La concurrence américaine (5) : le pari énergétique

Dans son Discours sur l’état de l’union le 24 janvier, le président Obama réitérait l’engagement du gouvernement américain à favoriser l’exploitation des gaz de shale et à diminuer ainsi la dépendance énergétique des États-Unis.

La moitié (49%) du gaz naturel américain proviendra des gaz de shale en 2035, contre 23 % en 2010 et 1 % en 2000. Les États-Unis deviendront un net exportateur de gaz naturel liquéfié dès 2016 et le développement technologique devrait permettre d’exploiter plus efficacement la ressource dans les années qui viennent.

Ce que font les Américains a un grand impact sur le Canada et le Québec. Par exemple, le prix de nos exportations d’électricité est établi en fonction de celui du gaz naturel. Or celui-ci s’est effondré de 38 % depuis décembre. L’hiver très doux explique une partie du problème, mais la croissance de la production de gaz naturel d’environ 7 % par année maintient les prix très bas.

Les Américains utilisent le tiers de leur gaz naturel pour produire de l’électricité. L’abondance de gaz naturel devrait à son tour maintenir les prix de l’électricité assez bas au cours des prochaines années, sinon des décennies.

D’où le double problème : les exportations d’Hydro-Québec pourraient être moins rentables et ce sera plus difficile pour le Québec de maintenir un avantage comparatif avec les Américains pour le prix de l’électricité.

Dans le même discours, le président américain affirmait que la production pétrolière américaine était plus élevée qu’au cours des huit dernières années et que son administration était pour autoriser l’exploration de champs pétrolifères et gaziers sur terre et sur mer représentant 75 % des réserves potentielles de pays.

Tous les écologistes ont applaudi quand il s’est opposé au projet Keystone qui aurait transporté du pétrole provenant des sables bitumineux de l’Alberta au Texas. Le refus du président américain a été peut-être plus inspiré par des motifs protectionnistes qu’environnementaux.

Grâce à la fracturation hydraulique, le procédé utilisé pour le gaz de shale, les Américains pourraient en effet extraire des centaines de milliers de barils de pétrole par jour  de formations géologiques jusqu’à maintenant non exploitables au Texas et au Dakota du Nord. On pourrait trouver d’autres gisements de même nature  au Colorado, au Wyoming et en Ohio.

Pendant ce temps, le Québec importe pour 12 milliards de dollars de pétrole brut, 2,6 milliards de dollars de mazout et 2 milliards de gaz naturel par année. Sans compter les 2,9 milliards de dollars provenant de dérivés du pétrole et du charbon.

 

 

 

 

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Ca fait environ 120 millions de barils qu’on importe? C’est un scandale lorsqu’on pense qu’il y a 2 milliards de barils qui dorment dans Old Harry. Une bonne quinzaine d’années de consommation.
Sans parler du 30 milliards de l’Ile Anticosti. Un bon 200 ans de consommation!
Pendant ce temps, Charest nous casse les oreilles avec son Plan Nord.

En même temps, il faut utiliser notre avantage géographique. Le nord-est des usa est une région très densément peuplée qui a des besoins criant en énergie. Hydro-Québec peut certainement écouler une partie de sa production sur ce marché de même qu’en Ontario. Par contre, il demeure qu’une bonne quantité d’électricité sera disponible sur le marché et on doit se questionner à savoir ce qu’on fait avec.

Concernant les importations de pétrole, il faut absolument viser une indépendance énergétique. Chaque dollar de moins qu’on dépense pour du pétrole, du gaz ou du mazout est un dollar de plus dans notre économie et dans notre PIB.

Et quand ils auront infecté toutes leurs nappes phréatiques avec des techniques encore expérimentales ou n’ayant pas démontré un niveau de sécurité environnementale acceptable, ils viendront acheter notre or bleu que nous leur vendrons à vil prix je l’espère.

J’aime la vision à long terme des affairistes de ce monde…

Si le prix du gaz naturel ne risque pas de monter de sitôt, c’est la preuve que l’exploitation des gaz de schiste au Québec n’est pas viable à court et moyen terme. On a fait tout le débat autour de l’environnement (ce qui n’est pas mauvais en soi) mais la vérité c’est que, de toute façon, la valuer écoonomique de ce genre d’exploitation ne sera pas au rendez-vous : les « redevances » ne suivront pas.

Concernant l’exploitation du pétrole, je veux bien. Ceci dit, au-delà des redevances qui pourraient être une entrée d’argnet pour le gouvernement, je me demande dans quelle mesure nous en profiterions vraiment : où irait le brut après avoir été extrait?? Aux États-Unis?? Je me pose sérieusement la question parce que quand le prix de l’essence monte sans raison apparente, on invoque souvent le prix du baril fixé à Londres (beaucoup plus cher) plutôt que celui de New-York. Si nous importons du pétrole de Londres alors qu’il y en a du moins cher à côté, comment penser que le fait d’en extraire au Québec aurait vraiment d’autres retombées chez nous? Qu’est-ce qui nous dit que le pétrole n’ira pas se faire raffnier ailleurs? Le seul moyen de nous en assurer est simple : la nationalisation. Dire que le PLQ a littérallement donné les droits qui nous appartenaient déjà.

@ Guy Masson

Vous avez bien raison.

On nous fait miroiter le gaz de boulchite du Québec pour notre indépendance.

Mais au fait, quelle est la différence entre acheter des étrangers qui exploitent le gaz albertain, et acheter d’un étranger qui exploite le gaz du Québec ?

La seule différence est quelques emplois négligeables créés, autant pour les étrangers que pour les Québécois.

Les Québécois ne feront pas une cenne noire avec leur gaz de chiste. Alors à cette condition, mieux vaut encourager le gaz des États Unis d’Amérique avec qui on échange le plus, sinon de l’Alberta s’il en manque aux états.