La Cour des miracles

Tant à Washington qu’à Ottawa, on discute ferme ces jours-ci de l’ampleur du plan de relance nécessaire pour juguler la crise et du dosage approprié entre les investissements pour les infrastructures, l’aide aux institutions financières et aux entreprises et les baisses d’impôts.

Dans les deux pays, on attend beaucoup des mesures gouvernementales, vues comme l’antidote absolu face aux problèmes économiques. Je ne veux pas « casser le party » avant qu’il ne débute, mais je ne crois pas que les gouvernements peuvent nous sortir rapidement du pétrin.

La nouvelle administration américaine parle d’un programme de plus de 800 milliards de dollars. C’est gigantesque, mais ce n’est rien face au 7 000 milliards de dollars perdus par les Américains suite à la perte de valeur de leurs résidences et du recul de leurs investissements boursiers. Ces centaines de milliards donneront un peu de souffle à l’économie, mais ils seront rapidement contre balancés par les dépenses moindres des 2,5 millions d’Américains qui ont déjà perdu leur emploi depuis un an et des milliers d’autres qui rejoignent chaque jour le rang des chômeurs.

Comprenez-moi, je ne dis pas que les gouvernements doivent rester impassibles. Absolument pas. Je pense néanmoins que l’issue de cette crise est encore loin et qu’il ne faut pas s’attendre à des miracles à court terme.

Les travaux d’infrastructure c’est génial, mais il faut du temps avant que l’argent ne soit réellement dépensé. Le Congressional Budget Office estime que des 356 milliards de dollars annoncés là-bas, seulement 7 % des sommes seront dépensées cette année et 31 % en 2010. Le gros de l’argent sera injecté dans l’économie en 2011 et dans les années subséquentes. Nous sommes loin de la piqûre d’adrénaline qui va ramener le patient instantanément à la vie.

La CIBC estime que 10 milliards de dollars dépensés au Canada en travaux d’infrastructure pourraient créer 115 000 emplois et augmenter de 1,5 point le PIB canadien. La banque a oublié de mentionner quand tout cet argent produira les fruits escomptés.

Ce pourrait-il que nous soyons alors déjà à l’abri de la tempête et que l’économie ait repris son élan ?

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« C’est gigantesque, mais ce n’est rien face au 7 000 milliards de dollars perdus par les Américains suite à la perte de valeur de leurs résidences et du recul de leurs investissements boursiers.” (Pierre Duhamel)

Ma maison à perdu et gagné maintes fois 10% au cour des années.

Mon bilan à changé oui, mais pas mes revenus ni mes dépenses. Autrement dit rien n’a changé dans mon économie excepté si j’avais vendu ma maison à une période donnée.

Pour les infrastructures, il fallait y penser et commencer à agir à l’été.

Le temps pour la planification des semaines, les plans des semaines, les soumissions des semaines, la réalisation des mois ou des années.

Ça prend des projets.

Le démarrage rapide de tout le processus amènera une certaine confiance aux gens qui seront plus enclins à continuer une vie normale pour continuer dépenser et économiser raisonnablement plutôt que de tout mettre dans un bas de laine.

Les baisses d’impôts ne changeront rien à l’économie. Ce n’est que le même argent qui sera dépensé par des gens différents. Les emprunts eux changeront l’économie. Un individu qui sort 100K de son bas de laine pour construire stimulera réellement l’économie.

Nous sommes déjà dans la tempête et non il n’y aura pas de miracle.

« mais il faut du temps avant que l’argent ne soit réellement dépensé. » A qui le ditez-vous?

Début 2006, ils ont annoncé l’agrandissement du PEPS à l’Université Laval. Un projet de 70 millions. Tout était canné. On est 3 ans plus tard et on attend toujours la première pelletée de terre! C’est Ottawa qui bloque. Pourquoi? Fouillez-moé!

Si j’étais un Américain, et que ma maison avait perdu 50,000$, ce serait bien triste mais ce ne serait qu’une perte sur papier…
Je ne m’attendrais pas à ce que Obama m’envoie un chèque de 50,000$ demain matin.
La relance doit servir à aider les industries sur le bord de la faillite et, conséquemment, à diminuer le nombre de mises à pied …
Mais attention ! il ne faut pas que les gouvernements commencent leurs générosités par des cadeaux aux amis….

D’une façon ou d’un autre, qu’on parle de baisse d’impôt, de grands travaux ou de renflouer des entreprises non rentables, ça sera fait à crédit, sur le dos des payeurs de taxes et des générations futures.

C’est la réalité et elle est toute simple: la crise actuelle est due à un excès d’endettement, lequel a servi à financer une bonne partie de la croissance mondiale ces dernières années.

Pour que l’économie reparte sur des bases économiques saines il faudrait que la croissance ne soit plus basée sur un accroissement insoutenable de l’endettement, que ce soit des particuliers ou des états (ce qui en fin de compte revient au même). Bref il faudrait subir des ajustements certes douloureux mais nécessaires imposés par les forces du marché.

Ce n’est pas ce que proposent les politiciens (et leur troupeau journalistique). Ce qu’ils proposent est de continuer d’acheter la croissance artificielle, à crédit. Le feu du crédit facile s’éteint, ils veulent à tout prix le rallumer.

Devancer certain travaux d’infrastructure de toute façon nécessaires, à la rigueur je veux bien, mais ce qui s’en vient est bien plus gros que ça et bien plus dangereux. Il est probable que toutes ces dépenses auront un effet sur l’économie qui pourrait même comme le croit la BdC redémarrer en lion. Mais ça sera encore de la croissance artificielle, de la poudre aux yeux. Un jour il faudra rembourser.

Le problème de fond demeurera le même, encore pire, jusqu’a la prochaine crise qui nous trouvera encore plus démunis pour y faire face.

A moins que les gouvernements ne profitent du prochain épisode de croissance pour assurer leur viabilité en coupant drastiquement dans les promesses de l’état providence, comme Obama pourrait le faire aux USA en réformant Medicare avec notamment l’introduction d’un ticket modérateur, c’est du moins ce qu’on raconte, mais vous me permettrez de rester sceptique.

D’accord avec Pierre Brasseur. Toujours pelleter par en avant, et les prochaines générations s’arrangeront pour essayer d’éponger nos folies.

Ne pas oublier non plus, et c’est très important, que si le modèle de croissance dopé au crédit facile (ou avec une quelconque intervention étatique) n’est pas viable, la structure économique sous-jacente ne le sera pas non plus.

Par exemple le crédit facile introduit par les gouvernements et les banques centrales peut permettre construire une économie basée sur l’immobilier résidentiel et la surconsommation, mais tôt ou tard le marché reprend ses droit et dit « ça suffit », or quand la bulle éclate une bonne partie de l’infrastructure économique devient obsolète et inutile. Un choc dont certaines économies auront beaucoup de mal à se remettre, par exemple en Espagne où la situation est résolument catastrophique. En Amérique du nord il faut s’attendre à voir l’industrie de l’immobilier changer (décliner) profondément et durablement, les prix des habitations baisser et rester bas, et aussi à voir de nombreux centres d’achat et de commerces fermer…

C’est un problème classique, quand l’état intervient dans les marchés il crée des dépendance envers une conjoncture artificielle qui ne peut qu’être détruite par le marché éventuellement avec toute les douleurs que ça implique.

Vaudrait mieux laisser les marché décider librement comment évaluer le risque lié au crédit et comment investir la richesse. Mais on s’en éloigne et ça on va éventuellement payer pour c’est certain.

«C’est un problème classique, quand l’état intervient dans les marchés il crée des dépendance envers une conjoncture artificielle qui ne peut qu’être détruite par le marché éventuellement avec toute les douleurs que ça implique.» >>P. Brasseur

Pour être sûr de bien saisir votre affirmation, pouvez-vous nous donner un ou des exemples passés qui prouvent la pérennité de cette loi?

« Vaudrait mieux laisser les marché décider librement comment évaluer le risque lié au crédit et comment investir la richesse.” (Brasseur)

C’est exactement ce qui s’est passé. On a justement laissé décider trop librement le marché aux USA et les requins se sont servis à volonté dans le buffet non réglementé. Ce qui fait que ce sont les requins qui ont mis la planète dans la merde et non pas le crédit comme tel qui leur a seulement servi d’outil pour parvenir à leurs fins.

« Mais on s’en éloigne et ça on va éventuellement payer pour c’est certain.” (Brasseur)

C’est justement ce que le Canada a fait. Il s’est tenu loin de la philosophie des libertariens, a réglementé les banques, et l’économie canadienne se porte mieux que celle des USA.

À lire Brasseur, avec sa philosophie, un jeune de 30, pour éviter le crédit, ans devrait s’amasser de l’argent pendant toute sa vie pour s’acheter une maison à 55 ou 60 ans.

Mais voilà, il devra mettre son argent dans un coffre (et le watcher comme Séraphin P.) sous forme de lingots d’or ou en diamants puisque le crédit étant une mauvaise chose, il ne pourra pas prêter son argent. Investir son argent en entreprise, serait pour lui risquer de perdre sa maison.

Devant la faillite de leur philosophie aux USA, les libertariens et les libéralistes, Brasseur Gagnon et compagnie, essayent par tous les moyens de masquer l’échec de leur vision à 5 cennes et de tout mettre sur le dos de l’état interventionniste qui justement dans la réalité, n’est PAS intervenu.

@ Yvon Fleurent:

Les marché n’ont pas décidé librement aux USA.

La FED, Fannie, Freddie, le CRA…

On a jamais laisser le marché réguler la situation.

L’ÉTAT a toujours dicter au banque quoi faire avec son interventionnisme.

M. Fleurent, M. Brassard va vous répondre que c’est justement parce que le gouvernement américain a modifié les règles qu’il y a crise. C’est la faute de l’État parce qu’il est intervenu.
On ne parle pas de la cupidité, du vol … je suppose que c’est insignifiant.
Par contre, je suis d’accord sur l’incohérence du système : les salaires sont trop élevés et la productivité trop basse … mais la même personne, désignée cette fois-ci comme un citoyen, ne consomme pas assez et est trop endettée.
Mes bases en économie ne me donnent qu’une solution : on fait tous faillite et on repart à 0 avec une nouvelle marge de crédit qu’on est obligé de dépenser dans les 12 prochains mois. Et c’est reparti pour 10 ans …

« On ne parle pas de la cupidité, du vol … je suppose que c’est insignifiant. » (Mario)

M. Mario parler du vol de cupidité, des somme gigantesques que les gestionnaires ont empochés avant la faillite, est démolir la philosophie des libertariens.
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Et toi Gagnon ton # 10 est totalement faux et tu n’as jamais donné la moindre virgule de preuve de ce que tu avance et que répète de façon robotique depuis des mois.

Il y a quelques mois Gagnon se tuait à nous dire que les USA ne sont pas interventionnistes.

Maintenant il se tue à nous dire que l’état des USA à toujours dicté aux banques, que les marchés n’ont pas décidé librement, qu’on a jamais laissé le marché réguler.

Finalement il s’évertue nous dit que les USA ont été interventionnistes.

@ Yvon FleurentL

Tu ne réponds pas à la question.

Expliques nous comment la FED, Fannie, Freddie et le CRA sont des institutions libertariennes.

Expliques aussi comment les GSE sont libertariennes.