanciers a qui mieux mieux ca ralenti la roue. Et ca serait vraiment souhaitable. car ces larrivee de plusieurs immigrants investisseurs qui viennent construire des chiottes dans le largage du metier qui a vraiement un impact negatif sur les valeurs du marche en faisant exploser la valeur ils rend impossible aux voisins d<assumer les comptes de taxes. Cest en grande partie aussi ce qui explique la montee fulgurante quon a eu a Toronto et Vancourver. Pour toronto, heureusement un gros proprietaire a trasforme ses immeubles en cooperative d<habitation. Il a laisse un cadeau innestimable a cet collectivite.
http://www.cityparkco-op.ca/City%20Park%20Application%20Form.pdf
Vancouver aussi a pris le virage des coop d<habitation.

Si le problème est le sous-investissement des entreprises, est-ce la preuve que les baisses d’impôts consenties au cours des dernières années par les différents paliers de gouvernement n’ont rien donné?? Je suis toujours stupéfait de lire que le gouvernement devrait encore s’en mêler (parce c’est évidemment ce que sous-tend ce billet) : les économistes veulent que le gouvernement intervienne le moins possible, qu’il déréglemente, etc. Mais dès que ça ne va pas à leur goût, c’est toujours au gouvernement qu’on demande d’intervenir. Est-ce que ça arrive que le privé s’en sorte par lui-même parfois?

J’ai écouté un reportage a la radio sur les médicaments. Comment les gouvernement ont mis d,efforts dans la recherche, augmenter la durée de protection des brevets, augmenté les prix de détails pour inciter ces cie a rester et faire du développement de produit et de la recherche ici. Donne a manger a un cochon et il va chier sur ton perron. Scuzer si cest vulgaire mais c’est tout a fait approprié. On a fait pareil avec les socéiétés minières NORANDA tout le monde a oublié ça? Y revienne sous le nom d,extrata et vont recommencer le même manège avec le concour des syndicats, ça me met hors de moi. Qu’on donne des conditions de financement avantageuses a des coopératives de travailleurs, au moins si ça l’investissement va rester ici.

« Ce n’est pas un secteur moribond alors que plus de 50 % des entreprises manufacturières ont augmenté leur chiffre d’affaires en 2010. »

Suivant cette affirmation, on donne 5 arguments qui donnent à penser que l’industrie manufacturière est moribonde au Québec.

Le problème, c’est qu’on met côte à côte des données qui sont non comparables, parce que sur des bases différentes.

Un autre exemple: On dit « En 2010, elles embauchaient 493 000 personnes et permettent 295 800 emplois indirects, soit au total 20,6 % des emplois »

Puis, on ajoute: « Depuis leur sommet de 2000, la valeur des exportations manufacturières a chuté de plus du tiers, ce qui a contribué à une baisse importante de la balance commerciale du Québec »

Dans le premier cas, c’est un snapshot d’une seule année. Dans le second cas, on parle d’une évolution sur 10 ans.

Il aurait été intéressant de voir l’évolution des emplois durant la même période.

Sans doute que cette information se trouve dans le rapport. Toutefois, je suis pas sûr que cela me tente de me taper un rapport de 200 pages.

Cela peut être trompeur de citer hors contexte des extraits d’un rapport de 200 pages. Faute d’avoir lu le rapport, je m’abstiendrai donc de commenter davantage.

« Comment améliorer la situation ? J’y reviendrai bientôt ».

Mais, vous l’avez déjà fort bien énoncé dans votre blogue du 27 janvier dernier (http://www2.lactualite.com/pierre-duhamel/2012/01/27/mabe-chronique-dune-mort-annoncee/?cp=all#comments), soit:

– Subventionner plus
– Réduire les salaires,
– Éliminer les pensions
– Éliminer la syndicalisation

Quoi d’autres voulez-vous ajouter?

Éliminer le gouvernement?
Éliminer les pensions de vieillesse?

Pourquoi pas un Auschwitz pour tous ceux dont la balance des paiements est négative?

@ GastonDeGatineau (# 9):

Bien sûr, à armes égales (parité de la monnaie) les Québécois ne peuvent aucunement comptitionner contre les Américains hein?

Quelle est VOTRE solution?

Réduire la valeur du dollar canadien à 0.50¢? Subventionner encore plus nos entreprises (comme les pharmaceutiques qui nous quittent quand même)? Les nationaliser? Augmenter leurs impôts? Leurs taxes sur la masse salariale? Les syndicaliser toutes? Etc…

Compte tenu que le Québec a appliqué à nos entreprises des mesures dirigistes et gauchistes depuis plus de 50 ans avec le « gros succès » que l’on connaît, on attend VOS solutions avec appétit.

La vente du pétrole brut aux USA gonfle artificiellement la valeur du dollar.
Depuis que le dollar est élevé, les emplois régressent au Québec…mais pas seulement au Québec. Les hommes d’affaires de l’Ontario en ressentent de plus en plus les effets et commencent à protester vigoureusement contre cette situation.
L’entreprise manufacturière canadienne pour demeurer fortement compétitive, demande un dollar qui a une valeur de ,90c ou moins quand comparé au dollar américain. Ce qui n’est pas le cas. Alors aussi bien l’Ontario que le Québec écopent de cette valeur gonflée par cette seule exportation de pétrole brut non raffiné.
Et les gouvernements provinciaux impliqués n’y peuvent absolument rien.Et le subventions encore moins.
Seul un Québec indépendant avec son dollar pourrait se donner les moyens de faire face à la concurrence mondiale.

Et que dire de la CDP? qui doit aider à la capitalisation ici au Québec?
Sous la direction de Michael Sabia, la Caisse a doublé, triplé ou quadruplé ses placements dans les entreprises qui exploitent les sables bitumineux. Total est le grand bénéficiaire.
En livrant d’énormes montants d’argent à l’industrie pétrolière, la Caisse contribue à gonfler la valeur du dollar canadien, ce qui entraîne une baisse des exportations du Québec, d’importantes pertes d’emploi et la fermeture d’usines (ex., Mabe, Electrolux). Tant que la valeur du dollar canadien dépend du pétrole, le Québec perdra sur toute la ligne.
Et M. Sabia qui va séjourner chez M. Desmarais.

@M. Duhamel:

« … l’étude sur le Québec manufacturier réalisée par Deloitte et qui vient d’être rendue publique. »

Je n’arrive pas trouver cette étude sur le net. Pourriez-vous m’indiquer son lien internet?

Merci.

Un secteur manufacturier prospère, constitué d’autant de PME que de grandes entreprises, est un terrain de jeu idéal pour les entreprises de services. Celles-ci se font la main, (courbes d’apprentissage) en finance, comptabilité, systèmes d’information, appareils de contrôle, etc…
Nos services deviennent alors compétitifs. Avec un secteur manufacturier exsangue dans leur cour arrière, je doute que nos services puissent prospérer longtemps, à moins de se délocaliser rapidement. On oublie souvent que nos grandes entreprises de service CGI (gouvernement), SNC-Lavalin (Hydro-Québec) se sont d’abord greffées à des entités locales.